Salut champion !

Saint-Jean de V. 10/02/2019

  1. Salut champion !

Lectures :

        1. Actes 6:1-15

6 A cette époque-là, comme le nombre des disciples ne cessait d’augmenter, des tensions surgirent entre les disciples juifs de culture grecque et ceux qui étaient nés en Israël: les premiers se plaignaient de ce que leurs veuves étaient défavorisées lors des distributions quotidiennes.

Alors les douze apôtres réunirent l’ensemble des disciples et leur dirent: Il ne serait pas légitime que nous arrêtions de proclamer la Parole de Dieu pour nous occuper des distributions. C’est pourquoi, frères, choisissez parmi vous sept hommes réputés dignes de confiance, remplis du Saint-Esprit et de sagesse. Nous les chargerons de ce travail. Cela nous permettra de nous consacrer à la prière et au service de l’enseignement.

Cette proposition convint à tous les disciples; ils élurent Etienne, un homme plein de foi et d’Esprit Saint, ainsi que Philippe, Prochore, Nicanor, Timon, Parménas et Nicolas, un non-Juif originaire d’Antioche qui s’était converti au judaïsme. Ils les présentèrent aux apôtres qui prièrent pour eux et leur imposèrent les mains.

La Parole de Dieu se répandait toujours plus. Le nombre des disciples s’accroissait beaucoup à Jérusalem. Et même de nombreux prêtres obéissaient à la foi.

Etienne était rempli de la grâce et de la puissance divines et accomplissait de grands prodiges et des signes miraculeux au milieu du peuple. Alors des membres de la synagogue dite des Affranchis, composée de Juifs de Cyrène, d’Alexandrie, de Cilicie et de la province d’Asie, se mirent à discuter avec lui, 10 mais ils se montraient incapables de résister à la sagesse de ses paroles, que lui donnait l’Esprit.

11 Là-dessus, ils payèrent des gens pour dire: Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu.

12 Ils ameutèrent ainsi le peuple, les responsables du peuple et les spécialistes de la Loi. Survenant à l’improviste, ils s’emparèrent d’Etienne et l’amenèrent au Grand-Conseil. 13 Là, ils firent comparaître de faux témoins qui déposèrent contre lui:

Cet homme que voici, dirent-ils, ne cesse de discourir contre ce lieu saint et contre la Loi de Moïse. 14 En effet, nous l’avons entendu dire que ce Jésus de Nazareth détruirait ce lieu et changerait les coutumes que Moïse nous a transmises.

15 Tous ceux qui siégeaient au Grand-Conseil avaient les yeux fixés sur Etienne et son visage leur apparut comme celui d’un ange.

Actes 7:51-60

51 O vous hommes obstinés qui, comme de véritables incirconcis, gardez votre cœur et vos oreilles fermés, vous résistez toujours à l’Esprit Saint! 52 Vous ressemblez bien à vos ancêtres! Y a-t-il un seul prophète que vos ancêtres n’aient pas persécuté? Ils ont tué ceux qui annonçaient la venue du seul Juste. Et vous, maintenant, vous l’avez trahi et assassiné!53 Oui, vous avez bien reçu la Loi de Dieu par l’intermédiaire des anges, mais vous ne l’avez jamais observée …

54 A ces mots, ceux qui siégeaient au Grand-Conseil devinrent fous de rage: ils grinçaient des dents contre Etienne. 55 Mais lui, rempli du Saint-Esprit, leva les yeux au ciel et vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Alors, il s’écria: 56 Ecoutez: je vois le ciel ouvert et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu.

57 A ces mots, ils se mirent à vociférer et à se boucher les oreilles. D’un même élan, ils se ruèrent sur lui, 58 le traînèrent hors de la ville et le lapidèrent. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme nommé Saul.

59 Pendant qu’ils jetaient des pierres sur lui, Etienne priait ainsi: Seigneur Jésus, reçois mon esprit!

60 Puis il tomba à genoux et, de toutes ses forces, lança un dernier cri: Seigneur, ne leur demande pas compte de ce péché!

