Quatre jours de la lumière.

Saint Jean de Valériscle le 23/10/2016

Quatre jours de la lumière.

Jean 1:

Un homme parut, envoyé par Dieu; il s’appelait Jean.

Il vint pour être un témoin de la lumière, afin que tous les hommes croient par lui.

Il n’était pas lui-même la lumière, mais sa mission était d’être le témoin de la lumière.

Celle-ci était la véritable lumière, celle qui, en venant dans le monde, éclaire tout être humain.

Jean parle de Jean… Jean l’apôtre, nous raconte Jean le Baptiste. Jean l’apôtre n’est que l’auteur de ces lignes qui nous occupent. Il ne peut pas y avoir de confusion.

Jean l’apôtre raconte, mais ce n’est pas de lui qu’il s’agit, il n’apparaît pas ; aujourd’hui pour nous Jean c’est Jean le baptiste, Jean le témoin, Jean le chat.

Il fait nuit, les ténèbres règnent, La lumière vient mais elle n’est pas encore là. Il fait nuit, mais quelqu’un y voit clair. Comme un chat dans l’obscurité il avance avec fermeté, il le sait, la lumière est là.

C’est une question de jours, de quatre jours. La lumière va briller, quelques uns, les premiers, vont la voir, la recevoir.

Ils sont cinq, cinq qui vont reconnaître la lumière pour ce qu’elle est. Un de ces cinq reste un parfait inconnu, les autre sont André, Simon, Philippe et Nathanaël…

Jean 1 : 19-51

Jour 1…

Voici le témoignage de Jean, lorsque les autorités juives lui envoyèrent de Jérusalem une délégation de prêtres et de lévites pour lui demander: «Qui es-tu?»

20 Il dit clairement la vérité, sans se dérober, et leur déclara ouvertement:

21 —Je ne suis pas le Messie.
—Mais alors, continuèrent-ils, qui es-tu donc? Es-tu Elie ?
—Je ne le suis pas.
—Es-tu le Prophète?
—Non.

22 —Mais enfin, insistèrent-ils, qui es-tu? Il faut bien que nous rapportions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même?

23 —Moi? répondit-il, je suis cette voix dont parle le prophète Esaïe, la voix de quelqu’un qui crie dans le désert: Préparez le chemin pour le Seigneur!

24 Les envoyés étaient du parti des pharisiens.

25 Ils continuèrent de l’interroger:
—Si tu n’es pas le Messie, ni Elie, ni le Prophète, pourquoi donc baptises-tu?

26 —Moi, leur répondit Jean, je vous baptise dans l’eau, mais au milieu de vous se trouve quelqu’un que vous ne connaissez pas.

27 Il vient après moi, mais je ne suis pas digne de dénouer la lanière de ses sandales.

28 Cela se passait à Béthanie, à l’est du Jourdain, là où Jean baptisait.

Il a fallu marcher un bon peu, et en plus il a fallu traverser à gué le seul fleuve de quelque importance dans cette région, mais en fin on ils y sont.

Béthanie. Ils ne savaient même pas qu’il y avait une autre Béthanie. Venant de Jérusalem ils connaissaient bien le petit village portant ce nom dans les environs de la capitale, mais la ils sont au bord du Jourdain, un peu plus au nord, mais surtout ils sont de l’autre coté, pas vraiment le même pays.

Ils sont en mission, une mission bizarre : on leur a signalé avec insistance, une nouvelle pratique, une pratique religieuse inconnue et qui semble très à la mode ces derniers temps, le Baptême cela s’appelle. Une immersion symbolique dans l’eau.

Eux qui sont dépositaires de la loi de Moïse, n’ont jamais entendu parler de cela dans le livre et donc ce baptême est extrêmement suspect. En tant que pharisiens, ils se doivent de veiller à la « pureté » des pratiques du peuple de Dieu, c’est en tous cas le rôle qu’ils se sont attribué.

