La foi, Cléopas…

Saint-Jean le 15 Octobre 2017

La foi, Cléopas…

Luc 24:13-48 (Semeur)

13 Le même jour, deux de ces disciples se rendaient à un village nommé Emmaüs, à une douzaine de kilomètres de Jérusalem. 14 Ils s’entretenaient de tous ces événements. 15 Pendant qu’ils échangeaient ainsi leurs propos et leurs réflexions, Jésus lui-même s’approcha d’eux et les accompagna. 16 Mais leurs yeux étaient incapables de le reconnaître.

17 Il leur dit: De quoi discutez-vous en marchant?

Ils s’arrêtèrent, l’air attristé. 18 L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit: Es-tu le seul parmi ceux qui séjournent à Jérusalem qui ne sache pas ce qui s’y est passé ces jours-ci?

19 – Quoi donc? leur demanda-t-il.

– Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth. C’était un prophète qui agissait et parlait avec puissance, devant Dieu et devant tout le peuple. 20 Nos chefs des prêtres et nos dirigeants l’ont livré aux Romains pour le faire condamner à mort et clouer sur une croix. 21 Nous avions espéré qu’il était celui qui devait délivrer Israël. Mais hélas! Voilà déjà trois jours que tout cela est arrivé.

22 Il est vrai que quelques femmes de notre groupe nous ont fort étonnés. Elles sont allées au tombeau très tôt ce matin, 23 mais elles n’ont pas trouvé son corps et sont venues raconter qu’elles ont vu apparaître des anges qui leur ont assuré qu’il est vivant. 24 Là-dessus, quelques-uns de ceux qui étaient avec nous se sont aussi rendus au tombeau; ils ont bien trouvé les choses telles que les femmes les ont décrites; mais lui, ils ne l’ont pas vu.

Alors Jésus leur dit: 25 Ah! hommes sans intelligence! Vous êtes bien lents à croire tout ce que les prophètes ont annoncé. 26 Le Messie ne devait-il pas souffrir toutes ces choses avant d’entrer dans sa gloire?

27 Alors, commençant par les livres de Moïse et parcourant tous ceux des prophètes, Jésus leur expliqua ce qui se rapportait à lui dans toutes les Ecritures.

28 Entre-temps, ils arrivèrent près du village où ils se rendaient. Jésus sembla vouloir continuer sa route. 29 Mais ils le retinrent avec une vive insistance en disant: Reste donc avec nous; tu vois: le jour baisse et le soir approche.

Alors il entra dans la maison pour rester avec eux. 30 Il se mit à table avec eux, prit le pain et, après avoir prononcé la prière de bénédiction, il le partagea et le leur donna. 31 Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent … mais, déjà, il avait disparu. 32 Et ils se dirent l’un à l’autre: N’avons-nous pas senti comme un feu dans notre cœur pendant qu’il nous parlait en chemin et qu’il nous expliquait les Ecritures?

33 Ils se levèrent sur l’heure et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les Onze réunis avec leurs compagnons.

34 Tous les accueillirent par ces paroles: Le Seigneur est réellement ressuscité, il s’est montré à Simon.

35 Alors les deux disciples racontèrent à leur tour ce qui leur était arrivé en chemin et comment ils avaient reconnu Jésus au moment où il avait partagé le pain.

36 Pendant qu’ils s’entretenaient ainsi, Jésus se trouva au milieu d’eux et leur dit: Que la paix soit avec vous!

37 Mais ils furent saisis de crainte et d’effroi, croyant voir un esprit.

38 – Pourquoi êtes-vous troublés? leur dit-il. Pourquoi les doutes envahissent-ils votre cœur? 39 Regardez mes mains et mes pieds, et reconnaissez que c’est bien moi. Touchez-moi et regardez! Car un esprit n’a ni chair ni os. Or, vous voyez bien que j’en ai.

40 Tout en disant cela, il leur montra ses mains et ses pieds. 41 Mais ils étaient si heureux qu’ils ne parvenaient pas à croire et restaient dans l’étonnement. Alors il leur demanda: Avez-vous quelque chose à manger?

42 Ils lui présentèrent un morceau de poisson grillé. 43 Il le prit et le mangea sous leurs yeux.

44 Puis il leur dit: Voici ce que je vous ai dit quand j’étais encore avec vous: «Il faut que s’accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la Loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les Psaumes.»

