En attendant…

Voici la vidéo du culte.

20 Août 2017

En attendant…

Esaïe 11

1 Un rameau poussera sur le tronc d’Isaï,
un rejeton naîtra de ses racines, et portera du fruit.

L’Esprit de l’Eternel reposera sur lui,
et cet Esprit lui donnera le discernement, la sagesse,
le conseil et la force;
il lui fera connaître l’Eternel et s’attacher à lui.

Son plaisir sera d’obéir à l’Eternel.
Il ne jugera pas d’après les apparences,
et n’arbitrera pas d’après des ouï-dire.

Il jugera les pauvres avec justice,
et il arbitrera selon le droit
en faveur des malheureux du pays
Il frappera la terre de sa parole comme avec un bâton;
le souffle de sa bouche abattra le méchant.

Il aura la justice pour ceinture à ses reins
et la fidélité pour ceinture à ses hanches.

Le loup vivra avec l’agneau,
la panthère paîtra aux côtés du chevreau.
Le veau et le lionceau et le bœuf à l’engrais seront ensemble,
et un petit enfant les mènera au pré.

Les vaches et les ourses brouteront côte à côte,
et leurs petits auront un même gîte.
Le lion et le bœuf se nourriront de paille.

Le nourrisson s’ébattra sans danger près du nid du cobra,
et le tout jeune enfant pourra mettre la main dans l’antre du serpent.

Esaïe 65

17 Je vais créer un ciel nouveau,
une nouvelle terre;
on ne se rappellera plus les choses d’autrefois,
on n’y pensera plus.

18 «Réjouissez-vous plutôt
et soyez à toujours tout remplis d’allégresse
à cause de ce que je crée.
Oui, car je vais créer une Jérusalem remplie de joie
et son peuple plein d’allégresse.

19 J’exulterai moi-même à cause de Jérusalem
et je me réjouirai au sujet de mon peuple.
«On n’y entendra plus de pleurs
ni de cris de détresse.

20 Là, plus de nourrisson
emporté en bas âge,
ni de vieillard qui meure avant d’avoir atteint le nombre de ses ans.
Ce sera mourir jeune de mourir centenaire;
si un pécheur ne dépasse pas les cent ans, c’est qu’il aura été maudit.

21 Ils se construiront des maisons
et les habiteront;
ils planteront des vignes
et ils en mangeront les fruits;

22 ils ne bâtiront plus des maisons pour qu’un autre y habite à leur place,
ils ne planteront plus de vignes
pour qu’un autre en mange les fruits.
Car les gens de mon peuple vivront aussi longtemps qu’un arbre.
Mes élus jouiront du fruit de leur travail.

23 Ils ne peineront plus pour rien
et les enfants auxquels ils donneront naissance ne seront plus destinés au malheur.
Ils seront une race bénie par l’Eternel,
et leur postérité le sera avec eux.

24 Alors, avant qu’ils ne m’invoquent,
je les exaucerai;
ils parleront encore,
que j’aurai déjà entendu.

25 Les loups et les agneaux paîtront ensemble,
le lion mangera du fourrage tout comme le bétail;
le serpent mordra la poussière.
Il ne se fera plus ni mal, ni destruction,
sur toute ma montagne sainte,»
dit l’Eternel!

Je ne sais pas si il s’agit d’une réalité désespérante, d’une illusion entretenue par l’omniprésence des images dans notre vie, ou si tout simplement en vieillissant les poids accumulés de tant et tant d’injustices, de souffrances gratuites, de malheurs, de dévastations, me deviennent insupportables, mais toujours est-il qu’une révolte impuissante gronde das mon cœur : Il faut que tout cela cesse…

La souffrance et la mort semblent étendre la tache rougeâtre de la désolation.

Réalité, illusion ou… dépression ? Peu importe. Le mal et l’injustice sont là, ils existent trop et trop bien dans la vie de tous. Comment affronter, assumer cette charge qui nous écrase ?

« Si Dieu existait… » profèrent les athées. Que répondre ? Que répondre qui ne soit pas une pirouette, une fuite, une diversion ?

Dans ma folie matinée d’orgueil, j’avais imaginé vous faire une grande démonstration, me laisser porter par des accents lyriques, vous expliquer, vous soulager par des évidences : il faut que tout cela existe et je vous le prouve en trois points… Je ne suis pas vraiment naïf et je sais que ce grand discours n’est pas à ma portée, alors j’ai même cru que le Saint-Esprit me dicterait lui-même ce que je pensais devoir vous dire pour concourir à la paix de votre cœur et du mien.

