Qui paie les erreurs des rois ?

Saint-Jean le 14 juillet 2019

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Qui paie les erreurs des rois ?

1 Chroniques 21 (NEG)

1 Satan se leva contre Israël, et il excita David à faire le dénombrement d’Israël. 2 Et David dit à Joab et aux chefs du peuple: Allez, faites le dénombrement d’Israël, depuis Beer-Schéba jusqu’à Dan, et rapportez-le-moi, afin que je sache à combien il s’élève. 3 Joab répondit: Que l’Eternel rende son peuple cent fois plus nombreux! O roi mon seigneur, ne sont-ils pas tous serviteurs de mon seigneur? Mais pourquoi mon seigneur demande-t-il cela? Pourquoi faire ainsi pécher Israël? 4 Le roi persista dans l’ordre qu’il donnait à Joab. Et Joab partit, et parcourut tout Israël; puis il revint à Jérusalem. 5 Joab remit à David le rôle du dénombrement du peuple: il y avait dans tout Israël un million cent mille hommes tirant l’épée, et en Juda quatre cent soixante-dix mille hommes tirant l’épée. 6 Il ne fit point parmi eux le dénombrement de Lévi et de Benjamin, car l’ordre du roi lui paraissait une abomination.

7 Cet ordre déplut à Dieu, qui frappa Israël. 8 Et David dit à Dieu: J’ai commis un grand péché en faisant cela! Maintenant, daigne pardonner l’iniquité de ton serviteur, car j’ai complètement agi en insensé!

9 L’Eternel adressa ainsi la parole à Gad, le voyant de David: 10 Va dire à David: Ainsi parle l’Eternel: Je te propose trois fléaux; choisis-en un, et je t’en frapperai. 11 Gad alla vers David, et lui dit: Ainsi parle l’Eternel: 12 Accepte, ou trois années de famine, ou trois mois pendant lesquels tu seras détruit par tes adversaires et atteint par l’épée de tes ennemis, ou trois jours pendant lesquels l’épée de l’Eternel et la peste seront dans le pays et l’ange de l’Eternel portera la destruction dans tout le territoire d’Israël. Vois maintenant ce que je dois répondre à celui qui m’envoie. 13 David répondit à Gad: Je suis dans une grande angoisse! Oh! que je tombe entre les mains de l’Eternel, car ses compassions sont immenses; mais que je ne tombe pas entre les mains des hommes!

14 L’Eternel envoya la peste en Israël, et il tomba soixante-dix mille hommes d’Israël. 15 Dieu envoya un ange à Jérusalem pour la détruire; et comme il la détruisait, l’Eternel regarda et se repentit de ce mal, et il dit à l’ange qui détruisait: Assez! Retire maintenant ta main. L’ange de l’Eternel se tenait près de l’aire d’Ornan, le Jébusien. 16 David leva les yeux, et vit l’ange de l’Eternel se tenant entre la terre et le ciel et ayant à la main son épée nue tournée contre Jérusalem. Alors David et les anciens, couverts de sacs, tombèrent sur leur visage. 17 Et David dit à Dieu: N’est-ce pas moi qui ai ordonné le dénombrement du peuple? C’est moi qui ai péché et qui ai fait le mal; mais ces brebis, qu’ont-elles fait? Eternel, mon Dieu, que ta main soit donc sur moi et sur la maison de mon père, et qu’elle ne fasse point une plaie parmi ton peuple!

18 L’ange de l’Eternel dit à Gad de parler à David, afin qu’il monte pour élever un autel à l’Eternel dans l’aire d’Ornan, le Jébusien. 19 David monta, selon la parole que Gad avait prononcée au nom de l’Eternel. 20 Ornan se retourna et vit l’ange, et ses quatre fils se cachèrent avec lui: il foulait alors du froment. 21 Lorsque David arriva auprès d’Ornan, Ornan regarda, et il aperçut David; puis il sortit de l’aire, et se prosterna devant David, le visage contre terre. 22 David dit à Ornan: Cède-moi l’emplacement de l’aire pour que j’y bâtisse un autel à l’Eternel; cède-le-moi contre sa valeur en argent, afin que la plaie se retire de dessus le peuple. 23 Ornan répondit à David: Prends-le, et que mon seigneur le roi fasse ce qui lui semblera bon; vois, je donne les bœufs pour l’holocauste, les chars pour le bois, et le froment pour l’offrande, je donne tout cela. 24 Mais le roi David dit à Ornan: Non! je veux l’acheter contre sa valeur en argent, car je ne présenterai point à l’Eternel ce qui est à toi, et je n’offrirai point un holocauste qui ne me coûte rien. 25 Et David donna à Ornan six cents sicles d’or pour l’emplacement. 26 David bâtit là un autel à l’Eternel, et il offrit des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces. Il invoqua l’Eternel, et l’Eternel lui répondit par le feu, qui descendit du ciel sur l’autel de l’holocauste.

