Ce temps qui nous est laissé

Saint Jean le 01 Janvier 2017 (04/01/2009)

Ce temps qui nous est laissé…

1 Rois 21:5-15

La femme [d’Achab] Jézabel vint le trouver et lui demanda:
—Pourquoi es-tu de si mauvaise humeur et refuses-tu de manger?

Il lui répondit:
—J’ai parlé à Naboth de Jizréel et je lui ai proposé de lui acheter sa vigne ou, s’il préférait, de l’échanger contre une autre. Mais il a répondu: «Je ne te céderai pas ma vigne!»

Alors sa femme Jézabel lui dit:
—Est-ce toi qui exerces la royauté sur Israël? Allons! Lève-toi, mange et réjouis-toi: la vigne de Naboth de Jizréel, je vais te la donner.

Elle écrivit des lettres au nom d’Achab, les scella du sceau royal et les fit porter aux responsables et aux magistrats de la ville où demeurait Naboth.

Dans ces lettres, elle leur ordonnait: «Proclamez un jour de jeûne. Installez Naboth au premier rang de l’assemblée

10 et faites asseoir en face de lui deux vauriens qui l’accuseront d’avoir maudit Dieu et le roi! Puis menez-le en dehors de la ville et tuez-le à coups de pierres

11 Les gens de la ville de Naboth, les responsables et les magistrats, concitoyens de Naboth, obéirent à l’ordre de Jézabel et firent ce qu’elle demandait dans les lettres qu’elle leur avait envoyées.

12 Ils proclamèrent un jeûne et firent asseoir Naboth au premier rang de l’assemblée.

13 Les deux vauriens vinrent se placer en face de lui et se mirent à l’accuser devant tout le monde en disant:
—Naboth a maudit Dieu et le roi!
Alors on le fit sortir de la ville et on le tua à coups de pierres.

14 Puis les autorités de la ville envoyèrent dire à Jézabel:
—Naboth a été exécuté à coups de pierres; il est mort.

15 Lorsque Jézabel apprit que Naboth avait été lapidé et qu’il était mort, elle dit à Achab:
—Lève-toi, va prendre possession de la vigne de Naboth de Jizréel qui a refusé de te la vendre, car Naboth n’est plus en vie; il est mort.

Apocalypse 2:18-29

—A l’ange de l’Eglise de Thyatire, écris: «Voici ce que dit le Fils de Dieu, dont les yeux sont comme une flamme ardente et les pieds comme du bronze:

19 Je connais tes œuvres, ton amour, ta fidélité, ton service et ta persévérance. Je sais que tes dernières œuvres sont plus nombreuses que les premières.

20 Pourtant, j’ai un reproche à te faire: tu laisses cette femme, cette Jézabel qui se dit prophétesse, égarer mes serviteurs en leur enseignant à participer au culte des idoles, en se livrant à la débauche et en mangeant les viandes des sacrifices.

21 Je lui ai laissé du temps pour qu’elle change, mais elle ne veut pas renoncer à son immoralité.

22 Voici: je la jette, elle et ses compagnons de débauche, sur un lit de grande détresse, à moins qu’ils ne changent en renonçant à agir selon son enseignement.

23 Je livrerai ses disciples à la mort. Ainsi, toutes les Eglises reconnaîtront que je suis celui qui sonde les pensées et les désirs secrets. Je donnerai à chacun de vous ce que lui auront valu ses actes.

24 Quant à vous, les autres membres de l’Eglise de Thyatire, vous qui ne suivez pas cet enseignement et qui n’avez pas voulu connaître ce qu’ils appellent les profondeurs de Satan, je vous le déclare: je ne vous impose pas d’autre fardeau.

25 Mais tenez fermement ce que vous avez jusqu’à ce que je vienne.

26 Au vainqueur, à celui qui continue à agir jusqu’à la fin selon mon enseignement, je donnerai autorité sur les nations:

27 il les dirigera avec un sceptre de fer, comme on brise les poteries d’argile,

28 ainsi que j’en ai reçu, moi aussi, le pouvoir de mon Père. Et je lui donnerai l’étoile du matin.

29 Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Eglises.»


« La meilleure façon de marcher

C’est encore la nôtre,

C’est de mettre un pied devant l’autre

Et de recommencer… »

Les carabiniers ont trouvé depuis bien longtemps la meilleure façon de marcher. Au moment ou nous entamons une nouvelle année, il semble important et de façon quasi universelle de s’interroger chacun pour notre part sur la meilleure façon de marcher. Cela s’appelle « prendre des résolutions ».

Cela paraît en fait bien puéril. Cet exercice est le plus souvent vain. Nos bonnes résolutions survivent rarement à nos grosses préoccupations et pour la plupart, nous ne prenons plus de bonnes résolutions. Cela évite au moins d’être encore plus déçu par notre faiblesse.

Ce qui m’étonne encore un peu en ces temps de nouvel an, c’est cette manie, cette façon de voir le temps qui fait que à date fixe, tous ensemble,nous décidons d’être meilleurs.

