Relais…

Saint Jean le 18 Juin 2017

Relais…

Romains 7:7-25 

Que dire maintenant? La Loi se confond-elle avec le péché? Loin de là! Seulement, s’il n’y avait pas eu la Loi, je n’aurais pas connu le péché, et je n’aurais pas su ce qu’est la convoitise si la Loi n’avait pas dit: Tu ne convoiteras pas.Mais alors le péché, prenant appui sur le commandement, a suscité en moi toutes sortes de désirs mauvais. Car, sans la Loi, le péché est sans vie.

Pour ma part, autrefois sans la Loi, je vivais, mais quand le commandement est intervenu, le péché a pris vie, 10 et moi je suis mort. Ainsi, ce qui s’est produit pour moi, c’est que le commandement qui devait conduire à la vie m’a conduit à la mort.11 Car le péché a pris appui sur le commandement: il m’a trompé et m’a fait mourir en se servant du commandement. 12 Ainsi, la Loi elle-même est sainte, et le commandement est saint, juste et bon.

13 Ce qui est bon est-il devenu pour moi une cause de mort? Loin de là! C’est le péché! En effet, il a provoqué ma mort en se servant de ce qui est bon, et a de la sorte manifesté sa nature de péché et son excessive perversité par le moyen du commandement.

14 Nous savons que la Loi a été inspirée par l’Esprit de Dieu, mais moi, je suis comme un homme livré à lui-même, vendu comme esclave au péché. 15 En effet, je ne comprends pas ce que je fais: je ne fais pas ce que je veux, et c’est ce que je déteste que je fais. 16 Et si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais par là que la Loi est bonne.

17 En réalité, ce n’est plus moi qui le fais, mais c’est le péché qui habite en moi.18 Car je sais que le bien n’habite pas en moi, c’est-à-dire dans ce que je suis par nature. Vouloir le bien est à ma portée, mais non l’accomplir. 19 Je ne fais pas le bien que je veux, mais le mal que je ne veux pas, je le commets. 20 Si donc je fais ce que je ne veux pas, ce n’est plus moi qui le fais mais c’est le péché qui habite en moi.

21 Je découvre ainsi cette loi: lorsque je veux faire le bien, c’est le mal qui est à ma portée. 22 Dans mon être intérieur, je prends plaisir à la Loi de Dieu. 23 Mais je vois bien qu’une autre loi est à l’œuvre dans mon corps: elle combat la Loi qu’approuve ma raison et elle fait de moi le prisonnier de la loi du péché qui agit dans mes membres. 24 Malheureux que je suis! Qui me délivrera de ce corps voué à la mort ? 25 Dieu soit loué: c’est par Jésus-Christ notre Seigneur. En résumé: moi-même, je suis, par la raison, au service de la Loi de Dieu, mais je suis, dans ce que je vis concrètement, esclave de la loi du péché.

Matthieu 26:37-44

37 Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée. Il commença à être envahi d’une profonde tristesse, et l’angoisse le saisit. 38 Alors il leur dit: Je suis accablé de tristesse, à en mourir. Restez ici et veillez avec moi!

39 Puis il fit quelques pas, se laissa tomber la face contre terre, et pria ainsi: O Père, si tu le veux, écarte de moi cette coupe[d]! Toutefois, que les choses se passent, non pas comme moi je le veux, mais comme toi tu le veux.

40 Ensuite, il revint auprès des disciples et les trouva endormis. Il dit à Pierre: Ainsi, vous n’avez pas été capables de veiller une seule heure avec moi! 41 Veillez et priez, pour ne pas céder à la tentation. L’esprit de l’homme est plein de bonne volonté, mais la nature humaine est bien faible.

42 Puis il s’éloigna une deuxième fois, et se remit à prier en disant: O mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe me soit épargnée, s’il faut que je la boive, alors, que ta volonté soit faite.

43 Il revint encore vers ses disciples et les trouva de nouveau endormis, car ils avaient tellement sommeil qu’ils n’arrivaient pas à garder les yeux ouverts.