27 Alors l’Eternel parla à l’ange, qui remit son épée dans le fourreau.

28 A cette époque-là, David, voyant que l’Eternel l’avait exaucé dans l’aire d’Ornan, le Jébusien, y offrait des sacrifices. 29 Mais le tabernacle de l’Eternel, construit par Moïse au désert, et l’autel des holocaustes, étaient alors sur le haut lieu de Gabaon. 30 David ne pouvait pas aller devant cet autel pour chercher Dieu, parce que l’épée de l’ange de l’Eternel lui avait causé de l’épouvante.

Qui paie les erreurs des rois ?

Qui souffre des décisions des grands ?

Pharaon mettant à mort les enfants mâles d’Israël, Hérode faisant massacrer les enfants de la région de Bethléem… Deux exemples de la Bible mais, si nous nous improvisions historiens, elle serait longue la liste de ces hommes de pouvoir ayant conduit des peuples à la catastrophe et au massacre. La liste serait longue et elle contiendrait le roi David. A son sujet nous sommes même étonnés et un peu inquiets de la mansuétude divine à son égard.

La Bible nous raconte deux manquements graves de David. Le premier, c’est quand il voit Bath Schéba et la trouve à son goût. Il la prend à son mari, Dieu se met en colère et punit. Bilan : deux morts. Le mari « assassiné » par David et le bébé issu de cette sordide histoire. Qu’est-ce qu’il y pouvait le bébé?Quelle était sa responsabilité ? Et pourtant, c’est lui qui meurt. La vie du pécheur David continuera…

Elle continuera jusqu’à ce jour funeste ou il décidera de dénombrer le peuple. Autre péché d’un roi, dont la vie continuera même après les soixante dix mille morts de la peste.

Quand David est puni, c’est un petit bébé qui meurt ou c’est le peuple qui est amputé de soixante dix mille de ses membres. David, le responsable, mourra lui dans son lit « âgé et rassasié de jours » nous dit la Parole.

Face à ce que nous percevons comme une injustice, nous oscillons entre la révolte et le dégoût, en tous cas nous sommes troublés.

Nous ne pouvons pas en rester là, car après tout c’est de Dieu qu’il s’agit et donc de nos relations avec lui. Rien ne doit les troubler, nous devons donc comprendre pour pouvoir accepter. Il est donc nécessaire de réfléchir.

Il me semble que deux questions se posent. En quoi le geste de David de dénombrer le peuple était-il un péché ? En quoi est-ce un péché grave, c’est à dire qui doit entraîner des conséquences tragiques ?

Pourquoi fallait-il que soixante dix mille hommes qui n’y pouvait rien meurent ? Il nous faut répondre à ces questions, parce que même si nous ne sommes pas David, même si nous ne sommes pas des puissants, nous sommes chacun pour notre part rois et reines. Rois et reines de royaumes minuscules voire microscopiques et dans ces royaumes aussi le péché est à l’œuvre et le péché est injuste.

Examiner au travers les faits et gestes de David, c’est un peu regarder notre propre vie avec une loupe.

Dans la vie de David, tout est plus grand que chez nous, il est plus grand, plus beau, plus fort, plus riche, plus intelligent, mais au fond tout est pareil. Simplement quand nous le regardons, nous voyons mieux, plus nettement. Et ce que nous aurons appris de lui aujourd’hui, sera demain applicable directement dans notre royaume à nous.

Première question donc : Comment se fait-il que recenser le peuple soit pour David un péché ? Dès que nous avons posé cette question, nous sommes envahis par un sentiment de culpabilité. C’est un péchéde recenser le peuple, un grand péché, une abomination, et nous ne comprenons pas en quoi c’est un péché de la part de David. C’est inquiétant.

SI nous ne comprenons pas où est la péché de David alors qu’il bous est présenté comme évident, c’est que nous ne sommes pas au clair, pas au clair du tout avec la notions de péché.

C’est inquiétant et même c’est humiliant. Même ce balourd de Joab, cette brute qui n’en est pas à un crime près a vu le péché et ce péché là lui fait horreur au point qu’il va désobéir au roi. Recenser le peuple est un péché, un péché affreux et nous ne comprenons pas en quoi ce geste est grave.

Nous pouvons bien admettre que puisque la Bible le dit c’est un péché, mais de la à déclencher tout le grand tralala divin, plaie de l’Eternel et ange de l’Eternel associés pour un massacre historique… Mais enfin qu’y a t-il de si grave ?

