C’est pas grave ?

Saint Jean le 19 Mars 2017

C’est pas grave ?

Ecouter le message ici:

 

Si vous voulez voir le message, vous pouvez le voir ci-dessous mais la qualité n’est pas bonne.

 

1 Rois 13

1 Un homme de Dieu se rendit de Juda à Béthel sur ordre de l’Éternel. Il arriva pendant que Jéroboam se tenait devant l’autel et s’apprêtait à faire brûler les parfums.

L’homme de Dieu se mit à lancer des invectives contre l’autel, selon l’ordre de l’Éternel. Il cria:
—Autel! Autel! Voici ce que déclare l’Éternel: il naîtra un fils parmi les descendants de David; son nom sera Josias. Sur cet autel, il égorgera les prêtres des hauts-lieux qui offrent sur toi des parfums, et l’on fera brûler sur toi des ossements humains!

En même temps, le prophète leur donna un signe:
—Voici le signe qui vous prouvera que l’Éternel a parlé: l’autel va se fendre et la graisse qui le recouvre sera répandue sur le sol.

Lorsque le roi Jéroboam entendit la menace que l’homme de Dieu proférait contre l’autel de Béthel, il étendit la main par-dessus l’autel et cria à ses gardes: «Arrêtez-le!» Mais la main que Jéroboam avait étendue contre le prophète devint paralysée, de sorte qu’il ne put plus la ramener à lui.

Au même moment, l’autel se fendit et la graisse qui était dessus se répandit par terre. C’était exactement le signe que l’homme de Dieu avait annoncé sur ordre de l’Eternel.

Alors le roi dit à l’homme de Dieu:
—Je t’en prie, implore l’Eternel, ton Dieu, et prie pour moi, afin que je puisse ramener ma main à moi.
Le prophète implora l’Eternel, et le roi put ramener sa main à lui comme auparavant.

Alors le roi invita l’homme de Dieu:
—Viens avec moi dans mon palais te restaurer. Ensuite, je te ferai un cadeau.

Mais celui-ci répondit:
—Même si tu me donnais la moitié de ton palais, je n’entrerais pas chez toi. Je ne mangerai rien et je ne boirai pas une goutte d’eau en ce lieu,

car l’Eternel m’a donné l’ordre suivant:
—Tu ne prendras pas de nourriture, tu ne boiras pas d’eau en ce lieu et tu n’emprunteras pas à ton retour le même chemin qu’à l’aller.

10 Il repartit donc par un autre chemin que celui par lequel il était venu à Béthel.

11 A cette même époque vivait à Béthel un vieux prophète. L’un de ses fils vint lui raconter tout ce que l’homme de Dieu avait fait ce jour-là à Béthel et toutes les paroles qu’il avait dites au roi.

12 Alors il demanda à ses fils:
—Par quel chemin est-il parti?
Ses fils lui indiquèrent la route par laquelle l’homme de Dieu venu de Juda était reparti.

13 Puis il leur dit:
—Préparez-moi mon âne!
Ils lui sellèrent l’âne, il l’enfourcha

14 et prit le même chemin que l’homme de Dieu. Il le rattrapa alors qu’il était assis au pied du Chêne et lui demanda:
—Es-tu l’homme de Dieu qui est venu de Juda?
—C’est bien moi!

15 Alors il reprit:
—Viens chez moi pour manger quelque chose.

16 Mais le Judéen répondit:
—Je ne peux ni retourner avec toi, ni entrer chez toi. Je ne dois rien manger ni boire avec toi dans ce pays,

17 car j’ai reçu l’ordre de la part de l’Eternel de ne pas manger de pain, de ne pas boire d’eau en ce lieu et de ne pas prendre à mon retour le même chemin qu’à l’aller.

18 Mais le vieillard insista:
—Moi aussi, je suis prophète comme toi; or, un ange m’a parlé en ces termes de la part de l’Eternel: «Ramène-le avec toi dans ta maison, pour qu’il mange du pain et boive de l’eau.»
En fait, en disant cela il mentait.

19 Le prophète de Juda retourna avec lui à Béthel pour manger et boire de l’eau chez lui.

20 Comme ils étaient tous deux à table, l’Eternel adressa la parole au vieux prophète qui l’avait ramené

21 et il s’adressa à l’homme de Dieu venu de Juda en disant:
—Voici ce que déclare l’Eternel: «Tu as désobéi à l’ordre de l’Eternel et tu n’as pas respecté le commandement que l’Eternel ton Dieu t’avait donné.

22 Tu as rebroussé chemin et tu as mangé et bu dans le lieu où je t’avais défendu de le faire. A cause de cela, ton corps ne sera pas enterré dans la tombe de tes ancêtres.»

