Changer de réalité

Job 8 v20-22

Job 9 v1-35

Job prit la parole et dit : « C’est vrai, je sais bien que telle est la situation. Comment l’homme pourrait-il être juste devant Dieu ? Si l’homme voulait contester avec Dieu, il ne pourrait même pas lui donner une seule réponse sur mille. C’est à lui qu’appartiennent la sagesse et la toute-puissance. Qui lui a déjà résisté sans subir de dommage ?

C’est lui qui déplace les montagnes à l’improviste, qui les bouleverse dans sa colère. Il fait trembler la terre sur elle-même, et ses piliers sont ébranlés. Il donne ses ordres au soleil, et le soleil ne paraît pas ; il verrouille le ciel autour des étoiles. Tout seul, il déploie le ciel, il marche sur les hauteurs de la mer. Il a fait la Grande Ourse, Orion et les Pléiades, ainsi que les constellations du sud. C’est lui l’auteur de grandeurs qu’il est impossible d’explorer, de merveilles si nombreuses qu’il est impossible de les compter.

S’il passe près de moi, je ne le vois pas ; s’il disparaît, je ne m’en aperçois pas. S’il arrache, qui s’y opposera ? Qui lui dira : ‘Que fais-tu ?’ Dieu ne retire pas sa colère ; devant lui les appuis de l’orgueilleux s’effondrent.

Et moi, comment pourrais-je lui répondre ? Quels mots pourrais-je choisir pour argumenter avec lui ? Même si je suis juste, je ne répondrai pas. Je ne peux qu’implorer la grâce de mon juge. Même si je faisais appel à lui et qu’il me réponde, je ne croirais pas qu’il m’ait écouté, puisqu’il m’assaille par une tempête et multiplie sans raison mes blessures. Il ne me laisse pas reprendre mon souffle, tant il me rassasie d’amertume. Si je veux recourir à la force, voici qu’il est tout-puissant ! Si c’est au droit, qui me fera comparaître ? Même si je suis juste, ma bouche me condamnera ; même si je suis intègre, elle me déclarera coupable.

Suis-je intègre ? Je ne le sais pas moi-même. Je suis dégoûté de mon existence. Qu’importe après tout ? En effet, j’ose le dire, il extermine l’homme intègre aussi bien que le méchant. Si un fléau donne subitement la mort, il se moque de la détresse des innocents. La terre est livrée entre les mains du méchant : il aveugle ses juges. Si ce n’est pas lui, qui est-ce donc ?

Plus rapides qu’un coureur, mes jours prennent la fuite sans avoir vu le bonheur. Ils filent comme des barques de jonc, pareils à l’aigle qui fonce sur sa proie. Si je dis : ‘Je veux oublier ma plainte, laisser ma tristesse, reprendre courage’, je reste effrayé par toutes mes douleurs.

Je sais que tu ne me considéreras pas comme innocent. C’est moi qui serai jugé coupable. Pourquoi me fatiguer inutilement ? Si je me lavais dans la neige, si je purifiais mes mains avec du savon, tu me plongerais dans la boue et mes habits m’auraient en horreur.

Dieu n’est pas un homme comme moi, pour que je lui réponde, pour que nous allions ensemble en justice. Il n’y a pas entre nous de médiateur qui pose sa main sur nous deux. Qu’il retire son bâton de dessus moi, que ses terreurs ne me tourmentent plus! Alors je parlerai sans avoir peur de lui, mais ce n’est pas le cas et je reste seul avec moi-même.

N’avez-vous pas remarqué la dichotomie entre nos pensées et nos actions. La séparation, la division, la différence entre ce que nous sommes capables de comprendre, d’articuler, de dire et ce que nous faisons, ce que nous mettons en pratique. Si je parle avec l’un d’entre vous, nous serions certainement capables d’avoir une bonne discussion sur la grâce de Dieu. « Oui, Dieu nous pardonne notre péché, il n’y a aucune différence entre les péchés pour Dieu, pas de petits, pas de grands. Dieu me prends tel que je suis, alléluia, amen » Et puis quelques minutes plus tard, nous serions pris en flagrant délit d’expliquer combien l’homosexualité, l’adultère, le meurtre sont des péchés intolérables et que nous ne pouvons pas les tolérer dans l’église, alors que le petit mensonge, la convoitise, la jalousie, le vol à l’étalage ou autre petit péché de la vie de tous les jours doivent justes être émondés, coupés de nos vies sur le chemin de la sanctification. Ou bien encore, il est facile de penser et proclamer que la grâce de Dieu est suffisante, mais en pratique, nous savons qu’elle l’est seulement pour la vie des autres, car lorsqu’on se retrouve seul face au miroir, alors nous sommes convaincus que le péché de notre vie est bien trop grand pour la grâce de Dieu. À l’opposé de la grâce, il est facile de penser que Dieu est souverain en toute chose, d’accepter qu’il a le droit de faire ce qu’il veut. Mais en pratique, quand sa volonté souveraine va à l’encontre de notre volonté, de notre désir, alors là cela ne passe plus. Il y a bien souvent un monde entre ce que nous pensons en théorie et la réalité du terrain. Telle est la différence dans la vie de l’homme. Il y a ce qui devrait être et il y a la réalité. Comment réconcilier les deux, comment passer outre cette frustration qui nous est personnelle. Je crois ce matin que le livre de Job peut nous aider à comprendre cette question. Le passage que nous avons lu, peut nous aider à comprendre notre vraie place dans le plan de Dieu et sur cette terre.

