Les promesses du pommier.

Saint-Jean le 31 Décembre 2017

Les promesses du pommier.

Romains 6:11-23

11 Ainsi, vous aussi, considérez-vous comme morts pour le péché, et comme vivants pour Dieu dans l’union avec Jésus-Christ.

12 Que le péché n’exerce donc plus sa domination sur votre corps mortel pour vous soumettre à ses désirs. 13 Ne mettez pas vos membres et organes à la disposition du péché comme des armes au service du mal. Mais puisque vous étiez morts et que vous êtes maintenant vivants, offrez-vous vous-mêmes à Dieu et mettez les membres et organes de votre corps à sa disposition comme des instruments pour faire ce qui est juste.

14 Car le péché ne sera plus votre maître puisque vous n’êtes plus sous le régime de la Loi mais sous celui de la grâce.

15 Mais quoi? Allons-nous encore pécher sous prétexte que nous ne sommes pas sous le régime de la Loi, mais sous celui de la grâce? Loin de là! 16 Ne savez-vous pas qu’en vous mettant au service de quelqu’un comme des esclaves pour lui obéir, vous êtes effectivement les esclaves du maître à qui vous obéissez: ou bien du péché qui entraîne la mort, ou bien de l’obéissance qui conduit à une vie juste?17 Mais Dieu soit loué! Si, autrefois, vous étiez les esclaves du péché, vous avez maintenant obéi de tout cœur à l’enseignement fondamental auquel vous avez été soumis. 18 Et, à présent, affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. 19 – Je parle ici d’une manière très humaine, à cause de votre faiblesse naturelle. – De même que vous avez offert autrefois les membres et organes de votre corps en esclaves pour agir d’une manière immorale et qui ne respecte pas la Loi de Dieu, offrez-les maintenant en esclaves à la justice pour devenir saints dans votre être et votre conduite.

20 Lorsque vous étiez encore esclaves du péché, vous étiez libres par rapport à la justice. 21 Or, quels fruits portiez-vous alors? Des actes qui vous font rougir de honte aujourd’hui, car ils conduisent à la mort. 22 Mais maintenant, affranchis du péché et devenus esclaves de Dieu, le fruit que vous portez, c’est une vie sainte, et le résultat auquel vous aboutissez, c’est la vie éternelle. 23 Car le salaire que verse le péché, c’est la mort, mais le don de la grâce que Dieu accorde, c’est la vie éternelle dans l’union avec Jésus-Christ notre Seigneur.

 

 

 

Avez-vous remarqué combien notre vie est remplie d’habitudes et de traditions ?

Tout particulièrement en cette période des fêtes qui commence à finir ( !?…). Même i nous n’en avons pas envie, même si la réalité le dément ,nous nous souhaitons un joyeux Noël. Ensuite il nous faut changer, passer à la bonne année, souhaiter nos meilleurs vœux et malgré notre impuissance, nous proclamons « Bonne année ! Bonne santé !… » .

Et il y a pour ces temps qui viennent une autre tradition dont je voudrais parler maintenant. Une tradition qui elle aussi nous occupe en cette période, une tradition qui pourrait s’intituler : bilans et perspectives.

Les agriculteurs réalisent-ils à quel point ils ont modelé notre société ? L’automne marque pour eux la fin du cycle de production annuel. A l’orée de l’hiver, les jeux sont faits, les comptes arrêtés. L’année a été bonne ou mauvaise. Et c’est aussi le moment de décider pour l’année qui vient, ce que l’on va planter, ce que l’on va changer, ce que l’on va arrêter et ce que l’on va commencer. Le cycle de la nature impose à ce moment là cette démarche aux exploitants de la terre.

Par contre rien n’impose aux autres hommes, aux autres producteurs de faire de même. Pour les industriels par exemple, la saison morte c’est plutôt l’été à cause des congés. Mais tout le monde a gardé la pratique des paysans. Tradition oblige.

