Disqualifiés ?…

Saint Jean le 12 Février 2017

Disqualifiés ?…

2 Timothée 3  (Semeur)

1 Sache bien que dans la période finale de l’histoire, les temps seront difficiles.

Les hommes seront égoïstes, avides d’argent, vantards et prétentieux. Ils parleront de Dieu d’une manière injurieuse et n’auront pas d’égards pour leurs parents. Ils seront ingrats, dépourvus de respect pour ce qui est sacré,

sans cœur, sans pitié, calomniateurs, incapables de se maîtriser, cruels, ennemis du bien;

emportés par leurs passions et enflés d’orgueil, ils seront prêts à toutes les trahisons. Ils aimeront le plaisir plutôt que Dieu.

Certes, ils resteront attachés aux pratiques extérieures de la religion mais, en réalité, ils ne voudront rien savoir de ce qui en fait la force. Détourne-toi de ces gens-là!

Certains d’entre eux s’introduisent dans les familles pour envoûter les femmes instables, au passé chargé, et entraînées par toutes sortes de désirs.

Elles veulent toujours en savoir plus, mais ne sont jamais capables de parvenir à une pleine connaissance de la vérité.

De même qu’autrefois Jannès et Jambrès s’opposèrent à Moïse, de même ces hommes-là s’opposent à la vérité. Ils ont l’intelligence faussée et sont disqualifiés en ce qui concerne la foi.

Mais leur succès sera de courte durée, car leur folie éclatera aux yeux de tous, comme ce fut le cas jadis pour ces deux imposteurs.

10 Mais toi, tu as pu m’observer dans mon enseignement, ma conduite, mes projets, ma foi, ma patience, mon amour, mon endurance.

11 Tu as pu voir quelles persécutions et quelles souffrances j’ai endurées à Antioche, à Iconium et à Lystre. Quelles persécutions, en effet, n’ai-je pas subies! Et chaque fois, le Seigneur m’en a délivré.

12 En fait, tous ceux qui sont décidés à vivre dans l’attachement à Dieu par leur union avec Jésus-Christ connaîtront la persécution.

13 Mais les hommes méchants et les charlatans s’enfonceront de plus en plus dans le mal, trompant les autres, et trompés eux-mêmes.

14 Pour toi, reste attaché à tout ce que tu as appris et reçu avec une entière conviction. Tu sais de qui tu l’as appris.

15 Depuis ton enfance, en effet, tu connais les Saintes Ecritures; elles peuvent te donner la vraie sagesse, qui conduit au salut par la foi en Jésus-Christ.

16 Car toute l’Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu.

17 Ainsi, l’homme de Dieu se trouve parfaitement préparé et équipé pour accomplir toute œuvre bonne.

Jusqu’ici la Parole de Dieu…

Il s’approcha de la caisse du magasin de bricolage…
Dans sa tête, il était déjà en train d’assembler le matériel qu’il venait de déposer sur le tapis roulant. Avec la planche qu’il avait récupéré et peint la veille cela ferait une bonne étagère dans le placard à balais.

– Ça fait treize euros quarante deux, dit la caissière.

Il lui tendit le billet de vingt euros qu’il avait préparé. Elle le prit et le passa sous la lumière bleue de la machine à contrôler les billets. Elle le repassa une deuxième fois… Ce qui l’inquiéta à juste raison :

-Ce billet n’est pas bon, je ne peux pas le prendre.

Il ne tenta pas de discuter et proposa un chèque à la place.

-La maison n’accepte pas les chèques…

Derrière lui, il sentait monter l’impatience des autres clients. Finalement après avoir consulté son chef, la dame accepta son chèque et il put partir avec son matériel.

Contrarié… Qui donc lui avait donné ce billet ? Ah oui, c’était l’autre jour quand il avait cassé le billet de cinquante que lui avait donné le distributeur automatique. Il lui faudrait aller râler… Il savait que cela se passerait mal, car il n’y avait que deux alternatives :

Soit celui qui le lui avait donné l’avait fait sciemment, mais vu la fourberie de la méthode il était évident qu’il ne le reconnaîtrai pas.

Soit il n’était conscient de rien, et dans ce cas il objecterai que rien ne prouvait que ce soit le billet qu’il avait « rendu ».

Malaise assuré et de fait donc vingt euros de perdus.

Plus que contrarié en fait, humilié, frustré, irrité.

Histoire douloureuse mais banale. Peut-être vous est-elle advenue. Pourquoi vous la raconter maintenant ? Bien que sûrement vous ne l’ayez pas identifiée elle nous est proposée par le texte que nous venons de lire. Il y a au moins deux autres images associées aux mots de Paul à Timothée que j’évoquerai dans quelques instants.

Au verset 8 nous lisons dans la version Semeur :

« Ils ont l’intelligence faussée et sont disqualifiés en ce qui concerne la foi. »

Second comme Darby parlent de « réprouvés », la Bible de Jérusalem de « sans garanties en matière de foi », « inconsistants » pour la TOB… Une diversité lexicale qui pousse à s’interroger sur le grec originel. C’est là que deux images nous sautent à l’esprit.