En fait le temps qui passe nous le parcourons un peu comme une route. Tout les 365 jours, il y a une borne avec un chiffre. Remarquons avant toutes choses, que ces bornes dans le temps ont été depuis le début mises en place par Dieu. Les principales marques calendaires données aux hommes étant le lune et le soleil…

Une borne tout les 365 jours pour marquer le temps ; pour le structurer, pour avoir des repères. Par exemple nous pourrons dire plus tard, qu’à la marque 2016 il y a eu un gros nid de poule qui n’a pas pu arrêter deux camions roulant à tombeau ouvert et qui ont ouvert beaucoup trop de tombeaux en France d’abord en Allemagne ensuite…

L’image de la route avec ses bornes pour indiquer les distances semble bien adaptée pour évoquer le temps qui passe. Chacun pour notre part nous avons pris la route à la borne 1900 et quelque et nous la lâcherons à la borne 2000 et quelque. Nos bonnes résolutions ressemblent à des décisions du genre : à partir d’ici je respecte les limitations de vitesse, à partir d’ici je m’arrête aux stops…

Les marques des années qui passent sont donc des repères qui nous permettent de raconter notre histoire, de décrire notre chemin. Des marques qui en plus nous aident à prendre les virages en suscitant de bonnes résolutions.

Oui décidément la route est une bonne image pour évoquer le temps qui passe, le temps qui est, le temps qui vient.

Oui mais…

Oui mais en général quand vous prenez votre voiture, que vous démarrez, que vous prenez la route, vous savez ou vous allez. Vous connaissez votre destination, et même plus que cela, vous savez par ou vous allez passer. Au pire vous hésitez entre deux chemins.

Pour le temps qui passe, le temps marqué par des années il n’en est pas de même. Si on voit bien, si on sait très bien par où l’on est passé, nous ne savons rien de ce que sera notre parcours futur. Les jalons sont dores et déjà plantés, 2018,2019, 2025,3020 mais la carte est blanche aucune autre marque que ces chiffres vides pour l’heure de tout sens faute de certitudes. L’avenir ne se mesure pas.

Où allons nous et comment y allons-nous ? De tous temps les hommes se sont posés cette question et y ont répondu de diverses façons. Pour les grecs anciens et pour beaucoup de pensées et de spiritualités autour du monde, le temps serait comme un circuit, un parcours toujours le même que l’on referait indéfiniment. Pour les chrétiens, pour nous, le temps conduit quelque part, il nous emmène vers quelque chose de précis. Même si nous sommes très loin d’être d’accord entre nous pour exprimer avec précision, ce quelque chose, ce but de notre voyage. Ce but a un nom « la fin des temps », un visage celui de Jésus-Christ.

Voilà, nous sommes très fiers. Nous, nous avons un but. Nous, nous avons une destination. Nous ne sommes pas perdus, nous savons où nous allons.

Très bien ! Très bien !… Mais tout à l’heure, en sortant de cette salle, au prochain croisement sur la route de votre vie, Jésus c’est à droite, ou c’est à gauche ? C’est bien beau d’avoir une destination un endroit évident où évidemment nous allons, mais quand cette destination est au delà de l’horizon, invisible, comment on fait pour y aller ? … En fait à ce point rien ne nous distingue du mortel commun qui lui ne sait pas où il va.

Rien ne nous distingue ?

« Je lui ai laissé du temps pour qu’elle change, mais elle ne veut pas renoncer à son immoralité. »

Avons nous lu tout à l’heure. Et cela change tout !

2017, Cette année qui commence aujourd’hui et dont personne ne sait prévoir comment elle se terminera, c’est du temps qui nous est laissé, pas du temps qui nous serait donné. Si le temps nous était donné, nous pourrions en faire ce que nous voulons, nous pourrions le « dépenser » à notre guise. Non, à l’aube de 2017, Dieu nous rappelle que le temps dont nous disposons a une vocation utilitaire, il doit servir à quelque chose, c’est un truc très cévenol comme conception. Le temps « on » nous le laisse et donc on n’a pas le droit de le gaspiller par respect, par raison éthique (morale). Mais comme le temps s’écoule comme l’eau de nos rivières qu’il nous est impossible de retenir, le temps on ne peut pas l’économiser. Si il doit être utile, c’est maintenant sinon le temps passé aura été du temps perdu.

Discours philosophique, générateur de migraine avec en plus l’impression de tourner en rond, de ne déboucher sur rien, mon message d’aujourd’hui est parti pour être nébuleux !

Qu’allez vous faire de 2017 ?

Ce que vous voulez !

Notre texte d’aujourd’hui nous rappelle aujourd’hui l’endurcissement d’une certaine Jézabel qui ne voulait pas changer. Beaucoup ont spéculé sur cette Jézabel de l’Apocalypse, qui était-elle ? Pourquoi par ce surnom évoquer une figure tragique de l’histoire du peuple de Dieu en la rapprochant d’une église chrétienne du premier siècle en Asie mineure ? Nous n’avons plus les clés, nous ne savons pas qui elle était vraiment de la même façon que nous ne savons qui était ce Nicolas qui entrainait les églises sur des voies interdites. Peu importe.

