Je vous ai compris…

Dimanche 18 Novembre 2018

  1. Je vous ai compris !

Ce message trouve sa source dans un graffiti « historique » sur le pont de chemin de fer à Saint Julien de Cassagnas : « Non à la dictature militaire ». Mon fils Julien, féru d’histoire, est très sensible à ce message témoin d’une époque troublée pour notre pays : 1958… Au cœur de la guerre d’Algérie, le général De Gaulle établit la cinquième république.

Une certaine forme de décor étant posé, et avant d’aller plus loin, je vous propose une première lecture de la Parole :

Matthieu 19:9-12

Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère.

10 Ses disciples lui dirent: Si telle est la condition de l’homme à l’égard de la femme, il n’est pas avantageux de se marier. 11 Il leur répondit: Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. 12 Car il y a des eunuques qui le sont dès le ventre de leur mère; il y en a qui le sont devenus par les hommes; et il y en a qui se sont rendus eux-mêmes eunuques, à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre comprenne.

Tous ne comprennent pas…

Que celui qui peut comprendre comprenne…

Je vous ai compris !

Mercredi 4 juin 1958, le général De Gaulle s’adresse à Alger à une foule immense et mélangée. C’est la guerre et il y a la les tenants des deux camps.

« Je vous ai compris ! » phrase célèbre entre toutes mais ambiguë, terriblement ambiguë. Tous repartent rassérénés, mais très bientôt, certains se sentiront trahis…

De Gaulle avait compris, mais il n’a pas dit ce (ceux ?) qu’il avait compris.

Pourquoi cette évocation historique ? Parce que ce matin j’ai une question à vous poser, et cette question fait écho à l’affirmation du général De Gaulle :

Est-ce que vous l’avez compris ?

Est-ce que vous l’avez compris, Lui, votre Seigneur, votre Dieu ? Vous l’écoutez tous les jours, vous lui parlez tous les jours, mais est-ce que vous l’avez compris ? Ou plutôt, est-ce que vous le comprenez ? Est-ce que vous le comprenez toujours ?

Comprendre Dieu, comprendre Jésus…

C’est sur, si vous lui appartenez, si vous êtes son « enfant », si vous êtes sauvé, il ya des choses, beaucoup de choses, des choses extrêmement fondamentales que vous avez compris.

Vous avez compris que vous êtes pécheur, mais avez vous compris pourquoi le mal existe ?

Vous avez compris que vous êtes racheté, sauvé, mais avez vous compris qui est vraiment Jésus-Christ ?

Vous lisez la Bible, et vous comprenez son enseignement, mais avez vous compris comment, par exemple, s’est passée la mort tragique de Juda ?

Et enfin face à tout ce que vous avez reçu, compris, est-ce que vous vous comprenez vous ? Vous qui « bronchez chaque jour et de plusieurs manières »…

Comprendre… Êtes-vous de ceux qui comprennent, de ceux qui peuvent comprendre ?

Moi en tous cas, je suis souvent au rang de ceux qui ne comprennent pas, de ceux pour qui les choses de Dieu sont parfois hors de portée tellement elles me paraissent étranges, paradoxales. Je fais souvent de grand discours, mais est-ce que j’ai vraiment compris quelque chose ?

Marc 9:30-32

Ils partirent de là, et traversèrent la Galilée. Jésus ne voulait pas qu’on le sache. 31 Car il enseignait ses disciples, et il leur dit: Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes; ils le feront mourir, et, trois jours après qu’il aura été mis à mort, il ressuscitera.32 Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de l’interroger.


Il se peut que vous soyez un peu rassurés après cette lecture. Il n’y a pas que nous qui ne comprenons pas ! Les disciples, ceux qui suivaient Jésus, ceux qui deviendront les douze apôtres, ne comprenaient pas non plus.

C’est un fait avéré, une chose qui nous est répétée, ceux qui vivaient avec Jésus, qui l’entendaient, qui pouvaient poser toutes les questions qu’ils voulaient, qui voyaient Jésus agir, ceux là ne comprenaient pas. Le verbe employé indique que c’est vraiment une question d’intellect, de « mécanique » à l’intérieur du cerveau.

Les disciples manquaient-ils d’intelligence ? Manquons nous d’intelligence ?

Car enfin, qu’est-ce que Jésus dit ?

Il va être livré.

Il va être exécuté.

Et il va ressusciter.

