Parler pour Dieu…

Alès, le 31/08/2014 (991107)

Saint Jean, le 02/06/2019

Parler pour Dieu…

Lecture: 1 Rois 13 1:10

Voici, un homme de Dieu arriva de Juda à Béthel, par la parole de l’Eternel, pendant que Jéroboam se tenait à l’autel pour brûler des parfums. Il cria contre l’autel, par la parole de l’Eternel, et il dit : Autel ! autel ! ainsi parle l’Eternel : Voici, il naîtra un fils à la maison de David ; son nom sera Josias ; il immolera sur toi les prêtres des hauts lieux qui brûlent sur toi des parfums, et l’on brûlera sur toi des ossements d’hommes ! Et le même jour il donna un signe, en disant : C’est ici le signe que l’Eternel a parlé : Voici, l’autel se fendra, et la cendre qui est dessus sera répandue. Lorsque le roi entendit la parole que l’homme de Dieu avait criée contre l’autel de Béthel, il avança la main de dessus l’autel, en disant : Saisissez le ! Et la main que Jéroboam avait étendue contre lui devint sèche, et il ne put la ramener à soi. L’autel se fendit, et la cendre qui était dessus fut répandue, selon le signe qu’avait donné l’homme de Dieu, par la parole de l’Eternel. Alors le roi prit la parole, et dit à l’homme de Dieu : Implore l’Eternel, ton Dieu, et prie pour moi, afin que je puisse retirer ma main. L’homme de Dieu implora l’Eternel, et le roi put retirer sa main, qui fut comme auparavant. Le roi dit à l’homme de Dieu : Entre avec moi dans la maison, tu prendras quelque nourriture, et je te donnerai un présent. L’homme de Dieu dit au roi : Quand tu me donnerais la moitié de ta maison, je n’entrerais pas avec toi. Je ne mangerai point de pain, et je ne boirai point d’eau dans ce lieu-ci ; car cet ordre m’a été donné, par la parole de l’Eternel : Tu ne mangeras point de pain et tu ne boiras point d’eau, et tu ne prendras pas à ton retour le chemin par lequel tu seras allé. Et il s’en alla par un autre chemin, il ne prit pas à son retour le chemin par lequel il était venu à Béthel. »

« Si ils se taisent les pierres crieront »

Notre foi et l’exercice de notre foi sont basés sur la Parole. Parole que nous recevons mais aussi Parole que nous renvoyons, vers Dieu ou vers les hommes.

La parole que nous renvoyons vers Dieu, c’est la prière sous ses trois formes fondamentales : louange, adoration et intercession.

La parole que nous renvoyons vers les hommes, c’est par exemple, Notre témoignage, l’annonce du Salut, Les mots d’encouragement, de consolation ou encore d’instruction… Ce sont de bonnes raisons de parler, de parler encore, de parler toujours. De bonnes raisons d’élever nos voix et de ne pas laisser les pierres crier. Mais cette responsabilité et donc cette nécessité ou nous sommes de parler nous incitent à penser aussi à ce que sont nos paroles.

Parce que notre parole a un but, et qu’elle est destinée à notre prochain, elle n’existe pas par elle même, elle n’existe que si elle est reçue. Il doit donc y avoir non seulement une réflexion au sujet de ce que nous disons mais encore à la façon dont nous le faisons.

Je vous propose donc aujourd’hui de réfléchir à la « qualité » de notre parole, et plus particulièrement – parce que nous n’avons que quelques minutes – de cerner un peu mieux une « variété » de notre parole à laquelle nous devons faire très attention, la parole d’avertissement.

Notre vocation, de chrétien c’est aussi d’être des sentinelles (Dieu l’a voulu ainsi, Gloire à Dieu!). Nous devons donc avertir. Avertir le monde, avertir notre prochain et peut-être aussi parfois, avertir notre frère dans la foi.

A cause de notre faiblesse particulièrement manifeste dans cet orgueil qui nous habite et que nous n’arrivons pas à vaincre, nous préférons et nous pratiquons le jugement. Nous sommes enclins sous prétexte de responsabilité à excommunier, couper et trancher, sanctionner condamner. Mais le juge, le vrai juge, le souverain juge, c’est Dieu. Il peut arriver en particulier dans l’Eglise qu’Il demande à certains de prendre une sanction, mais cela doit rester un moment grave et exceptionnel. Cette sanction n’a par ailleurs rien de définitif : le vrai jugement, ce sera pour plus tard, ce sera l’épreuve du feu. A la fois pour le sanctionné, le « sanctionneur », mais aussi pour celui qui a refusé de s’engager.

