Quatre vingt dix / Nonante…

Saint-Jean le 17 Décembre 2017

Quatre vingt-dix / Nonante

2 Corinthiens 3:1-18

1 En parlant ainsi, commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes, ou avons-nous besoin, comme certains, de vous présenter des lettres de recommandation ou de vous en demander? 2 Notre lettre c’est vous-mêmes, une lettre écrite dans notre cœur, que tout le monde peut connaître et lire. 3 Il est évident que vous êtes une lettre que Christ a confiée à notre ministère et qu’il nous a fait écrire, non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tablettes de pierre, mais sur des tablettes de chair: sur votre cœur.

4 Telle est l’assurance que nous avons par Christ, devant Dieu. 5 Cela ne veut pas dire que nous puissions nous considérer par nous-mêmes à la hauteur d’une telle tâche; au contraire, notre capacité vient de Dieu. 6 C’est lui qui nous a rendus capables d’être les serviteurs d’une nouvelle alliance qui ne dépend pas de la Loi, avec ses commandements écrits, mais de l’Esprit. Car la Loi, avec ses commandements écrits, inflige la mort. L’Esprit, lui, communique la vie.

7 Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort. Cependant, ce ministère a été glorieux, au point que les Israélites n’ont pas pu regarder Moïse en face, à cause de la gloire, pourtant passagère, dont rayonnait son visage. 8 Mais alors, le ministère au service de l’Esprit ne sera-t-il pas bien plus glorieux encore?

9 En effet, si le ministère qui a entraîné la condamnation des hommes a été glorieux, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu! 10 On peut même dire que cette gloire du passé perd tout son éclat quand on la compare à la gloire présente qui lui est bien supérieure. 11 Car si ce qui est passager a été touché par la gloire, combien plus grande sera la gloire de ce qui demeure éternellement!

12 Cette espérance nous remplit d’assurance. 13 Nous ne faisons pas comme Moïse qui «couvrait son visage d’un voile» pour empêcher les Israélites de voir la réalité vers laquelle tendait ce qui était passager.

14 Mais leur esprit est devenu incapable de comprendre: aujourd’hui encore, lorsqu’ils lisent le Livre de l’Ancienne Alliance, ce même voile demeure; il ne leur est pas ôté, car c’est dans l’union avec Christ qu’il est levé.

15 Aussi, jusqu’à ce jour, toutes les fois que les Israélites lisent les écrits de Moïse, un voile leur couvre l’esprit. 16 Mais, comme le dit l’Ecriture: Lorsque Moïse se tournait vers le Seigneur, il ôtait le voile. 17 Le Seigneur dont parle le texte, c’est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là règne la liberté.

18 Et nous tous qui, le visage découvert, contemplons, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en son image dans une gloire dont l’éclat ne cesse de grandir. C’est là l’œuvre du Seigneur, c’est-à-dire de l’Esprit.

Jusqu’ici la Parole de Dieu

Dites moi… franchement…

Il n’y a pas des jours ou vous en avez marre ?…

Des Jours ou c’est dur ?…

Des jours ou vous trouvez qu’Il exagère ?…

C’est parfois lourd, très lourd, très difficile, très contraignant… d’obéir à Dieu !

Il y a cette loi, ces « commandements » qui amènent à tant de renoncements, tant de sacrifices, … Et puis il y a même quelque chose de pire, quelque chose d’encore plus frustrant. Il y a toutes ces fois ou l’on voudrait obéir à Dieu, ou l’on voudrait être à la hauteur de sa volonté. On voudrait obéir, mais voila, on craque, on lâche, on chute.

Ce n’était pourtant pas plus difficile, pas plus compliqué, mais cette fois-ci on y est pas arrivé, on a été faible et on a désobéi.