45 Là-dessus, il leur ouvrit l’intelligence pour qu’ils comprennent les Ecritures.

46 – Vous voyez, leur dit-il, les Ecritures enseignent que le Messie doit souffrir, qu’il ressuscitera le troisième jour, 47 et qu’on annoncera de sa part à tous les peuples, en commençant par Jérusalem, qu’ils doivent changer pour obtenir le pardon des péchés. 48 Vous êtes les témoins de ces événements. 

Au moment de commencer cette prédication, j’ai une question à vous poser :

Est-ce que vous croyez en Jésus-Christ ?

Évidemment que j’y crois ! Sinon je ne serais pas là.

Évidemment que j’y crois ! Il est mort pour moi, il est ressuscité, il m’a sauvé, j’ai la vie éternelle.

Évidemment que j’y crois ! Je suis son enfant, ce n’est plus moi qui vit, c’est lui qui vit en moi.

Évidemment que j’y crois ! Il m’a donné la paix et la joie.

Évidemment que j’y crois ! J’ai touché du doigt son œuvre dans ma vie, il me bénit

Évidemment que j’y crois !…

C’est ce que vous dites chacun pour votre part. Certains d’entre vous disent ces choses avec beaucoup de discrétion et de tact, avec douceur et persuasion.

D’autres croient que plus ils parlent fort, plus ils affirment ces choses puissamment, plus elles sont évidentes alors ils crient, ils tempêtent.

Quelle que soit votre façon de le dire, de le laisser entendre ou de le proclamer, je m’excuse mais…

Je ne vous crois pas.

Je ne vous crois pas, parce qu’il est très difficile de croire. Tellement difficile que c’est trop difficile pour vous.

Vous prétendez que vous croyez, mais alors c’est que vous prétendez être meilleurs que Pierre, Jacques et Jean, meilleurs que les onze, meilleurs que tous ceux réunis ce soir là, en ce dimanche de la première Pâques des chrétiens.

Eux ils avaient vécu des années avec Jésus, ils le connaissaient vraiment, ils connaisssaient sa Parole pour l’avoir entendue directement, son enseignement, ses promesses. Ils connaissaient sa puissance, son amour.

Ce soir là, après de longues heures de tristesse et de deuil ils l’avaient devant eux, ils l’avaient devant eux qui leur parlait qui les bénissait.

Ils l’avaient devant eux, ils lui répondaient, ils le touchaient, ils touchaient ses mains et ses pieds. Ils l’avaient devant eux et ils étaient dans la joie nous dit notre texte.

Ils étaient dans la joie mais ils n’arrivaient pas à croire. Ils ne croyaient pas encore dit la version Segond.

On parle toujours de Thomas qui a eu besoin de voir pour croire. Mais il y a pire, il y a ceux qui voient et qui ne croient pas.

C’était le cas de tous les autres disciples ce soir là.

Cess hommes et ces femmes ont eu sous les yeux cent fois plus, mille fois plus que vous n’aurez jamais et ils ne croyaient pas, ne croyaient pas encore.

Vous prétendez être meilleur qu’eux, vous prétendez que vous croyez. Moi, je ne vous crois pas.

Je pense que vous ne croyez pas. Au mieux j’estime que vous ne croyez pas encore.

Parce qu’il est long le chemin vers la foi, la vraie foi il est aussi long que le chemin qui mène de Jérusalem à Emmaüs.

Onze Kilomètres, onze kilomètres à pied et quand on arrive, il ne reste plus qu’une chose à faire : revenir.

Revenir, toujours onze kilomètres, toujours à pied. Mais maintenant c’est de nuit. Et quand on arrive enfin pour annoncer la grande nouvelle, pour témoigner de la résurrection de Jésus-Christ, et bien Jésus- Christ est déjà là.

Il est long et ingrat le chemin vers la foi, vers la vraie foi. Vous êtes loin de l’avoir parcouru complètement.

Ce que je sais avec certitude, c’est que comme Cléopas, ce chemin vous l’avez entrepris. Comme lui vous avez été dans la tristesse, vous vous êtes mis en route.

Comme les autres disciples, comme les onze en ce dimanche de Pâques, Cléopas était triste…

Jésus-Christ, ils y avaient cru. Oh, oui ils y avaient cru. Et d’ailleurs comment ne pas croire ? Un homme qui faisait de tels miracles, qui parlait avec une telle justesse, il fallait être scribe ou pharisien pour ne pas croire en lui, il fallait avoir une position sociale à défendre pour le rejeter et le mettre à mort. N’empêche, c’est ce qui était arrivé et Cléopas était triste.