23 Après que l’homme de Dieu eut mangé du pain et bu de l’eau, le vieillard sella l’âne du prophète qu’il avait fait revenir

24 et celui-ci repartit. En cours de route, un lion se jeta sur lui et le tua. Son cadavre resta étendu sur le chemin, l’âne et le lion se tenaient chacun d’un côté du corps.

25 Des passants l’aperçurent, abandonné sur le chemin, et le lion arrêté auprès de lui. Ils le racontèrent dans la ville où habitait le vieux prophète.

26 Quand celui-ci, qui l’avait fait revenir en arrière, l’apprit, il s’écria:
—C’est certainement l’homme de Dieu qui a désobéi à l’ordre de l’Eternel. C’est pourquoi l’Eternel l’a livré au lion qui l’a déchiré et mis à mort, comme l’Eternel le lui avait prédit.

27 Puis il ordonna à ses fils de seller son âne. Ce qu’ils firent.

28 Il partit et trouva le corps du prophète étendu sur la route, ainsi que l’âne et le lion qui se tenaient à côté de lui. Le lion n’avait pas mangé le cadavre ni déchiré l’âne.

29 Le vieux prophète ramassa le cadavre de l’homme de Dieu, le chargea sur l’âne et le ramena à la ville pour procéder à la cérémonie funèbre et ensevelir le corps.

30 Il le déposa dans son propre tombeau et entonna sur lui cette complainte funèbre: «Hélas, mon frère!»

31 Après l’enterrement, le vieillard dit à ses fils:
—Après ma mort, vous m’enterrerez dans le tombeau où repose l’homme de Dieu. Vous déposerez mes ossements à côté des siens.

32 Car c’est sur ordre de l’Eternel qu’il a prononcé ces paroles contre l’autel de Béthel et contre tous les sanctuaires des hauts-lieux qui se trouvent dans les villes de Samarie, et les menaces qu’il a proférées s’accompliront sûrement.

33 Malgré ces avertissements, Jéroboam ne renonça pas à sa mauvaise conduite. Il continua d’instituer comme prêtres des hauts-lieux des hommes pris dans la masse du peuple; en fait, il conférait l’office sacerdotal à tous ceux qui le désiraient et il les installait dans les hauts-lieux.

34 Ce fut là le grand péché de la maison de Jéroboam; il entraîna sa ruine et la disparition de sa dynastie de la surface de la terre.

Je sais pas vous mais moi, des fois, j’ai du mal à comprendre Dieu…

L’histoire est poignante, joliment racontée. Exemplaire jusqu’à un certain point. Avec les détails qui vont bien, des images que ne renierait pas un grand cinéaste :

Un chemin perdu dans une forêt, Un cadavre étendu au milieu du passage, avec pour le veiller d’un coté un lion et de l’autre un âne. Presque on trouverait ça beau, presque on trouverait ça paisible, presque on convoquerait Rimbaud et le dormeur du val.

Mais voila, même si le lion n’a pas faim c’est lui qui a tué l’homme dont l’âne indifférent était la monture.

Des fois, j’ai du mal à comprendre Dieu…

Sincèrement je le plains ce pauvre homme, cet anonyme. Dieu lui a donné un ordre, il s’y est conformé. Il semblait même intransigeant et scrupuleux. Et voila qu’il s’est fait avoir par un gros mensonge et c’est lui qui a payé les pots cassés ! Et le prix c’était sa vie.

Des fois, j’ai du mal à comprendre Dieu…

Le menteur lui il s’en sort bien. Déjà il n’avait pas été trouvé digne de porter le message au roi, alors que le prophète, le prophète de l’endroit, le vrai prophète c’était lui.

Et voilà que pour ne pas rester en dehors de l’histoire, il pousse, il se contorsionne, il gesticule, il ment. Il veut revenir au milieu de l’histoire, il veut imposer sa charité. Et peut-être convient-il de distinguer ici entre charité (bien ordonnée) et amour…

Celui la, ce menteur, vivra encore juste porteur de ses regrets tardifs.

Des fois, j’ai du mal à comprendre Dieu…

Car pour moi si quelqu’un devait être condamné c’était lui, le prophète menteur.

Je sais pas vous mais moi, des fois, j’ai du mal à comprendre Dieu… Et je crois que ça vaut le coup de prendre le temps d’y réfléchir. C’est ce que je vous propose de faire maintenant.

Une réflexion en trois temps et trois personnages.