Il n’y aura pas de grand discours.

La souffrance du petit enfant sur son lit d’hôpital, ne peut pas s’expliquer et encore moins se justifier.

La douleur qui rend fou, la cruauté qui tue, le cataclysme qui dévaste, la domination qui écrase, l’accident qui désole, la guerre qui massacre, l’injustice qui affame, la mort qui règne et qui finira bien par nous rattraper un jour… Rien de tout cela ne peut s’expliquer en termes de nécessité. Aucun raisonnement ne peut le justifier. Le mal, l’existence du mal reste un mystère, le plus douloureux de tous les mystères.

« Si Dieu existait… » profèrent les athées. Dieu existe, je l’ai rencontré, vous l’avez rencontré et cette rencontre n’était pas une illusion , le mirage auxquels des faibles s’accrochent. Dieu existe et il parle, il parle plus fort que le malheur et la douleur réunis, Il parle et il bénit :

« Ils ne peineront plus pour rien et les enfants auxquels ils donneront naissance ne seront plus destinés au malheur. »

Dans sa Parole, Dieu se révèle et il nous parle de sa volonté, de sa vision de ce que devraient être les choses, et même il nous annonce que ce qu’il veut se fera, et ce qu’il veut est notre espérance pour l’avenir.

Les vaches et les ourses brouteront côte à côte,
et leurs petits auront un même gîte.
Le lion et le bœuf se nourriront de paille.

Le nourrisson s’ébattra sans danger près du nid du cobra,
et le tout jeune enfant pourra mettre la main dans l’antre du serpent.

Voila c’est cela la volonté de Dieu. Les bisounours n’ont qu’a bien se tenir, notre Dieu a beaucoup plus d’imagination qu’eux et en plus lui, il est génial, sublime.

C’est donc cela que Dieu désire pour nous. Mais alors, qu’est-ce qu’il attend ? Pourquoi pas aujourd’hui, tout de suite ? Une larme de plus serait intolérable…

Mais puisque le temps passe encore cette larme de plus, gonfle et s’apprête à couler.

Attendre, attendre en pleurant, mais attendre encore, encore… même si l’on sait que ce ne sera pas toujours. Attendre et désirer ce que Dieu veut.

Le bonheur, le bonheur des chrétiens celui proclamé par les apôtres et Jésus-Christ lui même serait-il une illusion , un paradoxe ?

Matthieu 5

—Heureux ceux qui se reconnaissent spirituellement pauvres, car le royaume des cieux leur appartient.

Heureux ceux qui pleurent, car Dieu les consolera.

Heureux ceux qui sont humbles, car Dieu leur donnera la terre en héritage.

Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés.

Heureux ceux qui témoignent de la bonté, car Dieu sera bon pour eux.

Heureux ceux dont le cœur est pur, car ils verront Dieu.

Heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix, car Dieu les reconnaîtra pour ses fils.

10 Heureux ceux qui sont opprimés pour la justice, car le royaume des cieux leur appartient.

Il y a donc dans cette espérance, que Jésus, a ancré dans nos cœurs, le bonheur, « Heureux » nous dit-il…

Jésus, le rejeton d’Isaïe que le prophète annonçait.

Il y a le mal , la souffrance mais il y a le bonheur aussi. Non pas le bonheur malgré le mal mais le bonheur parce que, parce que Dieu nous consolera, parce que Dieu nous donnera la Terre en héritage, parce que Dieu sera bon pour nous, parce que Dieu nous reconnaîtra pour ses fils,nous serons rassasiés, nous verrons Dieu.

C’est énorme, c’est immense, et il nous semble que nous pourrions être heureux pour bien moins que ça. C’est énorme, c’est immense mais c’est encore au futur.

Attendre, attendre encore… Le bonheur maintenant, le bonheur tout de suite mais le bonheur dans la faiblesse et le trouble de l’attente. N’y a t-il pas quelque chose d’immédiat, quelque chose à saisir ?

Quand je vais à Montpellier, je prends toujours le Tram ça me paraît le plus pratique, le plus efficace pour circuler en ville. Il y a quelques places assises, mais le plus souvent l’on voyage debout. De temps en temps il y a des à-coups et heureusement les passagers ne doivent pas compter sur leurs seules forces pour les amortir. Il y a aussi des barres pour s’accrocher, se tenir.