44 Il les laissa donc, et s’éloigna de nouveau. Pour la troisième fois, il pria en répétant les mêmes paroles. 

Savez-vous ce qu’est un relais ?

Un relais électrique… Avant de prêcher tous les dimanches ou presque, J’ai longtemps travaillé dans l’industrie ou j’entretenais toutes sortes de machines. Sans me vanter, je crois pouvoir affirmer que je suis un bon électricien. Je suis donc qualifié pour vous expliquer ce qu’est un relais électrique et c’est ce que je veux faire maintenant.

Un relais électrique c’est d’abord un interrupteur, un contact pour employer le jargon technique. Un appareil chargé de mettre en fonctionnement une machine électrique puissante. Quand la puissance à mettre en jeu est importante, un simple interrupteur ne suffit plus. On utilise alors un relais. Le relais c’est un gros interrupteur pour commander une machine puissante.

Comment ça marche ?

Un électro aimant qui lui se contente d’une petite puissance fait basculer le gros interrupteur qui commande la grosse puissance.

C’est clair ? Euh…

Retenez simplement qu’un relais c’est une petite puissance électrique qui permet de mettre en œuvre un fort courant. Pratiquement, quand vous essayez de démarrer le moteur de votre voiture, vous actionnez un relais. Vous « mettez le contact » en actionnant la clé du même nom. Cette clé en elle même ne permet pas de faire passer beaucoup de force, mais par l’intermédiaire d’un relais toute la puissance de la batterie va se déverser dans le moteur et le faire démarrer.

Vous avez compris ? Une petite puissance qui met en œuvre une grande puissance.

Vous avez peut-être compris, mais je vous sent perplexes. Vous n’êtes pas venus écouter un cours d’électricité et même si vous imaginez bien qu’il s’agit d’une métaphore spirituelle, vous vous demandez comment cela peut bien être relié à ce que nous avons lu.

J’y viens…

Le passage de Romains que nous avons lu est un passage particulier. Un passage naturellement délimité, délimité par une particularité syntaxique. Avez-vous remarqué cette particularité ?

L’emploi de la première personne, l’emploi du « je ». Dans cette partie, l’apôtre dit : « j’ai fait ceci », « j’ai compris cela », « j’ai vu », « j’ai su ». Ce procédé narratif n’est pas fortuit. Paul emploie une méthode spéciale pour nous dire quelque chose de spécial.

Ce qui est spécial c’est que du coup l’épître aux Romains long et fort développement théologique semble tourner à l’autobiographie :

« Ainsi le commandement qui conduit à la vie se trouva pour moi conduire à la mort. »

Paul sait très bien que son histoire est sur ce point universelle quand moi, Jean-Marc Donnat, je lis :

« Mais moi, je suis charnel, vendu au péché »

Je reçois en fait :

« Mais moi, Jean-Marc Donnat, je suis charnel, vendu au péché… »

Paul semble nous parler de lui mais au bout de la lecture, l’histoire que nous avons lu c’est la notre. Nous avons alors regardé notre vérité personnelle en face.

Qu’avons nous vu ?

Trois choses essentiellement.

La première tient en quelques mots :

« Je n’ai connu le péché que par la loi… »

Je suis né et dès cet instant a commencé un long processus qui ne s’arrètera que le jour de ma mort.

Je suis né et l’on m’a dit : Ne mets pas ton doigt dans ton nez, ne parle pas la bouche pleine, ne ment pas, il faut que tu ailles à l’école, il faut que tu travailles, dis merci à la dame, tu ne tuera point, mets ta ceinture, mets ta main devant ta bouche quand tu bailles, respecte les limitations de vitesse, paie tes impôts, aime ton prochain comme toi même, ne mets pas tes coudes sur la table, éteint ton portable quand tu conduis, aime le Seigneur ton Dieu…

La loi.

La loi qui me dit tout, tout ceque je ne dois pas faire, tout ce qe je dois faire. La loi qui introduit une dimension dans le geste que j’accomplis. Une dimension qui est la « qualité ». La loi qui rends tout mes choix manichéens : c’est bien ou c’est mal. La loi qui me dit « ça c’est bien ». La loi qui me dit « ça c’est mal ». Quand la loi m’a dit « ça c’est mal » et que je le fait quand même, cela s’appelle le péché.

