Se nourrir dans…

Saint-Jean le 5 Novembre 2017

Nourris dans…

1 Timothée 4:1-7

1 Cependant, l’Esprit déclare clairement que, dans les derniers temps, plusieurs se détourneront de la foi parce qu’ils s’attacheront à des esprits trompeurs et à des enseignements inspirés par des démons. Ils seront séduits par l’hypocrisie de prédicateurs de mensonges dont la conscience est comme marquée au fer rouge.Ces gens-là interdiront le mariage, et exigeront que l’on s’abstienne de certains aliments, alors que Dieu a créé toutes choses pour que les croyants, ceux qui connaissent la vérité, en jouissent avec reconnaissance.

En effet, tout ce que Dieu a créé est bon, rien n’est à rejeter, pourvu que l’on remercie Dieu en le prenant. Car tout ce qu’il a créé est saint lorsqu’on l’utilise conformément à sa Parole et avec prière. Expose cela aux frères et sœurs, et tu seras un bon serviteur de Jésus-Christ, te nourrissant des paroles de la foi et du bon enseignement que tu as fidèlement suivi. Mais rejette les récits absurdes et contraires à la foi.

Bien manger pour bien se porter…
Une évidence pour tous, mais un défi qui m’a été soumis récemment.

Je ne me portais pas bien… Il fallait faire quelque chose, et ma façon de me nourrir faisait partie de ce quelque chose. De grandes résolutions furent prises. Il fallait donc supprimer du frigo ces aliments qu’il me fallait éliminer : la charcuterie que je consommais à heure fixe et le fromage que je consommais à toute heure.

Ce qui fut dit fut fait.

Ces aliments furent supprimés d’autant plus facilement qu’ils ne concernaient que moi, Huguette ne voulant ou ne pouvant en manger.

Dans une forme d’inconscience qui relève du geste manqué, je n’ai rien prévu pour les remplacer. Poussé par la faim, je vais toujours vers le frigo, mais dorénavant celui-ci est celui d’Huguette. Il se compose globalement de trois zones. En bas les légumes crus, en haut les légumes cuits et au milieu les autres légumes.

Donc, je me nourris, plutôt mieux d’ailleurs, dans le frigo d’Huguette.

C’est une démarche de ce genre que je viens vous proposer ce matin, en espérant qu’elle sera pour vous la façon de faire qui vous permettra de prospérer.

Timothée…

Jeune homme bien, bien sous tout rapport. Lui il a été nourrit dans le frigo de Loïs sa grand-mère et d’Eunice sa mère. En fait vu l’époque on devrait plutôt parler de placards.

« …tu seras un bon serviteur de Jésus-Christ, te nourrissant des paroles de la foi et du bon enseignement que tu as fidèlement suivi. »

Ce régime était bon, mais cela doit continuer. Par sa grand-mère et par sa mère Timothée a été élevé dans la foi. Timothée doit continuer en se nourrissant dans les paroles de la foi.

Un intermède hellénisant est maintenant nécessaire. Le mot employé par Paul pour évoquer le « régime » de Timothée est unique dans le Nouveau Testament, il parle de la nourriture, mais il parle de la nourriture comme d’un contexte. Non pas seulement se nourrir pour vivre, mais se nourrir en envisageant qu’une seule et unique source de nourriture(?) pour vivre une vie de bon serviteur. Le mot employé évoque aussi l’entraînement qui « façonne » le sportif d’une certaine manière

Il y a plus qu’une nuance, et nous devons honorer ce que Paul a dit. Cette façon de nous nourrir nous maintiendra en vie mais aussi elle nous façonnera. Elle façonnera nos pensée, nos attitudes, nos réflexes, elle nous transformera et nous avons tellement besoin d’être transformés.

Donc, être nourris dans les paroles de la foi.

Le rôle de cette nourriture qui nous est recommandée ayant ainsi été élargi, il convient maintenant de se poser la question fondamentale que se posent tous ceux qui s’apprêtent à vivre un temps d’internat :

Cette nourriture, unique régime auquel nous sommes désormais astreints, cette nourriture est-elle bonne ?

Ce n’est pas forcément une question futile car, c’est notre appétit qui dépend de cette saveur.

Je ne sais pas imaginer cette chose terrible qu’est l’anémie, mais il semble qu’elle nous guette si nous ne trouvons pas de goût à nos aliments, si nous n’y voyons pas de plaisir.

Ce fut un problème pour l’apôtre Jean :

Apocalypse 10 :8-11

De nouveau, la voix que j’avais entendue venant du ciel m’adressa la parole: Va, me dit-elle, prends le livre ouvert dans la main de l’ange qui se tient debout sur la mer et sur la terre.

Je m’approchai donc de l’ange, en le priant de me remettre le petit livre.

– Tiens, me dit-il, mange-le. Il te remplira l’estomac d’amertume, mais dans ta bouche, il sera doux comme du miel ! 10 Je pris donc le petit livre de la main de l’ange et je le mangeai. Dans ma bouche, il fut doux comme du miel, mais, après l’avoir mangé, mon estomac fut rempli d’amertume. 11 Alors on me dit: Tu dois encore prophétiser concernant beaucoup de peuples, de nations, de langues et de rois.