Y aurait-il dans la vie chrétienne, une barre ou nous pouvons nous accrocher, quelque chose de solide face aux à-coups de la vie qui ne manquent pas de nous déstabiliser ? Quelque chose qui ne serait pas tributaire de notre aptitude à vivre de la multitude des futurs dont Dieu nous bénit …

Revenons vers nos béatitudes, nos huit proclamations d’un bonheur immédiat au sein d’un monde en ébullition. Ce bonheur huit fois donné est ancré sur six futurs resplendissants. Donc, certitude mathématique, il reste deux assurances au présent pas au futur, en fait la même assurance répétée deux fois, une fois au début et une fois à la fin, comme pour encadrer la foule des futurs :

«  Le royaume des cieux nous appartient »

Le présent, quelque chose de présent, c’est quelque chose qui est là, quelque chose que l’on tient, pas quelque chose après quoi l’on court. « il vaut mieux tenir que courir » dit le proverbe.

Nous tenons le royaume des cieux. Ou plutôt, nous nous tenons au royaume des cieux, comme dans le Tram, nous nous accrochons à la barre pour ne pas être renversés lors des secousses.

Le royaume des cieux… L’espace, le lieu ou dès maintenant, la volonté de Dieu, seulement elle, s’accomplit. Il n’y a donc pas le mal dans le royaume de Dieu. La plénitude de la perfection, à portée de main, à portée de foi et cela sans avoir à attendre une seule seconde. Pas la perfection comme une réalité vécue (nous restons bien imparfaits), non la perfection comme quelque chose à quoi l’on peut s’accrocher, s’ancrer. La perfection comme une réalité que notre foi peut toucher : le royaume de Dieu.

Le royaume de Dieu nous appartient, le royaume de Dieu est encore une chose invisible, mais notre foi nous l’a « démontré », il est par la foi aujourd’hui et en nous tangible, réel.

Il y a quelque chose de tout à fait indécent dans ce que je suis en train de vous dire. Je vous parle d’un océan de souffrance et de malheur, un fleuve de larmes, et là, s’est posé comme un papillon sur un tas de fumier, le bonheur. Mon bonheur, votre bonheur d’enfant de Dieu accroché au royaume de Dieu… Comment assumer cet état contre nature, contre toute la nature du monde ?

Cette tension qui pourrait nous déchirer, il n’y a qu’une façon de la supporter. Maintenant que nous sommes en sûreté, arrimés au royaume de Dieu, nous n’avons qu’un seul degré de liberté, un seul mouvement nous est possible : nous retourner vers ce monde en flamme et lui tendre la main. Et comme nous sommes encore et tellement faibles, tout doit commencer par une prière :

Seigneur, fait de moi un instrument de ta paix.

Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.

Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.

Là où il y a la discorde, que je mette l’union.

Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.

Là où il y a le doute, que je mette la foi.

Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.

Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière.

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler, à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer, car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie.

Cette prière dite de Saint François est beaucoup trop récente pour devoir quoi que ce soit à Saint François (elle a été publiée pour la première fois en 1912 par un prêtre français et doit sa diffusion essentiellement aux milieux protestants anglophones, Wikipédia dixit)

Elle exprime, me semble t-il, la seule dimension qui peut rendre acceptable notre foi, et cette dimension c’est bien sur l’amour. Nous voici donc retournés, revenus vers notre point de départ, vers ce monde en flamme qui succombe sous le poids de l’injustice, du malheur et de la haine. Nous voici de retour mais nous avons échangé notre désespoir contre l’amour qui n’est pas un remède mais une solution, c’est à dire qu’il ne peut pas rester le fait de quelques-uns mais a vocation à l’universalité. Mais ça c’est encore un … futur.

Le mal qui accable notre monde nous touche bien souvent et de très prés. Nous pouvons en être troublés et éprouvés.

Je n’avais pas pour but aujourd’hui de vous rendre votre assurance ou de vous proposer un remède au moyen d’une grande théorie. Je voulais juste vous rappeler quelques paroles grandes et fortes qui sont Paroles de Dieu. Ces paroles sont dans les temps difficiles, la force de ceux qui sont ancrés, grâce à la foi, dans le royaume de Dieu. Ces mots lus et relus, deviennent notre espérance, une espérance vivante et à vivre. Ils sont porteurs d’une mission et d’une responsabilité : Nous ne pouvons rien faire d’autre que d’aimer.

Au moment de terminer, maintenant donc, ces trois choses demeurent : la foi l’espérance et l’amour, mais la plus grande de ces choses c’est l’amour.

Amen

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