Cléopas était triste et il ne savait plus ce qu’il devait croire. Il ne savait même plus si il fallait croire encore. Heureusement il y avait son copain avec qui il faisait le voyage vers Emmaüs. Cette tristesse, ils pouvaient la porter à deux. Ce n’est pas que ce soit moins lourd ainsi, mais c’est moins difficile, au moins on est pas seul.

Par contre les doutes, ses doutes Cléopas devait faire avec et même si il les partageait avec son ami, ses doutes restaient son affaire à lui.

Vous qui êtes en route vers Emmaüs, vers la vraie foi, je vous le dit, sur ce chemin il y a aussi la tristesse et le doute. Vous passerez par là, forcément, à un moment ou à un autre. Pour la tristesse, on pourra vous aider, vous pourrez être assistés de la présence des uns et des autres. Pour le doute, la réponse est en vous, seulement en vous, ne la cherchez pas ailleurs.

Malgré tout, Cléopas continue à marcher, le monde ne s’arrète pas de tourner parce que nous sommes tristes, il faut continuer à vivre, aller de ci, de là, gagnr sa vie, agir, bouger.

Il faut aller à Emmaüs.

Pour une raison bien précise, bien évidente Cléopas va à Emmaüs. Nous ne connaissons pas cette raison, peut-être tout simplement habitait-il là ?

Le voyage commence à deux, mais très vite les voila trois. Comme ils vont au même endroit, la discussion peut s’établir : il y en a pour plusieurs heures.

Et la il se passe quelque chose.

Cléopas était triste et désabusé, ils parlaient de cet homme de Jésus. Oui, bien sur, il est mort sur la croix, tout le monde le sait. C’est difficile à accepter pour quelqu’un qui y a cru vraiment…

C’est tellement dur à accepter que certains ne l’ont pas accepté. Depuis ce matin il court le bruit, qu’en fait Jésus serait ressuscité.

Contes de bonne femme ou vérité vraie ?

Ils en étaient la de leur réflexion quand cet homme est arrivé. La discussion a continué, il a beaucoup été question de la Parole, de Moïse et des prophètes. Ainsi il semble que ce qui est arrivé, c’est ce qui devait arriver. Et si ça devait arriver, c’est pour une bonne raison : c’était annoncé.

Vous aussi, si vous croyiez vraiment, vous ne seriez pas troublés. Vous avez un guide sur, la Parole, elle est toujours la et elle a réponse à tout. Elle est la Parole de Dieu.

Ce qui est le plus étonnant dans cette histoire, c’est que maintenant Cléopas n’a plus peur, il n’est plus triste, il ressent une drôle d’impression, au dedans de lui, son coeur « brûle ».

Il se passe quelque chose.

Objectivement rien n’a changé, mais depuis qu’il discute, avec ce drôle de personnage, tout va mieux. Cléopas ne croit pas le connaître, et pourtant c’est tellement agréable qu’il l’invite à manger, à partager leur repas. Parler avec lui, cela lui fait tellement de bien, surtout après tant de tristesse et d’incertitude.

La rencontre de Cléopas, c’est aussi la votre dans la Parole de Dieu, vous rencontrez, sans forcément en avoir une pleine conscience, Jésus-Christ à toutes les pages. Mais parce que vous ne savez pas croire en lui, parce que votre foi est comme une lampe de poche quand les piles sont à plat, vous lisez la Parole mais vous ne le voyez pas.

Vous lisez la Parole de Dieu et elle va jusqu’au fond de votre coeur ou elle brûle et votre cœur brûle de tout ce qu’il a reçu.

Son cœur brûle mais Cléopas ne croit pas encore, il ne peut pas croire : il n’a pas reconnu Jésus-Christ.

Votre cœur brûle, mais vous ne croyez pas, vous n’avez pas reconnu Jésus-Christ. Tout va mieux, mais rien n’est réglé : vous ne croyez pas.

Il est long le chemin vers Emmaüs, le chemin vers la foi. Il menace même d’être infini. SI nous ne reconnaissons pas Jésus, nous ne risquons pas de le trouver.

Heureusement, Jésus sait ce qu’il faut faire. Il accomplit un geste, un geste particulier et enfin les yeux de Cléopas s’ouvrent. Il reconnaît Jésus. Cléopas comprend pourquoi son cœur brûlait.