Je crois que pour nous avoir à juger doit rester exceptionnel. Par contre il est courant, habituel, quotidien, normal d’avoir à avertir, prévenir. Cela nous paraît moins glorieux parce que il n’y a pas forcément d’effet immédiat et que les suites ne dépendent pas de nous elle ne peuvent être anticipée que par la foi. Mais ce rôle, ce rôle particulier de sentinelle sera lui aussi éprouvé par le feu. Il est donc important d’en prendre la mesure et de nous y préparer au mieux. Nous avons commencé la lecture du récit d’un avertissement ordonné par Dieu et qui au bout du compte, nous le verrons par la suite, finira par tourner mal.

Tout d’abord, situer ce récit.

Suite aux défaillances de Salomon et de son fils Roboam, Jéroboam est le roi installé par Dieu sur dix tribus d’Israël. Cette œuvre de scission est une œuvre salutaire pour le peuple déjà saigné à blanc par la mégalomanie de Salomon et menacé de pire encore par son fils Roboam.

Dieu a donc déchiré la royauté en deux.

Jéroboam aurait pu se tenir pour dit qu’il était installé par Dieu, mais voilà lui aussi veut aller trop loin pour soi disant affermir son royaume. Pour détruire la tentation de la réunification : Jéroboam crée un culte « parallèle » à celui de Jérusalem.

A priori, il s’agit d’adorer le même Dieu. Mais tant qu’a faire, on va essayer de rendre ce culte trop « austère », trop symbolique et exigeant, plus conforme aux aspirations et habitudes des hommes en général, ceux qui adorent d’autres dieux.on va faire un culte comme les autres, un culte adapté aux hommes. Il est plus facile de croire en ce que l’on voit, aussi va t-on ressortir l’antique veau d’or. Pour faire bonne mesure on va même en faire deux. La faute de Jéréboam c’est donc d’avoir désobéi , d’avoir banalisé Dieu, de l’avoir « tiré vers le bas ».

Cette faute, n’est-elle pas celle de beaucoup d’hommes de notre époque qui prétendent adorer le même Dieu et qui passent leur vie à se faire une image de Lui « acceptable » par leur nature viciée ?

La faute de certains mais la tentation de tous, de vous, de moi…

C’est de cette faute, qu’il va falloir avertir Jéroboam. C’est le rôle du deuxième personnage que nous avons vu intervenir : l’homme de Dieu.

Nous continuons notre lecture. V 10 : 19

Or il y avait un vieux prophète qui demeurait à Béthel. Ses fils vinrent lui raconter toutes les choses que l’homme de Dieu avait faites à Béthel ce jour-là, et les paroles qu’il avait dites au roi. Lorsqu’ils en eurent fait le récit à leur père, il leur dit : Par quel chemin s’en est-il allé ? Ses fils avaient vu par quel chemin s’en était allé l’homme de Dieu qui était venu de Juda. Et il dit à ses fils : Sellez-moi l’âne. Ils lui sellèrent l’âne, et il monta dessus. Il alla après l’homme de Dieu, et il le trouva assis sous un térébinthe. Il lui dit : Es-tu l’homme de Dieu qui est venu de Juda ? Il répondit : Je le suis. Alors il lui dit : Viens avec moi à la maison, et tu prendras quelque nourriture. Mais il répondit : Je ne puis ni retourner avec toi, ni entrer chez toi. Je ne mangerai point de pain, je ne boirai point d’eau avec toi en ce lieu-ci ; car il m’a été dit, par la parole de l’Eternel: Tu n’y mangeras point de pain et tu n’y boiras point d’eau, et tu ne prendras pas à ton retour le chemin par lequel tu seras allé. Et il lui dit : Moi aussi, je suis prophète comme toi ; et un ange m’a parlé de la part de l’Eternel, et m’a dit : Ramène-le avec toi dans ta maison, et qu’il mange du pain et boive de l’eau. Il lui mentait. L’homme de Dieu retourna avec lui, et il mangea du pain et but de l’eau dans sa maison.

Un homme, un homme de Dieu est donc chargé d’avertir Jéroboam. Le faux culte est une dérive du vrai culte dont il singe en les affadissant les principes qui pourtant avaient été mis en place par Dieu.