Derrière tout cela il y a un homme suspect, certains disent un prophète, eux ils auraient plutôt tendance à y voir un déserteur. Cet homme est de droit un sacrificateur descendant d’Aaron. Il devrait, comme son père Zacharie l’a fait avant lui, assumer son service dans le Temple. Au lieu de cela il a fuit et vivant d’on ne sait quoi, il pratique ce nouveau rite et les foules accourent vers lui.

Il s’est peut être inspiré des obligations de sa charge, de ces ablutions que les sacrificateurs pratiquent dans la grande cuve à coté de l’autel avant d’officier et d’offrir des agneaux à Dieu. Certaines sectes se sont déjà emparées de ce rite à l’usage exclusif des sacrificateurs et l’ont répandu à leurs membres. Mais concernant Jean, c’est spécial ce serait encore plus spécial, cette purification serait à accomplir une seule fois elle aurait valeur d’engagement de vie.

C’est plus que suspect. On ne bidouille pas la loi de Dieu, on n’invente pas de nouveaux trucs. On en reste strictement à ce que Moïse a ordonné. Pour qui se prend-il ce Jean ?

Mais, il va falloir du tact, car la foule des ploucs, de ceux qui n’y connaissent rien, aime cet homme qui proclame des vérités fortes serties dans une intégrité absolue. Jean jouit d’une réputation sans faille. Pour y toucher, il va falloir être sur de son coup.

Ça se complique ! Derrière Jean il y aurait donc un autre homme, un autre prophète. Un plus grand, un qui porterait le titre de « Seigneur ». Attendre et voir… Demain peut-être…

Jour 2…

29 Le lendemain, Jean aperçut Jésus qui se dirigeait vers lui; alors il s’écria:
—Voici l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde.

30 C’est de lui que je vous ai parlé lorsque je disais: «Un homme vient après moi, il m’a précédé, car il existait avant moi.»

31 Moi non plus, je ne savais pas que c’était lui, mais si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour le faire connaître au peuple d’Israël.

32 Jean-Baptiste rendit ce témoignage:
—J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et se poser sur lui.

33 Je ne savais pas que c’était lui, mais Dieu, qui m’a envoyé baptiser dans l’eau, m’avait dit: Tu verras l’Esprit descendre et se poser sur un homme; c’est lui qui baptisera dans le Saint-Esprit.

34 Or, cela, je l’ai vu de mes yeux, et je l’atteste solennellement: cet homme est le Fils de Dieu.

Rien.

Toujours rien, cela fait plus d’un mois, quarante jours peut-être, que je l’ai baptisé et il a disparu. Il va revenir, forcément il va revenir, mais en attendant il faut continuer, baptiser, baptiser encore, se défendre des pharisiens qui se font de plus en plus agressifs…

Mon travail, mon ministère ne peut pas s’établir dans la routine, il n’est que provisoire, il faut que Lui prenne la relève. Maintenant qu’il est là, maintenant que je l’ai vu et reconnu, maintenant que l’évidence de la plénitude de l’Esprit de Dieu en lui a été posée, c’est à Lui de prendre la suite et de faire éclater sa gloire.

Avant c’était plus simple, j’attendais et je devais être sur le qui vive mais simplement attentif à ma foi, attentif à la lumière. Depuis quarante jours, c’est plus compliqué, je ne l’attend plus, il est là. Il s’est fait reconnaître, il n’est plus en route, il est arrivé, Dieu nous l’a montré, Dieu a parlé. Quarante jours c’est long quand c’est le temps de l’impatience. Qu’il est dur d’attendre dans le calme et la confiance ! J’ai vu, je sais, mais ce n’est pas à moi dire, ce n’est pas à moi de faire. Tout le reste Lui appartient maintenant. Tout ce que je pourrais accomplir ne serait que gesticulation.

Pourquoi ? Pourquoi attendre encore ? L’Esprit comme une colombe est descendu sur Lui. Tout est prêt.

Ah oui ! Le voila, c’est bien Lui, Il approche.

Il est de retour, Il a maigri : c’est qu’il n’y a pas grand-chose à manger dans le désert dont il revient ! Même les sauterelles et le miel sauvage ne doivent pas y être très courants.

Il a maigri, mais il semble bien aller.

Bienvenue ! Bienvenue Fils de Dieu !

