Amertume…

Saint Jean le 30 Avril 2017

Amertume…

Peut-être certains d’entre vous l’ont remarqué, il m’arrive de parler seul, de « marmonner », et cela m’arrive de plus en plus souvent. Je tiens cela de mon grand-père maternel, Clément qui bien que trop souvent seul passait sa vie à parler, à se parler. Il est décédé depuis bien des années mais c’est l’image que j’en garde car parfois je me surprend à agir de la même façon.

Si j’évoque la mémoire de Clément aujourd’hui c’est qu’il était à l’extrême un homme amer, aigri. La vie n’a pas été facile pour lui, il eut bien des déboires. Toujours à la recherche du bien être et si ce n’est de l’aisance en toux cas d’une certaine forme de sécurité. Et en fait il ne les a jamais trouvé.

Il vivait sur la propriété familiale pas loin d’ici. Au beau milieu de la vallée Longue, qui va de la Grand Combe jusqu’au col de Jalcreste, au Collet de Dèze. Sa vie était rude comme celle de tout les paysans du coin. Sa quête d’une meilleure situation l’avait amené à fermer l’exploitation du Collet pour aller se louer comme fermier dans les riches mas de la plaine de Beaucaire. Il avait même fini par acheter une rizière près d’Arles. Mais après quelques années et sans que le succès soit advenu, il s’était retrouvé à son point de départ. Toujours aussi pauvre mais maintenant seul. Il avait toujours fait retomber la responsabilité de sa situation sur les autres et les autres l’avaient abandonné le laissant seul avec son amertume.

C’est de l’amertume que je veux vous entretenir aujourd’hui. De cette attitude des hommes qui gâche bien souvent leurs relations et fait de leur vie un calvaire.

La Parole de Dieu est formelle : il n’y a pas de place pour l’amertume dans une vie de chrétien.

C’est cette affirmation que je vous propose de démontrer et de développer maintenant.

Pour commencer, nous verrons comment Dieu place devant nous cet ordre, ensuite nous essaieront de savoir de façon très imagée ce qu’est l’amertume et enfin nous verront comment l’extirper de nos cœurs. Paradoxalement cela nous rapprochera des travaux de saison puisque cette occupation est similaire à l’arrachage des mauvaises herbes.

I. Un ordre formel de Dieu.

Ephésiens 4:30-32

N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu car, par cet Esprit, Dieu vous a marqués de son sceau comme sa propriété pour le jour de la délivrance finale.

31 Amertume, irritation, colère, éclats de voix, insultes: faites disparaître tout cela du milieu de vous, ainsi que toute forme de méchanceté.

32 Soyez bons et compréhensifs les uns envers les autres. Pardonnez-vous réciproquement comme Dieu vous a pardonné en Christ.

Amertume, irritation, colère, éclats de voix, insultes, tout cela doit disparaître. La première chose de cette liste c’est l’amertume et peut-être même que c’est la chose première, l’origine des autres.

Il ne nous est pas recommandé de la faire disparaître, il ne nous est pas dit de nous efforcer de la faire disparaître, comme pour d’autres éléments de notre vie.

Ce n’est pas une attention qui nous est demandé, ce n’est pas un effort qui nous est suggéré, c’est un ordre qui nous est donné, un ordre formel :

« Faites disparaître l’amertume ».

Il n’y a pas d’autre choix. Nous devons agir c’est un ordre, nous devons agir contre l’amertume, c’est un ordre formel.

Nous devons agir et nous devons réussir dans notre action.

Nous devons agir, faire quelque chose, faire disparaître l’amertume. Devenir chrétien n’enlève pas automatiquement l’amertume, cela nous donne les moyens de faire le ménage mais faire disparaître l’amertume reste une têche à accomplir, un travail à mener à bien.