Il est donc important de tracer une ligne précise entre le vrai et le faux culte, sinon les deux qui sont de fait très proches, auront tendance à se mélanger et il sera ensuite très difficile de faire la différence. Pour bien marquer cette différence, il faut donc éviter tout contact qui pourrait être interprété comme une caution. Ce serait le début de la compromission, le début du mélange.

Les ordres donnés à l’homme de Dieu sont très stricts : éviter tout contact, et même rester insaisissable, extérieur totalement à l’hérésie. Donc, une exigence très nette très précise qui va même jusqu’à la nécessité de ne pas repasser deux fois au même endroit : c’est la technique de ceux qui se sentent menacés dans un territoire ennemi.

Il faut absolument éviter ce qui pourrait être mal interprété. C’est une grande exigence. Cette exigence, d’autres ne l’ont pas eue. Un autre homme, qui à la base est aussi un homme de Dieu (cela est attesté par sa qualification : prophète) n’a pas été choisi pour porter le message. Malgré cela cet homme accepte et comprends le message et il veut à tout prix prendre le train en marche. Il n’en veut pas à celui qu’il pourrait considérer comme un usurpateur. Il a conscience d’avoir loupé quelque chose et il veut se rattraper en aidant ou en tentant d’aider celui qui n’a pas besoin d’aide. Il en vient même au mensonge pour tendre un piège à « l’honnête homme ».

Et l’homme de Dieu tombe dans le piège de ce soi disant ami si avenant : il désobéit à l’ordre précis qui lui a été donné.

Examinons maintenant la fin de l’histoire : V 20:32

Comme ils étaient assis à table, la parole de l’Eternel fut adressée au prophète qui l’avait ramené. Et il cria à l’homme de Dieu qui était venu de Juda : Ainsi parle l’Eternel : Parce que tu as été rebelle à l’ordre de l’Eternel, et que tu n’as pas observé le commandement que l’Eternel, ton Dieu, t’avait donné ; parce que tu es retourné, et que tu as mangé du pain et bu de l’eau dans le lieu dont il t’avait dit : Tu n’y mangeras point de pain et tu n’y boiras point d’eau, ton cadavre n’entrera pas dans le sépulcre de tes pères. Et quand le prophète qu’il avait ramené eut mangé du pain et qu’il eut bu de l’eau, il sella l’âne pour lui. L’homme de Dieu s’en alla : et il fut rencontré dans le chemin par un lion qui le tua. Son cadavre était étendu dans le chemin ; l’âne resta près de lui, et le lion se tint à côté du cadavre. Et voici, des gens qui passaient virent le cadavre étendu dans le chemin et le lion se tenant à côté du cadavre ; et ils en parlèrent à leur arrivée dans la ville où demeurait le vieux prophète. Lorsque le prophète qui avait ramené du chemin l’homme de Dieu l’eut appris, il dit : C’est l’homme de Dieu qui a été rebelle à l’ordre de l’Eternel, et l’Eternel l’a livré au lion, qui l’a déchiré et l’a fait mourir, selon la parole que l’Eternel lui avait dite. Puis, s’adressant à ses fils, il dit: Sellez-moi l’âne. Ils le sellèrent, et il partit. Il trouva le cadavre étendu dans le chemin, et l’âne et le lion qui se tenaient à côté du cadavre. Le lion n’avait pas dévoré le cadavre et n’avait pas déchiré l’âne. Le prophète releva le cadavre de l’homme de Dieu, le plaça sur l’âne, et le ramena ; et le vieux prophète rentra dans la ville pour le pleurer et pour l’enterrer. Il mit son cadavre dans le sépulcre, et l’on pleura sur lui, en disant : Hélas, mon frère ! Après l’avoir enterré, il dit à ses fils : Quand je serai mort, vous m’enterrerez dans le sépulcre où est enterré l’homme de Dieu, vous déposerez mes os à côté de ses os. Car elle s’accomplira, la parole qu’il a criée, de la part de l’Eternel, contre l’autel de Béthel et contre toutes les maisons des hauts lieux qui sont dans les villes de Samarie.” (1Ro 13:1-32 LSG)

Considérons successivement les trois principaux protagonistes :

Jéroboam, celui qui a été averti, n’a pas reçu l’avertissement, il aggravera même son cas en multipliant les hauts lieux. Pourtant Dieu accède à sa prière et il est guéri, sa main sèche redevient vivante. Le voilà tel qu’avant et parfaitement libre de continuer son idolâtrie.

