Les mots du fric…

Saint Jean le 19 Février 2017

Les mots du fric…

2 Corinthiens 5 :14-21

En effet, l’amour du Christ nous étreint, car nous avons acquis la certitude qu’un seul homme est mort pour tous: donc tous sont morts en lui.

15 Et il est mort pour tous afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort à leur place et ressuscité pour eux.

16 Ainsi, désormais, nous ne considérons plus personne d’une manière purement humaine. Certes, autrefois, nous avons considéré le Christ de cette manière, mais ce n’est plus ainsi que nous le considérons maintenant.

17 Ainsi, celui qui est uni au Christ est une nouvelle créature: ce qui est ancien a disparu, voici: ce qui est nouveau est déjà là.

18 Tout cela est l’œuvre de Dieu, qui nous a réconciliés avec lui par le Christ et qui nous a confié le ministère de la réconciliation.

19 En effet, Dieu était en Christ, réconciliant les hommes avec lui-même, sans tenir compte de leurs fautes, et il a fait de nous les dépositaires du message de la réconciliation.

20 Nous faisons donc fonction d’ambassadeurs au nom du Christ, comme si Dieu adressait par nous cette invitation aux hommes: «C’est au nom du Christ que nous vous en supplions: soyez réconciliés avec Dieu.

21 Celui qui était innocent de tout péché, Dieu l’a condamné comme un pécheur à notre place pour que, dans l’union avec le Christ, nous soyons justes aux yeux de Dieu.»

Jusqu’ici la Parole de Dieu…

La semaine dernière, nous évoquions ces faux-monnayeurs de la doctrine qui voudraient nous éloigner de la Parole de Dieu. Aujourd’hui, je voudrais continuer à parler d’argent. Vous ne pouvez pas ne pas savoir qu’il va y avoir bientôt des élections en France et vous avez sûrement remarqué que comme il est de coutume en telle circonstance, il est beaucoup question d’argent. Que ce soit celui des impôts ou celui de la générosité nationale envers les plus démunis ou même envers certains élus…

Certains candidats, deux au moins à ma connaissance proposent même de « sortir de l’Euro ». Comme la nature a horreur du vide il faudrait alors trouver une autre monnaie, je les soupçonne de vouloir revenir au Franc et non aller vers le Dollar ou la Livre Sterling.

Alors que l’on commençait à s’y habituer… Quinze ans que ça dure. Quinze ans d’une longue adaptation, et même il commence à y avoir dans l’auditoire des gens qui n’ont jamais rien payé avec des francs.

« Passer à l’Euro » c’était la grande affaire du premier janvier 2002 et voila que moins de vingt ans plus tard, il faudrait recommencer le même cirque, recommencer à plumer le pigeon, recommencer une adaptation douloureuse.

Parce que si vous vous souvenez on nous avait annoncé les pires tragédies concernant le changement de siècle, les ordinateurs allaient tous nous lâcher, le grand bug était annoncé entre autres catastrophes. Mais rien ne s’est passé. Par contre deux ans plus tard, ce fut dur. Changer de siècle ce n’est rien, changer de millénaire ce n’est rien, mais changer de monnaie, ça c’est quelque chose ! Quelque chose de palpable, quelque chose d’important.

Tous les repères changent, et même si ils devaient changer dans l’autre sens, il est bien évident que nous ne retrouverions pas les anciens et pour beaucoup tous ceux qui en gros ont moins de vingt ans, il n’y a de toutes façons rien à retrouver.

C’est dimanche aujourd’hui, on ne parle pas d’argent le dimanche, on ne parle pas de Mamon, on parle de Dieu. Aujourd’hui, le matériel devrait s’effacer devant le spirituel. Aujourd’hui avec notre Seigneur, nous voulons nous élever, quitter le terre à terre.

Mais le matériel ne se laisse pas facilement oublier. Par exemple, on mange aussi le dimanche, si le frigo est vide le samedi soir, il sera vide encore le dimanche matin. Même un seul jour par semaine le matériel ne se laisse pas oublier, il nous préoccupe. Cela nous préoccupe même au point que même ici dans cette pièce, qui ne sert globalement que le dimanche, qui est très sobre dans sa décoration, il y a un objet incongru qui chaque dimanche sans exception est l’objet d’un rite particulier, pas vraiment discret.

Chaque dimanche, le tronc reçoit notre offrande, notre argent. Et chaque Dimanche nous procédons selon une pratique bien codifiée au « comptage du tronc ». Ce n’est pas réservé à des initiés, si cela vous intéresse, c’est juste après la bénédiction et un peu avant que la porte ne soit verrouillée.

Le matériel dans nos vies ne se laisse pas oublier. C’est tellement vrai que même quand nous nous croyons spirituels, nous nous voulons spirituels, les mots que nous employons sont directement empruntés au vocabulaire des banquiers et des comptables.