Les disciples ont déjà eux-mêmes été mis en cause, ils ont été eux-mêmes accusés.

Accusés de ne pas se laver les mains.

Accusés de violer le sabbat.

L’hostilité des hommes, ils ma vivent avec Jésus. Cette hostilité ils savent où elle peut mener. Ils connaissaient tous Jean-Baptiste, et ils savent tous comment il a fini.

En ce qui concernent la résurrection, ils avaient vu Jésus en « faire », plusieurs, trois précisément : la fille de Jaïrus, le fils de la veuve de Naïn et Lazare. Rien de nouveau, rien qui ne soit hors de portée intellectuelle, la suite a montré qu’ils n’étaient pas particulièrement « bêtes », alors pourquoi n’arrivent-ils pas à comprendre des choses simples à défaut d’être naturelles ?

Ils n’arrivent pas à comprendre parce qu’ils se sont faits leur propre idée de ce que devait être Jésus. Jésus leur annonce des choses qui ne cadrent pas avec leurs convictions. Les convictions qu’ils se sont faites de bonne foi et avec toute la bonne volonté qui est la leur. Ces convictions, convictions erronées, ils n’arrivent pas à les remettre en cause et, ce sont elles qui les empêchent de comprendre parce qu’il faut qu’ils comprennent bousculerait leurs certitudes : Jésus ne peut pas mourir avant d’avoir régné, Jésus est plus fort que toute opposition humaine.

Nous avons tous de certitudes, est-ce que ce ne sont pas parfois, souvent, ces certitudes qui nous empêchent d’avancer, de comprendre. Notre foi n’est-elle pas parfois bloquée par des formes, des habitudes qui nous arrêtent. Ça n’a pas l’air mais nous sommes là au bord d’un précipice. J’ai cherché des exemples pour illustrer mon propos, j’en ai trouvé, mais je n’ose pas vous les dire. Je ne vous les dirai pas car j’ai trop peur d’être accusé d’être je ne sais quel hérétique.

Mais la question demeure, n’est-ce pas telle ou telle de nos convictions qui nous empêche de comprendre ?

Pourtant, il y a des gens qui comprennent…

Marc 12:1-12

Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles.

Un homme planta une vigne. Il l’entoura d’une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour[a]; puis il l’afferma à des vignerons, et quitta le pays. Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d’eux une part du produit de la vigne. S’étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide. Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l’outragèrent. Il en envoya un troisième, qu’ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu’ils battirent ou tuèrent. Il avait encore un fils bien-aimé; il l’envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils. Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l’héritier; venez, tuons-le, et l’héritage sera à nous. Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d’autres.

10 N’avez-vous pas lu cette parole de l’Ecriture:

La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient
Est devenue la principale de l’angle;
11 C’est par la volonté du Seigneur qu’elle l’est devenue,
Et c’est un prodige à nos yeux[
b]?

12 Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c’était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s’en allèrent.


Jésus a l’habitude de parler en paraboles, il faut souvent « expliquer » ves paraboles, donner les clés pour que le sens apparaisse, on voit très bien cela pour la parabole du semeur que Jésus explique à ses disciples. Mais, la parabole de la vigne et des vignerons est tout de suite comprise, les principaux intéressés « avaient compris ».

On ne peut pas les soupçonner de complaisance, on ne peut même pas imaginer qu’ils cherchaient à comprendre Jésus. Et pourtant, ce sont eux qui comprennent, qui « perçoivent » selon le mot grec employé ici. On peut dire que leur compréhension relève de l’intuition, ils « sentent » ce que Jésus veut dire, ce que Jésus dit.

En fait ils se sentent visés par les paroles de Jésus et c’est ce qui leur permet de comprendre. Cette expérience ma donne beaucoup d’espoir. Pour moi et pour vous…

Nous lisons jouraprès jour la Parole de Dieu, gardons à l’idée qu’elle s’adresse à nous, non pas à nous l’humanité, non pas à nous l’Église de Saint Jean de Valériscle…

Non, la Bible s’adresse à moi, qui suis trop empêtré dans les méandres de mes pensées, de mon esprit vicié. La Bible s’adresse à moi pauvre idiot, elle me vise.

Au cœur.