Commençons par présenter Job :

Job 1 v1. Il y avait dans le pays d’Uts un homme qui s’appelait Job. Cet homme était intègre et droit. Il craignait Dieu et se détournait du mal.

On ne peut pas beaucoup mieux faire que cela. C’est le premier verset du livre de la Bible qui porte son nom. Puis des évènements célestes sont décrits. Satan vient devant le trône de l’Éternel et accuse Job d’être bon à cause des bénédictions qu’il a reçues. Il y a un conteste, un désaccord entre Dieu et Satan et job, sans le savoir va être au milieu de la démonstration de la gloire de Dieu. Job va tout perdre, d’abord ses richesses, puis sa famille, puis sa santé et pour finir tout espoir. Malgré tous ses malheurs la Bible nous dit :

Job 1 v22. Dans tout cela, Job ne pécha pas, il n’attribua rien d’inapproprié à Dieu.

La raison des souffrances de job était un test, mais lui ne le savait pas. Des amis au cœur de la maladie et de la tourmente viennent le voir, pour essayer de le réconforter, de donner du sens à ce qu’il traverse. Malheureusement, malgré, les grands mots et les longs discours la seule raison qu’ils peuvent avancer est la suivante : tu souffres car Dieu te punit pour un péché caché. Mais Job n’en démord pas. Il veut comprendre, il n’a pas fait de péché qui mérite une telle punition. Il veut s’expliquer avec ce Dieu qui l’oppresse. C’est une de ses réponses que nous avons lues ce matin. Nous pouvons déjà voir la différence entre la théorie et la pratique. En théorie, Dieu punit le péché et récompense le juste. En pratique c’est bien différent et l’on ne comprend pas pourquoi.

Bien sûr, on va pouvoir m’expliquer, faire des théories sur les différentes raisons qui engendrent ce dilemme. Mais au bout du compte, est-ce que cela a vraiment de l’importance, ce qui compte c’est que ce n’est pas juste. N’est-ce pas la pratique qui compte ? Ne parle-t-on pas ici de justice. La Bible elle-même nous dit que Dieu a mis son Esprit dans le cœur de l’homme, nous sommes faits à son image. Il est donc naturel, il est donc normal que nous aspirions à voir la justice de Dieu dans notre vie. Et pourtant comme job, nous ne la voyons pas, comme Job, bien souvent nous nous sentons accablé et nous demandons, nous exigeons d’en démordre avec Dieu, nous demandons à Dieu qu’il nous explique, qu’il se justifie de cette injustice, lui qui est juste. Jean-Marc nous l’a rappelé un jour dans une de ses prédications. Dieu avait un plan parfait pour sa création, où la justice et l’harmonie devait régner, mais depuis que le péché est rentré dans le monde, ce plan parfait ne peut plus s’accomplir. Aujourd’hui il y a des forces spirituelles qui agissent et qui polluent la justice de Dieu. C’est ce que le livre de Job nous montre. Alors oui la théorie est bien différente de la pratique. Aujourd’hui le juste souffre et le méchant prospère. Encore pire le péché prospère et grandit dans la vie du juste, ce qui complique encore l’affaire. Pour le juste il y a 2 conséquences pratiques de ce péché :

Nous avons peur de péchés car nous savons que cela déplait à Dieu et nous avons même peur inconsciemment d’être punis. Car même si en théorie nous savons que la grâce de Dieu nous suffit, nous sommes en pratique bien similaires aux amis de Job et nous nous disons que si nous souffrons, c’est que nous le méritons, une conséquence directe de notre péché.

La deuxième conséquence du péché dans la vie du juste c’est la culpabilité. Lorsque nous nous rendons compte que malgré tous nos efforts nous n’y arrivons pas, nous ne sommes pas suffisants et que Dieu ne pourra jamais nous accepter comme cela. Nous ne sommes pas assez bon. Alors là aussi, nous connaissons en théorie la grâce, mais soyons honnête ce matin, en pratique pour chacun d’entre nous il est parfois bien difficile au milieu de la tourmente de l’accepter. Je pense ne pas me tromper quand je dis que tous les chrétiens traversent ces moments de doutes. Tous les chrétiens à un moment ou à un autre doutent de l’amour de Dieu pour eux. Ce n’est pas anormal, il y a une différence entre la théorie et la pratique de ce que nous savons et cela est dû à la nature de ce monde déchu, de ce monde perdu. Et je suis le premier à traverser ces moments de doute, mais je ne suis pas le seul. Paul avait lui-même cette dichotomie, ce paradoxe :

Romains 7 v24-25

Malheureux être humain que je suis ! Qui me délivrera de ce corps de mort ? J’en remercie Dieu, c’est possible par Jésus-Christ notre Seigneur. Ainsi donc, par mon intelligence, je suis esclave de la loi de Dieu, mais par ma nature propre je suis esclave de la loi du péché.