Je suis sur que vous en avez rencontré, de ces gens qui vous écœurent, qui font avec facilité ce que vous avez d’énormes difficultés à faire. Vous êtes essoufflés, vous suez sang et eau pour franchir la difficulté, vous bronchez sur toutes les pierres du chemin et vous les voyez vous dépasser tranquilles, en souplesse, sans même sembler se rendre compte qu’il y ait un quelconque problème. Vous êtes empêtrés dans votre corps qui souffre, dans votre cœur qui palpite et eux ils volent, ils survolent ce qui vous épuise.

Ce sont des champions.

Champions au physique irréprochable, plus forts dans l’effort, mais aussi champions de l’habileté aux mains si sures, aux coup d’œil sans faiblesse. Champions de l’intelligence qui comprennent en une demi seconde ce qu’il vous a fallu des heures et des heures de réflexion pour commencer à entrapercevoir.

Il y a parmi nous, pas loin de nous, des champions de tous ordre. Au lieu de nous encourager à aller plus loin, à travailler pour faire des progrès, pour devenir meilleurs, ils nous écœurent, nous découragent. Ils seront toujours meilleurs que nous et nous serons toujours et par comparaison médiocres.

Je suis sur que quelle que soit votre spécialité, vous en avez rencontré des gens de cette sorte, parce que dans toutes les catégories, il y a des champions inaccessibles, dans tous les domaines. Même celui de la foi.

Étienne était un champion, un champion de la foi. Un homme qui est censé être un homme comme nous, mais qui nous dépasse en tout : un homme plein de foi, un homme plein d’Esprit-Saint, plein de grâce, plein de puissance et en plus il ressemble à un ange.

Un homme comme vous, comme moi mais en mieux même pas un extra terrestre, juste un terrestre extra.

Etienne…

Difficile d’en parler, difficile d’évoquer ce personnage hors du commun. J’aime bien évoquer, faire bouger devant nous les personnages de la Parole, j’en ai fait monter un certain nombre sur cette chaire, d’Abel à Philémon en passant par Jephté, Nathanaël ou Pierre, beaucoup de ces héros de la foi évoqués dans Hébreux 11. Mais j’ai longtemps reculé devant Étienne, comment aborder un personnage qui semble n’avoir aucune faiblesse ? Un personnage à la personnalité tellement écrasante qu’il en mourra écrasé. Parce qu’il faut toujours exalter l’excellence, j’ai plusieurs fois eu l’idée de présenter Étienne mais j’ai longtemps différé.

Je me jette à l’eau avec le sentiment de n’avoir rien à dire. Ou plutôt le sentiment que tout ce que je pourrai dire passera forcément à coté. On ne commente pas la supériorité, on la contemple.

Mais, bon, allons-y.

Étienne premier diacre, premier martyr de le première Église. Il semble bien quand même qu’il y ait quelque chose qu’il n’ait pas bien réussi : se défendre. Le résultat est là, ou plutôt, tragiquement, il n’est pas là.

Et c’est notre première remarque, comment se fait-il que des hommes habités d’une telle puissance, des hommes si exemplaires et donc si nécessaires, ait un ministère aussi bref ? Après tout, l’excellence d’Etienne n’a habité l’Église que quelques jours. Il nous semble que à la place de Dieu, nous l’aurions protégé. Les chrétiens ont besoin de modèles et un modèle ce n’est pas si courant.

Étienne est mort jeune, d’une injustice caractérisée, Étienne est mort victime de ses frères, de ses pères qu’il voulait sauver.

Mais de quoi Étienne est-il mort au juste ? Étienne est mort d’avoir eu raison. Il est toujours dangereux d’avoir raison surtout quand, comme Étienne, on renvoie à la figure des hommes leur faiblesse.

« Hommes au cou raide… vous vous opposez toujours au Saint-Esprit. »

Étienne avait raison, ceux qui l’accusaient s’opposaient au Saint Esprit, Étienne avait raison et il ne prenait pas de gants pour dire la vérité.

IL est donc dangereux d’avoir raison mais il y a encore plus dangereux. SI on a raison et si on le prouve de façon irréfutable, si on a raison et que ce soit incontestable, alors le danger est mortel.