Jour 3…

35 Le lendemain, Jean était de nouveau là, avec deux de ses disciples.

36 Il vit Jésus qui passait, et il dit:
—Voici l’Agneau de Dieu!

37 Les deux disciples entendirent les paroles de Jean et se mirent à suivre Jésus.

38 Celui-ci se retourna, vit qu’ils le suivaient et leur demanda:
—Que désirez-vous?
—Rabbi — c’est-à-dire Maître —, lui dirent-ils, où habites-tu?

39 —Venez, leur répondit-il, et vous le verrez. Ils l’accompagnèrent donc et virent où il habitait. Il était environ quatre heures de l’après-midi. Ils passèrent le reste de la journée avec lui.

40 André, le frère de Simon Pierre, était l’un de ces deux hommes qui, sur la déclaration de Jean, s’étaient mis à suivre Jésus.

41 Il alla tout d’abord voir son frère Simon et lui dit:
—Nous avons trouvé le Messie — ce qui veut dire le Christ.

42 Et il le conduisit auprès de Jésus. Jésus le regarda attentivement et lui dit:
—Tu es Simon, fils de Jonas. Eh bien, on t’appellera Céphas — ce qui veut dire Pierre.

Nous l’avons accompagné et Il nous a montré son « coin ». Cet abri que comme chacun de nous Il s’est aménagé et où Il a passé la nuit… Il est habile, on voit qu’il connaît, il est fils de charpentier nous a t-il dit.

Mais en fait ce n’était pas cela l’important. Ce qui était important c’était d’être avec Lui, de l’écouter. Ce qui était important, c’était la chaleur comme un feu dans nos cœurs et la douce lumière rayonnant dans notre âme.

Oui, c’est vrai, nous avons planté Jean, nous l’avons laissé. Mais c’est quand même lui qui nous a poussé à le faire. «  Voici l’agneau de Dieu… » a t-il dit. Nous on voulait savoir, connaître alors on est allé vers Lui. Il nous a accueilli, il nous a regardé et j’ai senti, compris que son regard allait profond, très profond en moi, il m’a vu tel que je suis. Tel que je suis vraiment : ce n’est pas si terrible mais ce n’est pas bien terrible non plus. J’aurais du me sentir mal à l’aise, mais non. Je ne me suis pas senti soupesé et jugé, juste connu et aimé. Bien.

André est allé chercher son frère Simon. Lui aussi a été absorbé par la force derrière cet homme qui se permet tout, même de changer le nom des gens.

Les deux frères sont partis avec Lui. Moi, je ne sais pas, je ne sais pas ce que je vais faire. Ce n’est pas que j’hésite, mais il y a cette façon de Jean de parler de Lui : « l’agneau de Dieu »… Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? Il y a bien la vieille fable d’Ésope, la fable du loup et de l’agneau, mais si il y a une chose sure c’est que ce n’est pas de cela dont il s’agit.

Un agneau, dans le bouche de Jean, cela ne peut évoquer que cet animal que l’on offre en sacrifice à Dieu, en sacrifice de culpabilité. Hier Jean disait « Fils de Dieu » aujourd’hui c’est « Agneau de Dieu ». J’avoue que je n’y vois pas bien clair.

C’est compliqué et cela va trop vite. Il va me falloir du temps pour digérer tout ça. Mais je ne lâcherai pas et puis demain il fera jour.

Jour 4…

43 Le lendemain, Jésus décida de retourner en Galilée. Il rencontra Philippe et lui dit:
—Suis-moi!

44 Philippe était originaire de Bethsaïda, la ville d’André et de Pierre.

45 Philippe, à son tour, alla voir Nathanaël et lui dit:
—Nous avons trouvé celui dont Moïse a parlé dans la Loi et que les prophètes ont annoncé: c’est Jésus, le fils de Joseph, de la ville de Nazareth.

46 —De Nazareth? répondit Nathanaël. Que peut-il venir de bon de Nazareth?
—Viens et vois toi-même! répondit Philippe.

47 Jésus vit Nathanaël s’avancer vers lui. Alors il dit:
—Voilà un véritable Israélite, un homme d’une parfaite droiture.

