De quelques liens…

Saint Jean le 06 Août 2017

De quelques liens…

Lecture

Matthieu 18:15-35 (LSG)

15 Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.

16 Mais, s’il ne t’écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l’affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins.

17 S’il refuse de les écouter, dis-le à l’Église; et s’il refuse aussi d’écouter l’Église, qu’il soit pour toi comme un païen et un publicain.

18 Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel.

19 Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.

20 Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.

21 Alors Pierre s’approcha de lui, et dit: Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu’il péchera contre moi? Sera-ce jusqu’à sept fois?

22 Jésus lui dit: Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à septante fois sept fois.

23 C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs.

24 Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents.

25 Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette fût acquittée.

26 Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout.

27 Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette.

28 Après qu’il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l’étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois.

29 Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai.

30 Mais l’autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût payé ce qu’il devait.

31 Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.

32 Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié;

33 ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi?

34 Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait.

35 C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.

Jusqu’ici la Parole de Dieu.

Si nous nous lançons dans une étude générale du texte que nous venons de lire, nous évoquerons comme thême principal la discipline dans l’Église. Et nous relèverons deux versets très célèbres qui semblent pouvoir se passer de contexte. Nous les citons d’ailleurs souvent tel quels, bruts. Ce n’est bien évidemment pas juste.

Au delà de tout les bons principes d’étude de la Parole, l’attitude des disciples qui ici comme bien souvent sont représentés par Pierre, nous y incite.

Deux promesses donc, deux promesses à la portée incalculable

Tout ce que vous lierez…

Là où deux ou trois…

Il nous semble que nous aurions plein de questions à poser pour approfondir, pour comprendre :

Quels sont ces liens ?

Quels critères pour lier ou délier ?

Demander quoi, demander n’importe quoi ?

Qu’est-ce que cela veut dire « s’accorder » ?

Des tas de questions dont les réponses nous seraient bien utiles pour comprendre recevoir et assumer ces promesses, pour pouvoir les vivre pleinement au quotidien.

Mais la question de Pierre nous afflige. « Combien de fois pardonnerai-je à mon frère ? »

D’abord la réponse nous paraît évidente et en plus on a le sentiment d’être passé à coté, d’être allé vers quelque chose de marginal en laissant de coté l’essentiel.

Et si c’est Pierre qui avait raison ?

Bien sur, c’est Pierre qui a raison ! Il faut toujours revenir au contexte, ces promesses nous sont données dans le cadre d’un discours précis, construit.

Mais quel est ce contexte ?

Un curieux « ménage à trois » : moi, mon frère et le péché. Et les relations entre ces trois éléments sont examinées dans un cadre bien précis : l’Église (remarquons à l’appui de ce point de vue que le verset sur lier et délier est cité un peu plus haut dans l’Évangile de Matthieu au chapitre 16, dans le même contexte de l’Église et que l’Église qui de fait n’existe pas encore et n’est plus mentionnée). Ces trois éléments et ce cadre sont placés sous les yeux d’un témoin actif : Dieu.

Ces promesses ont incontestablement une portée très générale, mais elles ont d’abord une application dans le cadre de la discipline dans l’Église, c’est ce que nous voulons voir maintenant.

I Les liens…

v 18 tout ce que vous lierez…

Quels peuvent être ces liens ? La Bible évoque plusieurs sortes de liens :

-Actes 18 v 23 :  « car je vois que tu es dans un fiel amer et dans les liens de l’iniquité. » les liens de l’iniquité…

-Colossiens 2:19 : «[Jésus-Christ], dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne. »

Sont-ce ceux-la ces liens qui doivent être soit liés soit déliés ?

Les liens de l’iniquité doivent toujours être déliés et jamais liés.

Les liens du corps de Christ doivent toujours être liés et jamais déliés.

Je cite ici la définition du mot traduit par lier donnée par le dictionnaire grec :

« mettre sous obligation de la loi, des devoirs »

Les disciple se trouvent donc chargés d’une tâche immense qu’ils ne soupçonnent même pas à ce moment la : construire l’Église et pour contruire Jésus leur donne un pouvoir, lier et délier. C’est à dire définir les règles prévaudront dans la communauté, les règles qui régiront la vie communautaire des membres du corps de Christ. Et ceci pour une bonne raison : il n’y a pas de communauté sans règle.