Qu’est-ce qui a conduit Étienne devant ses juges ? D’autres faisaient la même chose, beaucoup d’autres, à commencer par Pierre et à continuer par tous les apôtres. Mais, c’est Étienne qui a été arrêté, jugé, condamné, exécuté sommairement et sauvagement. Pourquoi lui plutôt qu’un autre parmi tous ceux qui dans ces jours la avaient raison ?

A couse de l’excellence. Il est dangereux d’avoir raison, mais il est encore plus dangereux d’avoir absolument raison. Étienne a tellement raison, et il le dit tellement bien, que ses auditeurs « ne peuvent résister » nous est-il dit.

Étienne est juif, mais juif de la diaspora hellénique, grecque. Etienne est à Jérusalem, mais ses racines sont quelque part ( on ne sait pas où ) dans les lambeaux de l’empire d’Alexandre le grand. Son nom, son beau nom qui signifie « couronne », signifie couronne en grec. Qui se ressemble s’assemble, Etienne et ses semblables se réunissent dans un lieu particulier, une synagogue particulière : la synagogue dite « des affranchis ». Celle des cyrénéens, des alexandrins, des juifs de Cilicie et d’Asie : La synagogue des juifs avec des racines grecques.

Étienne parle, Étienne prêche dans cette synagogue. Comme Etienne est plein de foi, d’Esprit-Saint et de puissance, Étienne est irrésistible et personne ne peut résister.

Étienne devrait avoir gagné.

Mais Étienne a perdu. Étienne a perdu d’avoir eu trop raison. Ses frères et ses pères auraient du capituler puisqu’ils ne pouvaient résister, mais ils se sont révoltés et ils ont tué leur vainqueur.

Étienne avait enfermé ses auditeurs dans leurs contradictions, il ne leur avait laissé aucune porte de sortie, aucun échappatoire, Étienne était un excellent évangéliste, ceux qui discutent avec lui n’ont plus qu’une solution, ils ne peuvent plus reculer, ils ne peuvent pas résister, ils ne peuvent que se convertir et beaucoup et non des moindres le font :

« Une grande foule de sacrificateurs obéissait à la foi… ». Une foule de sacrificateurs se convertit.

La logique voudrait que ceux qui ne peuvent pas résister, ne résistent pas. La logique voudrait que tous se convertissent. Mais voila, ils ne peuvent pas résister, mais ils résistent quand même. Étienne les a coincé, les a acculé le dos à leurs péchés. Ils sont coincés lors ils vont attaquer avec les seules armes qui leurs restent, les armes indignes, toutes les variétés du mensonge : de la mauvaise foi à la corruption. Nous apprenons à cette occasion qu’il y a pire que les faux témoins, il y a aussi les menteurs payés pour mentir. « ils soudoyèrent des hommes… »

Le mensonge. Le mensonge vénal des faux témoins achetés, le mensonge pour le mensonge. Le mensonge nous devons reconnaître que nous en avons une certaine habitude… dans les textes de la Parole. Du serpent tentant Eve à ceux des juges de notre Seigneur, la Bible en évoque beaucoup, mais ici le mécanisme utilisé par les menteurs est un petit peu précisé, un petit peu démonté : « ils émurent le peuple, les anciens et les scribes… ». Pour pouvoir passer, pour na pas être éventé, pour pouvoir être reçu,le mensonge doit susciter l’émotion, l’émotion qui va détruire l’évidence. Les auditeurs d’Étienne ne peuvent pas résister mais l’émotion issue de la manipulation va détruire leur jugement. La raison qui devrait les voir capituler va succomber sous le poids des émotions. Les émotions peuvent être mauvaises conseillères.

Étienne est donc mort d’avoir eu trop raison, d’avoir condamné par son excellence ses auditeurs à se convertir. Étienne est mort pour la foi et par la mauvaise foi. Contre la mauvaise foi, il n’y a pas de défense possible. Finalement on ne peut pas dire que Étienne se soit mal défendu, simplement la défense était impossible.

Dans la mort aussi Étienne a été un modèle. Il est mort comme il a vécu, en champion de la foi, en champion de l’amour.

Que nous reste t-il d’Étienne vingt siècles plus tard ? Il nous reste cette conviction contre laquelle on ne peut pas résister, il nous reste le discours d’Étienne qui expose cette conviction (Nous ne l’avons pas lu, je vous exhorte à le faire).