Nous sommes faits de telle sorte que nous aimons bien comprendre quand un ordre nous est donné, nous mettons plus d’entrain à accomplir ce qui nous est demandé quand nous comprenons le sens de la demande. La Parole de Dieu nous explique le sens de cet ordre de faire disparaître l’amertume, c’est un peu plus loin dans l’épître aux Hébreux.

Hébreux 12 : 15

15 Veillez à ce que personne ne passe à côté de la grâce de Dieu, qu’aucune racine d’amertume ne pousse et ne cause du trouble en empoisonnant plusieurs d’entre vous.

Passer à coté de la grâce de Dieu…

Ainsi donc la conséquence de l’amertume c’est de nous éloigner de la grâce de Dieu. De nous priver de ses bienfaits de sa grâce qui veut remplir nos vies. Si nous somme amers, Dieu ne peut plus agir pour nous. Nous sommes alors passés à coté de sa grâce. C’est pour cela que faire disparaître l’amertume est un ordre, un ordre absolu.

C’est grave.

C’est grave mais remarquons que l’amertume est une privation volontaire, un fait qui est de notre part une privation de la grâce de Dieu. La privation ne vient pas de Dieu, elle n’est pas une sanction.

Si nous laissons faire l’amertume en nous, nous lions les mains de Dieu. L’amertume nous « bouffe » le cœur.

Une autre raison fondamentale de lutter contre l’amertume, c’est que l’amertume est un poison. Elle empoisonne notre vie, mais elle se transmet aux autres et empoisonne ensuite leur vie. Si nous sommes amers, notre amertume se transmettra à notre entourage l’empoisonnera.

Ce fut le cas de Clément.

L’amertume de Clément a empoisonné toute la famille et il en reste encore plus que des traces. Il m’est difficile d’en parler sans toucher à des blessures qui ne sont pas encore vraiment guéries. A une époque ou cela ne sa faisait pas, mes grand parents ont donc fini par divorcer.

Mais je peux vous raconter une situation maintenant apaisée.

Clément avait une sœur qui hérita d’une part de la propriété. Bien sur selon Clément c’était et de loin la meilleure part et il en était amer. Cette sœur épousa un certain Mr Hourcade, ce nom est familier à plusieurs d’entre nous et en effet ce Monsieur était le père de Pierre Hourcade. Il avait fait la guerre de 14 et en était revenu salement amoché. Aveugle et les poumons détruits par le gaz moutarde, l’ancêtre du sarin tristement actuel. AU titre d’ancien combattant au titre de victime de guerre il touchait une pension. Clément n’a jamais accepté le principe même de cette pension. Quelqu’un qui ne travaille pas, ne doit pas recevoir d’argent. Lui il devait travailler, lui il devait trimer et de l’argent il n’en recevait pas beaucoup pour tout ses efforts alors Clément était amer il ressentait comme une injustice la rente de son beau frère. Pour ces raisons et d’autres encore Clément se fâcha avec sa sœur.

Soixante et quelques années plus tard, la division s’était transmise de génération en génération et quand j’ai débarqué à l’Église d’Alès, je ne connaissais pas mon cousin, nous ne nous étions jamais rencontrés.

L’amertume un poison, une infection qui touche la vie des autres de ceux qui nous entourent.

Bon, depuis les choses se sont arrangées avec Pierre mais que de temps perdu !

32 Soyez bons et compréhensifs les uns envers les autres. Pardonnez-vous réciproquement comme Dieu vous a pardonné en Christ.

Avons nous lu il y a peu. Face à l’amertume, cela nous ouvre des horizons nouveaux et nous montre tout ce que nous avons à gagner à la vaincre en obéissant à l’ordre qui nous est donné.

Quand nous aurons obéi, quand nous aurons réussi à nous en débarrasser, nous retrouverons la grâce de Dieu, nous libérerons cette grâce. Mais nos relations avec les autres seront aussi libérées de ce poison qui les détruit.