Le but c’est donc dans l’Église de faire la volonté de Dieu, la base ce sera donc la loi donnée aux hommes par Moïse. Cette loi est bonne mais elle doit être dépassée, portée vers son aboutissement, c’est le sermon sur la montagne.

Certains articles de cette loi, toujours valides, seront interprétés spirituellement : la circoncision, les précautions sur la nourriture.

Les chrétiens ont été « déliés » de ces ordonnances, ils ne sont plus tenus à la circoncision, ils peuvent manger du cochon, ils sont déliés.

C’est valable sur la terre et c’est entériné au ciel. Dans le livre qui au ciel enregistre la longue litanie de mes péchés sont enregistrées bien des choses piteuses mais pas la saucisse sèche que j’ai mangé hier. Pour que ce lien tombe, il a fallu un synode à Jérusalem, Actes 15 nous le raconte.

D’autres choses qui n’étaient pas mentionnées dans le loi ont été rajoutées, parce qu’elles étaient nécessaires à la construction de l’Église.

Par exemple, ce jour, cette heure, ne sont pas mentionnés dans la Parole. Rien ne dit dans la Bible que le dimanche soit un jour particulier. Il est tout juste mentionné une fois que les disciple avaient pris l’habitude de se réunir ce jour là.

Pourtant et très vite le dimanche a été mis de coté par les chrétiens, il est devenu le jour du Seigneur et nous savons combien cette règle est fondamentale.

Si volontairement nous manquons le culte, si nous restons au lit, nous ne sommes pas bien, notre conscience nous reprend, nous savons que nous pêchons…

Cette loi n’est pas écrite dans la Parole directement et pourtant nous sommes liés par elle.

L’Église a lié le dimanche, il appartient maintenant à Dieu et ce lien est entériné dans le ciel :

Si je manque volontairement le culte, cela sera mentionné dans la liste de mes péchés.

Il faudrait maintenant parler de beaucoup d’autres aspects de ces liens, faire une liste, relever éventuellement ceux qui ont été valables à une époque et qui ne le sont plus, évoquer ces liens nouveaux que l’Église doit encore créer aujourd’huipour tenir compte du temps…

Il faudrait parler de la valeur de ces liens et de l’autorité effectivement reconnue à l’Église par ses membres.

Vaste sujet, vaste discours, vaste réflexion mais qui ne nous concerne pas aujourd’hui (nous pourrons en parler mercredi lors de l’apéro théo)

Aujourd’hui avec Jésus,nous nous penchons sur un cas particulier et douloureux. Celui d’un homme, mon frère, ma sœur qui a volontairement mis à mal un de ces liens de la loi.

Nous parlons d’un individu qui a péché.

II Gagner son frère…

Jésus ne se ferme pas les yeux, Jésus ne se berce pas d’illusions, Jésus regarde la vérité en face. Les hommes sont pêcheurs, les hommes pêchent et les chrétiens aussi.

Les liens de la loi de Dieu bien souvent , bien trop souvent les chrétiens s’en affranchissent. Ils les oublient, ils les ignorent, ils les repoussent : ils pêchent.

C’est une situation qui doit être envisagée, Jésus l’envisage et il nous indique la conduite à tenir, la règle, le lien qui nous lie.

Une première remarque donc, ne pas écouter Jésus dans ces circonstances c’est déjà pêcher.

La loi que Jésus préconise :

– Entretien de 1 à 1 « moi et mon frère »

Nous sommes tous, chacun pour notre part ce moi (toi). Cette loi ne concerne pas une élite, quelques un mais tos.

-Ensuite entretien à deux ou trois.

-Ensuite dénonciation devant l’Église.

Je n’ai que très rarement vu la dénonciation du pêché de l’un ou de l’autre devant l’Église…

Est-ce que le système marche ?

Est-ce que nous sommes si dociles que toujours nous nous soumettons à d’éventuelles remontrances ?

Non.