Après on se cherche des excuses : J’ai eu tort … Mais j’étais fatigué… Mais cette tentation ce n’est pas normal… Mais après tout ce n’est pas si grave, il n’y a rien de cassé…

Si, il y a quelque chose de cassé. Quelque chose de cassé en moi, quelque chose que je ne sais pas réparer.

La mort est passée par là…

Elle a fait des dégâts : Nos tares et nos vices ne se laissent pas oublier facilement.

N’est-ce pas que c’est dur d’obéir à Dieu ? Et que c’est encore plus dur quand on obéit pas, quand on obéit plus ?

N’y aurait-il pas une erreur quelque part ?

SI vous en êtes là, si c’est cela qui vous tourmente aujourd’hui, Paul vous dit ce matin de la part de Dieu, dans cette lettre aux Corinthiens écrite il y a si longtemps mais qui reste actuelle et vivante aujourd’hui. Paul vous dit que oui, il y a une erreur.

La foi en Dieu, la foi en Jésus-Christ, ce n’est pas cela.

Croire en Lui, Le suivre, être son disciple, son enfant ce n’est pas une longue suite de renoncements et de chutes qui tous nous tuent un peu.

Croire en Jésus-Christ c’est la liberté et l’espérance… Facile à dire, mais comment vivre cela ? Comment le vivre ailleurs qu’au culte ? Ailleurs que dans le temps béni de nos rencontres ? Ailleurs que dans ces quelques moments illuminés par la grâce que nous vivons de temps à autre dans la solitude de nos cœurs mais dans la plénitude de sa présence ?

Comment peut-on croire en la liberté quand les contraintes de la vie nous harcèlent et que Dieu semble en rajouter ? Comment vivre dns l’espérance quand dans l’ombre de la sombre vallée du jour d’aujourd’hui ne se profile que la sombre vallée du jour de demain ?

Ah !… Vivre la liberté, vivre l’espérance… Comme promis !

Laissez moi vous raconter une parabole, ou plutôt à cause des invraisemblances, une fable.

Imaginez, oui, imaginez qu’au mois de mai 2017, ce ne soit pas un certain Emmanuel… Macron qui ait été élu président de la République Française. Mais que contre toute attente, ce soit un certain Jésus-Christ qui ait été porté à la magistrature suprême.

Imaginez !

Le nouveau venu n’est ps né de la dernière pluie, il a de l’expérience et du talent, il décide de prendre les problèmes du pays à bras le corps. Il y en a de nombreux et de variés.

Mais il faut absolument améliorer la sécurité routière. Les automobiles font trop de morts il faut réagir. Le scandale de la mort par imprudence motorisée doit cesser.

Que faire ?

Les prédécesseurs ont tenté beaucoup, et plus ou moins réussi.Leur œuvre peut se résumer à trois commandements :

50 en ville

90 sur route

130 sur autoroute

On pense généralement que ces trois commandements pourraient être suffisants si ils étaient respectés, scrupuleusement respectés. Mais voilà, il y a les récalcitrants qui refusent toute autorité, et qui parce que c’est interdit croient donc qu’il est obligatoire d’aller vite. Il y a ceux qui oublient et qui ne « réalisent pas » qu’ils sont déjà à 180. Il y a ceux qui discutent : « je suis seul ou presque sur la route, si je veux mourir cela ne regarde que moi ». Il y en a bien quelques uns qui respectent la limitation, mais que peuvent-ils faire quand deux tonnes de ferraille lancées à 150km/h insistent pour traverser leur pare-brise ?

La limitation ne suffit pas, le commandement ne suffit pas, il faut radars et gendarmes. Radars partout ou presque et un ou plusieurs gendarmes derrière chaque radar…

La peur du gendarme est le commencement de la sagesse.

Mais l’homme est une créature récalcitrante et la sagesse ne l’habite pas spontanément. Même au risque de décevoir la maréchaussée, je peux affirmer que la peur du gendarme ne suffit pas. Ou plutôt, elle ne dure pas. On s’habitue vite à leur présence, on finit par savoir les éviter, les contourner.

