Attendez !

Saint Jean le 15 Janvier 2017

Attendez !

2 Pierre 3 :10-16 (Semeur)

10 Mais le jour du Seigneur viendra comme un voleur. En ce jour-là, le ciel disparaîtra dans un fracas terrifiant, les astres embrasés se désagrégeront et la terre se trouvera jugée avec tout ce qui a été fait sur elle.

11 Puisque tout l’univers doit ainsi se désagréger, quelle vie sainte vous devez mener et combien vous devez être attachés à Dieu,

12 en attendant que vienne le jour de Dieu et en hâtant sa venue! Ce jour-là, le ciel en feu se désagrégera et les astres embrasés fondront.

13 Mais nous, nous attendons, comme Dieu l’a promis, un nouveau ciel et une nouvelle terre où la justice habitera.

14 C’est pourquoi, mes chers amis, dans cette attente, faites tous vos efforts pour que Dieu vous trouve purs et irréprochables à ses yeux, dans la paix qu’il donne.

15 Comprenez bien que la patience du Seigneur est le salut des hommes. Paul, notre frère bien-aimé, vous l’a aussi écrit avec la sagesse que Dieu lui a donnée.

16 Il l’a fait comme dans toutes ses lettres, où il aborde ces sujets. Certes, il s’y trouve des passages difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies déforment le sens, comme elles le font aussi — pour leur propre ruine — des autres textes de l’Écriture.

Romains 8:18-27 (Semeur)

J’estime d’ailleurs qu’il n’y a aucune commune mesure entre les souffrances de la vie présente et la gloire qui va se révéler en nous.

19 C’est en effet cette révélation des fils de Dieu que la création attend avec un ardent désir.

20 Car la création a été soumise au pouvoir de la fragilité; cela ne s’est pas produit de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise. Il lui a toutefois donné une espérance:

21 c’est que la création elle-même sera délivrée de la puissance de corruption qui l’asservit pour accéder à la liberté que les enfants de Dieu connaîtront dans la gloire.

22 Nous le savons bien, en effet: jusqu’à présent la création tout entière est unie dans un profond gémissement et dans les douleurs d’un enfantement.

23 Elle n’est pas seule à gémir; car nous aussi, qui avons reçu l’Esprit comme avant-goût de la gloire, nous gémissons du fond du cœur, en attendant d’être pleinement établis dans notre condition de fils adoptifs de Dieu quand notre corps sera délivré.

24 Car nous sommes sauvés, mais c’est en espérance; or, voir ce que l’on espère, ce n’est plus espérer; qui, en effet, continue à espérer ce qu’il voit?

25 Mais si nous ne voyons pas ce que nous espérons, nous l’attendons avec persévérance.

26 De même, l’Esprit vient nous aider dans notre faiblesse. En effet, nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’Esprit lui-même intercède en gémissant d’une manière inexprimable.

27 Et Dieu qui scrute les cœurs sait ce vers quoi tend l’Esprit, car c’est en accord avec Dieu qu’il intercède pour ceux qui appartiennent à Dieu.

Jusqu’ici la Parole de Dieu…

Introduction.

Savez-vous attendre ?

Cette question qui peut paraître est pourtant importante. On a l’impression qu’attendre c’est quelque chose de naturel, qui se fait tout seul. Parce que attendre a priori, ce n’est pas quelque chose que l’ont choisit, mais plutôt quelque chose que l’on subit.

Nous avons tous étés amenés à attendre, attendre un car, un train, un avion peut-être. Attendre un ami, un parent, un fiancé qui vient nous rendre une visite. Attendre des résultats, le fruit de notre travail, une récolte, un héritage peut être… Attendre c’est banal. Et parce que c’est banal, nous n’y pensons pas, nous attendons sans réfléchir à la condition de celui qui attend.

Pourtant, l’attente se vit de façon très différente selon les personnes, les personnalités.

Il y a des gens qui ne supportent pas d’attendre. L’idée même qu’ils pourraient attendre les mets en rogne. Attendre est pour eux un supplice. Chaque seconde d’attente est ressentie comme une morsure. Attendre leur porte sur les nerfs, cela se sait, cela se voit.

A l’opposé, il y a des gens pour qui l’attente semble une vocation, une seconde nature. Ils attendent, ils attendent encore, ils attendent toujours… Ils attendent avec le sourire, ils attendent tranquillement, ils attendent depuis tellement longtemps et avec une telle application qu’on ne sait plus ce qu’ils attendent on ne sait plus même si vraiment ils attendent quelque chose.

