Noël ou Noël ?

 

Saint Jean de Valériscle le 18/12/2016 (24/12/00)

Noël ou Noël ?

Lectures :

Luc 2:1-7

En ce temps-là, l’empereur Auguste publia un édit qui ordonnait le recensement de tous les habitants de l’Empire.

Ce recensement, le premier du genre, eut lieu à l’époque où Quirinius était gouverneur de la province de Syrie.

Tout le monde allait se faire recenser, chacun dans la localité dont il était originaire.

C’est ainsi que Joseph, lui aussi, partit de Nazareth et monta de la Galilée en Judée, à Bethléhem, la ville de David: il appartenait, en effet, à la famille de David.

Il s’y rendit pour se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui attendait un enfant.

Or, durant leur séjour à Bethléhem, arriva le moment où Marie devait accoucher.

Elle mit au monde un fils: son premier-né. Elle lui mit des langes et le coucha dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la pièce réservée aux hôtes.

Luc 2:8-20

Dans les champs environnants, des bergers passaient la nuit pour garder leurs troupeaux.

Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Une grande frayeur les saisit.

10 Mais l’ange les rassura:
—N’ayez pas peur: je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple le sujet d’une très grande joie.

11 Un Sauveur vous est né aujourd’hui dans la ville de David; c’est lui le Messie, le Seigneur.

12 Et voici à quoi vous le reconnaîtrez: vous trouverez un nouveau-né dans ses langes et couché dans une mangeoire.

13 Et tout à coup apparut, aux côtés de l’ange, une multitude d’anges de l’armée céleste qui chantaient les louanges de Dieu:

14 Gloire à Dieu au plus haut des cieux!
Et paix sur la terre aux hommes qu’il aime.

15 Quand les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent l’un à l’autre:
—Allons donc jusqu’à Bethléhem pour voir ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître.

16 Ils se dépêchèrent donc d’y aller et trouvèrent Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une mangeoire.

17 Quand ils le virent, ils racontèrent ce qui leur avait été dit au sujet de cet enfant.

18 Tous ceux qui entendirent le récit des bergers en furent très étonnés.

19 Marie, elle, conservait le souvenir de toutes ces paroles et y repensait souvent.

20 Les bergers s’en retournèrent, louant et glorifiant Dieu au sujet de tout ce qu’ils avaient vu et entendu: c’était bien ce que l’ange leur avait annoncé.


Matthieu 2

Jésus était né à Bethléhem en Judée, sous le règne du roi Hérode. Or, des mages venant de l’Orient arrivèrent à Jérusalem.

Ils demandaient:
—Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Nous avons vu se lever son étoile, et nous sommes venus lui rendre hommage.

Quand le roi Hérode apprit la nouvelle, il en fut profondément troublé, et tout Jérusalem avec lui.

Il convoqua tous les chefs des prêtres et les spécialistes de la Loi que comptait son peuple et il leur demanda où devait naître le Messie.

—A Bethléhem en Judée, lui répondirent-ils, car voici ce que le prophète a écrit:

Et toi, Bethléhem, village de Judée,
tu n’es certes pas le plus insignifiant
des chefs-lieux de Juda,
car c’est de toi que sortira le chef
qui, comme un berger, conduira Israël mon peuple.

Là-dessus, Hérode fit appeler secrètement les mages et se fit préciser à quel moment l’étoile leur était apparue.

Puis il les envoya à Bethléhem en disant:
—Allez là-bas et renseignez-vous avec précision sur cet enfant; puis, quand vous l’aurez trouvé, venez me le faire savoir, pour que j’aille, moi aussi, lui rendre hommage.

Quand le roi leur eut donné ces instructions, les mages se mirent en route. Et voici: l’étoile qu’ils avaient vu se lever les précédait. Elle parvint au-dessus de l’endroit où se trouvait le petit enfant. Et là, elle s’arrêta.

10 En revoyant l’étoile, les mages furent remplis de joie.

11 Ils entrèrent dans la maison, virent l’enfant avec Marie, sa mère et, tombant à genoux, ils lui rendirent hommage. Puis ils ouvrirent leurs coffrets et lui offrirent en cadeau de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

12 Cependant, Dieu les avertit par un rêve de ne pas retourner auprès d’Hérode. Ils regagnèrent donc leur pays par un autre chemin.

13 Après leur départ, un ange du Seigneur apparut à Joseph dans un rêve et lui dit:
—Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et fuis en Egypte. Tu y resteras jusqu’à ce que je te dise de revenir, car Hérode fera rechercher l’enfant pour le tuer.