Le péché n’existe que parce que je sais que telle chose et mal et comment est-ce que je sais que c’est mal ? Parce que la loi me l’a dit.

C’est la loi qui nous révèle le péché.

La loi est donc pour nous une contrainte permanente. C’est lourd et difficile. Je peux bien vous l’avouer (parce que sûrement vous l’avez remarqué…) bien que ma mère me l’ait répété des dizaines de fois, il m’arrive de mettre mes doigts dans mon nez. Il m’arrive de faire des excès de vitesse, il m’arrive d’oublier Dieu. Ce n’est pas bien, c’est pêcher. Ma conscience me le dit.

Parce que comme vous, j’ai une conscience. J’en suis sur : je l’entends me parler, même elle me parle tout le temps. Elle me dit « ne mets pas tes doigts dans ton nez, c’est sale », « ralentis tu roules trop vite », « Dieu te voit », « tu n’as pas le droit de haïr cet homme »… Si vous avez une conscience, et vous en avez une, vous l’avez remarqué : une conscience ça dit rarement des choses agréables. Votre conscience est comme ma conscience, elle est toujours prête à vous faire des reproches.

Acariâtre, une mégère non apprivoisée, toujours à vous reprocher vos bêtises, même les plus vénielles. Rien ne lui échappe, vous devriez la détester, la haïr de ce qu’elle ne vous laisse jamais en paix. Elle n’est qu’une rapporteuse et pourtant vous l’aimez bien. Vous l’aimez bien votre conscience, vous l’aimez comme vous même et vous avez raison, elle est vous même. Elle vous dit des choses désagréables, mais elle vous dit la vérité, elle veut votre bien.

C’est votre conscience la preuve absolue que le mal existe, qu’il n’est pas seulement affaire de conventions. Le mal existe, vous l’avez rencontré et c’est votre conscience qui a fait les présentations.

C’est votre conscience qui vous permet aujourd’hui de vous associer à Paul et de proclamer :

« Je reconnais que la loi est bonne… »

C’est la deuxième chose que nous révèle aujourd’hui l’épître aux Romains. Parce que ma conscience qui est ce que j’ai de plus personnel est d’accord avec la loi pour reconnaître que le mal est mal, c’est donc que la loi est bonne.

La loi est bonne, et le commandement saint juste et bon. Je le reconnais, je le reconnais de toute ma conscience.

Voilà :

1- JE ne connais le péché que par la loi.

2- JE reconnais que la loi est bonne.

Quel est le troisième JE ?

3- JE trouve en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi.

Le troisième élément que Paul relève pour nous, tourne au cri de désespoir.

Je veux faire le bien, je veux mais c’est tout. Je veux mais je ne le fais pas. Je ne veux pas faire le mal, je ne veux pas mais je le fais quand même. L’homme est vraiment un être bizarre. Bizarre n’est pas le mot, faible convient mieux.

« Le mal est attaché à moi », Le travail de notre conscience n’est jamais fini. Nous sommes faibles, faibles avec nous mêmes. «

« Aujourd’hui j’arrête » mais personne n’arrête le mal, même pas l’apôtre Paul. Et pourtant c’est possible : Jésus-Christ l’a démontré, Jésus-Christ n’a pas péché.

Paul était pécheur comme nous et il en était désolé :

« Misérable que je suis ! »

«  Misérable que nous sommes ! »

Mais la médiocrité n’est pas une fatalité. L’homme peut faire le bien. Même moi, moi qui vous parle, je peux faire le bien. Oui, ça m ‘est arrivé, pas plus tard que… Mais parlons plutôt de vous. Vous aussi vous pouvez faire le bien. Vous l’avez déjà fait et vous le faites peut-être même souvent. Mais surtout, vous savezvque malgré le déchirement, malgré le renoncement, vous pouvez toujours faire le bien. Vous le pouvez toujours même si vous ne le faites pas toujours. C’est votre conscience qui vous le dit.

