Je hais la fête des pères…

Saint-Jean le 19 mai 2019

Je hais la fête des pères…

Lectures :

1Thessaloniciens 5:2-3

 2 … le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront: Paix et sûreté! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l’enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n’échapperont point.

Romains 8:18-25

18 J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous. 19 Aussi la création attend-elle avec un ardent désir la révélation des fils de Dieu. 20 Car la création a été soumise à la vanité – non de son gré, mais à cause de celui qui l’y a soumise – 21 avec l’espérance qu’elle aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. 22 Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. 23 Et ce n’est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. 24 Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance: ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore? 25 Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

Galates 4:19-20

 19 Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous, 20 je voudrais être maintenant auprès de vous, et changer de langage, car je suis dans l’inquiétude à votre sujet.


Je hais la fête des pères…

Je ne comprends pas cette fête, je ne l’accepte pas.

Ça tombe bien ce n’est pas aujourd’hui…

Si j’avais fait quoi que ce soit de méritoire, un jour par an ne serait pas suffisant pour célébrer ma gloire, il en faudrait au moins 365. En fait je suis papa mais je ne suis pas un héros, célébrer ma paternité serait une imposture. Au mieux, je n’ai fait que ce que je devais et encore je suis bien sur de ne pas l’avoir toujours fait. J’ai donc interdit à mes enfants de me souhaiter cette fête incongrue. Attention, je ne vous impose ni même ne vous propose de faire comme moi… D’ailleurs pour ceux que cela intéresse encore cette fête sera le 16 Juin. Qu’on se le dise… ou pas.

Il se trouve que Huguette partage ces idées et a de même interdit à nos enfants de souhaiter la fête des mères, qui de plus se trouve être en fait une entreprise complètement mercantile. Mamans, à moins que vous n’ayez absolument besoin d’un nouveau fer à repasser, sachez que le bonheur de cette fête est d’abord celui des marchands. La encore malgré cette véhémente protestation, je vous rappelle que ce sera donc dimanche prochain 26 mai.

En ce qui concerne la fête des mères je suis beaucoup moins sur de moi. Si en tant que papa je ne suis pas un héros, je crois que à l’opposé toutes les mamans sont des héroïnes. Non pas parce que dans les faits elles sont les seules à pouvoir recomposer des paires de chaussettes identiques, mais surtout parce qu’elles ont vécu ce que la Bible appelle les « douleurs de l’enfantement ». C’est une différence fondamentale et c’est important.

Si à l’évidence cette méditation est dans la continuité de celle que nous a présenté Charles Nicolas le 28 avril, vous savez Genèse 4:1 ou Eve dit :

« J’ai formé un homme avec l’aide de l’Éternel… »

Je me suis décidé à parler de cela maintenant en constatant hier la gène des catéchumènes ados quand, mesdames mamans, j’ai évoqué devant eux les souffrances qui ont été les vôtres au moment de leur naissance.

Mal à l’aise, troublés. Peut être plus que quand on évoque avec eux les questions du sexe. Là il n’était pas question de glousser ni même de sourire…

Je ne suis pas chargé d’un cours de SVT, et si j’évoquais cela avec eux c’est parce que nous en sommes aux temps de la fin et que nous sondions le verset de 1 Thessaloniciens que nous venons de lire :

« …une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l’enfantement surprennent la femme enceinte »

De fait « les douleurs de l’enfantement » est une métaphore plusieurs fois employée dans la Parole et pas seulement pour ce qui concerna la fin des temps nous le verrons.

Je sais bien mesdames, que je ne suis pas le mieux placé pour parler de cela, je ne suis pas vraiment qualifié, mais si je ne le fais pas qui le fera ? Je ne suis pas sur de pouvoir compter sur vous. En tous cas, je vais convoquer toute l’empathie dont je suis capable.

De quoi s’agit-il ?

Un événement à la fois banal et totalement exceptionnel : la naissance d’un enfant.

Comme la mort d’une personne même très âgée est toujours vécue comme un scandale, la naissance d’un enfant est toujours quelque chose qui relève du miracle.

Une ancienne façon de parler maintenant désuète voulait que au lieu de dire « Mme et Mr Untel attendent un enfant » on dise « Mme et Mr Untel ont des espérances ». Car le plus souvent et le bien voudrait que ce soit toujours le cas, un enfant qui s’annonce c’est une espérance. Un enfant c’est ou cela devrait être au commencement une chose que l’on espère et que l’on ne voit pas encore.