C’est au premier janvier que bilans et inventaires se font sans autre raison que la tradition imposée par l’agriculture. Donc à l’heure d’établir bilans et perspectives, parce qu’elle est de circonstance, je vous propose de revêtir une tenue d’agriculteur. Agriculteur cévenol bien sûr ! En fait cela se passe un peu plus haut dans la montagne, Il y a une vallée, des près plantés de pommiers, et au milieu coule une rivière… C’est vers Génolhac, Saint-Jean du gard, Lasalle ou Le Vigan, à vous de choisir.

Au travers du texte de Romains que nous avons lu, je voudrais vous aider à prendre de vraies bonnes résolutions. Je trouve que le timing de mon intervention est assez parfait. Et que de plus elle répond à une vraie nécessité. Absorbés comme vous l’avez été par les réveillons en tous genre, les fêtes de famille, les cadeaux à offrir et à recevoir, les vœux à présenter, vous n’avez peut-être pas encore eu le temps de vous occuper de vous, vous n’avez peut-être pas encore pu prendre le temps de faire le bilan de l’année écoulée pour pouvoir prendre des résolutions en vue de celle à venir… Et même si vous l’avez déjà fait, il est encore temps de remettre sur le métier votre ouvrage, le coup d’envoi de 2018 n’a pas encore été donné, il est seulement imminent.

En quoi le texte que nous avons lu peut-il nous aider ? Il peut nous aider parce que incontestablement il nous propose de viser haut, il nous dit qu’il est juste de viser haut étant donné notre nature, notre nouvelle nature, notre nature d’arbre fruitier. En contre plan il nous indique aussi qu’il serait tragique de viser trop bas…

Finalement ces bonnes résolutions que nous croyons avoir à prendre de notre propre initiative, dont nouscroyons que nous pouvons les modeler à notre image ou même, pour les meilleurs d’entre nous, contre notre image, Paul les décide pour nous et en fait des ordres auxquels nous devons obéir :

« Que le péché ne règne pas dans vos corps mortels »

« Donnez-vous vous mêmes à Dieu »

Ordres importants, fondamentaux, qui retentissent sur tous les instants de nos vies. Paul compte sur notre obéissance, il compte que nous mettrons ses prescriptions en œuvre parce qu’il croit qu’a eu lieu, en nous, un bouleversement immense.

Ce bouleversement commence par une mise en conformité, une délivrance. En conséquence, Paul relève que dans le « mécanisme du Salut » nous ne sommes plus esclaves du péché, nous sommes donc délivrés du péché, délivrés de l’œuvre d’Adam. Paul affirme que nous sommes libres, affranchis. Libres par rapport au péché.

Paul affirme aussi que nous ne risquons pas une rechute, que nous ne risquons pas de retourner à ce que nous avons vécu parce qu’en fait, nous sommes rentrés dans un autre esclavage. Nous sommes esclaves de Dieu. Nous lui appartenons corps et âmes, et du coup nous sommes devenus esclaves de la justice.

Nous sommes morts au péché, nous avons pour fruit la sainteté.

Ce que Paul soutient à notre sujet est vraiment impressionnant. Tout seuls nous n’aurions jamais osé parler ainsi. C’est même tellement impressionnant qu’un doute commence à poindre… Est-ce vraiment de nous dont Paul parle ? Lui qui est tout entier consacré à Dieu, qui dans sa vie ascétique se tient droit et même rigide, ne S’imagine t-il pas un peu vite que nous sommes ses pareils ?

Parce que quand même, il y a ce que nous voyons tous les jours dans nos vies et dans celles de nos frères. EN général, nous préférons voir celles de nos frères en premier : voyez comme un tel est vénal, tel autre est fourbe, tel autre est aveuglé, tel autre est orgueilleux. Nos observations sont justes, incontestablement justes. Tout aussi justes que celles que nos frères font à notre sujet : Ills nous trouvent selon les cas et peut-être même tout ensemble : vénaux, fourbes, aveuglés, orgueilleux… le pire c’est que nous devons reconnaître qu’ils ont raison (même si cela reste la plupart du temps au niveau de l’intime).