Si je me sens visé par Jésus, je comprendrai ce que Jésus veut me dire. C’est la première clé de la compréhension, mais ce n’est pas la seule :

Hébreux 5:7-14

C’est lui qui, dans les jours de sa chair, a présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il a été exaucé à cause de sa piété. Il a appris, bien qu’il soit Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes;après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel, 10 Dieu l’ayant déclaré souverain sacrificateur selon l’ordre de Melchisédek.

11 Nous avons beaucoup à dire là-dessus, et des choses difficiles à expliquer, parce que vous êtes devenus lents à comprendre. 12 Vous, en effet, qui depuis longtemps devriez être des maîtres, vous avez encore besoin qu’on vous enseigne les principes élémentaires des oracles de Dieu, vous en êtes venus à avoir besoin de lait et non d’une nourriture solide.13 Or, quiconque en est au lait n’a pas l’expérience de la parole de justice; car il est un enfant.14 Mais la nourriture solide est pour les hommes faits, pour ceux dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal.

Vous êtes devenus lents à comprendre…

Si l’on y réfléchit bien, et si l’on considère le sens premier de cette phrase, on peut être étonné. Notre intelligence s’userait-elle avec le temps?Attrapons-nous des rhumatismes intellectuels? Ou alors devenons-nous faignants ? Nous reposons-nous sur nos lauriers ?

Si l’on ne peut exclure l’une ou l’autre de ces explications, je ne pense pas que ce soit de cela dont il s’agisse ici. Le mot qui est traduit par comprendre signifie plutôt à la base « entendre » (Akoe). Si nous ne comprenons pas vite, c’est que nous n’entendons pas correctement. Nous sommes « mal entendant ». Attention, je n’ai pas dit « sourds ». Nous écoutons la Parole de Dieu, nous l’écoutons avec sérieux et attention, mais elle passe sur nous sans rien accrocher et elle ne reste pas. Elle n’agit pas, nous sommes devenus lisses. Nous avons appris avec le temps comme un réflexe à ranger tous les aspects de notre personnalité qui pourraient accrocher avec ce qu’elle dit. Nous faisons le dos rond et elle glisse comme l’eau sur les plumes d’un canard.

Combien de fois êtes-vous venus au culte et vous y êtes-vous ennuyés ?

Non, pas toutes les fois ! Mais quand même…

N’est-ce pas bien souvent parce que vous refusez de rentrer dans le jeu de celui qui parle ? Vous refusez de vous laisser accrocher parce que vous savez à l’avance que cela vous mènera loin. Loin dans le renoncement ou loin dans l’action. C’est ainsi que l’on devient lent à comprendre, quand on refuse d’écouter ce que pourtant l’on entend très bien.

On ressasse, on resuce toujours les mêmes rengaines : cela nous évite des efforts, des remises en cause. On ne sort pas du sentier balisé, non par peur de se tromper mais par peur d’avoir à changer d’attitude.

Mais…

Je vous le dit aujourd’hui adossé à la Parole, cet autisme ne résistera pas au feu de la voix de Jésus qui s’adresse à vous, qui vous vise.

Vous aurez juste retardé les choses, ralenti.

Il vous en restera un goût amer car c’est ainsi que les premiers deviennent les derniers.

Je résume avant de conclure :

Pour comprendre Dieu :

1) Mettre de coté nos idées préconçues afin de laisser agir notre intelligence.

2) Avoir une pleine conscience que nous sommes visés par la Parole. Visés personnellement.

3) Non seulement entendre la Parole mais aussi la recevoir, l’accueillir.

Nous voila donc à peu près équipés pour comprendre.

A peu près…

Que nous manque t-il ?

Un mot, un mot grec… Encore une Parole de Jésus : « Que celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ». Notre première lecture.

Le mot qui est utilisé là (Choréo) signifie plutôt digérer, assimiler.

Cette Parole que nous recevons, nous devons non seulement l’entendre, la percevoir, la comprendre, mais encore la digérer.

N’oublions pas qu’elle est aussi nourriture, notre nourriture. Cette Parole doit trouver son chemin jusqu’à notre volonté, jusqu’à nos gestes. Jusqu’à de nouvelles convictions, de nouvelles pensées.

SI nous n’en arrivons pas là, si il n’y a pas d’évolution pour nous, pas de progrès, tout ces efforts, toute cette dépense tourne au gaspillage. Ainsi, je suis amené à vous faire une dernière recommandation pour ce matin :

Aujourd’hui,

Si vous entendez Sa voix,

n’endurcissez pas vos cœurs.

Amen !

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