Je vous parlais du frigo de Huguette, ce frigo auquel je me nourris dorénavant. Il me faut confesser à son sujet une certaine frustration. Même si ma raison me dit que c’est bien, même si j’ai suffisamment de volonté pour résister à la tentation, ce qu’il me reste pour me nourrir ne m’enthousiasme pas.

Plusieurs fois par jour, je me dirige vers le frigo parce que j’ai faim ou que je crois avoir faim, je l’ouvre, je contemple le contenu et… Je referme la porte.

Ce n’est pas tout à fait de cela dont il s’agit concernant l’apôtre Jean. Lui il avait de l’appétit, lui il a mangé le rouleau de parchemin (à la base le parchemin c’est de la peau de mouton savamment tannée) et lui il a trouvé cela bon.

Cette scène bizarre qui nous est racontée dans l’Apocalypse, est un « remake » de la même scène vécue par Ézéchiel. Il s’agit donc de manger un livre, un rouleau de parchemin à priori. Sur ce rouleau sont écrites des choses venant de Dieu. Sans que l’extrapolation soit abusive on peut la encore parler des « paroles de la foi » recommandées à Timothée. Plus précisément il s’agit pour Jean comme pour Ézéchiel des paroles prophétiques qu’ils doivent délivrer aux hommes.

Les voici investis d’une mission confiée par Dieu lui même et pour laquelle il les équipe de tout le nécessaire : une parole venue de lui, inspirée par lui.

C’est un privilège exaltant. Et sur le coup, c’est bon, c’est doux. Savoureux comme le miel des abeilles.

Nous ne sommes pas investis de la même mission que ces deux hommes de Dieu, mais nous sommes au bénéfice de cette mission

et cette parole qu’ils ont assimilé ils nous l’ont transmise à leur tour et nous aussi nous en faisons notre miel.

Mais ici les choses se compliquent. En tous cas pour Jean qui précise la suite. Ce qui était bon au goût se trouve être difficile à digérer, douloureux, amer dans ses entrailles. Ça ne passe pas.

Nous avons vécu une expérience similaire il y a peu, lors du dernier Café Théo. Nous parlions de … l’Apocalypse. Par son sujet, par le fait qu’elle est une prophétie qui nous raconte un avenir qui nous concerne car nous le croyons proche, c’est avec un grand intérêt que nous lisons ce livre. Nous y trouvons des pépites comme des pépites de chocolat.

Un exemple quasi au hasard :

Apocalypse 10:6-8

Alléluia!
Loué soit Dieu!
Car le Seigneur,
notre Dieu tout-puissant,
est entré dans son règne.
Réjouissons-nous,
exultons d’allégresse
et apportons-lui notre hommage.
Voici bientôt
les noces de l’Agneau.
Sa fiancée s’est préparée.
Et il lui a été donné
de s’habiller
d’un lin pur éclatant.

Ce lin représente le statut des membres du peuple saint déclarés justes.

Mais à coté de cela il y a tout un flot de paroles dures, vengeresses. A coté de cela il y a l’immensité et la violence de la colère de Dieu qui s’assouvit. C’est insoutenable. Nous sommes déboussolés, perdus. La parole en nous devient amère, douloureuse, chez nous non plus elle ne passe pas.

Quel est ce régime qui nous rend malade de peur et de dégoût ?

Il y a une première réaction possible. Une anecdote que je veux vous raconter maintenant la résume et la stigmatise car elle n’est pas appropriée.

En ce temps là j’étais pasteur à Valleraugue. Vous n’imaginez sûrement pas la quantité de médisance que les pasteurs sont appelés à entendre. Parlant d’une sœur en Christ un paroissien me racontait l’avoir invitée avec son mari pour partager un repas. Il lui servit alors de la charcuterie de son cru.

Il semble que cette dame était au régime et que ce régime devait être assez strict.

Elle s’attaqua vaillamment au saucisson dans son assiette et à l’aide de son couteau et de sa fourchette elle en extirpa une à une les petites graines blanches et les rangea sur le bord. Elle mangea le reste, mais laissa la graisse. Outre le temps qu’il fallut, il faut reconnaître que cela ne devait plus ressembler à grand-chose, et surtout pas à du saucisson.

Nous pourrions être tentés de trier notre nourriture spirituelle de laisser sur le bord de l’assiette ce qui ne nous convient pas, plutôt ce que nous ne supportons pas. Cette censure est injuste et nous amène à nous façonner notre propre Dieu. Petit, gentillet, sans aspérité. Un Dieu qui comme le saucisson dépiauté en fait ne ressemble à rien.

Reste le fait que la parole notre seule et unique nourriture spirituelle, le contexte dans lequel nous puisons et qui nous façonne. Cette parole que nous aimons car nous la trouvons bonne, nous est parfois indigeste, amère à nos entrailles.