Le mot employé évoque donc la fausse monnaie, mais aussi celle d’un mauvais cheval tout juste bon à être réformé (n’y voyez pas d’allusion), un cheval dont on ne peut rien tirer et que l’on vous a pourtant refilé. Dans les deux cas, il y a une dimension douloureuse, dans les deux cas, en français de notre époque, l’on dit qu’il y a arnaque…

Volontaire ou involontaire une arnaque reste une arnaque et c’est vous qui en faites les frais.

Paul dans le texte que nous avons lu évoque donc une arnaque, une arnaque spirituelle. Cette arnaque est déjà présente à son époque mais elle ira en s’amplifiant au moment de la période finale de l’histoire…

Pourtant dans ce chapitre si les choses commençent de façon alarmante, nous nous y retrouvons bien.

Les hommes seront égoïstes, avides d’argent, vantards et prétentieux. Ils parleront de Dieu d’une manière injurieuse et n’auront pas d’égards pour leurs parents. Ils seront ingrats, dépourvus de respect pour ce qui est sacré,

sans cœur, sans pitié, calomniateurs, incapables de se maîtriser, cruels, ennemis du bien;

emportés par leurs passions et enflés d’orgueil, ils seront prêts à toutes les trahisons. Ils aimeront le plaisir plutôt que Dieu.

La description des hommes des temps de la fin semble bien correspondre à ceux de notre époque, à ceux que nous côtoyons dans le monde. Oui Paul était prophète, il semblait connaître nos hommes politiques, nos patrons, nos collègues, nos ennemis. Il semblait déjà connaître le monde dans lequel nous vivons. Nous nous référons souvent à ces versets pour exprimer notre désapprobation désabusée quand à la société actuelle.

Mais est-ce bien de cela qu’il s’agit ? Car Paul continue :

Certes, ils resteront attachés aux pratiques extérieures de la religion mais, en réalité, ils ne voudront rien savoir de ce qui en fait la force. Détourne-toi de ces gens-là!

Ces gens, ces disqualifiés, ces maquignons trafiquants de la vie, ces faux monnayeurs travestissant la création sont là, à coté de nous, ils ont gardé les pratiques extérieures de la religion. Ils ne savent rien de ce qui en fait la force mais ils sont encore dans la religion, dans les Églises. Et puisque l’on ne sait plus vraiment ou est la force, les Églises sont devenues faibles. Disons plutôt la religion est devenue faible, ce qui ne change rien quand au statut menacé des communautés locales.

Pourtant ce n’est pas compliqué : « La force est en Christ, la force est dans le sang de Christ… »

Le problème n’est pas que l’on ait oublié cela, le problème n’est pas que nous ne le chantions plus car ce cantique est trop vieux, Le problème est que l’on a tendance à oublier comment il se fait que nous le savons.

Une réalité fut elle fantastique, si on la coupe de ses racines perd son statut de réalité.

« La force est en Christ »… Coupée de ses racines, cette affirmation n’est guère plus que le scénario surprise du, toujours futur, dernier opus de « la guerre des étoiles ».
« La force est en Christ », si on perd de vue comment cela est arrivé jusqu’à notre âme, ne reste que le titre du film que nous allons voir chaque dimanche matin, à heure fixe, assis sur de mauvaises chaises.

La force est en Christ, c’est vrai, parfaitement vrai, et nous le savons parce que c’est la Bible Parole de Dieu qui nous l’a dit. Paul rappelle cela à Timothée. Paul Insiste :

15 Depuis ton enfance, en effet, tu connais les Saintes Ecritures; elles peuvent te donner la vraie sagesse, qui conduit au salut par la foi en Jésus-Christ.

16 Car toute l’Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu.

Les racines de notre connaissance de Jésus-Christ et de la force qui est en Lui, sont dans la Bible Parole de Dieu.

Adorons Le, respectons la.

La Bible, la Bible Parole de Dieu, la Bible référence absolue. Oui, un vieux livre, mais un contenu inusable, toujours utile pour enseigner, réfuter, redresser… Révéler Jésus-Christ.

La Bible, nous l’aimons, nous la lisons, nous l’écoutons. Mais et vous le savez très bien si la Bible dit des choses fondamentales qui nous touchent profondément, la Bible dit aussi des choses difficiles, perçues comme scandaleuses, souvent bien lourdes à assumer. Avez-vous remarqué comment notre texte du jour glisse au moins deux énormités dans un exposé qui par ailleurs emporte notre adhésion ?

« …des femmes instables, au passé chargé, et entraînées par toutes sortes de désirs. Elles veulent toujours en savoir plus, mais ne sont jamais capables de parvenir à une pleine connaissance de la vérité. »

Est-il possible d’être plus tranquillement sexiste ?