Votre conscience est la preuve absolue que le mal existe, mais votre conscience est aussi la preuve absolue que vous pouvez faire le bien.

Si le problème n’est pas dans le pouvoir de faire le bien, ou est-il ? Dans le vouloir. Le problème c’est notre volonté, notre manque de volonté.

La solution ce pourrait être quelque chose qui fonctionnerait comme un relais électrique. Une petite puissance qui met en œuvre une grande puissance, une énorme puissance.

Ma volonté, même ma volonté de chrétien repenti est insuffisante ? Soit, mais rien rien ne peut l’empêcher, rien ne doit l’empêcher de dire, murmurer même est suffisant :

« Que ta volonté soit faite… »

Que la volonté de Dieu soit faite. La volonté de Dieu ça c’est quelque chose de puissant, de fort. Il dit un mot, la chose s’accomplit.

Notre volonté est faible, nous ne pouvons pas avec elle seule de lutter contre le mal en nous, ce serait pure perte.

Notre volonté est faible ? Réservons la à la commande d’un relais qui multipliera à l’infini sa puissance.

Notre volonté est faible ? Réservons la à la prière : « Que ta volonté soit faite… » et sa volonté se fera. Le bien se fera enfin.

Jésus nous a laissé le Notre Père, il nous a laissé ce fabuleux relais, « Que ta volonté soit faite… », mais aussi incroyable que cela puisse paraître, le manque de volonté était aussi le problème de Jésus-Christ dans sa parfaite humanité.

Jésus a fait le bien, Jésus n’a fait que le bien, Jésus a même fait le bien absolu, il est monté sur la croix. Face à ce terrible moment la volonté de Jésus ne suffit pas.

Toute sa vie terrestre a eu pour but cet ultime moment. Il l’a toujours su, il l’a toujours dit. Mais voila, c’est au pied du mur que l’on voit le maçon, c’est au pied de la croix que l’on voit la parfaite humanité de Jésus. La faiblesse qu’il a accepté d’endosser, la faiblesse d’un homme, la faiblesse de la volonté d’un homme.

Au moment de franchir le pas, il sait qu’il doit y aller mais tout en lui s’y oppose.

«… Non pas ce que je veux, mais ce que Tu veux .»

Trois fois, trois fois cette même prière. Et après la croix, la croix malgré la faiblesse de la volonté de l’homme Jésus.

« Que Ta volonté soit faite » et Sa volonté a été faite.

Le relais a fonctionné. La volonté de Dieu a été faite, elle a suppléé à la volonté de l’homme.

Trois prières ne suffiront pas pour nous et pourtant ce que nous avons à sacrifier n’est rien à coté de ce que Jésus a accepté. Toute une vie de prière ne suffira pas, mais une vie de prière nous fera faire des progrès.

« Que ta volonté soit faite. »

«  Je n’ai pas pu m’en empêcher » disait mon neveu David , pour expliquer, pour excuser, ses bêtises de gosse. Je n’ai pas pu m’en empêcher c’est ce que nous sommes tentés de conclure face à chacun de nos péchés. Oui mais Dieu peut m’en empêcher si je lui passe le relais.

Connaissez vous la parabole du démarreur ?

Un homme monte dans sa voiture, il a juste une petite clé à la main. Il glisse sa clé dans le contact et la tourne. Il déclenche ainsi un tout petit courant qui va actionner une relais électrique. Alors la puissance énorme de la batterie va se déverser dans la moteur qui bientôt va vrombir. Le démarreur a fonctionné.

Avez vous compris cette parabole ?

La batterie, la réserve de puissance c’est Dieu ou plutôt c’est la volonté de Dieu. Le petit courant qui actionne le relais c’est ma volonté, ma volonté faiblarde qui a elle seule ne peut rien. Le moteur qui démarre c’est moi, ma force pour enfin faire le bien. La clé, le petit bout de métal ridicule qui déclenche tout ça c’est la prière. La prière répétée, la prière inlassable. La prière que Jésus nous a apprise :

« Notre Père qui est aux cieux…

Que ta volonté soit faite. »

Amen !

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