Que va bien pouvoir faire le nouveau président pour que le scandale cesse ? Réduire de 90 à 80 comme certains le proposent ? Ou même allons au bout : Diviser les vitesses limites par deux ? Doubler le nombre des radars et des gendarmes ?

Une autre voie semble possible. Le nouveau résident s’y engage résolument.

Bien sûr, la loi, le commandement ce n’est pas si mauvais. Ce n’est pas si mauvais, mais comme cela doit être évident, facile à comprendre et à retenir, il ne peut pas y avoir de nuances.

90 que la route soit large ou étroite.

90 que la route soit droite ou tordue.

90… 90 c’est l’arbitraire, le nivellement par le bas… 90.

Le nouveau président, réfléchit, explique, fait passer le message. Il utilise tous les moyens de la communication.

Conduire est un acte responsable, il ne peut pas y avoir de routine, de laisser aller. A partir du moment ou il y a mouvement, il y a danger. Bien Sûr vous avez vos préoccupations mais quand vous conduisez vous ne devez faire que ça. Votre voiture marche bien mais on est jamais à l’abri d’un incident. Que se passerait-il si cet arbre décidait de traverser inopinément la route ? La vitesse est un plaisir et semble parfois une nécessité, mais elle est surtout et toujours une condamnation à mort en instance d’exécution…

Petit à petit cette conscience du danger habite les uns et les autres. Tous finissent par penser la même chose, la conscience devient universelle, tout le monde le sait, tout le monde le croit, tout le monde le …vit !

La vitesse tue, mais avec le temps et la conscience de tous, le problème se trouve résolu. Parce que la conscience du danger est devenue universelle, la limitation n’a plus de sens. Elle est devenue inutile : tous roulent sagement.

Pas la peine de leur dire « Attention limite !», la limite ils l’ont en eux mais plus comme une limite à leur élan, à leur envie. Plus comme une borne au coin de leur liberté. Ce qu’ils ont en eux, c’est un maximum tolérable. Quelque chose qu’ils ne peuvent plus non parce qu’ils n’en ont pas envie mais parce qu’ils ne l’imaginent pas. L’excès n’est plus conçu, il ne peut plus exister…

Les panneaux rouillent tout doucement au bord des routes sans que jamais aucun capot ne vienne les emboutir.

Naïf et illusoire ?

Non. Solution vraie, solution unique, solution de Jésus-Christ pour tout les problèmes, toutes les questions, toutes les contradictions de la vie des hommes.

La loi même si elle est sage, même si elle porte en elle le germe de la solution, la loi n’a jamais rien résolu, jamais.

Il y a donc la nouvelle alliance, la nouvelle présidence. Avec un principe nouveau : ce qui compte et qui doit dominer, c’est de penser correctement, de penser droit, de penser de telle façon que notre pensée soit conforme à la vie, la vie en Dieu. Parce que de toutes façons, il n’y a pas de vie ailleurs.

Mais il ne suffit pas de penser droit, encore faut-il penser toujours, encore faut-il être vigilant.

Penser droit, penser toujours la justice, penser selon Dieu, selon Jésus-Christ, comment cela se peut-il ?

Nous le savons bien, naturellement nos pensées ne sont pas les pensées de Dieu, nos pensées sont influençables, nos pensées dévient souvent et nos gestes suivent.

La nouvelle alliance qu’évoque Paul nous fait bénéficier d’un miracle extraordinaire, d’un don fantastique : le Saint-Esprit, le Saint-Esprit en nous. Le Saint-Esprit est une puissance de Dieu et à ce titre peut avoir des effets surprenants, voire bizarres. Mais surtout le Saint-Esprit, c’est la pensée de Dieu en nous. L’assurance que nos pensées pour gérer nos vies sont enfin correctes.