Il semble que ce ne soit pas de nous dont Paul parle, nous qui restons si constamment adonnés au péché. Nous qui si facilement oublions Dieu, dont pourtant selon Paul nous sommes les esclaves. Pourtant Paul qui passe, en fait, par le même chemin que nous ne se fait pas d’illusion ; son discernement est aigu, intact :

«  Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair. »

Paul connaît la faiblesse de notre chair, il sait que notre manière est celle de tout les hommes, il en tient compte et malgré cela il nous dit :

Que nous sommes vivants.

Que le péché n’a pas de pouvoir sur nous.

Que nous sommes obéissants

Il y a quelque chose qui nous dépasse que nous devons pourtant comprendre…

Pour comprendre il me semble qu’il faut se référer à l’image que Paul emploie : Nous portons du fruit, nous sommes des arbres. Ailleurs dans la même épître, Paul utilise la même image et nous rappelle que nous avons été greffés, et que c’est seulement ainsi que nous pouvons porter du fruit. C’est cela le vrai changement, le renversement d’esclavage. D’arbres stériles, nous sommes devenus arbres fruitiers.

Il y a donc ici ce matin des arbres fruitiers, tout un verger. Dans cette vallée, dans ce cadre que je posais tout à l’heure, c’est une pommeraie. Il ne me paraît pas réducteur de nous assimiler à des pommiers poussant dans un champ près d’un ruisseau. Je vous propose de laisser maintenant votre imagination en dresser le tableau.

Maintenant… en cette période, en hiver.

Les pommiers, comme tous les feuillus, n’ont pas de feuilles ! Ils sont comme morts. Ils n’ont pas de feuilles et bien sûr ils ne portent pas de fruits. Ce sont des pommiers sans feuilles et sans pommes. SI vous ne le lui dites pas, si vous n’expliquez pas, aucun étranger venu d’un pays ou il n’y a pas de pommier, ne pourra imaginer que cet arbre est un pommier.

Même, il y a là, au bord du champ un frêne, Un frêne qui lui aussi n’a pas de feuille, qui ne portera jamais de fruit puisque c’est un frêne… L’hiver tous les arbres sont à égalité. On pourrait même dire que le frêne est mieux. Il pousse droit et son bois est extrêmement résistant, on pourrait en faire des manches de pioches, des chaises…

Alors que le pommier… Ses branches sont tordues comme des jambes de chien, et son bois n’est pas costaud.

Mais l’hiver ne dure pas toujours. Bientôt le printemps, bientôt les feuilles pour tous les arbres et les premières formes de fruits sur les pommiers. Même si ils ne sont pas encore comestibles, même si ils ne servent encore à rien ces embryons de fruits marquent une différence. Ils sont une promesse. Le frêne est toujours là mais il ne porte rien lui, ou si peu et en tous cas rien d’utile.

Le printemps, l’été, l’automne. Les pommes sont là sur les pommiers, mures, goûteuses à souhait. Le frêne est nu .

La vraie nature est là, enfin révélée, enfin tangible. Le frêne n’a plus qu’une destinée : il va être coupé et jeté au feu. Le pommier sera conservé, soigné, bichonné.

C’est cette image qui explique le discours de Paul. Paul s’adresse à des arbres dont il sait qu’ils sont des arbres fruitiers. Même en hiver le pommier porte déjà des pommes, même si elles n’existent pas encore, même si elles sont invisibles.

C’est sa nature de porter des fruits et ils viendront au temps convenable. Pour Paul c’est juste une question de temps et donc on peut considérer que les fruits sont déjà là.

Ce qui compte en premier, c’est la nature de l’arbre. La différence existe elle est bien réelle même si c’est encore l’hiver.

Ainsi donc, nous portons comme fruit potentiel la sainteté. Même si ele n’est pas encore objectivement là, elle va venir. Paul le sait et Paul l’annonce. Il a confiance, il fait confiance.

