Créateurs du néant…

coucher soleil

Se voulant fils des apôtres tonitruants
Héros du siècle seize ; de la vérité
Ils ont pensé pousser la borne d’un empan.
Le livre a été pesé, divisé, compté…

Ils disaient y chercher Dieu et sa parole,
L’ombre de leur ego servit de mesure.
Douceâtre, de ce levain la pâte molle
Resta une faiblarde caricature.

Au bout du compte, il n’y a plus de compte.
De l’homme l’âme noire dûment repeinte
Se croit forte d’une lucidité sans contes,
D’un équilibre subtil tout en demi teintes.

Gênants, les miracles devenus des mythes
Ne pèsent plus que du poids de l’apparence :
Leur divinité se doit d’être petite.
Leur orgueilleuse pensée dicte l’alliance.

Leur gloire est celle du monde des tièdes,
Ils veulent être entendus et ne disent
Que ce qui est attendu : ils sont vides.
Ce sont leurs peurs qu’ils exorcisent.

Une deuxième fois ils ont tué leur dieu
Ils l’ont étouffé : il faudrait pas qu’il bouge !
De tout ce temps, il n’y a plus que vide en eux.
Ils ont banni le sang, ôté tout le rouge.

Bergers d’un troupeau gris d’ombres vacillantes,
Qui n’aiment rien tant que le brillant du vernis.
Ils se désolent de toutes ces manquantes
Gisant en un ailleurs qu’ils ont indéfini.

Ou sont-ils donc ces créateurs d’un vrai néant,
Ces prophètes d’un rien, par eux même ourdi ?
Sont-ils déjà dehors ? Sont ils encore dedans ?
Dieu, toi qui nous aimes, tu les aimes aussi !

(Jean-Marc Donnat)

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