Les événements mauvais que nous subissons permettent à l’amertume de se développer, sa disparition ouvre la porte à la compassion mais surtout au pardon, seule véritable façon de régler ces contentieux qui malheureusement semblent inévitables.

Si l’amertume subsiste, il ne peut pas y avoir de véritable pardon.

Mais je parle, je parle, et je fais comme si vous saviez ce que c’est que l’amertume… Il faudrait peut-être des précisions, il faudrait sûrement une définition. En fait nous l’avons déjà lue…

Hébreux 12 : 15

15 Veillez à ce que personne ne passe à côté de la grâce de Dieu, qu’aucune racine d’amertume ne pousse et ne cause du trouble en empoisonnant plusieurs d’entre vous.

L’amertume est une racine.

AU départ, une racine c’est souterrain, invisible. Mais au bout d’un moment, une petite plante pousse, un rejeton et elle finit par porter du fruit. Le fruit de l’amertume c’est le trouble.

L’amertume est une façon de recevoir les événements de notre vie. Cette manière de voir les choses produit le trouble. Nos pensées sont troublées, nos rapports avec les autres sont troublés.

Cette plante portée par la racine amertume est une plante terrible qui nous empêche d’apprécier correctement tous les aspects de notre vie.

Les conséquences sont lourdes : Quand notre vue est brouillée, troublée, on conduit mal, on va trop vite, on freine trop fort, notre conduite devient saccadée et l’accident probable.

Il faut donc se méfier de la façon ordinaire de penser en ce qui concerne l’amertume. On peut quand on considère le trouble en nous se dire que c’est la conséquence des actes des autres, de cee que nous subissons. Si je suis amer c’est parce qu’il m’est arrivé ceci ou cela.

La Parole de Dieu nous dit exactement le contraire. L’amertume est une racine, c’est à dire qu’elle pré-existe. L’amertume est une racine enfouie dans nos coeurs, si rien n’arrive, elle ne poussera pas. Si un événement contrariant vient à survenir il est comme une pluie de printemps, il déclenche la croissance de la racine amertume qui développe la plante amertume qui portera le fruit « trouble » . Tout cela plus ou moins violemment selon la nature des événements qui ont suscité la croissance de la plante.

C’est parce que la racine est là que la plante peut pousser.

Si il n’y a pas à l’origine de racine quel que soit l’événement qui survient, quel que soit le terrain, quel que soit l’engrais, aucune plante ne peut se développer. Tout les jardiniers vous le diront, il ne suffit pas de couper les mauvaises herbes, il faut surtout lees arracher et qu’aucune racine ne subsiste.

En fait si l’amertume se développe en nous, c’est qu’elle fait partie de nous même, elle ne dépend pas des autres.

C ‘est parce qu’il na aucune amertume en lui que Jésus peut dire :

« Père pardonne leur, car ils ne savent ce qu’ils font… »

Et combien de chrétiens modèles dont nous lisons les biographies nous montrent par leurs réaction face à de terribles injustices qu’ils ont su extirper de leur cœurs ces terribles racines.

Il y a encore ces hommes et ces femmes de l’Église persécutée qui eux aussi nous montrent le chemin à suivre lorsque nous entendons leurs témoignages.

Alors… Comment peut-on se débarrasser de l’amertume ?

Il faut se méfier d’un faux remède, d’un remède qui ne traite que le symptôme.

Esaïe 5 :20-21

Malheur à vous qui nommez le mal bien et le bien mal,
vous qui changez la lumière en ténèbres, les ténèbres en lumière,
vous qui changez l’amertume en douceur et la douceur en amertume.

Malheur à vous qui vous prenez pour sages et vous croyez intelligents!

Malheur à vous qui changez l’amertume en douceur… L’amertume n’est pas une plante d’ornement , ses fruits sont dangereux. Si nous vivons dans l’amertume, nous ne pouvons laisser les choses en l’état. Un mauvais système serait donc de ne couper que les rejetons pour essayer d’empêcher la plante de pousser. Raisonner avec son amertume, essayer de l’enrober pour faire croire à quelque chose de doux. Par un effort de maîtrise faire disparaître les symptômes, l’agressivité, la violence qui en découle. Ne rien laisser paraître.