Ce qui importe, c’est qu’a eux comme à nous, on a laissé du temps. Et ce temps ils en avaient bien besoin. Ils en avaient besoin parce qu’ils s’étaient égarés, ils avaient pris des chemins de traverse et il leur fallait revenir sur des voies plus sures, Dieu ne les a pas sanctionnés, Dieu leur a laissé du temps, du temps pour revenir.

Nous avons tendance à être fiers de nous, à croire que les privilèges de notre existence sont dus à des qualités que nous aurions. En fait nous sommes tous comme cette Jézabel, nous avons tous à revenir vers Dieu. Et comme à Jézabel, Dieu nous laisse du temps. Il nous laisse 2017.

2017 qui s’ouvre devant nous. C’est en ce sens que cette année qui vient, comme toutes celles qui sont passées et toutes celles qui peut-être viendront, est une année de grâce. Dieu nous laisse le temps, Dieu nous laisse du temps, Dieu nous laisse 2017 pour que nous revenions vers lui.

Comment pouvons-nous revenir vers Dieu ? Certains pensent que c’est en cheminant que l’on fait le chemin, que l’important c’est d’avancer. Oui, mais notre texte de ce jour nous précise une attitude importante et nécessairepour avancer correctement sur ce chemin qui nous ramène vers Dieu. Pour revenir vers Dieu, il faut le vouloir. C’est une instruction en négatif : « elle ne veut pas renoncer à son immoralité ». Ce qu’il faudrait donc c’est que Jézabel veuille renoncer à son immoralité, mais elle ne le veut pas et comme elle ne le veut pas, elle n’y renoncera pas.

Tout commence par la, par ce que nous voulons. Si nous voulons revenir vers Dieu, nous reviendrons vers Dieu.

Mais attention, ce que je suis en train de vous proposer, ce n’est pas une attitude volontariste, je ne suis pas en train de vous dire que la plus grande qualité humaine c’est la volonté et qu’il vous faut la cultiver. Cette voie la est aussi une illusion. Bien sur, il y a des gens qui ont plus de volonté que d’autres, mais aussi grande que soit leur volonté, elle ne sera jamais suffisante.

Simplement le point de départ du chemin qui nous ramène vers Dieu c’est ce que nous voulons. Après Dieu nous guidera, nous fortifiera, nous laissera le temps dont nous avons besoin. Peut-être nous faudra t-il beaucoup de temps, peut être nous en faudra t-il plus qu’a d’autres. Pas grave. Dieu est prêt à nous laisser tout le temps. Tout le temps dont nous avons besoin : 2017 mais aussi 2018, 2019, 2025, 3020…

L’important c’est qu’au moment de ce nouveau départ, nous sachions ce que nous voulons. Après le reste suivra. Les habitudes, les conventions des hommes font que chaque nouvelle année est considérée comme un nouveau départ et c’en est un. La seule question au moment de prendre ce départ est : Qu’est-ce que nous voulons ?

Remarquons que de la même manière que que nous ne pouvons pas retenir le temps, nous ne pouvons nous empêcher de vouloir. Même ne pas vouloir, c’est vouloir rien…

C’est ce que nous voulons qui déterminera le chemin que nous allons parcourir dans ce temps que Dieu nous laisse.

En 2017 vous ferez ce que vous voulez, mais que voulez-vous ?

Arrivés au moment de conclure, nous pouvons remarquer que tout ce discours nous a ramené vers une autre tradition du nouvel an, l’habitude, l’automatisme que nous avons de présenter des vœux ? Que signifie « présenter des vœux » ? Cela veut dire exprimer ce que nous voulons pour l’autre. Présenter ses vœux c’est dire à quelqu’un : je veux pour toi du bien.

Foutaises occultes ! Nous ne pouvons rien vouloir vers l’autre, nous n’en avons pas les moyens, nous ne pouvons rien vouloir pour l’autre. L’autre il doit vouloir lui même. C’est ce que nous rappelle notre méditation d’aujourd’hui. Pour le chrétien, le temps a un sens, le temps c’est ce qui le conduit vers Dieu. Pour le chrétien le temps c’est quelque chose que Dieu lui laisse pour qu’il puisse revenir vers lui, puisque Lui, Dieu, est le but.

Il y a une condition et une seule et cette condition n’est pas une question d’arbitraire ni même de justice, cette condition est uniquement une question de logique : pour aller quelque part, il faut vouloir aller quelque part. Pour aller vers Dieu, il faut vouloir aller vers Dieu. Cela ne se fera pas tous seul en laissant le temps suivre sa pente naturelle. Au début de 2017, Dieu nous pose à chacun ici une question, une question personnelle : Où veux-tu aller ?

Nous pouvons répondre, ou ne pas répondre à cette question, mais quoi que nous fassions, c’est un certain profil du chemin de 2017 qui en découle.

Hébreux 10:37

« Encore un peu de temps, un tout petit peu de temps, et celui qui doit venir viendra, il ne tardera pas. »

Amen!

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