Redresser ce qui est tordu…

Saint-Jean le 16 juin 2019

Redresser ce qui est tordu…

Aujourd’hui, en guise de prédication, je vous propose un « Bible movie ». par analogie avec le genre cinématographique dit « Road movie » ou l’action se déroule à l’occasion d’un voyage. En fait, nous allons partir d’un endroit de la Bible et arriver à un autre en passant par plusieurs lieux intermédiaires. Nous lirons la Parole au fur et à mesure de notre « progression »…

Pour se déplacer nous utilisons habituellement des moyens de déplacement… Et c’est mon moyen de déplacement habituel à savoir mon cher « Berlingo » rouge qui est à l’origine de cette méditation. Un jour nous avons croisé un peu trop près une horde de sangliers et cela a engendré quelques travaux de carrosserie… Rien de grave, rien de fondamental, nous étions assurés et le flagrant délit a été constaté.

Mais vous savez ce qu’il en est en matière de carrosserie automobile, Au début les dégâts paraissent légers mais après il faut changer plein de choses et des plus coûteuses parfois. Pour nous comme pour tout le monde, il en fut ainsi. Même si l’accident n’avait pas défiguré notre automobile, il a fallu changer le pare choc et une portière. Ça fait réfléchir…

Tout se passe comme si un passage de la Parole avait été écrit par un carrossier ce qui évidemment n’est pas le cas :

Ecclésiaste 1:14-15

« J’ai vu tout ce qui se fait sous le soleil et je suis arrivé à la conclusion que tout est dérisoire : autant courir après le vent. Ce qui est tordu ne peut être redressé et ce qui manque ne peut être compté. »

« Ce qui est tordu ne peut être redressé… »

J’avoue que bien que ce verset soit dans la Bible, incontestablement, cette affirmation me dérange. Il y a la un fatalisme bien trop triste, une résignation qui semble détruire tout forme d’espoir. Ce qui est tordu, restera tordu et il y a tellement de choses tordues ! Pas seulement des portières, mais aussi dans le monde avec toutes ces guerres, toutes ces souffrances injustes. Loin ou même près de chez nous. Pourquoi la cabane des objets donnés des Mages a t-elle brûlé il y a quelques jours ? Elle faisait du mal à qui ? Tordu.

Surtout, il y a des choses tordues dans notre vie, et il y a des choses tordues en nous, des choses tordues dans notre âme. L’Ecclésiaste semble nous dire qu’il faut faire avec.

Ce qui est tordu ne peut être redressé…

Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir chantait Johnny Halliday. Toute notre pensée, toute notre conscience de chrétien s’insurge contre ce défaitisme. Qui était cet « Ecclésiaste » qui ne semblait pas connaître la toute puissance de Dieu ?

Mais bon voila, c’est la Bible, c’est irrévocable encore plus irrévocable qu’un oukase d’expert automobile.

Ce qui est tordu ne peut être redressé… 

Vous qui lisez votre Bible tout les jours, vous pouvez même être amenés à penser qu’il y a contradiction. Vous connaissez un grand, un immense redresseur de torts et de corps, il s’appelle Jésus-Christ :

Luc 13:10-13

« Un jour de sabbat Jésus enseignait dans une synagogue. Il s’y trouvait une femme qui, depuis dix-huit ans, était sous l’emprise d’un esprit qui la rendait infirme : elle était voûtée et n’arrivait absolument pas à se redresser.

Lorsque Jésus la vit, il l’appela et lui dit : femme tu es délivrée de ton infirmité !

Il posa ses mains sur elle et, immédiatement, elle se redressa et se mit à loer Dieu. »

Ah ! Vous voyez bien que ce qui est tordu peut être redressé ! Cette femme, tordue depuis dix huit ans, a été redressée en un instant. Et c’est Jésus qui l’a fait.

Jésus-Christ encore aujourd’hui peut redresser les corps tordus, Il l’a fait pour moi.

Quand j’avais dix ans, j’étais épileptique. Le « petit mal » pour ceux qui savent. J’ai donc été soigné pendant des années. Et puis un jour, nième électro encéphalogramme… A l’époque des plumes traçaient des courbes sur une très longue bande de papier. C’était long et vraiment pas agréable toutes ces électrodes sur la tête. Mais ce jour là, le bruit des plumes sur le papier n’était pas le même que d’habitude et cet électro encéphalogramme fut le dernier. Le docteur a fait un commentaire, un seul : « C’est un miracle ».

Je n’ai plus jamais rien eu. Jésus-Christ encore aujourd’hui redresse les corps tordus, mais il peut faire et il fait beaucoup plus que cela. Jésus redresse nos âmes, nos âmes tordues, vrillées par le mal en nous. Avec ce cri, ce cri toujours recommencé :  « Misérable que je suis ! »

Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas, je le commets… Romains 7:19. Tordue, notre âme est tordue. Mais Jésus veut et peut la réparer, la redresser. Et il le fait. Les choses évoluent, changent pour nous. Nous sommes délivrés de la malédiction dans laquelle nous étions enfermés.

« L’Esprit entra en eux et les fit tenir debout » constatait Ézéchiel devant une foule d’ossement desséchés qui reprenaient vie. L’Esprit est entré en nous, et il nous fait tenir debout, droits. N’avons nous pas célébré Pentecôte dimanche dernier ?