C’est un peu comme cela que le monde voit les chrétiens. Des gens qui attendent quelque chose qui est attendu depuis tellement longtemps que cela est devenu hypothétique voire chimérique.

Il faut bien le reconnaître les chrétiens sont et sans conteste, les champions du monde de l’attente. Et ce titre ils l’ont gagné grâce à la qualité et à la durée de leur attente.

J’ai laissé entendre qu’il y a trois nature d’attente, attendre quelque chose, attendre quelqu’un ou attendre un résultat. Les chrétiens attendent sur ces trois plans simultanément. En fait les chrétiens attendent…

Un avion qui les mènera au ciel, ils attendent ensuite et surtout et avant tout une personne, leur Sauveur Jésus-Christ, ils l’attendent avec toute l’intensité de leur amour. Et puis les chrétiens attendent le résultat de leur foi. Les noms sont divers pour exprimer l’abondance de ce résultat : Le Salut, la vie éternelle, les noces de l’Agneau, la sainteté, le royaume des cieux…

Le premier record des chrétiens, c’est donc la qualité de ce qu’ils attendent : il est rigoureusement impossible d’attendre plus.

Le deuxième record, c’est celui de la durée. 2000 ans d’attente. Vingt siècles. Mais ce chiffre qui est le plus évident est loin d’être le plus significatif. En fait il faudrait rajouter tous les jours de toutes les vies de ceux qui ont attendu pendant ces 2000 ans. Et la, la quantité d’attente devient inimaginable, peut-être même nous donne t-elle une idée de l’infini.

Champions du monde de l’attente.

Y a t-il un secret qui soutient un tel record ? Oui, mais ce secret n’est pas un secret, il est contenu dans le livre le plus distribué au monde, la Bible.

Je reviens à ma question de départ : « Savez-vous attendre ? »

Vous comprenez maintenant son importance. Vous comprenez aussi l’importance qu’il y a d’apprendre à attendre. Parce que attendre s’apprend, et s’apprend dans la Parole de Dieu.

C’est cette leçon que nous voulons recevoir aujourd’hui au travers de deux textes que nous avons lu et au travers de notre méditation qui se développe en trois périodes distinctes.

D’abord, pourquoi attend t-on ?

Ensuite nous verrons que l’attente change le sens des choses et en particulier de la souffrance.

Pour terminer, nous envisagerons une vertu indissociablement liée à l’attente : la patience.

I. Pourquoi attend t-on ?

Dans notre monde, ou le temps se gère au me titre que l’argent : «  time is money », le temps c’est de l’argent disent les anglais, attendre est considéré comme une perte. Il est donc important de connaître les causes de l’attente, car ainsi si il le faut, le remède pourra être trouvé.

Pourquoi attendons-nous ?

Si l’on y réfléchit bien, il n’y a que deux causes possibles à l’attente :

-Soit nous attendons parce que ce que nous attendons est en retard.

-Soit nous attendons parce que nous sommes en avance …

Qui pourrait dire que le Seigneur est en retard ?

Il n’est pas en retard car le retard est une imperfection et qu’il n’y a pas d’imperfection en lui.

Il n’est pas en retard car c’est lui qui a fixé la date et l’heure du rendez-vous.

Il n’est pas en retard.

Puiqu’il n’est pas en retard et que nous l’attendons, c’est que c’est nous qui sommes en avance.

J’ai souvent eu à attendre parce que je déteste tellement être en retard que j’arrive souvent trop tôt, parfois beaucoup trop tôt, , cela m’a donné matière à réfléchir à la condition de celui qui attend parce qu’il est en avance. C’est une condition très enviable et je parle en connaissance de cause.

Dans ma jeunesse j’étais tout le temps en retard au lycée. Mon père qui m’amenait tous les matins a toujours été faché avec l’heure et j’étais donc systématiquement en retard. J’en ai conçu une sorte de phobie pour la situation de retardataire. Je ne supporte pas de faire attendre quelqu’un. C’en est au point qu’il m’est arrivé de manquer une réunion plutôt que d’y arriver en retard. Je ne supporte pas le retard, et comme je ne le supporte pas, je suis quasiment toujours en avance, et comme je suis en avance, j’attends. Attendre pour cause d’avance, je sais ce que c’est.