Sur le plan spirituel, un événement domine tous les autres : Jésus-Christ, le Fils de Dieu, est mort sur la croix pour nous sauver. Quand nous sondons cet événement et ses conséquences, quand nous voulons comprendre, expliquer, nous disons :

« Il a payé le prix de notre rachat… »

Payer le prix… Si il ne s’agit pas d’une référence à l’argent, je ne vois pas de quoi il s’agit.

Et le prix de quoi il a payé Jésus-Christ ? De notre « rachat ». Je parlais de banquiers, de comptables, Il faudrait rajouter maintenant les investisseurs, ceux qui jouent en bourse.

Quand l’apôtre Paul nous met en garde contre les conséquences de notre conduite, il nous parle de « salaire » du péché, Jésus lui même nous invite à nous amasser des « trésors ».

Quand il s’agit même de nous faire comprendre les réalités du royaume de Dieu, quand le Seigneur nous parle en paraboles, souvent ces paraboles sont centrées sur l’argent :

La parabole des talents, l’Euro de l’époque,

La parabole du fils prodigue qui « touche » son héritage et qui le « dilapide » (deux mots du vocabulaire financier)

Les ouvriers de la onzième heure qui touchent le même salaire que ceux de la première…

J’en passe et des meilleures, l’homme qui construit une tour, les vierges folle qui veulent acheter de l’huile…

Non décidément parler d’argent un dimanche, même au cours du culte, même pendant le message, ce n’est pas une hérésie. Même, pour en revenir au texte que nous avons lu, même quand il s’agit de quelque chose d’aussi profond, d’aussi spirituel que la nécessaire réconciliation avec Dieu.

Pour nous le mot réconciliation évoque une démarche de l’esprit et du cœur qui nous pousse vers l’autre. Pour nous la réconciliation c’est une barrière qui tombe, c’est le malentendu dissipé, l’amour retrouvé, la paix rétablie.

Pour un grec qui lit dans sa langue la Parole de Dieu, le mot réconciliation évoque d’abord l’opération de change d’une monnaie dans une autre. Par exemple le changement de la drachme en euro. Nous voici revenu à l’argent que nous n’avons pas quitté bien longtemps, nous voici en 2017 avec ceux qui veulent « sortir » de l’Euro.

J’ai évoqué la drachme, l’ancienne monnaie des grecs… Cela restera pour moi le grand drame du passage à l’Euro. Certains pays, la France, La Hollande avec le franc et le florin ont abandonné des monnaies dont l’existence était multi séculaire, cela a été perçu comme un immense sacrifice. Les grecs ont abandonné eux une monnaie plusieurs fois millénaire, cette drachme que la pauvre veuve avait perdu, la drachme que Jésus avait manipulé, La drachme seule monnaie biblique survivante est morte en 2002.

Fin de la parenthèse.

Si pour certains mots le parallèle entre le sens premier et le sens spirituel est évident, par exemple le mot « salaire » que je citais tout à l’heure, nous ne voyons pas au premier abord ce qui fait de la réconciliation une opération de change. Pour comprendre, il faut rappeler qu’il s’agit dans la Parole de réconciliation avec Dieu, il faut évoquer alors les rapports très particuliers de Dieu avec l’argent.

Regardons comment Jésus se comporte quand il est aux prises avec une pièce de monnaie :


Matthieu 22 : 15-22

Alors les pharisiens s’éloignèrent et discutèrent entre eux pour trouver une question à poser à Jésus, afin de le prendre au piège par ses propres paroles.

16 Ils lui envoyèrent donc quelques-uns de leurs disciples accompagnés de gens du parti d’Hérode. Ces émissaires lui dirent:
—Maître, nous savons que tu dis la vérité et que tu enseignes en toute vérité comment Dieu nous demande de vivre. Tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne regardes pas à la position sociale des gens.

17 Dis-nous donc ce que tu penses de ceci: A-t-on, oui ou non, le droit de payer des impôts à César?

18 Mais Jésus, connaissant leurs mauvaises intentions, leur répondit:
—Hypocrites! Pourquoi me tendez-vous un piège?

19 Montrez-moi une pièce qui sert à payer cet impôt.
Ils lui présentèrent une pièce d’argent.

20 Alors il leur demanda:
—Cette effigie et cette inscription, de qui sont-elles?

21 —De César.
Jésus leur dit alors:
—Rendez donc à César ce qui revient à César, et à Dieu ce qui revient à Dieu.