14 Joseph se leva donc et partit dans la nuit, emmenant l’enfant et sa mère pour se réfugier en Egypte.

15 Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode. Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète: J’ai appelé mon fils à sortir d’Egypte.

16 Quand Hérode s’aperçut que les mages s’étaient moqués de lui, il devint furieux: il donna l’ordre de tuer à Bethléhem et dans les environs tous les garçons en-dessous de deux ans, conformément aux précisions que lui avaient données les mages sur l’époque où l’étoile était apparue.

17 Ainsi s’accomplit la parole transmise par Jérémie, le prophète:

18 On entend à Rama une voix qui gémit
et d’abondants sanglots amers:.
Rachel pleure ses fils
et elle ne veut pas se laisser consoler
car ses fils ne sont plus.

19 Après la mort d’Hérode, un ange du Seigneur apparut en rêve à Joseph, en Egypte,

20 et lui dit:
—Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et retourne avec eux dans le pays d’Israël, car ceux qui voulaient tuer l’enfant sont morts.

21 Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère et retourna dans le pays d’Israël.

22 Mais il apprit qu’Archélaüs était devenu roi de Judée à la place de son père Hérode. Il eut donc peur de s’y installer, et, averti par Dieu dans un rêve, il se retira dans la province de Galilée,

23 où il s’établit dans une ville appelée Nazareth. Ainsi se réalisa cette parole des prophètes: On l’appellera: le Nazaréen.


Savez-vous ce qu’est un « tarabiscot » ?

C’est un outil de menuisier, un rabot qui sert à faire des moulures sur les planches qui deviendront nos meubles. Moulures qui selon leur formes et leur abondance serviront à caractériser le style de notre mobilier.

Le tarabiscot est un appareil dont on a usé et surtout abusé au cours des siècles. Le qualificatif qui en découle « tarabiscoté » a une nuance pour le moins péjorative. Quand on dit de quelque chose qu’on le trouve tarabiscoté, ce n’est pas un compliment.

Henri II, Louis XIII, Louis XV, Louis XVI, empire, Rococo… Quelques styles de mobilier ou le tarabiscot a sévit. Dans les années 1950 un autre style est apparu, le style « scandinave » ou fonctionnel, on s’est rappelé qu’un fauteuil c’est d’abord destiné à s’asseoir et une armoire à ranger… On a alors fabriqué des meubles simples et sobres. On a rangé le tarabiscot.

La fête de Noël telle que nous la célébrons au XXI ème siècle ma paraît être une réjouissance devenue au cours des siècles passablement tarabiscotée.

Contrairement aux autres fêtes chrétiennes Pâques et surtout Pentecôte qui ont su garder le sens de leurs origines, Noël se cache derrière une foule de fioritures, d’ornements, de tarabiscotages. Le vrai sens de Noël est maintenant vraiment bien caché. C’en est au point que hier sur Twitter, un responsable de la FCPE (fédération de parents d’élèves) a pu souhaiter aux français un « joyeux Noël laïque »…

Je crois salutaire de débarrasser ce moment particulier de toutes les légendes et autres fables qui l’apesantissent, qui l’affadissent, et en font une caricature. Aujourd’hui, tous ensemble, simplement, naturellement, je voudrais que nous recherchions la vérité de Noël car, n’en déplaise aux mécréants, il y a une vérité de Noël.

Notre entreprise de ce jour commencera donc par un gros travail de déblaiement. Toutes ces moulures inopportunes, ces « nids à poussière » spirituels, il nous faut les enlever pour revenir à une certaine fonctionnalité, une certaine pureté.

Le premier élément qu’il nous faut déblayer avec la plus grande fermeté, c’est ce vieux bonhomme ventripotent, repeint en rouge dans les années 30 par Coca Cola. Noël n’a pas de père, il a un fils. C’est quand même étonnant ce renversement des choses qui fait qu’une fête célébrant une naissance devient l’apologie d’un vieillard baveux laissant une traînée scintillante dans nos salons. L’ombre tutélaire de cet aïeul indigne doit disparaître, il ne doit rester que la lumière de Jésus-Christ.

Autre élément qu’il conviendrait d’éliminer, c’est l’arbre. Cet arbre vert, le roi des forêts qui de fait n’est qu’un souverain déchu, coupé, assassiné. La encore, présence saugrenue et très étonnante. Comment se fait-il que les chrétiens se soient laissés prendre au piège ?

Ce n’est pas faute d’avoir étés avertis par l’Ancien Testament.