Le discours est long et pourtant il aurait pu être encore plus long. Aussi long que tout l’Ancien Testament. Avec beaucoup de détails, Étienne a commencé par raconter l’histoire du peuple de Dieu, Abraham, Isaac et Jacob, Joseph, Moïse… Mais tout d’un coup Étienne accélère, Josué, David, Salomon, du tabernacle au temple en trois versets… Étienne ne va pas au bout de l’histoire, ce n’est plus nécessaire. La vérité est là, irrésistible. Les hommes qui l’écoutent, comme leurs pères sont des hommes au cou raide. Malgré l’évidence ils résistent à Dieu.

L’histoire bégaie, elle se répète à l’infini, elle n’a pas besoin d’être racontée. Les pères, ces hommes au cou raide ont des fils et ces fils ont le cou raide.

A ce point de cet exposé retentissent les paroles de l’Ecclésiaste :

« Ce qui a été c’est ce qui sera…

Ce qui est a déjà été et ce qui sera a déjà été et Dieu ramène ce qui est passé… »

Ce qui a été c’est ce qui sera, les hommes au cou raide succèdent aux hommes au cou raide. C’est l’évidence qu’Étienne relève. Cette évidence n’est pas une défense, elle est un bilan. Étienne ne s’est pas défendu, il se savait condamné par avance, en fait il a seulement expliqué sa condamnation : « Hommes au cou raide, incirconcis de cœur et d’oreilles ! Vous vous opposez toujours au Saint-Esprit. Ce que vos pères ont été, vous l’êtes aussi »

Étienne champion de la foi, Étienne champion de la puissance, l’homme qui semble un ange, doit-il être absolument notre modèle ? Devons-nous résister au découragement et faire tous nos efforts pour lui ressembler ? Il me semble qu’au point ou nous en sommes, c’est à dire à la fin de cette prédication, la question n’est pas là.

Bien sur l’attitude d’Étienne est sublime et nous devons nous en inspirer. Faut-il rappeler ses derniers mots « Seigneur ne leur impute pas ce péché » ? Oui, mais il y a autre chose de tout aussi important à faire concernant Étienne, Étienne a parlé, il a parlé longuement : Écoutons-le. Attentivement.

Que nous dit Étienne aujourd’hui ?

« hommes au cou raide… » Il a raison, c’est indiscutable, nous non plus nous ne pouvons pas résister. Alors puisque nous ne pouvons pas résister, par Jésus-Christ, en Jésus-Christ, changeons un peu l’histoire, ne la laissons pas se répéter tragiquement.Ne laissons pas les émotions ou la mauvaise foi dominer sur nous. Puisque nous ne pouvons pas résister, ne résistons pas.

Ne résistons pas au Saint-Esprit.

Un homme ce jour-la a entendu l’appel d’Étienne. Dans un premier temps il a résisté. Sa résistance contre l’évidence a été terrible. Cet homme, cet autre juif de la diaspora s’appelait Saul, Saul de Tarse. Lui aussi un jour a du capituler sur le chemin de Damas.

‘Il te serais dur de regimber contre les aiguillons » lui dit Jésus ce jour la. Nul doute que l’un des aiguillons contre lequel Paul ne pouvait résister était le témoignage d’Étienne. Paul a donc fini par capituler.

La vie chrétienne est faite aussi de capitulations devant Dieu. Le Saint-Esprit nous convainc, nous ne pouvons pas, nous ne devons pas résister et pourtant bien souvent, ce qui fait de nous des meurtriers d’Étienne en puissance, nous résistons.

Comme les meurtriers d’Étienne nous résistons.

Hébreux 3:7-13 (passim)

Aujourd’hui, si vous entendez la voix de Dieu,
ne vous endurcissez pas, comme l’ont fait vos ancêtres lorsqu’ils se sont révoltés
et qu’ils ont, dans le désert, voulu me forcer la main.

 Mais encouragez-vous les uns les autres,

jour après jour, aussi longtemps qu’on peut dire aujourd’hui,

 afin qu’aucun d’entre vous

ne se laisse tromper par le péché et ne s’endurcisse.

Amen !

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