22 En entendant cette réponse, ils en restèrent tout déconcertés. Ils le laissèrent donc et se retirèrent.

Rendez à César ce qui appartient à César…

A cette époque, il y avait une monnaie très spéciale, une monnaie qui n’avait cour que dans un tout petit périmètre. Le Temple. C’est cette seule monnaie qui était acceptée pour les dons, pour les sacrifices. Pour le reste, pour les impôts en particulier, il y avait une autre monnaie, une monnaie à l’éffigie de César.

Pourquoi cette complication ? Un adage populaire dit que l’argent n’a pas d’odeur, cela semble indiquer que l’argent n’est pas lié à une valeur morale mais à une valeur tout court. Pour Dieu, l’argent de César a une odeur et même il sent mauvais. Il sent Mamon. Dieu est saint Dieu est propre, il aura donc sa propre monnaie.

« Nous n’avons pas les mêmes valeurs » disait la publicité, Dieu et César, Dieu et le monde n’ont pas les mêmes valeurs. Je ne vous fait pas ici ce matin la démonstration, vous la connaissez par cœur. César et le monde ont pour valeur le mal et le péché, Dieu a pour valeur le bien et la sainteteté.

Nous les « rachetés », nous sommes au confluent de ces deux cours contradictoires. Nous venons du monde et nous allons vers Dieu.

Par nature nous sommes porteurs de valeurs corrompues, des valeurs corrompues du monde, notre ancienne monnaie est à l’effigie du mal. Mais nous nous sommes convertis (encore un mot emprunté au vocabulaire financier) et nous voila maintenant dans la nouvelle économie de Dieu avec une nouvelle monnaie à l’effigie de Jésus-Christ.

L’épître aux Galates nous parle de ce changement de valeurs nos anciennes valeurs à l’effigie du monde c’était : la débauche, l’impureté, le dérèglement, l’Idolâtrie, la magie, les rivalités, les querelles, les animosités, les disputes, les divisions, les sectes, l’envie, l’ivrognerie, les excès de table…

Nos nouvelles valeurs à l’effigie de Jésus sont : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi…

Se réconcilier avec Dieu, c’est changer de monnaie, changer de valeurs, c’est passer du Franc à l’Euro. Voilà pourquoi le mot réconciliation est basé sur une opération de change de monnaie.

Vous le savez, vous l’avez vécu ou on vous l’a raconté, changer de monnaie, ce n’est pas simple. Cela impose de jongler constamment entre les anciennes et les nouvelles valeurs. Finalement c’est exactement cela la vie chrétienne. C’est sans arrêt convertir convertir nos anciens gestes, nos anciennes paroles, nos anciennes convictions en de nouveaux gestes, de nouvelles paroles, de nouvelles convictions. Avec cette force de l’habitude, de la paresse et de l’inertie qui nous tire en arrière, qui nous ramène vers nos vieilles tares, nos vieux péchés, nos vieux démons, notre vieil homme.

Non décidément, changer de monnaie, se réconcilier avec Dieu ce n’est pas simple. Non seulement ce n’est pas simple mais aussi c’est dangereux. Au temps du passage à l’euro, nous étions constament mis en garde : attention aux aigrefins qui veulent tirer parti de la situation, qui veulent profiter de ce que les anciens repères sont caducs et que nous ne maîtrisons pas encore les nouveaux. La vigilance nous était recommandée et force est de constaté qu’elle n’a rien empêché à l’époque. Jésus aussi nous avertit que cette opération de change est dangereuse. Jésus se met même en colère contre ceux qui voudraient abuser de ce change nécessaire entre deux régimes de valeurs :

Jean 2:13-17

Le jour où les Juifs célèbrent la fête de la Pâque était proche et Jésus se rendit à Jérusalem.

14 Il trouva, dans la cour du Temple, des marchands de bœufs, de brebis et de pigeons, ainsi que des changeurs d’argent, installés à leurs comptoirs.

15 Alors il prit des cordes, en fit un fouet, et les chassa tous de l’enceinte sacrée avec les brebis et les bœufs; il jeta par terre l’argent des changeurs et renversa leurs comptoirs,

16 puis il dit aux marchands de pigeons:
—Otez cela d’ici! C’est la maison de mon Père. N’en faites pas une maison de commerce.

17 Les disciples se souvinrent alors de ce passage de l’Ecriture:
L’amour que j’ai pour ta maison,
ô Dieu, est en moi un feu qui me consume.

Le zèle de ta maison me dévore… Il me semble que les choses n’ont pas tellement changées depuis ce jour ou Jésus chassa les changeurs du temple. Même si la maison a changé de forme, nous sommes appelés changer de valeurs de références nous qui sommes appelés à nous réconcilier avec Dieu en permanence. Nous avons du mal à nous y reconnaître. Dieu a donc prévu un endroit, un lieu ou les choses sont claires. Un endroit ou n’a cour que la nouvelle monnaiede nos vies, un endroit de rencontre et de partage. Dieu a prévu pour nous et comme un arrière plan de référence dans nos vies l’Église. C’est là que de façon privilégiée, se déroulent les échanges basés sur les nouvelles valeurs. Enfin c’est ce qui devrait se passer…

Il y a aussi dans l’Église des hommes et des femmes qui veulent profiter de la situation, profiter de ceux qui nous rejoignent et qui sont troublés dans leurs repères, troublés par le changement de monnaie. Ils en profitent et ils en tirent les dividendes, ils s’enrichissent, enfin, c’est ce qu’ils croient.