Ce qui vaut à ce végétal le douteux privilège d’orner nos salons, c’est sa couleur, le vert. En cette saison (nous reviendrons bientôt sur la saison) il y a bien peu de vert. Le seul que l’on ait trouvé, c’est celui de quelques aiguilles. Nous voici confrontés à une tâche verte.

Stigmatisant le peuple infidèle et idolâtre, l’Ancien Testament évoque en substance ceux qui se sont « prostitués sous tout arbre vert ». Que faisons nous d’autre quand nous nous agenouillons au pied de ce conifère pour y recevoir des cadeaux dont nous croyons un court instant qu’ils feront notre bonheur ?

Troisième élément auquel il convient de faire un sort définitif : la date de cette fête. Cette année comme tous les ans Noël tombe un 25 décembre. Rien à voir avec la réalité historique. Cette date n’a été fixée qu’en fonction du désarroi des hommes face à la nuit, la nuit la plus longue, celle du solstice d’hiver. Dans la nuit on fête la lumière : c’est bon pour le moral. Cela fait des dizaines de siècles que cela dure. Les chrétiens ont fauché la date de leur fête aux païens. Cette conduite, cette fuite ma paraît très semblable a celle des ivrognes qui boivent pour oublier. Fêter la lumière pour oublier la nuit.

Il y en aurait bien d’autres, mais il y a une dernière fioriture à qui je voudrais tordre le cou ce matin : le bœuf et l’âne. Oui, je voudrais tordre le cou au bœuf et à l’âne dans la crèche. Ils n’ont rien à y faire. La Bible n’en parle pas, n’en dit rien et si ils sont évoqués dans ce livre, c’est ailleurs, dans un tout autre contexte. Le bœuf et l’âne forment le couple pitoyable qui mène un cortège de personnages folkloriques et mensongers qui eux aussi procurent une ombre aussi malsaine que celle des noyers au petit enfant qui vient de naître.

Cette ribambelle incertaine n’a pas sa place à Noël.

On pourrait continuer longtemps cette entreprise de démolition, ce tri non sélectif des déchets de l’histoire. Je vous laisse le soin de l’achever. Il me paraît plus important, plus nécessaire, plus fondamental, d’ évoquer maintenant la vérité de Noël, la vérité toute nue, comme ce bébé qui vient de naître.

Pour témoigner de la vérité de Noël, je voudrais convoquer moi aussi une ribambelle de témoins, d’experts, une troupe de techniciens incongrus.

Le premier que l’on pourrait écouter, ce serait un historien qui nous parlerait de ce César qui voulait compter ses sujets. Cet homme qui dans son orgueil et son ignorance croyait qu’il dominait sur la terre entière. Ce recensement a bien eu lieu ; la date en est connue avec précision. Il faut bien le reconnaître à l’aide de cette vérité historique, notre calendrier est faux et nous ne sommes pas en 2016, mais en 2021 ou 2022.

Ensuite, il nous faudrait écouter un énarque au sujet de la bizarre organisation de ce recensement. Des recensements, nous en vivons ponctuellement ici, et nous ne sommes pas obligés de nous rendre dans notre ville d’origine, la ville d’origine de notre famille. Même Joab quand il a recensé le peuple d’Israël sur ordre du roi David, ne s’est pas comporté comme cela. Quand on fait un recensement selon une tradition dictée par l’efficacité, on va vers les hommes et les femmes que l’on veut compter, pas l’inverse. Il y a tous ceux d’origine incertaine qui ne savent pas ou aller, tous ceux peu soucieux de se faire connaître et qui ne se seront pas faits enregistrer. Non décidément, ce recensement avait bien peu de chances d’aboutir vraiment.

Cet énarque nous parlerait de cette drôle d’organisation, de ces foules jetées sur les routes de cet immense chassé croisé digne d’un week-end d’août en France. De toutes ces maisons vides délaissées pour quelques jours par leurs occupants habituels, de tous ces hôtels bondés et insuffisants. Grande panique, grande pagaille.

Puis il nous faudrait écouter un sociologue évoquant cet homme et cette femme ballottés par les soubresauts de l’histoire, jetés sur les routes alors qu’ils seraient bien restés chez eux, car ils ont bien un chez eux. Ce ne sont pas des déshérités des pauvres. Un charpentier à cette époque, c’est un notable, à la fois ingénieur, architecte et entrepreneur. Un homme de l’art respecté et payé.

Ce témoin nous parlerait de leur région d’origine, la Galilée, il nous dirait des choses peu glorieuses, son discours ressemblerait à celui qui décrit aujourd’hui la France profonde. Il nous parlerait de la « crèche », de l’étable qui n’a rien d’une grotte, mais qui était plutôt le bâtiment annexe du caravansérail, l’hôtel de l’époque.