Un enfant à venir comme une espérance.

Dans ce projet l’homme et la femme s’enthousiasment. Mais dans les yeux de la femme une ombre passe, une ombre dont l’homme est très souvent inconscient. C’est qu’il y a ce mauvais moment, ce sale quart d’heure qui peut durer plusieurs heures, ce risque vital qui doit être assumé.

Ma grand-mère est morte en couches lors de la naissance de celui qui aurait du être le frère de mon père. Ce n’est que très récemment que j’ai pris conscience que c’est une jeune femme de 26 ans qui s’est éteinte ce jour là, cela m’a bouleversé.

Un enfant comme une espérance oui mais l’espérance au travers de l’épreuve obligatoire, péridurale ou pas.

Les souffrances de l’enfantement…

Et pas n’importe quelle souffrance, pas une souffrance au rabais, non l’une des souffrances les plus grande qu’un être humain puisse endurer, toutes les échelles de mesure de la douleur vous le diront. C’est cela le prix de l’espérance pour une femme.

C’est cela le prix de l’espérance pour la création.

C’est cela le prix de l’espérance pour l’humanité.

Il vaudrait mieux être averti.

Nous allons fêter dans dix jours l’ascension, nous allons évoquer ce Jésus qui reviendra comme il est parti. C’est notre espérance, notre espérance ultime : le retour du Seigneur.

Sommes nous conscients des douleurs de l’enfantement de cette espérance ?

C’est d’espérance dont nous parle Paul dans l’épître aux Romains au chapitre 8. Il parle de souffrance, de nos souffrances, de celles de la création, de ces souffrances qui bouffent notre vie parfois, qui menacent de nous détruire, mais il parle aussi et peut -être surtout d’espérance. Quelle étrange association.

Si nous n’avions pas l’image de l’enfantement nous ne comprendrions rien. Et il n’est même pas sur que même avec cette image nous comprenions quelque chose.

Oui nous attendons le retour du Seigneur, oui cette espérance est glorieuse, magnifique. Oui c’est quelque chose de fantastique, une espérance comme une richesse inimaginable.

Oui nous espérons et c’est exaltant mais la vie, les paroles de Paul, celles de Jésus dans Matthieu 24 et 25, celles de l’Apocalypse font passer dans nos yeux la même ombre que celle qui passe dans le regard de la femme qui se découvre enceinte : l’épreuve de la souffrance comme un chemin obligé, inévitable.

Inévitable et lancinante toujours la même question :

Pourquoi la souffrance ?

Pour la femme elle est présentée comme une malédiction conséquence de la chute. J’ai été étonné presque choqué hier de constater comme cette idée est intégrée même par les adolescentes. Je n’avais rien suggéré, rien demandé mais cette « justification » a surgi, incongrue dans la bouche d’une gamine d’à peine 14 ans.

Pourquoi la souffrance ? Pourquoi la malédiction ?

Je ne crois pas qu’il y ait de vraie réponse au niveau humain. Il y a une réponse, nous le savons Dieu est juste, mais je crois que cette vraie réponse nous est absolument inaccessible.

La souffrance annoncée, obligatoire, la souffrance chemin obligé, la souffrance inexplicable, injustifiable par l’esprit humain. La souffrance comme un voile tragique dans notre regard quand nous contemplons la vie qui nous est offerte.

Mais…

La femme enceinte est heureuse de ce bébé qu’elle porte. Les nausées la retournent mais elle sourit, elle court d’un WC à un autre WC tant sa vessie est comprimée, elle grimace des coups de pieds qu’elle reçoit de l’intérieur, son corps d’ordinaire si gracieux devient lourd, distendu. Elle est heureuse, elle espère.

Le pire est à venir, elle le sait mais elle est heureuse, elle espère, elle assume par avance cette heure à venir. Elle à peur de la souffrance à venir et elle souffre de cette peur, mais elle y va, elle espère.

Quand l’heure est arrivée, violente et soudaine, la souffrance la déchire mais elle la trouve courageuse, résolue.

– Poussez ! Poussez encore !