Le prophète menteur,se retrouve lui avec ses remords et ses certitudes. Lui qui a menti, tendu un piège et qui a voulu à tout prix rattraper le bon wagon qu’il avait conscience d’avoir manqué, se retrouve tel qu’a son point de départ. Remarquons que même il récupère l’âne qu’il avait donné à l’homme de Dieu.

L’homme de Dieu, celui qui devait avertir sans se compromettre, celui qui dans cette histoire a été le plus fidèle (il a accompli 95% de la tache que Dieu lui avait assigné) lui il est mort, tué par le lion.

Terrible sanction pour une faute qui paraît bien vénielle.
Et avertissement sérieux pour nous. Nous qui sommes (nous allons le voir) aussi chargés d’un message d’avertissement. Nous ne devons pas nous compromettre avec ceux que nous devons avertir. C’est une exigence absolue, car le message que nous portons ne peut accepter les mélanges.

Il peut arriver que nous soyons chargés par Dieu d’un message d’avertissement pour un tel ou un tel, mais je n’ai rien à dire sur ce rôle particulier, qui peut être le votre mais que je ne connais pas.

Par contre, il y a un message d’avertissement dont nous sommes tous chargés et qui induit les mêmes responsabilités que celles de l’homme de Dieu :

Face à la banalisation de Dieu que beaucoup prônent, face au veau d’or qu’ont construit les hommes de notre époque, vous savez, ce bon Dieu permissif et universaliste, ce bon dieu qui aime à tout prix même l’innommable, Nous sommes chargés d’un message grave et sérieux qui ne supporte pas les compromissions :

  • Les hommes sont pêcheurs.

  • Ils sont condamnés devant Dieu comme l’était Jéroboam.

  • Ils doivent se repentir.

  • Ils doivent accepter Jésus-Christ, qui seul peut leur donner le pardon, qui seul les aime vraiment.

  • Ils doivent s’engager sur une nouvelle voie.

Ce message, c’est de toutes façons, le notre, nous devons le dispenser sans compromission, c’est à dire en restant étranger et voyageur sur la terre.

Nous n’avons rien à partager avec un monde de clinquant et de mensonge, nous devons rester à l’écart.

Il y a une tentation particulière à laquelle nous devons résister : c’est celle « d’échelonner » le message, de le diffuser partiellement pour le rendre plus facile à « digérer » par les autres.

Nous pouvons être tentés de parler d’abord de l’amour de Jésus, de ses compassions, de sa puissance, de sa gloire. En croyant que cela suffit et que nous parlerons du reste après.

Non. Le premier problème de l’homme, c’est le péché de l’homme. Dieu est amour certes, mais Dieu est saint et c’est cette sainteté qui en pure justice nous condamne. Il ne peut y avoir de compromis, de tergiversation sur ce point.

Si nous « mollissons » face au péché, comme l’homme de Dieu nous nous exposons à être sanctionnés. Sanctions qui ne menacent pas forcément les autres.

Prions et luttons pour éviter de tomber dans les pièges qui nous sont sans cesse tendus même par les plus bienveillants.

Pour conclure il nous faut répondre à une dernière question. Quelle est la singulière faiblesse qui a conduit l’homme de Dieu si fort et si intègre à se laisser prendre au piège ?

Tout homme porteur d’un message désire être entendu, reçu. Le roi n’a pas reçu le message, mais le prophète égaré l’a bien entendu et reçu. Il y adhère.

L’homme de Dieu est tenté, tenté par la notion de réussite, de « tableau de chasse ». Il veut aller plus loin que le simple message. Il veut se faire des amis des soutiens, il veut fortifier ses positions, engendrer artificiellement des retombées. Il veut se sentir moins seul.

Notre tentation c’est la même, nous ne voulons pas nous contenter d’avertir, nous voulons vivre la solution que nous proposons dans notre chair et dans nos tripes. Nous nous attachons à ce que nous croyons trouver de bon auprès ceux que nous avertissons en pensant que par là, nous ferons triompher la cause que nous défendons.

Attention ! C’est un piège.

Notre rôle c’est d’avertir. Ce qui importe c’est :

1- La qualité du message que nous délivrons

2- L’attitude sans compromission de celui qui avertit.

Sachons nous en tenir à cela.

1 Pierre 5v8 :

Soyez sobres, veillez. Votre adversaire le Diable, rode comme un lion rugissant cherchant qui il dévorera.

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