Inquiétant et humiliant, notre incompréhension nous inquiète et nous humilie. Se pourrait-il, et c’est juste une supposition, une insinuation, se pourrait-il qu’il y ait dans nos vies des péchés, des péchés affreux dont nous n’aurions même pas réalisé qu’ils sont des péchés ?

Non… Sûrement pas… Mais enfin pensez-y quand même.

Enfin, puisque vous y êtes, humiliez vous devant Dieu, devant votre Dieu.

Vous bronchez chaque jour, vous péchez chaque jour et en plus vous ne savez même pas reconnaître le péché. Vous voudriez arriver au niveau de David et vous n’êtes même pas à celui de Joab le meurtrier sanguinaire. Humiliez vous.

En quoi le dénombrement du peuple est-il un péché ?

Après tout des dénombrements il y en a déjà eu, deux ont été ordonnés à Dieu par Moïse et Aaron s’en est chargé. Un à l’entrée du désert et un à la sortie.

Il est étonnant d’ailleurs que Dieu ait donné ces ordres, Dieu est omniscient, Dieu sait tout, Dieu n’a pas besoin de compter pour savoir combien il y a d’hommes valides en route avec lui. Dieu sait et il n’a pas besoin de savoir mieux, mais d’autres ne savent pas. Moïse et le peuple ont besoin de savoir combien ils sont, de savoir ce qu’ils sont vraiment.

Nous ne savons pas la signification réelle des chiffres donnés dans les Nombres, étaient-ils un grand peuple, un petit peuple ? Nous ne savons pas, nous ne savons pas combien étaient les égyptiens, combien étaient les amalécites ou les cananéens, mais eux ils savaient. Après le dénombrement ils pouvaient comparer, ils se connaissaient mieux, ils savaient leur position.

En quoi le dénombrement de David est-il un péché ? Une expression devenue populaire dit : « le Diable est dans les détails… ». Pour David, le Diable est dans les détails. Passons outre le fait que le dénombrement n’ait pas été ordonné par Dieu, Il y a tellement de choses qui se font et qui n’ont pas été expressément ordonnées par Dieu ! Pourquoi pas un recensement ?

No, le Diable est dans les détails, et un détail est significatif, c’est que ce recensement est effectué par Joab le chef de l’armée. Avant lesautres recensement, c’est Aaron ou ses fils qui les avaient faits. Les souverains sacrificateurs… On est passé du religieux au guerrier.

Ce détail, ce détail du responsable humain révèle que le sens du dénombrement a changé. Il ne s’agit plus de savoir ce que l’on peut faire, ce que l’on peut espérer, il s’agit de mesurer sa force. Cette question d’homme, ce détail pratique révèle l’intention, révèle l’abomination. En faisant cela, David a changé de position, il n’est plus le berger dépendant entièrement de Dieu devant Goliath, il est devenu Musclor montrant ses muscles. David est devenu fort, David mesure sa force car maintenant il se croit autonome, indépendant. C’est un péché, une abomination.

Pour nous, dans notre royaume personnel, les choses sont un peu différentes, nous ne comptons pas les hommes forts au service de notre force. Mais nous comptons quand même,nous comptons d’autres choses qui quantifient notre sécurité, notre abondance. Nous comptons et nous recomptons. Nous ne comptons plus seulement pour gérer, mais aussi pour nous rassurer, nous glorifier peut être. Au bout du compte heureux et satisfaits, nous comptons sur nos comptes, nous comptons sur nous même. C’est un péché, une abomination.

Il faut compter pour savoir ou l’on est, mais au bout du compte, il faut toujours se trouver pauvre devant Dieu. Le résultat est toujours acquis d’avance. Comptons, mais trouvons nous faible.

Il y a deux façons en particulier de compter ses sous. Soit nous comptons au fond de notre porte-monnaie les trois pièces qui y restent afin de savoir si nous allons pouvoir payer notre pain de ce jour. Si nous en sommes là, nous savons très bien que ces trois pièces, c’est Dieu qui les a mises dans cette petite poche en cuir.

Soit nous comptons pour vérifier que les intérêts qui sont crédités sur notre compte correspondent bien à ce que le banquier s’était engagé à verser pour rémunérer la montagne de gros billets que nous lui avons confié. Cet autre compte peu différent du premier dans sa nature est un péché, une abomination. Il a pour but de mesurer notre sécurité, notre force.

Nous avons changé de Dieu.

Le juste vivra par la foi. Et la foi ne fait pas le bilan de l’abondance, elle fait juste le compte du nécessaire. Pratiquement c’est la même chose, la différence réside dans l’intention.