48 —D’où me connais-tu? lui demanda Nathanaël.
—Avant même que Philippe t’appelle, lui répondit Jésus, lorsque tu étais sous le figuier, je t’ai vu.

49 —Maître, s’écria Nathanaël, tu es le Fils de Dieu, tu es le Roi d’Israël!

50 —Tu crois, lui répondit Jésus, parce que je t’ai dit que je t’ai vu sous le figuier ? Tu verras de bien plus grandes choses encore.

51 Et il ajouta:
—Oui, je vous l’assure, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre entre ciel et terre par l’intermédiaire du Fils de l’homme.

Moi, j’ai deux noms. Mais ce n’est pas comme Simon Pierre, Jésus n’y est pour rien. Mon vrai nom c’est Nathanaël, mais les gens m’appellent Barthélemy, ce qui signifie « fils de Tholomei » et oui, Tholomei est mon père…

Vous faites comme vous voulez, ce n’est pas grave.

Ce qui est important, c’est cette rencontre. Philippe mon pote est venu me chercher et je L’ai vu. Je n’étais pas vraiment enthousiaste, je n’y croyais pas. Moi je ne crois qu’à la Parole de Dieu, et je suis méfiant car je sais que les occasion de chute sont nombreuses. Je me méfie de l’enthousiasme et j’aime bien réfléchir avant d’agir, soupeser, évaluer, prier.

Mais quand je L’ai vu… Enfin c’est plutôt Lui qui m’a vu.

Jean disait de lui « le Fils de Dieu » . Pourquoi, oui pourquoi est-ce que j’ai rajouté « Roi d’Israël » ? Suis-je prophète maintenant ?

Ce que je suis vraiment, je ne le sais pas exactement. Il a commencé à me le dire, et cela me trouble profondément car Il semble tout savoir de moi.

Je veux le suivre, je vais le suivre et je saurai et je verrai. La promesse est fascinante : Voir le ciel ouvert, voir les anges qui montent et qui descendent, voir ce qu’a vu notre ancêtre Jacob dans sa vision d’une nuit. Voir cela pour de vrai et à toujours. Mais surtout le voir Lui dans sa gloire, Lui le Roi.

Demain avec Jésus, nous partons Pierre, André, Philippe et moi. Nous allons à Cana il y a des noces je crois.

Au revoir Jean.

J’ai lu ce premier chapitre de l’Évangile de Jean lundi. Il ma sauté à l’âme, je me serais voulu cinéaste tellement la vraie vie des hommes en déborde. Il y a d’abord ce lieu spécial aux confins de la civilisation et du désert. Et, au milieu coule une rivière.

Dans cet endroit décalé, indéfini, des hommes vont et viennent. Ils n’ont pas de raison objective ou pratique d’être là. Ils sont venus car ils se cherchent. Ils cherchent la vérité, leur vérité.

Quelques mots suffisent.

La vérité est là, la vérité c’est cet homme qui est venu vers eux et les a appelé tous autant qu’ils sont, connus ou inconnus.

Le film que je voulais faire, je le voyais dans ma tête, mais je ne suis pas cinéaste et ce film ne sera pas. Pour faire un film il faut être maître de la lumière et cela je ne sais pas, je ne peux pas.

Quatre jours… Quatre fois le soleil s’est levé sur des hommes emmitouflés dans de vagues couvertures. Quatre fois ils se sont réveillés, éparpillés aux creux des rochers. Mais il y avait bien plus que les rayons du soleil réchauffant leurs corps transis.

Jean 1:10-13

10 Celui qui est la Parole était déjà dans le monde, puisque le monde a été créé par lui, et pourtant, le monde ne l’a pas reconnu.

11 Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli.

12 Certains pourtant l’ont accueilli; ils ont cru en lui. A tous ceux-là, il a accordé le privilège de devenir enfants de Dieu.

13 Ce n’est pas par une naissance naturelle, ni sous l’impulsion d’un désir, ou encore par la volonté d’un homme, qu’ils le sont devenus;

mais c’est de Dieu qu’ils sont nés.

AMEN !

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