Et puisque nous sommes rendus dans cette fameuse crèche, il nous faut convoquer d’urgence un gynécologue car l’heure approche. Ce gynécologue nous dirait que toutes les naissances se ressemblent, il s’agit toujours de de souffrances et de sang. Il y a toujours des larmes et de la sueur, la panique du père, l’épuisement de la mère. Et au bout de trop d’heures d’efforts, surtout quand c’est la première fois, il y a ce petit être venu du néant et qui déjà prend tant de place, ne serais-ce que par son premier cri. Et après cela, le repos nécessaire pour récupérer de ses efforts et de ses émotions. Le tranquille bonheur des choses en bonne voie.

Quelques temps après nous entendrions un agronome qui nous parlerait de la conduite inqualifiable de ces bergers, qui abandonnent le troupeau, le capital confié à leur garde, suite à je ne sais quelle vision, pour aller « voir » un petit bébé. Il nous dirait les risques immenses qu’ils ont pris alors, risque de ruine suite à un vol ou au décimage du troupeau par une ou plusieurs bêtes féroces nombreuses à l’époque.

Il nous faudrait terminer avec n spécialiste de l’ésotérisme qui nous parlerait de ces mages, de ces savants venus de l’autre bout du monde sur la foi de leurs seules observations. Il nous parlerait de ce long voyage commencé bien longtemps avant la naissance du bébé. De leur moyen de navigation beaucoup plus simple et plus performant que le dernier GPS.

Que reste t-il de Noël ? Un petit bébé et son histoire. Un petit d’homme avec une histoire d’homme, histoire fondée sur quelques anecdotes. Il n’y a pas d’histoire sans anecdotes. Une histoire particulière mais toutes les histoires sont particulières.

Que reste t-il de Noël ? Une histoire d’hommes et de femmes simples aux prises avec les difficultés et la cruauté de la vie.

De quoi en faire tout un plat ? Tout un festin ?

Oui assurément.

Parce que cette histoire qui serait seulement abracadabrantesque si on en restait la, a une autre dimension. Cette construction improbable se serait écroulée depuis longtemps si elle n’avait une clé de voûte, et cette clé de voûte est un diamant :

Dieu.

Ce petit enfant, ce petit homme qui a une histoire d’homme est Dieu.

Dieu tout puissant, Dieu créateur, Dieu rédempteur.

Dieu d’amour, Dieu de justice.

Dieu, notre Dieu.

Le Christ.

Cette histoire de la naissance d’un enfant est trop petite, trop petite pour celui qu’elle célèbre. Elle est trop petite et elle craque par tous les cotés. Le pauvre tissus qui l’habille se déchire et dans les trous, nous voyons apparaître la lumière ineffable du royaume de Dieu. Lumière éblouissante de ces anges venus annoncer et conduire les événements.

Lumière de ces hommes et de ces femmes rayonnants de foi.

Lumière de cette étoile éphémère.

Rayonnement de cette conception surnaturelle.

Pas besoin de bougies, pas besoin de guirlandes, c’est ça Noël.

Emmanuel, Dieu avec nous.

Enlever tout ce qui fait de Noël une fête tarabiscotée, surchargée…

Je ne suis pas Don Quichotte contre les tarabiscots, Je ne me bats pas contre cette illusion.

Jamais je n’ai tiré au calibre 12 sur un père noël en pèlerine rouge. Je ne fais pas de lobbying pour le vrai calendrier. Je ne milite pas pour la prière dans les supermarchés.

Pire que tout l’arbre, l’arbre vert, j’en ai coupé et installé des dizaines et parfois il faisait plus de quatre mètres de haut.

Inconséquence, irresponsabilité, lâcheté ? Sûrement un peu ou beaucoup de tout cela. Mais par dessus tout une certitude, assurance absolue malgré l’hypocrisie, la faiblesse, l’ignorance, l’orgueil, la cruauté et le mal,

Les diamants sont éternels…

Le diamant c’est Jésus-Christ sur la terre, parmi les hommes. Jésus-Christ homme et Dieu. Jésus-Christ venu nous délivrer des conséquences funestes du mal en nous.

Noël est une vraie fête, une vraie bénédiction. A nous de montrer ce diamant rutilant.

Il est le Christ, nous sommes ses serviteurs.

« Maintenant Seigneur, tu laisses ton serviteur

s’en aller en paix, selon ta Parole.

car mes yeux ont vu ton salut,

salut que tu as préparé devant tout les peuples,

lumière pour éclairer les nations,

et gloire d’Israël ton peuple. »

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