La première caractéristique de l’attente de celui qui est en avance, c’est qu’elle est sans angoisse. C’est une attente tranquille. Tranquille parce que l’attente n’est pas subie, mais choisie. Tranquille parce que cette attente est synonyme de sécurité : unrendez vous pour lequel on est en avance, on ne peut pas le rater.

L’attente des chrétiens est une attente tranquille, ils ne peuvent pas rater le rendez-vous du salut, ils ne peuvent pas rater Jésus-Christ, ils ne rateront pas le ciel.

La deuxième caractéristique de l’attente de cdlui qui est en avance c’est que c’est une attente libérée. Celui qui attend parce qu’il est en avance n’est pas obligé de scruter les horaires, il n’est pas obligé de cravacher pour rattraper le temps perdu, il a du temps, du temps pour lui, du temps pour regarder, pour contempler. Le temps de son attente est un temps de liberté.

Comme ils sont en avance au rendez-vous que Dieu a fixé aux hommes, les chrétiens sont libres et cette liberté leur permet de regarder avec lucidité les autres hommes.

Je suis souvent allé attendre mon fils à l’arrivée du bus lors de ses études. Je regardais alors les autres s’agiter autour de moi. Il y avait celui qui venait jeter ses poubelles, celui qui cherchait le meilleur endroit pour regarder la course de vélo, celui qui se dépêchait, celui qui avait des ennuis avec sa voiture…

Ce temps d’attente était un temps totalement libre, et je pouvais le consacrer à l’observation, à la méditation.

Le temps des chrétiens est un temps libre, c’est un temps donc ou ils peuvent observer et méditer la grandeur de leur créateur.

La dernière caractéristique de l’attente de celui qui est en avance que je veux évoquer aujourd’hui c’est la joie. Quand on attend quelque chose, qui doit arriver on en jouit par avance. Il y a un proverbe allemand qui dit : « die vorfreude ist die schönste freude » l’avant joie est plus grande que la joie… Nous ne sommes pas encore au ciel, mais nous jouissons déjà de ce qu’il sera. Notre temps d’attente est illuminé de la certitude de ce que nous allons vivre.

La seule limite à notre joie c’est que en fait, nous ne savons pas imaginer ce que nous allons vivre. C’est une vraie limite mais qui ne tient qu’a notre petitesse face au destin qui nous est promis.

II. Le sens de la souffrance

Le temps qui passe a un sens tout différent pour celui qui attend et ce sens oriente sa perception des choses. EN particulier en ce qui concerne les contraintes de la vie.

Quand il pleut, il pleut également sur celui qui laboure son champ et sur celui qui attend le car. Pour celui qui laboure c’est une calamité, il va être trempé et gelé mais en plus, il va être obligé de d’arrêter sous peine que son travail soit inutile ou même impossible. Celui qui attend le car sera trempé ou gelé comme le premier, il souffrira les mêmes choses, mais au moins pour lui ses souffrances ont un sens car le bus finira toujours par arriver.

C’est ce que nous explique Paul dans le passage de l’épître aux romains que nous avons lu. Le mal est sur la terre, le mal règne et il a amené avec lui le terrible cortège de la souffrance. Les hommes et la création toute entière souffrent et ces souffrances sont terribles. Face à cette situation qui n’a rien de réjouissant il y deux façons de vivre.

Il y a tout d’abord la façon de subir la souffrance de celui qui n’attend rien comme l’agriculteur qui est accablé par la pluie au moment de sa récolte. La souffrance est là, injuste aveugle et destructrice. Elle n’aboutira qu’a l’apauvrissement, l’affaiblissement. Pour le monde qui ne croit en rien, qui n’attend rien, la souffrance est de fait l’antichambre de la mort. Le rappel de la nullité et de l’obscurité de l’avenir. La souffrance c’est pour le non croyant l’injustice à l’état brut. Le cauchemar.

Nous les chrétiens, comme toute la création qui attend le retour du Seigneur, nous souffrons aussi de la même façon que le reste des hommes, ni plus, ni moins, et de toute façon trop.

Mais ces souffrances surviennent pendant notre ettente et cela change tout.

Nos souffrances deviennent comparables à celles de la femme enceinte sur le point d’accoucher. Ces souffrances sont des souffrances terribles, à la limite du supportable, mais parce qu’elles ont un but, elles ont un sens et il devient alors possible de les accepter et donc de les vivre tranquillement.