« … tous ceux qui sont décidés à vivre dans l’attachement à Dieu par leur union avec Jésus-Christ connaîtront la persécution. »

Comme programme d’épanouissement personnel, il y a mieux !

Ces choses là, si moi ou n’importe quel autre homme les disaient de sa propre initiative, seraient condamnables et condamnées. La Bible seule peut les affirmer grâce à son statut de « Parole de Dieu ». Nous les recevons au travers de ce statut, et c’est ce statut qui devrait nous pousser à une obéissance absolue.

Remarquons que ce qui paraît inacceptable aujourd’hui ne l’était pas dans le passé (le statut de la femme), mais remarquons aussi que ce qui paraît naturel aujourd’hui ne l’était pas dans le passé (la circoncision, l’égalité de tous les êtres humains devant Dieu…). Ce qui paraît inacceptable dans la Parole à toujours existé mais est très variable selon les époques, et puis il y a même des choses qui ont toujours été difficiles à vivre et que les hommes ont toujours tenté d’ignorer, les lois concernant le divorce par exemple.

Certains hommes et ce depuis plus de 200 ans se sont arrêtés à ces choses difficiles, ils n’ont pas voulu, pas pu les assumer. Ils ont cherché à les éviter et ils ont massacré le statut de ce livre. Ils ont cherché d’autres références, et dans leur orgueil ils ont imaginé que leur pensée était la référence. Ils ont réécrit la révélation avec les ombres nées de leur imagination.

Ils sont restés dans l’Église, et ils sont là à coté. A coté de nous, bien qu’ils soient disqualifiés, bien qu’ils soient des faux monnayeurs, des maquignons corrompus.

L’Église en a donc perdu sa force.

Je préfère quand à moi et je vous incite à faire de même, considérer que c’est parce qu’elle est « Parole de Dieu » que la Bible peut poser ces affirmations controversées. Elles sont difficiles mais elles sont précieuses car elles sont la vérité. Pas la vérité de Mr Fillon ou celle du Canard Enchainé, non juste La Vérité

La Vérité avec des majuscules partout.

Dans les temps que nous vivons, cette question prend un relief, une acuité toute particulière. Depuis plus de 200 ans je l’ai dit cette situation existe et elle a pourri beaucoup de choses. Elle a pourri parce qu’elle n’a pas été affrontée.

L’Église d’aujourd’hui à le dos au mur. De graves questions éthiques (morales) se posent et prennent une ampleur démesurée qui mange toute notre énergie. Satan boit du petit lait, sa question originelle a été reprise et se trouve maintenant à toutes les pages des livres de théologie : Dieu a t-il réellement dit ?

Alors oui, Dieu a dit et c’est La Bible, parfaite et incontestable, La Bible qui nous révèle et nous prouve par la foi que « la force est en Christ ».

C’est une question qui obsède les pasteurs dit « évangéliques », nous nous sentons en première ligne. C’est une question qui sous tend tous les débats actuels, c’est une question pour laquelle il faut du courage. Cette question est débattue au niveau de la FPF, au niveau mondial du méthodisme au niveau national de notre union au niveau très proche de notre pastorale alésienne.

C’est une question qui amène certains enseignants réputés à prendre des positions extrêmement tranchées et énergiques. Je vous renvoie à l’interview d’Henri Blocher que j’ai publié hier sur le site de notre communauté.

J’ai parlé dans mon introduction de trois images, de trois illustrations contenues dans notre texte du jour. De fait je n’en ai évoqué que deux, celle de la fausse monnaie et celle du cheval de réforme. J’en viens maintenant à la troisième et ce sera ma conclusion.

« …Car toute l’Ecriture est inspirée de Dieu et utile pour enseigner, réfuter, redresser et apprendre à mener une vie conforme à la volonté de Dieu. Ainsi, l’homme de Dieu se trouve parfaitement préparé et équipé pour accomplir toute œuvre bonne. »

Parfaitement préparé et équipé… Second dit «  propre à toute bonne œuvre ».

Là encore le mot grec est traduit d’une manière trop plate, trop technique dans un vocabulaire qui n’est qu’utilitaire. Dans le mot d’origine il y a une dimension poétique propre à nous emporter vers des destinations inimaginables autrement. Le mot employé et celui qui qualifie un bateau prêt à appareiller vers une destination lointaine.

Si nous nous confions dans la Parole Dieu, dans la Bible, écriture toute inspirée de Dieu, nous serons comme un bateau gréé, armé (ce sont les termes exacts du vocabulaire marin), ballotté mais ne coulant jamais (fluctuat nec mergitur, la devise de Paris).

Nous serons comme ces bateaux du Vendée Globe, partis il y a quelques mois pour un difficile tour du monde et qui un à un glorieux, couverts de plaies mais chargés de records, reviennent à bon port.

Ne crains pas la tempête, reste tranquille, la paix viendra.

Amen!

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