Donc ce recensement estun péché, une abomination. Il mérite une sanction. Soixante dix mille morts plus un ange pour détruire Jérusalem… Troublés et humiliés encore, nous ne comprenons pas mieux. Qui a péché ? N’est-ce pas David ? Qu’avaient-ils fait ces soixante dix mille morts ? Nous pourrions tenter de nous rassurer en lisant dans Samuel le récit du même épisode : « La colère de l’Eternel s’enflamma de nouveau contre Israël et il excita David contre eux en disant : va fait le dénombrement d’Israël et de Juda… »

Ouf ! Si le peuple est puni, c’est que c’est le peuple qui a péché. C’est le peuple tout entier qui s’est confié dans sa force et David n’a été que le catalyseur de cette pensée consensuelle : nous somme les plus forts !

Eh bien non, pas ouf ! Qui vous dit que ces soixante dix mille morts étaient ceux qui s’étaientl e plus endurcis ? Vous savez bien que dans ces soixante dis mille il y avait des innocents. Et surtout vous savez que dans le million de survivants, il y avait des coupables. David lui mourra dans son lit, dans son lit tout confort avec chaufferette féminine intégrée. Pourquoi soixante dix mille morts et pourquoi ceux-là et pas d’autres ?

Il y a là une vérité que nous devons absolument regarder en face : Le péché est injuste. Injuste dans ce qu’il est, injuste dans ses conséquences. C’est sa définition. Ce qui est juste, est du coté de Dieu.. Dieu est justice, Dieu est juste, mais le péché c’est tout ce qui n’est pas du coté de Dieu, tout ce qui n’est pas de Dieu. Il nereste donc qu’une chose au péché pour exister, c’est l’injustice. Par nature, par essence le péché est injuste. Il est injuste dans ce qu’il est, il est injuste aussi dans ses conséquences. Avons nous conscience du terrible qu’il y a dans cette définition ?

Je pèse mes mots, et je dis : même Dieu ne peut rien à cela. Par le péché, la souffrance et la mort sont entrées dans le monde. Tant que la péché existera, l’injustice existera. Injustice du fait lui même et surtout (je crois) injustice de ses conséquences, même quand ces conséquences viennent de la main de Dieu. Vous ne supportez pas que l’on vous force la main, Dieu ne le supporte pas non plus : il hait le péché et sa cohorte d’injustices il le hait et il ne le supportera pas longtemps. Il viendra bientôt juger les vivants et les morts. Et le péché sera aboli. La justice sera rétablie universelle et rayonnante. En attendant souffrons. Souffrons de notre médiocrité et redoutons ses conséquences injustes.

Mon royaume est un jardinet de quelques arpents qui ne se compare en rien au grand Israël du roi David. Vos royaumes un peu plus grands ou un peu plus petits sont contigus au mien. Dans tous règne la même loi injuste, la loi du péché. Il faut le savoir.

Justement savoir ce n’est pas notre fort. Combien de péchés que nous ne voyons pas, que nous ne réalisons pas ? Ou plutôt que nous ne voulons pas voir, que nous ne voulons pas réaliser. Finalement notre volonté est immense et la vérité discrète. Alors qu’il nous tue, nous disons souvent : Ou est le péché ?

En particulier lorsque nous comptons et recomptons notre abondance, quand nous mesurons et contemplons notre prétendue sécurité. Nous aimons croire que nous sommes forts et même si nous croyons véritablement en Dieu, nous croyons encore plus que nous sommes forts même si c’est à son service. Erreur, tragique auto-satisfaction.

C’est tragique sur deux plans. Tragique parce que c’estde l’aveuglement, mais tragique surtout parce que les conséquences de notre péché sont de toutes manières injustes. La première de ces injustices étant que ce sont quasiment toujours les autres qui paient le prix de nos faiblesses. Combien de fois avez vous fait des bêtises qui ne vous ont rien coûté mais qui ont été payé cher par d’autres ?

Bien sur, vous aussi vous payez parfois, souvent, toujours trop cher les bétises des autres. Mais qu’est-ce que cela change à votre responsabilité ? L’un ne compense pas l’autre.Ce qui fait la gravité du péché,c’est l’injustice. Dieu ne peut pas les dissocier. L’injustice ne périra que quand la péché périra. Il faut en être toujours conscient, si posible au moment de commettre une bêtise : Qui va souffrir ? Dieu bien sur en premier, mais cet autre aussi.

« …le tabernacle de l’Eternel, construit par Moïse au désert, et l’autel des holocaustes, étaient alors sur le haut lieu de Gabaon. David ne pouvait pas aller devant cet autel pour chercher Dieu, parce que l’épée de l’ange de l’Eternel lui avait causé de l’épouvante. »

Dans tous les instants de nos vies, et plus particulièrement dans ceux ou nous nous apprêtons à trahir Dieu, à pécher, puisse l’épée de l’ange de l’Eternel nous causer de l’épouvante. 

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