Culte du 24 novembre – Quel genre d’homme est-ce ? Assurance au milieu de la tempête – Emmanuel M.

Matthieu 8 v. 23 à 27

23 Il monta dans la barque et ses disciples le suivirent.

24 Soudain, il s’éleva sur le lac une si grande tempête que la barque était recouverte par les vagues. Et lui, il dormait.

25 Les disciples s’approchèrent et le réveillèrent en disant : « Seigneur, sauve-nous, nous allons mourir !»

26 Il leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs, hommes de peu de foi ?» Alors il se leva, menaça les vents du lac et il y eut un grand calme.

27 Ces hommes furent très étonnés et dirent : « Quel genre d’homme est-ce ? Même les vents et la mer lui obéissent !»

Dieu a un plan pour toute chose. Il contrôle toute chose. C’est une question de point de vue. Ce point de vue est difficile à saisir car il oscille entre le notre et celui de Dieu. Le point de vue de notre Seigneur qui ramène les captifs de Sion, qui prédit la restauration du peuple, qui promet tout un ensemble de bénédictions et de prospérité et le point de vue du peuple d’Israël qui est en captivité dans les contrées assyriennes. Le point de vue de Dieu sur nos vies, où Dieu promet de prendre soin de nous, d’être notre lumière, notre force, notre soutien, notre espoir, notre vie éternelle, le sens de notre vie, notre paix et notre gloire, le bon berger. Et notre point de vue, les difficultés de la vie, la tourmente, la réalité des épreuves que nous traversons et le manque de sens, l’incompréhension vis-à-vis de ce qui nous touche et nous affecte. Nous nous sentons seuls, perdus, impuissants, tristes, frustrés et nous crions à Dieu. Je ne peux m’empêcher de voir aussi la douce ironie entre l’église de notre Seigneur, l’épouse glorieuse, celle qui tient dans le royaume de Dieu, qui est le reflet de sa personne, de son amour, qui porte du fruit auprès des opprimés et du pauvre et la nôtre ; l’église de Saint Jean de Valériscle, pleine de bonnes volontés, fatiguée, qui rétrécit au point de se demander si elle a encore sa place et dont les membres malgré tous leurs efforts se demandent bien ce que Dieu veut.

Alors oui, il est parfois difficile de faire la part des choses entre ces deux réalités. La réalité des disciples qui se fatiguent, qui sont en proies au désespoir, à la peur de la mort, le cœur remplit de craintes et d’incompréhensions et celle de Jésus qui dort. Alors je pourrai vous parler de ce dont on parle souvent lorsqu’on apporte ce message, sur le fait que les disciples étaient avec Christ et que si certains avaient des raisons de ne pas avoir peur cela auraient été eux. J’aurais pu vous parler du manque de foi des disciples, du calme de Jésus qui devrait être notre exemple au milieu de la tempête. Du fait que nous devrions ressembler à Christ plutôt qu’à ceux qui le suivent et ne pas craindre. Que nous devrions avoir la foi au milieu des épreuves, car en tant que chrétiens nous avons un solide rocher. Je pourrais vous exhorter ce matin, comme nous le faisons souvent, à être meilleur, à vous encourager à avancer, à grandir, à ressembler toujours plus à Christ plutôt qu’aux disciples effrayés, à vous pousser encore à marcher sans relâche sur le chemin de la sanctification ; mais je ne le ferai pas. Je ne le ferai pas, parce que je suis fatigué et si je regarde à l’exemple de Christ, ce n’est pas pour sa foi ce matin, mais surtout parce qu’il dort et que c’est ce dont j’ai besoin. Ce dont nous avons besoin. Ne pas avancer, mais dormir et se laisser porter par la barque au milieu de la tempête. Ne rien faire. Ne pas penser. Ignorer. Lâcher prise. Dormir comme si de rien était, dormir comme si le lac était paisible et que l’on n’avait pas besoin de moi, de nous. Dormir… S’enfuir… Laisser la tempête rugir et se dire que tout va bien. Partir.