Quel profit peut-on tirer de l’Église ? Assez rarement matériel quoique cela arrive. Il existe une soidisant théologie de la prospérité qui voudrait que les bons pasteurs, ceux qui réussissent roulent tous en Mercédès. Malgré les exemples montés en épingle ici ou là, je crois quand même qu’il y a assez peu d’exemples d’enrichissement matériel dans l’Église. Par contre, il y a beaucoup d’exemples de gens qui profitent de l’Église pour y exercer un pouvoir pur , y abuser du pouvoir.

Ils sont devenus les changeurs officiels des valeurs mondaines en valeurs chrétiennes. Ils vous échangent trois mauvaises pensées contre deux bonnes actions. Ils vous servent à vous qui avez du mal en calcul mental de convertisseurs. Ils vous indiquent de les bons taux, les bonnres attitudes. Le problème, ce ne sont pas tellement leurs erreurs quoiqu’elles soient nombreuses et répétées, Le problème c’est le bénéfice qu’ils en tirent et dont ils vous frustrent.Ces hommes et ces femmes ont l’appétit du pouvoir, ils vous aident mais en échange, ils aimeraient que vous leur soyez reconnaissant en leur accordant une situation élevée, une situation en vue.

On ne vient pas dans une Église pour y gagner une reconnaissance sociale. Si c’est le cas, c’est une erreur car on doit venir dans une Eglise non pas pour s’intégrer dans une hiérarchie mais pour partager à égalité entre frères et sœurs.

Ces hommes et ces femmes qui attendent que vous les reconnaissiez comme leur gourou sont dangereux, ils sont les marchands de l’Église. C’est à cause d’eux que se développent chez nous toutes toutes ces oppositions, toutes ces disputes qui pour la plupart ne sont que des questions de personnes.

Tenons nous sur nos gardes, il n’y a pas de commission à verser pour passer de l’ancienne monnaie du monde à la nouvelle monnaie de Dieu.

Se réconcilier avec Dieu, c’est donc changer de valeurs, changer de monnaie. L’exemple du passage du franc à l’Euro en est une illustration. Les historiens des siècles à venir retiendront seulement une date : le premier janvier 2002. Nous qui avons vécu cel au jour le jour, nous savons que le s à l’euro a été beaucoup plus que cela, cela a été un effort pendant de nombreux jours. Une entreprise de longue haleine.

Si un biographe raconte un jour votre vie de femme ou d’homme, il retiendra bien sur une date précise, celle de votre conversion, la date de votre passage à la monnaie de Dieu, la date ou vous avez abandonné les valeurs du monde. Mais en fait, vous le savez bien, ce n’était qu’une date, un jour fixé à l’avance et seulement la date ou tout a commencé. Après cela a continué, jour après jour. Chaque jour étant la date de la réconciliation avec Dieu. Une chose à vivre jour après jour, instant après instant. Des taux de change à recalculer à chaque geste, à chaque pensée, à chaque élan.

Mais il y a autre chose et c’est par là que je terminerai. Le passage à l’euro s’est fait et malgré les efforts répétés si longtemps, malgré les margoulins qui en ont profité, malgré les références qui se sont si longtemps dérobées, l’euro est devenu facile pour nous, naturel. Tout retour en arrière deviendrait problématique, tout a changé.

De la même façon,votre réconciliation avec Dieu est définitive, votre sanctification est en route, rien ne l’arrêtera. C’est difficile, ce sont des efforts permanents, peut-être yaurrat-il des erreurs de votre part, des moments ou vous avez l’impression de ne plus bien savoir ou vous en êtes. Mais votre réconciliation avec Dieu, vous la vivez jour après jour et chaque jour elle est définitive, définitivement définitive.

Romains 5:8-11

8 alors que nous étions encore des pécheurs, le Christ est mort pour nous.

Donc, puisque nous sommes maintenant déclarés justes grâce à son sacrifice pour nous, nous serons, à plus forte raison encore, sauvés par lui de la colère à venir.

10 Alors que nous étions ses ennemis, Dieu nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils; à plus forte raison, maintenant que nous sommes réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie.

11 Mieux encore: nous plaçons désormais notre fierté en Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ qui nous a obtenu la réconciliation.

AMEN !

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