L’amertume est une plante vivace. Ce n’est pas ains que vous l’aurez.

Avez vous déjà essayé de faire crever un figuier ? C’est un arbre qui refuse de mourir si il reste le moindre morceau de racine vivante, il repoussera.

Pour véritablement vaincre l’amertume il faut aller jusqu’à la racine.

Quel est le bon moyen ? Le bon remède ?

Marc 11 : 12-14 et 20-24

Le lendemain, comme il sortait de Béthanie avec eux, il eut faim.

13 Il aperçut, de loin, un figuier couvert de feuillage. Il se dirigea vers cet arbre pour voir s’il y trouverait quelque fruit. Quand il se fut approché, il n’y trouva que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues.

14 S’adressant alors au figuier, il lui dit:
—Que plus jamais personne ne mange de fruit venant de toi!
Et ses disciples l’entendirent.

Le lendemain matin, en passant par là, ils virent le figuier: il avait séché jusqu’aux racines.

21 Pierre, se souvenant de ce qui s’était passé, dit à Jésus:
—Maître! regarde le figuier que tu as maudit: il est devenu tout sec!

22 Jésus répondit:
—Ayez foi en Dieu.

23 Vraiment, je vous l’assure, si quelqu’un dit à cette colline: «Soulève-toi de là et jette-toi dans la mer», sans douter dans son cœur, mais en croyant que ce qu’il dit va se réaliser, la chose s’accomplira pour lui.

24 C’est pourquoi je vous le déclare: tout ce que vous demandez dans vos prières, croyez que vous l’avez reçu et cela vous sera accordé.

Le figuier est donc une plante très vivace, c’est un fait de notoriété publique. Les disciples de Jésus savaient cela et le savait sûrement mieux que nous. C’est pour cela que Marc remarque que le figuier est séché jusqu’aux racines.

Il est mort, complètement mort. Il ne repoussera plus jamais.

Seul Jésus peut détruire en nous jusqu’à la racine l’amertume. Comme il a pu détruire le figuier stérile.

Ce sera une œuvre, une œuvre fondamentale, de l’Esprit Saint en nous.

Seulement pour que cela puisse arriver il convient que Jésus voit le figuier, voit notre amertume. Nous devons la lui présenter, la lui remettre par la prière. C’est alors et seulement alors qu’il pourra s’en occuper.

Au moment de conclure, je veux vous mettre en face de votre responsabilité si il y a en vous de l’amertume, des racines d’amertume. C’est une plante vénéneuse qui produit un poison, un poison qui empoisonnera votre vie d’abord, dans votre faiblesse matinée d’inconscience vous pouvez croire que vous pouvez faire avec. Mais ce poison qui découle de vous de votre vie de votre amertume est aussi un poison pour les autres, il pourrit leurs vies aussi. Et ça vous n’avez pas le droit de le tolérer, c’est pour cela que l’ordre est donné :

faites disparaître tout cela du milieu de vous,

Le pluriel pourrait faire croire à une tâche collective. Ce n’est pas le cas, c’est en fait une multiplication de tâches individuelles. Cela signifie que tous autant que nous sommes nous devons extirper l’amertume, les racines d’amertume en nous, sinon tous nous seront infectés. Notre communauté notre Église en sera affectée.

Me revient l’image de cette vieille femme qui pour pouvoir sortir son citronnier avait trouvé la base d’un vieux landau et y avait posé le lourd pot…

Quel que soit le moyen, quelle que soit la difficulté sortez votre amertume, mettez la sous le regard de Jésus. Il la fera sécher, il la fera crever jusqu’aux racines.

Et surtout, ne changez pas l’amertume en douceur et la douceur en amertume.

AMEN !

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