Voyez-vous parfois Jésus est comme nous. Il est fatigué. Pendant sa visite en Galilée, il vient de guérir un lépreux, le serviteur d’un centurion à distance, la belle-mère de Pierre, et puis le soir il chasse les démons et guérit tous les malades. Pas seulement certains d’entre eux, mais tous les malades de la foule de gens qui le suivait. Et pour ceux qui se demandent si tout cela était fatiguant pour Christ, Matthieu prend la peine de nous rappeler ce qui était en train de se passer en citant la prophétie d’Esaïe, :

Matthieu 8 v. 17

Il a pris nos faiblesses et il s’est chargé de nos maladies.

Il porte nos souffrances, il ne les faits pas s’envoler, il ne les faits pas disparaitre. Déjà, bien avant la croix, il a pris sur lui – l’homme Christ – le poids de nos fautes, les conséquences de notre péché. Il prend sur lui nos faiblesse et nos maladies. Alors, oui, Jésus est fatigué au point que ce soir-là, voyant encore la grande foule qui était là, il préféra partir.

Matthieu 8 v. 18

Voyant une grande foule autour de lui, Jésus donna l’ordre de passer de l’autre côté du lac.

Et même là, avant de partir, il doit encore répondre à des spécialistes de la loi et expliquer le prix à payer pour ceux qui veulent le suivre. Donc oui, une fois dans la barque, il se repose. Une fois dans la barque, il ne prie pas. Il ne dit pas au disciple de ne pas s’inquiéter si une tempête surviendrait, il ne dit rien. « Lui, il dormait ». Est-ce un mal ? aurait-il du veiller comme on nous l’a rappelé la semaine dernière, aurait-il dû donner l’exemple ? Il est le Christ, le Seigneur, s’il ne l’a pas fait, c’est qu’il n’avait pas à le faire, s’il ne l’a pas fait, c’est qu’à ce moment-là, il devait dormir. Sinon, il n’aurait pas pu se réveiller, sinon il n’aurait pas pu calmer la tempête, sinon je n’aurais pas eu grand-chose à dire, et surtout, sinon nous n’aurions pas pu nous poser ce matin cette question, la même question que les disciples se posèrent :

Matthieu 8 v. 27

Quel genre d’homme est-ce ?

Aucun homme n’a jamais contrôlé les éléments directement. Même Moïse ne l’a pas fait en ouvrant la mer rouge, ou en faisant couler l’eau du rocher, Dieu l’utilisait pour montrer sa gloire. De même, c’est Dieu qui a agi lorsque Josué a pu traverser le Jourdain à pieds secs pendant que les eaux étaient retenues en amont. Non, aucun homme ne l’a jamais fait, parler directement à la création et que la création l’écoute en s’exécutant. Comment cela a-t-il était possible ? Jean nous le rappelle très clairement : « au commencement était la parole, la parole était Dieu » et la parole est créatrice, la parole est Jésus et lui seul crée et interagit avec sa création, la nature. Alors quand Jésus parle au vent et à l’eau, il montre à ce moment là qui il est, et ce n’est plus un homme, c’est la parole créatrice, souveraine, toute puissante de Dieu, la parole qui sait tout, la parole qui domine tout, la parole qui était avant le commencement, pendant le commencement, qui subsiste aujourd’hui et à jamais. Alors à la question « quel genre d’homme est-ce ? », la réponse est simple, ce n’est pas un homme, c’est le Dieu créateur et en plus c’est un Dieu qui dort, lui qui ne dort jamais nous dit pourtant la parole de Dieu.

Et j’ai réussi ma pirouette ! Je reviens à mes points de vue du départ. Ceux qui m’ont déjà écouté prêcher savent que j’aime les paradoxes. Toutes ces histoires, ces actions, ces évènements qui semblent contradictoires et qui pourtant coexistent dans une même réalité, dans un même livre la Bible. Oui la Bible est remplie de paradoxes mais d’aucune incohérence.