Elle pousse, elle pousse encore elle devient elle même l’auteur de sa souffrance. Mais elle pousse, rien d’autre n’est possible, on ne peut pas s’arrêter. Le chemin obligé, le chemin par ou l’espérance la mène. Elle ne sait plus ou elle en est, elle ne sait plus qu’elle espère, elle ne sait plus rien que le déchirement de son corps mais elle pousse, elle pousse encore.

– Poussez ! Poussez encore ! C’est mon exhortation de ce matin. Si est venue pour vous l’heure de l’épreuve, de cette souffrance que vous ne comprenez pas, juste la souffrance comme un chemin obligé, bougez, poussez !

Poussez ! Ne vous arrêtez pas, la délivrance est proche.

La délivrance, cette heure magique….

La maman repose, son bébé est sur son ventre il bouge, il pleure. L’espérance n’existe plus, il n’y a plus que la réalité d’un miracle renouvelé.

Avez vous compris ce verset de 1 Corinthiens 13 que nous avons lu il y a 15 jours ici : « L’espérance passera » ?… Oui notre espérance a pour vocation de disparaître, non pas de s’évanouir, non pas de se fondre dans le flou. Non, notre espérance va très bientôt aboutir, devenir délivrance. « L’espérance passera » ce n’est rien qu’une espérance qui se rajoute à l’espérance. L’espérance passera, c’est la certitude de cette prochaine délivrance qui annihilera aussi la foi et ne laissera que l’amour.

Quelle richesse dans ces simples mots : « les douleurs de l’enfantement » ! Si elles n’ont toujours pas d’explication, de justification, nos souffrances ont maintenant un sens, elles sont douleurs d’enfantement. Ce sens qui découle de l’espérance est maintenant pour nous source de courage. Source d’une force insoupçonnée, la force de la parturiente qui pousse vers sa délivrance.

N’y aurait-il que les femmes qui puisse comprendre cela ? Paul prétend le contraire :

« Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous… »

dit-il aux Galates.

Paul éprouve les douleurs de l’enfantement… Je le disais dans mon introduction, ces douleurs sont universelles, pas seulement pour la moitié de l’humanité.

Ces douleurs ont plusieurs sens, un sens ordinaire et quotidien, chaque jour, nous souffrons tous et de plusieurs manières. Nous serons un jour délivré de ces souffrances, délivrés comme la femme enceinte est délivrée le jour de l’accouchement. Les souffrances du temps présent dit Paul, et nous savons ce qu’elles furent pour lui qui failli mourir sous les coups de fouets, ces souffrances ne sauraient être une ombre sur la gloire à venir. Notre espérance est celle de la femme enceinte elle intègre les souffrance et les assume, notre espérance c’est notre courage.

Un autre sens plus général est celui de la création qui va accoucher d’une nouvelle création.

Je viens dans mes lectures quotidiennes de lire l’Apocalypse, j’avoue que cette fois-ci j’ai quasiment eu la nausée devant tant de douleur et de sang. Une lecture qui m’a troublé.

Et voila qu’il me faut parler de cela avec les catéchumènes, leur expliquer quelque chose que je ne comprends pas.

Les douleurs de l’enfantement…

En premier il y a l’espérance, j’ai longuement détaillé les sept points de cette espérance que Dieu donne aux hommes (j’y reviendrai ici bientôt) mais cette espérance aboutit à un accouchement soudain qui de toutes façon surprendra. Un accouchement dans la douleur, qui aboutira, qui verra la délivrance. La délivrance du mal et de son emprise.

Mais il y a les douleurs de l’enfantement, c’est cela que nous détaille l’Apocalypse. Les femmes se racontent entre elle leurs douleurs, c’est cela le sens de l’Apocalypse. Les douleurs de l’accouchement des nouveaux cieux et de la nouvelle terre.

Cela fait peur, mais cette peur n’est qu’un voile qui passe dans le regard du croyant qui avance résolument vers son salut qu’il n’a encore saisi qu’en espérance. L’espérance passera et le salut sera là, effectif.

Alors voila, je suis prêt, la semaine prochaine je parle de l’Apocalypse aux catéchumènes, je parlerai avec assurance mais eux ils seront encore troublés car là encore il y a une femme qui accouche :

Apocalypse 12:1-2

Un grand signe parut dans le ciel:

une femme enveloppée du soleil,

la lune sous ses pieds,

et une couronne de douze étoiles sur sa tête.

 Elle était enceinte,

et elle criait,

étant en travail et dans les douleurs de l’enfantement.

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