Que pouvons nous faire, y a t-il une solution, un remède ?

2 Rois 4:38-41

38 Elisée retourna à Guilgal. Or, la famine sévissait dans cette contrée. Un jour, ses disciples étaient assis devant lui. Il s’interrompit et dit à son serviteur: Mets la grande marmite sur le feu et prépare une soupe pour les disciples!39 Alors un membre du groupe sortit dans la campagne pour ramasser des légumes. Dans une vigne sauvage, il trouva des coloquintes sauvages et en remplit le pan de son vêtement. A son retour, il les coupa en morceaux et en remplit la marmite pour la soupe, mais personne ne savait ce que c’était. 40 On servit la soupe aux hommes, mais dès qu’ils l’eurent goûtée, ils s’écrièrent: Cette soupe est du poison, homme de Dieu!

Et ils ne purent la manger. 41 Mais Elisée ordonna: Apportez-moi de la farine!

Il en versa dans la marmite et dit: Que l’on serve ces gens et qu’ils mangent!

La soupe qui était dans la marmite ne contenait plus rien de mauvais.

Ainsi donc parfois, notre nourriture spirituelle est amère très amère, elle ferait siffler les ânes, hurler à la mort. Elle ne passe pas malgré notre faim. Si ça se trouve, c’est la famine qui menace.

Ou est notre Élisée, dans quel placard est rangée le fabuleux édulcorant, la farine miraculeuse ?

Avez vous remarqué que la solution d’Élisée montre qu’il s’agit seulement d’une question de recette. La soupe qui a été préparée était un peu trop brute, un peu trop nature, il manquait un ingrédient. Quand la farine fut rajoutée tout allait bien. En ces temps de famine ou tout manquait, il fallait quand même de la farine, un peu de farine pour rendre tout le reste consommable.

Résumons la situation : il y a la un aliment impropre, immangeable. C’est la famine et donc par définition, la farine est rare. A vues humaines, il faut l’économiser, la garder pour avoir au moins un peu à manger.

Élisée impose de mélanger les deux, au risque de tout perdre même la bonne farine. Personne ne peut espérer quoi que ce soit de cet improbable mélange, car personne ne connaît ces coloquintes.

Mais voila, rien n’est perdu et le résultat, c’est la faim apaisée, la famine qui se dissout comme une fumée.

« Dans le cochon tout est bon. »

Dans la parole de Dieu c’est pareil, tout est seulement question de recette, de préparation.

Quel est cet ingrédient rare, cet ingrédient qui rendra cet aliment complètement et toujours digeste ? Quel est cet ingrédient qui face à l’immensité de notre incompréhension viendra au secours de notre famine spirituelle et rendra notre nourriture roborative.

(roboratif = qui donne des forces).

Cet ingrédient il y en avait dans le placard de Loïs, il y en avait dans le placard de Eunice, il y en avait dans le placard de Timothée à qui Paul rappelle que toute l’écriture est bonne, bonne pour enseigner, bonne pour convaincre, bonne pour instruire.

Cet ingrédient il y en a, un peu, mais suffisamment dans votre placard.

Cet ingrédient c’est la foi.

Voilà, vous manquez de foi, je vous l’ai fait remarquer il y a peu. Vous manquez de foi, c’est la famine de la foi et vous avez un absolu besoin comme Timothée de vous nourrir dans les paroles de la foi. D’être fortifiés mais aussi modelés, façonnés par elle.

Alors ce peu de foi que vous avez, ce peu de foi que vous trouvez au fond de vous même, jetez-le !

Jetez-le dans la marmite… Vous serez alors nourris, comblés. Vous vivrez. Vous vivrez par la foi, comme il convient à un juste.

Vient donc le temps de la conclusion. La conclusion d’un repas, c’est le dessert. Ma conclusion sera-t-elle à la hauteur de ce programme universellement codifié ?…

Parlons plutôt apéritif… d’autant que l’heure en est déjà la.

C’est le temps des olives, de la cueillette des olives. S’il est un fruit amer c’est bien celui la. Brut il est immangeable, mais si l’on consacre du temps, beaucoup de temps pour sa préparation, si on le trempe et le retrempe dans la saumure, il finit par perdre son amertume et l’on découvre un goût suave, le goût du bonheur d’un bon apéritif.

Il en est de même de la parole de Dieu ne la laissez pas de coté quand vous ne comprenez pas, quand vous ne supportez pas. Revenez, revenez-y encore et encore.

Avec votre foi, elle deviendra la source de votre plus grande foi.

Psaume 119 : 89-92

Éternel, ta parole est fondée dans le ciel
et pour toujours,
et ta fidélité demeure d’âge en âge:
tu as fondé la terre, elle subsiste.
Selon tes ordres, tout subsiste aujourd’hui,
et tout, dans l’univers, se tient à ton service.
Si je n’avais pas fait de ta Loi mes délices,
j’aurais péri suite à mon affliction.

AMEN !

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