«  Les voies tortueuses seront redressées » annonçait Esaïe, « Les voies tortueuses seront redressées » proclamait Jean Baptiste. Jésus-Christ redresse nos âmes, il nous délivre du mal, il détord ce qui était tordu en nous. Nous sommes nés tordus, nous avons grandi en nous tordant encore plus au travers de nos faiblesses et de nos addictions, mais Jésus nous redresse. Il est le divin carrossier de nos âmes. Un jour mon âme sera lisse et brillante, et c’est Jésus qui aura parachevé son œuvre en moi.

Romains 7:24 « Misérable que je suis ! Qui me délivrera de ce corps voué à la mort ? Dieu soit loué : C’est par Jésus-Christ notre Seigneur. »

Mais alors, quid de l’Ecclésiaste ? Pourquoi cette affirmation : « ce qui est tordu ne peut être redressé. » ?

Il nous faut aller plus loin, retrouver la Bible, l’épître aux hébreux, pour être plus précis Hébreux 12:12-13 :

« Relevez vos mains qui fléchissent, redressez vos genoux qui se tordent. Faits vous des pistes droites pour votre course, afin que le pied qui boite ne se démette pas complètement mais qu’il guérisse plutôt. »

Il y a dans ce verset deux choses potentiellement tordues : le genoux de celui qui marche et la piste qu’il parcourt. Nous avons vu que le redressement des genoux du marcheur dépendait de l’œuvre de Jésus-Christ. Le marcheur a les jambes faibles, tordues. C’est le même mot que celui utilisé pour la femme courbée, c’est pour cela que je me suis permis d’adapter librement la traduction de ce verset.

Le marcheur va guérir, c’est sur, ses jambes et ses pieds seront affermis.

Par contre la route que suit le marcheur peut être droite ou tordue, et il nous est recommandé de nous faire des « pistes droites ».

Le chemin que nous suivons n’est pas tracé d’avance, le chemin que nous suivons c’est nous qui le faisons. A chaque instant nous avons le choix. Soit nous tournons à droite, soit nous tournons à gauche, soit nous allons… tout droit !

Notre route, notre piste, c’est nous qui la faisons :

« Caminante no hay camino,

Se hace camino al andar… »

Toi qui marches, il n’existe pas de chemin,

Le chemin se fait en marchant…

écrivait le poète espagnol Antonio Machado. Le chemin que nous parcourons n’existe pas, n’existe pas encore, nous le faisons en marchant. Si nous le faisons tordu, il sera tordu et rien ne pourra le redresser. Si nous le faisons droit, si nous faisons notre piste droite elle sera définitivement droite. Et une piste droite, cela a beaucoup d’avantages nous dit l’épître aux hébreux. EN particulier cela épargne nos genoux tordus, nos chevilles chancelantes que Jésus est en train de redresser, de réparer.

Si nous nous faisons une piste tordue, rien ne pourra la redresser parce que ‘lon ne peut pas revenir en arrière. Notre guérison, notre redressement sera plus long, plus difficile. Peut-être même impossible. Notre chemin, notre vie sera difficile, douloureuse. Encore plus difficile, plus douloureuse.

Faisons-nous une piste droite !

Mais alors… Maintenant… La question qui tue !

C’est quoi une piste droite ?

Sous une autre forme : Comment savoir que l’on ne va pas droit ?

J’ai cherché des exemples à vous raconter afin de servir d’exemples, j’en ai trouvé plusieurs dans ma vie à moi, mais j’aurais du mel à vous les raconter. J’en ai cherché d’autres, ailleurs. Je pense par exemple à ce chrétien qui parce qu’il voulait faire de l’évangélisation, s’est mis à fréquenter l’Église catholique afin d’y faire retentir le vrai Évangile : Tordu.

En fait le chemin tordu, c’est toutes les fois ou artificiellement on se met en danger. Ce que le monde appelle les conduites à risque.

D’ailleurs les conduites dites « à risque » du monde sont aussi pour le croyant des pistes tordues : fumer, boire ou manger plus que de raison, fréquenter des lieux troubles ou malsains, se laisser aller à la frénésie de posséder ou à la fainéantise… etc … etc …

Mais à ces voies tordues universellement reconnues se rajoutent les conduites à risque propres aux chrétiens : négliger la communion fraternelle, négliger la Parole, négliger la prière, la louange, l’adoration, négliger notre relation avec Jésus-Christ. Là tout est dit, il n’y a pas besoin de etc …

« L’Eternel soutient tous ceux qui tombent

Et il redresse tous ceux qui sont courbés. »

Psaume 145 : 14

Oui, il fait cela, il le fait toujours et partout. Nous pouvons tous en témoigner. Mais les chemins que nous suivons ne dépendent que de nous. Le Seigneur a placé pour nous des panneaux indicateurs, des repères surs, une carte infaillible : sa Parole.

Mais notre chemin, notre chemin à nous n’est pas tracé, à nous de le faire. Ne faisons pas n’importe quoi, ne nous laissons pas entraîner par tout les vents, ne nous laissons pas glisser sur toutes les pentes. Marchons droit devant. Cela dépend de nous et ce n’est pas forcément difficile.

Luc 3:5-6

« Toute vallée sera comblée,

Toute montagne et toute colline seront abaissées

Ce qui est tortueux sera redressé,

Et les chemins raboteux seront aplanis

Et toute chair verra le salut de Dieu. »

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