1 Rois 11 : 37-38

37 Quant à toi, je te ferai roi et tu régneras comme tu le désires sur Israël.

38 Si tu obéis à tout ce que je t’ordonnerai, si tu suis les chemins que j’ai prescrits et si tu fais ce que je considère comme juste en observant mes ordonnances et mes commandements, comme l’a fait mon serviteur David, je serai avec toi, je ferai de toi le chef d’une dynastie durable comme je l’ai fait pour David, et je te confierai Israël.

C’est par ces mots que Dieu confie à Jéroboam le royaume du nord. Suite à l’intransigeance de Roboam, le royaume de David et Salomon est divisé en deux et Dieu entérine cette division et choisit Jéroboam pour être le roi de la partie dissidente.

Jéroboam n’était pas n’importe qui. Il a été le seul roi du royaume du nord désigné par Dieu. Il nous est dit de lui qu’il était énergique et capable.

Une belle promesse de la part de Dieu, mais une promesse en laquelle Jéroboam n’a pas su croire. Il a donc cherché à affermir sa domination par ses propres forces.

Ses sujets allaient tous les ans célébrer la Pâque à Jérusalem capitale de l’autre royaume. Jéroboam eut peur que cela les détourne de lui et les ramène vers le descendant de David. Il créa donc son propre sanctuaire, son propre culte et supprima le sacerdoce des lévites. Chacun chez soi et les vaches seront bien gardées.

Mais on ne joue pas avec Dieu, on ne manipule pas Dieu, juste on lui obéit et le culte idolâtre est donc condamné, c’est l’objet du message de l’homme de Dieu. Une autre chance est donnée au Roi, peut-être saura t-il la saisir ?…

Les signes sont forts, le message est clair, Dieu n’acceptera aucun compromis, aucune remise en cause du culte qui a été établi à Jérusalem.

Malgré la promesse qu’il a reçu, Jéroboam quand il parle à l’homme de Dieu dit « L’Éternel ton Dieu », l’Éternel n’est plus son Dieu à lui. Si Jéroboam doit revenir à Dieu il faudra tout, vraiment tout pour le convaincre, il faudra en particulier que le messager reste pur et donc aussi éloigné que possible de l’idolâtrie. C’est une question de respect pour la sainteté de Dieu. Il ne peut pas y avoir de mélange, de compromis.

Finalement, Jéroboam ne reviendra pas vers Dieu, il s’endurcira. Le message ne sera pas entendu. Une question s’impose alors : Aussi faible soit-elle, quelle part y a t-il dans ce refus qui soit motivée par la faillite du messager ?

On voit par là que quand on est porteur d’un message important, d’un message solennel, le comportement du messager fait partie du message. Aucune faiblesse ne peut être tolérée qui serait alors un signe contradictoire jetant le trouble.

Tenons nous le pour dit. Car nous aussi nous sommes porteurs d’un message important, d’un message solennel. Nous aussi nous devons dire au monde la condamnation de Dieu et sa main tendue, son Salut proposé. Nous n’avons pas le droit d’envoyer le moindre signe contradictoire qui induirait le trouble là ou les choses sont déjà difficiles, incertaines.

2 Rois 4:27

« l’Éternel ne me l’a pas fait savoir… » Les prophètes ont des étonnements qui nous… étonnent. Ici Élisée regrette que Dieu ne l’ait pas averti de la maladie et de la mort d’un petit garçon. Pour nous c’est normal, nous n’apprenons les choses que quand elles sont advenues. Pour le vieux prophète de Béthel la venue de l’homme de Dieu est un affront, une vraie remise en cause. Ce n’est pas à lui que Dieu a fait savoir les choses, ce n’est pas lui le messager. Peut-être a t-il lui une idée du pourquoi, mais en tous cas, il fait tout pour attraper le train en marche, pour revenir au centre de l’action.

Quitte à mentir.

Il voulait affirmer sa présence, il voulait imposer son service, il n’aura que des regrets, que les tourments de sa conscience.

Ne condamnez pas trop vite cet homme, vous lui ressemblez. Vous n’êtes pas prophète mais vous êtes serviteur du Dieu très haut comme lui.

Il vous arrive de vouloir imposer votre service, de vouloir vous mettre en avant, vous mettre devant. Vous savez un peu comme cet ex président de la république qui au sein d’un cortège mémorable a joué des coudes pour finalement arriver au premier rang et figurer sur la photo aux cotés de ceux qui étaient effectivement en charge de responsabilité.

« Et moi, et moi et moi… » chantait Jacques Dutronc.

Mon Église fait de l’évangélisation : « Et moi, et moi et moi… » dites vous alors.

Mon Église se lance dans l’action sociale : « Et moi, et moi et moi… » dites vous alors.