Quand Jésus est là, reconnu, palpable, agissant tout semble plus facile. La journée qui semblaait être finie est relancée : il faut retourner à Jérusalem, revenir à la case départ. Aller partager avec les autres.

Sûrement que Cléopas et son copain se dépêchent de retourner sur leur pas. Peut-être même courent-ils. Ils arrivent après avoir parcouru en vitesse et de nuit ces mêmes onze kilomètres qu’à l’aller.

Et ils parlent, ils parlent, ils racontent : Jésus est ressuscité;Jésus est là. C’est même une évidence puisqu’on ne sait pas trop comment, Jésus est là au milieu d’eux, tout d’un coup.

Jésus est là, on touche sa robe, ses mains, ses pieds : c’est un homme, un homme qui parle, un homme qui récemment a été mortellement blessé.

C’est Jésus en chair et en os.

Aucun doute n’est permis.

Mais la principale caractéristique du doute c’est de ne pas avoir besoin de permission. Aucun doute n’est permis, mais le doute est là encore et toujours. Le doute est têtu.

La réalité de Jésus, la réalité des faits, la réalité de la joie des disciples n’arrivent pas à le vaincre.

Ils ne croient pas encore.

Le doute est là dans vos vies. Le doute est là, fossoyeur de la foi après laquelle vous courrez sans jamais la rattraper. Et pour cause, pour cause de doute.

La foi est-elle inaccessible ? Est-elle un rêve qui passe, une illusion ? Les hommes sont-ils trop petits pour elle ?

Et quand elle se présente ne peuvent-ils que la mettre en doute ?

Non.

Non la foi est pour les hommes, pour vous. Elle vous attend.

Elle vous attend parce que les faits sont têtus eux aussi.

La foi est accessible grâce à de toute petites chose, la foi est accessible grâce à un rayon de miel et à un poisson grillé.

Jésus qui n’avait pas faim car il avait déjà mangé à Emmaüs, Jésus « fait un effort », il mange encore.

Il mange du poisson grillé mais à cette heure tardive de la nuit, le poisson est grillé depuis longtemps, tellement longtemps qu’il est froid inmangeable. Il faut bouger, agir, réchauffer et ce n’est pas simple. Le concept de cuisinière n’était pas encore au point.

Bouger, agir avec Jésus-Christ.

Un rayon de miel, ce n’est pas facile à manger, il faut désoperculer et puis après ça coule, on en met partout. Les lois de la physique étaient les mêmes pour Jésus. Il lui faut donc des ustensiles, une cuillère pour recueillir le miel, une serviette pour s’essuyer la bouche et les mains. On court, on s’agite pour le service de Jésus. Quand on bouge on ne pense plus, on ne se pose plus de questions.

Tout d’un coup, une évidence : la foi. La foi qui est née de toute cette agitation. Du mouvement de la vie, oui, mais du mouvement de la vie avec Jésus.

Cléopas et les autres étaient tristes, Jésus leur manquait. Ils Souffraient. La présence réelle, effective de Jésus ne leur suffisait pas.

Ils ne croyaient pas encore.

Je ne mets pas en doute la présence effective de Jésus en vous, je ne mets pas en doute votre salut, je mets en doute votre foi.

Si je le fais, ce n’est pas pour vous abaisser, vous humilier. Si je le fais, c’est dans un but salutaire, pour que vous ne croyez pas que parce que vous êtes rendus à Emmaüs tout est fini, tout est réglé. Pour que vous ne vous vous reposiez pas sur quelque chose qui n’existe pas.

Peut-être que comme une ex chanteuse anciennement à la mode, vous voulez, malgré tout ce que je viens de dire, proclamer :

Dieu m’a donné la foi.

D’une certaine façon c’est vrai, d’une certaine façon Dieu a ouvert votre esprit. Dieu vous a permis de comprendre et recevoir les écritures, Dieu vous a donné à vous aussi Jésus-Christ. Vous voici sauvés par la foi et c’est pour l’éternité…

Mais ne croyez pas que cela suffit, que tout est arrivé, il vous manque encore beaucoup.

Beaucoup de de poisson grillé à faire réchauffer d’urgence pour Jésus-Christ. Beaucoup de taches de miel à essuyer…

Vous avez la foi qui sauve ? D’accord, mais vous n’avez pas sinon ça se saurait la foi qui déplace les montagnes.

Et elle vous manque.

« Vous êtes témoins de ces choses. »

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