Vous ne connaissez pas Denis.

Denis est un pensionnaire de la maison de retraite de Valleraugue. Il y est rentré encore jeune, il avait 55 ans. Denis ne pouvait plus travailler dans le CAT qui l’avait toujours hébergé.

Il avait alors encore la force et l’envie d’aider, de travailler. Il aimait s’occuper du jardin. On lui a un jour d’hiver confié le nettoyage d’une plate bande. Denis a tout nettoyé, tout parfaitement nettoyé. Plus une herbe, plus une ronce, que la terre parfaitement retournée. Nickel.

Oui mais plus de rosiers non plus. Sans roses, les rosiers ne sont plus que des plantes à épines, une variété de ronce. A cause de cela Denis a cru devoir s’en débarrasser.

Denis s’est trompé !

Bien trop souvent, nous ressemblons à Denis. Nous rejetons ces autres qui piquent, nous désespérons d’eux, nous ne leur laissons aucune chance de porter du fruit. Nous ne voulons pas croire en leur vrai nature, nous les jugeons sur des apparences. Nous oublions l’hiver. Ils devraient selon nous porter du fruit en toutes saisons. C’est impossible, comme nous ils ne sont pas des OGM.

Paul nous montre l’exemple, la bonne attitude. Un pommier c’est d’abord un arbre fruitier, comme il les portera bientôt, je peux considérer qu’il porte déjà des fruits et agir en conséquence.

Comment nous comportons-nous avec ceux qui nous entourent ? Comme Denis ou comme Paul ? Arrivons nous à agir selon la vraie nature des plantes ou nous fions nous exclusivement aux apparences ?

Il reste à évoquer les soins que l’on porte en hiver aux pommiers pour qu’ils portent plus de fruits. En hiver, pour les aider à mieux produire, on taille les arbres.

Sommes nous prêts à être taillés ?

Sommes nous prêts à laisser partir la branche de la vénalité, la branche de la jalousie, la branche de l’orgueil ? Il le faudra si nous voulons être des arbres dignes de leur vocation de fruitiers.

C’est peut-être l’hiver, mais les fruits que nous portons sont déjà là, en nous. Il leur faut juste le temps de grossir et de mûrir sauf si nous sommes un arbre mort. Mais cela c’est une autre histoire.

Bilans et perspectives.

Bonnes résolutions.

A l’aube de cette nouvelle année, dans quoi pouvons-nous nous engager ?

Une chose est sure, nous n’avons pas à prendre la décision de porter du fruit. Ce serait une fausse résolution, puisque en tant qu’arbre fruitier, les fruits nous les porterons. C’est notre nature, notre nouvelle nature, nous n’avons pas le choix. Le printemps, l’été, l’automne viendront et avec eux les fruits. Un pommier ne prend pas la résolution de porter des pommes, il est un pommier.

Ce que nous avons à faire, c’est prendre conscience de notre vraie nature. Celle que Paul décrit. Reconnaître et accepter d’avoir été affranchis du péché, de ne plus être son esclave mais l’esclave de Dieu. Si nous acquerrons cette conscience là, nous jouiront du printemps et nos fruits commenceront à prendre forme, l’été les grossira et l’automne les mûrira.

Rien ne peut nous enlever notre nature d’arbre fruitier. Alors si le printemps vient et que rien ne bouge, si l’été calcine nos branches noires et si à l’automne aucune feuille ne tombe, ce n’est pas que nous ne soyons pas un pommier, c’est juste que nous sommes morts.

– Ce n’est pas le cas hein ?

– C’est seulement que l’hiver est très long n’est-ce pas ?

La seule résolution que nous pouvons prendre, c’est de porter beaucoup de fruits.

Romains 8:35&37

35 Qu’est-ce qui pourra nous arracher à l’amour de Christ?

La détresse ou l’angoisse, la persécution, la faim, la misère, le danger ou l’épée? 

37 Mais dans tout cela nous sommes bien plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. 

Amen !

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