La loi n’a plus de sens, la loi n’existe plus, pourquoi interdire ce qui n’est pas pensé, pas imaginé, qui ne peut donc pas être voulu ? Nous pouvons faire tout ce que nous voulons puisque nous ne voulons que ce qui est bien.

La liberté.

La liberté enfin, la seule liberté possible : la liberté dans l’absolue justice.

Pourquoi interdire le mensonge si il ne vient pas à l’idée que l’on puisse dire autre chose que la vérité ?

Pourquoi interdire le vol si il ne me vient pas à l’idée de disposer de quelque chose qui ne m’appartient pas ?

On pourrait ainsi passer en revue les dix commandements et tous les autres de la Bible.

Le Saint-Esprit en nous, c’est la solution, c’est la liberté, c’est la justice et à ce titre ce n’est pas discutable.

Oui mais…

Oui mais, cela c’est la théorie, une théorie belle et séduisante, mais une théorie. En pratique le Saint-Esprit est bien en nous, mais nous savons le recouvrir de tout un fatras de foutaises issues de notre imagination et d’influences diverses.

Notre jardin secret reste le jardin du bien et du mal et dans la nuit nous ne savons plus trop distinguer l’illusion de l’espérance. Nous avons besoin de nous recentrer en permanence sur la Vérité, sur le Saint-Esprit.

C’est ici que les mornes panneaux au bord des routes reprennent tout leur intérêt : Il y a juste écrit deux chiffres, il y a juste écrit 90 mais derrière, il y a aussi écrite toute une histoire. Je lis ces deux chiffres et toute une conscience est alors renouvelée en moi.

Il y a écrit 90, mais maintenant je lis, je re-lis, je ré-apprend et je re-sais en un instant :

La route est dangereuse

la vitesse me tue

la prudence et la mesure sont plus que jamais nécessaires…

Il y a donc dans la Bible, dans la Parole de Dieu, encore et toujours écrite la loi. La nouvelle alliance est entrée en vigueur, le Saint-Esprit habite en nous, et peut tout diriger en nous, et même la sainteté au sens Méthodiste du terme semble accessible.

Mais la loi avec son cortège de commandements, de limites, demeure.

Elle reste non comme un vestige du passé, non comme un monument historique, mais comme l’assurance d’un avenir sans erreur, sans illusion.

Dans le trouble, dans la tempête, dans le capharnaüm de nos sentiments et de nos intentions, les panneaux de limitation de la loi restent les témoins de la vraie volonté de Dieu et nous préserve de celle que nous serions tentés d’imaginer en étouffant en nous l’Esprit (comme nous savons si bien le faire).

Ces panneaux qui au départ n’étaient que des limites deviennent des indicateurs : la volonté de Dieu c’est par la… Ces panneaux nous sont précieux, ils balisent une route triomphale.

Il reste…

Il reste que il y a des jours ou on en a marre, ou c’est lourd d’obéir à Dieu. Et il y a des jours encore plus durs, car on n’a pas obéi à Dieu.

Si je pense cela, si je ressens cela, si je vis cela, c’est que d’évidence, je suis loin de Dieu. Loin de sa pensée, loin de son Esprit.

Mes efforts d’obéissance quoique nécessaires seront toujours insuffisants, mes pensées ne sont plus ses pensées et lajustice est loin de moi.

La mort s’est rapprochée, elle me frôle.

Éloigner le spectre hideux, se rapprocher de Dieu, de Jésus-Christ, retrouver la communion, les pensées justes, la vraie route. D’abord et avant tout, consoler, réveiller, retrouver le Saint-Esprit en moi.

Le panneau rond d’interdiction, le panneau signe de frustration devient un panneau d’indication : tu es bientôt arrivé, le bonheur est déjà là, la vie est là, la justice est accomplie.

Alors nous pouvons rire, chanter danser :

Oh Dieu ta loi est sainte

et ton commandement

Saint, juste et bon

Amen !

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