Mon Église soutient la mission  : « Et moi, et moi et moi… » dites vous alors.

Mon Église accompagne ceux qui souffrent : « Et moi, et moi et moi… » dites vous alors.

Quoi que l’on dise, quoi que l’on fasse, l’humilité reste une vertu chrétienne. Une attitude qui en plus d’être le véritable marqueur de votre consécration est fondamentalement utile car elle laisse le champ libre à la véritable œuvre de Dieu.

Si vous n’êtes pas humble, si vous tenez absolument à vous mettre en avant sachez avec une entière certitude que vous êtes forcément une gène, un obstacle.

Vous ressemblez alors à ce vieux prophète, qui voulait rester au centre de l’action, qui à tout prix voulait être utile. Vos circonstances ne seront peut-être pas aussi tragiques, mais est-ce si sur ?

2 Rois 23:15-16

[Josias] fit de même à Béthel, où il détruisit l’autel qui se trouvait dans le haut-lieu construit par Jéroboam[…] Il détruisit cet autel et le haut-lieu […]

A cette occasion […] Josias […] fit exhumer les ossements des tombes et les brûla sur l’autel pour le profaner; il accomplit ainsi la parole de l’Éternel que l’homme de Dieu avait proclamée et qui annonçait ces événements.

Trois cent ans ont passé, et la vieille prophétie finit par s’accomplir. L’homme de Dieu et le vieux prophète partageaient la même tombe à proximité. Elle ne fut pas touchée.

Fin de l’histoire. Mais il reste que j’ai du mal à comprendre Dieu et peut-être bien que vous aussi vous vous posez des questions. Comment peut-on comprendre une telle intransigeance ? Cet homme de Dieu, il avait quand même de grandes circonstances atténuantes, on lui avait menti. Il a désobéi mais c’est juste que par manque de discernement il s’est laissé entraîner. Il voulait faire bien mais il a été berné et il s’est relâché.

« Ou étais-tu quand je posai les fondations du monde ? » demande Dieu à Job qui lui non plus ne comprend pas et s’insurge. A nous qui aujourd’hui ne comprenons pas cette sévérité, Dieu fait la même réponse en forme de question :« Ou étais-tu quand je posai les fondations du monde ? ».

La sagesse de Dieu nous dépasse et Il n’a pas à se justifier. Le plus important n’est pas que nous le comprenions, le plus important est que nous lui obéissions.

C’était aussi le plus important pour l’homme de Dieu, mais malgré sa bonne volonté il n’a pas su obéir. La bonne volonté ne suffit pas. Nous voulons tous obéir à Dieu, nous le voulons bien, nous le voulons beaucoup. Il faut cela mais il faut autre chose aussi, il faut le discernement pour éviter de tomber dans les pièges de l’ennemi. Avec notre bonne volonté, qui seule est inutile et ne nous mènera nulle part ailleurs qu’au bord de la tombe de l’homme de Dieu, Il faut le discernement.

Au point ou nous sommes rendus, il me semble que le plus urgent pour chacun de nous est de prier pour demander à Dieu de nous donner ou nous maintenir ce discernement.

Comme je sais que vous êtes forts et que vous pouvez faire deux choses à la fois, je vous laisse ce soin pendant que je continue à parler, pendant que je conclus.

Trois hommes, trois personnages et finalement tous fautifs de la même faute.

Jéroboam a manqué de foi et il a endurci son cœur. Jéroboam a désobéi.

Le vieux prophète manquait d’humilité, il ne pouvait se résoudre à ne pas être devant. Il a fini par mentir. Il a piétiné la loi et a lui aussi désobéi.

L’homme de Dieu était plein de foi et de bonne volonté. Il voulait obéir, mais à un moment donné il manqua de discernement et finit par tomber dans le piège. Au bout du compte lui aussi finit par désobéir.

Une évidence s’impose, si obéir à Dieu est la première nécessité de notre vie, c’est aussi bien difficile. Veillons donc à vivre dans et par la foi, veillons donc à devenir et rester humble, en toutes circonstances plaçons nous devant Dieu pour lui demander le discernement qui nous fait si souvent défaut.

Obéir, obéir encore, obéir toujours… Un dernier exemple qui sera aussi mon dernier mot :

Hébreux 5:7-9

Ainsi, au cours de sa vie sur terre, Jésus, avec de grands cris et des larmes, a présenté des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il a été exaucé, à cause de sa soumission à Dieu. Bien qu’étant Fils de Dieu, il a appris l’obéissance par tout ce qu’il a souffert. Et c’est parce qu’il a été ainsi amené à la perfection qu’il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, l’auteur d’un salut éternel..

AMEN !

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