Le point de vue de l’homme et le point de vue de Dieu, j’ai donc réussi à faire ma pirouette, je suis revenu à mon commencement, et vous vous demandez encore certainement ou je veux en venir. Je vais pouvoir vous faire mon introduction maintenant. Après avoir décidé de ne pas continuer ma série sur le jugement pour ce message, j’ai décidé de réfléchir sur les promesses de Dieu afin de nous encourager ce matin. Au cours de ma méditation sur ce sujet, je me suis rendu compte que j’avais du mal avec ces promesses en ce moment. J’ouvre la parole de Dieu et je suis encouragé. Dieu est grand, il bénit celui qui le sert, il soutient le pauvre, il ne permettra pas que mon pied chancelle, il est ma lumière et mon salut, ma force, ma forteresse, celui qui me rend vainqueur. Je lis tout cela régulièrement dans la parole de Dieu et je suis encouragé, exhorté, fortifié ; et puis je ferme ma Bible pour vaquer à mes taches quotidiennes. Les enfants se rebellent, les souffrances de ma femme, le travail qui reprend – inexorablement, les ennuis, les soucis, mes faiblesses, le bruit, les choses à faire, les problèmes de l’église, ma famille, un tel qui n’est pas satisfait de moi, un autre qui veut que je fasse quelque chose, tout ce que je n’ai pas le temps de faire, tout ce que je désire mais qui ne réalise pas, tout ce que je ne voudrait pas et qui s’effondre sur moi… Les promesses de Dieu sont alors bien loin et je soupire. Oui je soupire de soupirs inexprimables. Je crie à Dieu, je luis demande pourquoi, je lui demande où sont ses promesses, pourquoi tout est si noir là où sa lumière devrait briller et pourquoi elles ne se réalisent comme je l’espère. Et au milieu des épreuves, toujours la même réponse, frustrante, mais rassurante. Dieu est là. Ses promesses s’accomplissent selon le temps de Dieu, pas le nôtre. Nous l’avons déjà lu ce matin, pour moissonner dans la joie, il faut semer dans les pleurs (Psaumes 126 v. 5 et 6). Dieu n’a pas promis que notre vie serait sans aucun soucis, aucune difficulté… Non, il a promis que nous aurions la victoire, car il est souverain et il contrôle toute chose. Rien ne lui échappe, il a parlé et sa volonté s’est accomplie. Notre église traverse une période difficile, Dieu l’a permis, rien ne lui échappe. Certains d’entre nous sont intimement convaincus que Dieu vient de nous mettre au pied du mur, nous ne pouvons plus trouver d’excuse, plus faire semblant. Aujourd’hui nous sommes obligés de regarder la réalité en face, peut importe ce que nous désirons, l’avenir de cette église ou sa disparation est dans les mains de Dieu, il n’est plus utile de nous essouffler, c’est Dieu qui dirige la barque et il dort, et ce n’est pas un problème. Ce n’est pas un problème car Dieu ne dort jamais. Peut-être que dans notre petit monde, à un instant donné, selon notre point de vue, Dieu n’agit pas, nous disons qu’il dort. Mais cela n’est pas le point de vue de Dieu. Selon son point de vue il est en action, son plan est en train de s’accomplir, rien ne lui échappe, tout lui est soumis, et sa gloire et sa victoire sont les seules issues possibles à toutes les épreuves que nous traversons.