Alors ce matin j’aimerai donner un élément de réponse en vous encourageant à changer de perspective. Ces émotions, cette séparation entre la théorie et la réalité ne sont pas réconciliables et je l’ai dit plus haut font parties de notre nature humaine. Ma mise en pratique ce matin est une exhortation à changer de réalité. Car la Bible nous dit clairement que nous qui connaissons Dieu nous sommes des étrangers sur cette terre, nous appartenons au royaume de Dieu, c’est cela notre espérance, notre réalité.

Jean 3 v16. En effet, Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle.

La vie éternelle nous l’avons aujourd’hui, pas au jour de notre mort, la promesse nous pouvons la saisir aujourd’hui. Lorsque nous constatons l’injustice du péché, lorsque nous laissons les conséquences du péché prendre le dessus sur nos vies, nous nous centrons sur nous même et non sur Dieu. Nous analysons, comme les amis de Job le faisait le problème avec notre propre compréhension limité et nous trouvons alors des réponses limitées. Jean-Marc nous a rappelé la semaine dernière que les conséquences du péché sont injustes, c’est un fait, mais cela ne change pas le plan de Dieu, cela ne change pas la justice parfaite de Dieu. Cela ne change pas la nature de Dieu et cela ne devrait pas changer notre espérance en Dieu, en son salut, en sa grâce et en son pardon. Cela a été la faiblesse de Job, il a perdu son espérance. Il avait confiance en Dieu, mais il a cru que sa bonté ne s’appliquait plus à lui car il ne comprenait pas ce que Dieu faisait dans sa vie. Il explique au verset 33, il n’y a pas entre Dieu et Job de médiateur qui le protègerait de la main de Dieu. Il est sans espoir. Nous savons aujourd’hui que nous avons un médiateur, Jésus-Christ, nous savons que nous sommes pardonnés de nos péchés par son sang parfait versé à la croix. Notre réalité aujourd’hui c’est celle de la grâce. Nous avons une espérance et c’est Jésus-Christ notre avocat au ciel, il nous défend.

Comment nourrir cette espérance ? En allant chercher Dieu chaque jour, les jours où nous sommes bénis, et les jours où nous sommes accablés, car Dieu ne change pas. Prenez du temps avec Dieu. Job a tenu ferme au milieu de ses épreuves car sa vie honorait Dieu avant ses épreuves. Apprenons à connaitre Dieu au travers de la lecture de la Bible, chaque jour. Il n’y a pas de secret, si nous appartenons à Dieu, il est impératif de vivre dans sa réalité, de le connaitre de voir le monde comme il le voit et de se soumettre à façon de faire, même quand nous ne la comprenons pas. Apprenons à vivre dans la réalité céleste en priant constamment notre Dieu. Il faut prendre du temps même quand il n’y en a pas avec Dieu. Apprenons à nous soumettre complétement à sa volonté parce qu’elle est bonne et non pas parce que nous l’avons comprise dans notre relation quotidienne avec lui. Arrêtons de nous centrer sur ce que nous pensons mais soyons remplis de la pensé de Christ. Oui le juste souffre parfois et oui le méchant prospère parfois, mais cela n’est pas le plan originel de Dieu, oui il y a une différence entre la théorie de nos pensées et leur mise en pratique, mais si nous voyons le monde avec les yeux de notre Seigneur, alors nous notre réalité changera et s’alignera à la théorie grâce à notre foi ancrée dans la parole de Dieu, remplissons notre vie de la réalité de Dieu, remplissons notre vie de la parole de Dieu quand tout va bien pour tenir ferme quand tout va mal.

Job 42 v3-5 & 10

Je reconnais que tout est possible pour toi et que rien ne peut s’opposer à tes projets. ‘Qui est celui qui dissimule mes plans par un manque de savoir ?’ Oui, j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent et que je ne connais pas. Mon oreille avait entendu parler de toi, mais maintenant mon œil t’a vu. L’Éternel rétablit la situation de Job quand celui-ci eut prié pour ses amis ; il lui accorda le double de tout ce qu’il avait possédé.

Bénédictions :

Romains 13 v11, 12 & 14

C’est l’heure de vous réveiller enfin du sommeil, car maintenant le salut est plus près de nous qu’au moment où nous avons cru. La nuit est bien avancée, le jour approche. Débarrassons-nous donc des œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière. Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ et ne vous préoccupez pas de votre nature propre pour satisfaire ses convoitises.

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