Et pourtant…

Ce discours de Jésus nous démontre s’il en est besoin que le pêché n’a pas sa place dans l’Église.Il faut lutter, encore, toujours.

Mais en quoi consiste cette lutte, comment doit-elle être menée, quel est son but ,

Tels Neymar, nous ne devons pas nous tromper de but. Le but de l’Église c’est la sainteté, mais l’Église n’a pas en elle les moyens et l’ambition de faire expier les pêcheurs. L’Église n’a pas à prononcer de sanctions contre le péché. Le jugement et les sanctions appartiennent à Dieu.

L’Église doit seulement faire cesser et s’isoler du péché, s’en séparer si le pêcheur ne s’en repent pas.

Le but, le seul but, c’est que le péché cesse, le but de chacun de nous face à un frère ou une sœur qui pêche, face à tous les frères ou sœurs qui pêchent, c’est de gagner mon frère, ma sœur.

III La prière

Un autre verset qui semble parachuté dans le contexte… La prière :

19 Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux.

Un constat. Cela marche parfois, ça ne marche pas toujours. Une promesse qui n’aboutit pas vraiment ?

Pourquoi ? Comprenons nous vraiment ce qui nous est dit ?

Souvent, nous pensons que c’est ce que nous demandons qui ne va pas, que nous demandons des choses que Dieu ne peut accorder.

Peut-être…

Mais je crois que nous n’avons pas bien compris qui sont ces deux qui doivent s’accorder pour prier et que nous n’avons pas bien comprisencore ce qu’est cette notion d’accord.

Dans ce contexte de la discipline dans l’Église dans les rapports qui doivent s’installer entre celui qui pêche et celui qui doit le reprendre, il est évident que les deux qui doivent s’assembler pour prier, ce sont ces deux que Dieu a mis en présence. Celui qui pêche ou plutôt cel ui qui a péché et celui chargé de le reprendre.

Cette promesse de jésus nous raconte une histoire, l’histoire d’un homme qi a péché, celle de son frère chargé de la douloureuse nécessité de le reprendre. Mai cet homme chargé d’une misssion douloureuse a gagné. Il a gagné son frère.

Voilà ces deux hommes qui devraient être séparés d’une part par le ressentiment de celui qui se fait gronder de l’autre par la répulsion qu’inspire le péché, ces deux hommes se retrouvent en fait unis, unis pour prier.

Conséquence extraordinaire de leur obéissance à tous deux : la bénédiction est là, ils sont exaucés.

Conclusion

Le Christ nous propose aujourd’hui une démarche, une démarche précise pour lutter contre le péché. Une démarche en trois étapes du un à un à la dénonciation devant l’Église en passant par la rencontre à plusieurs.

Nous devons reconnaître que nous la mettons peu et mal en pratique.

Ceci est du à notre faiblesse devant le péché, à notre laxisme. Et notre faiblesse devant le péché devient notre faiblesse tout court. Faiblesse dans l’action, faiblesse dans l’intercession. Si nous tolérons le pêché et nous le tolérons trop souvent, il n’y aura pas de bénédiction pour nous.

Si nous mettons en pratique ce que Jésus nous propose aujourd’hui, si nous cherchons et réussissons à gagner notre frère pêcheur. SI nous arrivons à être ces deux qui s’accordent pour prier, nous serons bénis, nous serons exaucés.

Pour terminer, je veux revenir sur ces liens dont nous dépendons, ces liens dont nous pensons parfois qu’ils nous enserrent, qu’ils nous étouffent. Ces liens, ils sont en fait en étroite relation avec la façon dont le Seigneur nous a attrapé.

Il a envoyé des hommes pour en faire des pêcheurs d’hommes, et nous nous avons été pêchés. Non avec un hameçon mais avec un filet.

Ces liens qui nous tiennent, sont ceux qui forment le filet. Ils ont un gros avantage, ils nous tiennent, mais ils nous tiennent ensemble. Les liens qui forment ce filet ont des noms merveilleux, des noms qui nous rassurent, des noms qui nous encouragent. A la suite de Paul j’en citerai deux ;

Le lien de la paix,

Le lien de la perfection qui est l’amour.

Que ces liens soient nos liens !

Amen !

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