Alors, en préparant ce message, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas vraiment vous parler des promesses de Dieu, car au milieu de la tempête, la seule chose que nous voyons ce sont les vagues qui recouvrent la barque, au milieu de la tempête la seule chose que nous entendons c’est le vent, et vous parler des promesses de Dieu aurait été de belles paroles loin des réalités pour ceux qui souffrent maintenant. Alors j’ai dit : « dirige Seigneur, de quoi veux-tu que je parle » si ce n’est pas de tes promesses. J’ai continué ma méditation quotidienne et la lecture suivante était le passage sur lequel j’ai basé ce message. Jésus calme la tempête. Ce même passage qu’Émilie avait cité pendant que nous priions dimanche dernier, cette parole qui avait confirmé que ma méditation était la bonne dimanche dernier, juste témoigner que comme les disciples, je suis dans la tourmente et qu’aucun de mes efforts n’est suffisant, utile ou va faire taire le vent et calmer la mer. Alors j’ai vite préparé quelques idées à développer au cours de la semaine, et puis finalement, je n’en ai utilisé aucune, et c’est mieux comme cela. Parce que même si aujourd’hui je crie à Dieu désespéré, même si aujourd’hui j’attends que Dieu sorte de son sommeil pour venir nous secourir, lui il ne dort pas et il ne laisse absolument rien au hasard. Si je suis perdu selon mon point de vue, lui il a son plan en action selon son point de vue. Il a un plan. Quoi qu’il arrive nous sommes dedans. Quoiqu’il arrive, nous lui appartenons nous qui lui avons donné notre vie et il accomplira sa volonté.

Comme par hasard, juste avant d’écrire ce message je suis tombé sur un chant assez récent dont j’ai pris, aujourd’hui, la peine d’écouter les paroles. Voici ce qu’il dit :

« Je peux voir la promesse, je peux voir le futur. Tu es le Dieu des saisons, je suis juste en hiver. Si tout ce que je sais de la récolte c’est quelle vaut ma patience, alors si tu n’as pas fini de travailler, Seigneur je n’ai pas fini d’attendre »

Oui si nous ne traversions pas nos épreuves, nous ne pourrions pas voir sa gloire, si nous ne tombions pas, il ne pourrait pas nous relever, s’il ne prenait pas son temps pour se révéler, nous ne comprendrions pas tout l’amour, la patience et la grâce qu’il a pour nous. Quel genre d’homme est-il ? Il est le genre d’homme qui parle pour créer l’univers, pour fabriquer un monde afin qu’il puisse faire connaître le plan de son salut à son peuple. Quel genre d’homme est-il, il est le genre d’homme qui laisse derrière sa majesté et sa gloire pour venir passer du temps avec nous, pour porter nos souffrances et calmer nos craintes. Quel genre d’homme est-il ? Ce n’est pas un homme c’est notre Dieu, il nous a offert la vie éternelle en prenant le temps de mourir sur une croix, en prenant le temps de ressusciter, en prenant le temps de déverser son Esprit pour construire et fortifier son église. Alors s’il est Dieu et que son plan continue à s’accomplir depuis toujours et dans l’éternité, soyons le genre de disciple qui même au milieu de la tempête sait qu’auprès de lui dort son Dieu, qu’auprès de lui-même si son maître semble se reposer, il va se réveiller et calmer les éléments car rien ne lui échappe, rien ne résiste à celui qui a crée le monde par sa parole. N’hésitons pas à préférer son point de vue au notre, car le sien est constant intemporel et sa gloire est en jeu. Alors si nous sommes dans une tempête, si nous sommes remplis de crainte, soyons heureux parce que nous sommes dans la bonne barque. Nous sommes dans la barque, avec le maître de l’univers, voilà quel genre d’homme il est.

Prière

Prière pour chacun d’entre nous et pour l’église de Saint Jean.

Que nous puissions nous soumettre à sa volonté et à son plan. Même avec nos craintes, nos peurs et nos questions, il tient le monde dans sa main.

Que nous puissions accepter que le plan de Dieu est bien plus grand et glorieux que chacun d’entre nous et que nous puissions rester humble devant Dieu dans le plan qu’il a préparé pour nous.

Bénédiction

Matthieu 11 v. 28 à 30

Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et courbés sous un fardeau, et je vous donnerai du repos. Acceptez mes exigences et laissez-vous instruire par moi, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. En effet, mes exigences sont bonnes et mon fardeau léger.»

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