Il est impossible aux hommes de souffrir en silence. Le bruit qui sort de la bouche de l’incroyant accablé par le malheur est un cri de détresse et de mort. Le bruit qui sort de la bouche de celui qui attend le retour du Seigneur, c’est un soupir, un soupir qui ne sera jamais le dernier car en lui il y a la vie.

III. La patience

J’ai dit tout à l’heure qu’il y a des gens qui savent attendre et d’autres qui ne savent pas, qui n’y arrivent pas. Qu’est-ce que kes uns ont que les autres n’ont pas ? Quelle est la qualité qui fait la différence ?

La patience.

Certains ont de la patience, d’autres n’en ont pas. La patience, c’est ce qui permet d’attendre tranquillement. Logiquement on peut penser que la patience est une qualité que les chrétiens doivent posséder puisque leur vocation c’est d’attendre. D’attendre encore et toujours.

Vous me direz, qu’il y a des chrétiens qui n’ont pas de patience. C’est vrai, j’en connais aussi et en plus, je me connais. Je n’ai pas non plus de patience. Souvent cette absence de patience est considérée comme un péché véniel. Comme quelque chose d’indissociablement lié à la personnalité. Quelqu’un qui manque de patience est souvent perçu comme quelqu’un ayant de la personnalité.

Je répète : le manque de patience est un défaut. Un péché. Quelque chose que l’on doit absolument corriger. La patience fait partie du fruit de l’esprit présenté en Galate 5:22. Nous devons l’avoir, et si nous l’avons, nous saurons attendre, attendre sereinement malgré les souffrances le retour de notre Seigneur Jésus-Christ.

Logiquement dons la patience est une qualité de celui qui attend, une qualité du chrétien. Mais paradoxalement la patience est aussi une qualité de celui qui est attendu, de Jésus-Christ.

Pierre nous rappelle que nous attendons Jésus, mais que Jésus nous attend aussi, qu’il nous attend avec patience et que cette patience est la condition de notre salut.

Attendre nécessite de la patience, attendre la Seigneur Jésus Aussi. Nous n’avons pas naturellement cette patience, nous ne savons pas attendre. Le Seigneur le sait, aussi veut-il nous aider, nous faire progresser et pour cela il nous équipe de deux atouts :

1) Son exemple, il est un modèle de patience.

2) Le Saint-Esprit qui porte en nous le fruit « patience ».

Conclusion.

Pour terminer, je voudrais m’attaquer à une idée reçue : attendre c’est du temps perdu…

Non ! C’est du temps donné, qui nous est donné. Puisqu’il nous faut attendre, profitons en. Profitons en pour voir ce que nous ne voyons pas d’habitude. Profitons en pour méditer sur ce à quoi nous ne réfléchissons jamais.

Si nous avons l’impression qu’attendre c’est du temps perdu, c’est que nous ne savons pas attendre, et ne pas savoir attendre, c’est tragique pour un chrétien. Parce que attendre c’est aussi notre vocation.

SI nous acceptons l’idée que toute notre vie sur terre sera vouée à attendre, nous pouvons alors enrichir notre louange d’une multitude de sujets de reconnaissance.

Nous louerons Dieu pour notre tranquillité dans l’attente.

Nous louerons Dieu de notre liberté dans l’attente.

Nous louerons Dieu de notre joie dans l’attente.

Nous louerons Dieu de ce que, parce que nous attendons le salut, nos souffrances ont un sens et que ce sens c’est la vie qui naît d’un accouchement pourtant douloureux.

Mais attendre n’a rien de facile, de naturel d’automatique. Attendre est un apprentissage, l’apprentissage de la patience. Sur ce point, qui que nous soyons, nous pouvons être pris en défaut. Heureusement le Seigneur veut nous aider par son exemple et son Esprit.

Savoir attendre est non seulement une qualité que nous devons rechercher, mais encore un ordre auquel nous devons obéir avec application :

« En attendant ces choses, appliquez vous à être trouvés par Lui sans tâche et irréprochables dans la paix. » nous dit Pierre. C’est ce que vous voulez faire, je n’en doute pas. Comme une ultime recommandation pour aujourd’hui, je vous propose de réécouter Jacques (5:7) :

« Soyez donc patients, frères, jusqu’à l’avènement du Seigneur. Voici le laboureur attend le précieux fruit de la terre prenant patience à son égard, jusqu’à ce qu’il ait reçu les pluies de la première et de l’arrière saison. »

Amen!

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