UN bis…

 

Saint Jean le 04/12/2016

(Agen le 20/11/2016)

Il se tiendra debout…

Mais toi, que feras-tu ?

2 Pierre 3:10-18

 10 Le jour du Seigneur viendra comme un voleur; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée.11 Puisque donc toutes ces choses doivent se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre piété,12 tandis que vous attendez et hâtez l’avènement du jour de Dieu, à cause duquel les cieux enflammés se dissoudront et les éléments embrasés se fondront!13 Mais nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre, où la justice habitera.14 C’est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés par lui sans tache et irrépréhensibles dans la paix.15 Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée.16 C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine.17 Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des impies, vous ne veniez à déchoir de votre fermeté.18 Mais croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ. A lui soit la gloire, maintenant et pour l’éternité! Amen!

Il y a trois semaines…

J’ai évoqué ici, l’unité des chrétiens. Être un… être le Un de Dieu.

Ce UN que nous n’avons pas à fabriquer puisqu’il existe préalablement à nous, mais ce UN que nous avons à vivre pour qu’il continue à exister.

Cette unité que nous devons nous efforcer de conserver.

Vivre… Vivre le UN de Dieu.

Aujourd’hui, je vous propose de devenir et de rester pratique. Je veux me rapprocher de vos préoccupations pour que ce que vous avez reçu il y a peu, ce que vous recevez aujourd’hui prenne racine dans votre lundi et vous accompagne au cours des temps qui viennent…

Après un plaidoyer pour une cause dont nous avons vu qu’elle était gagnée d’avance, cette cause étant celle du UN, du « être UN » des croyants, nous avons considéré les ombres qui pouvaient peser sur ce UN et qui en faisaient tristement un pluriel.

Nous avons considéré que ces ombres obscures étaient les nôtres, les ombres que sont nos limites. N’imposons pas nos limites à nos relations, nos limites étant aussi le contour de nos peurs. Nos limites tiennent aussi à notre compréhension de Dieu. Dieu est si grand qu’il dépasse notre intelligence, des questions restent sans réponses, ou alors en ont tellement que cela devient paradoxal. Tranquilles, assumons tous ces points d’interrogation non suivis de réponses.

Nous savons tout, tout ce que nous pouvons savoir, nous savons LA vérité mais il y a plus forcément plus et ce plus n’est pas une menace car ce plus relève de la nature même de Dieu, cette immensité qui nous dépasse sans nous écraser.

Nul n’a jamais vu Dieu. Dieu est trop grand pour rentrer dans aucun champ de vision.

Unité donc, unité en attendant son retour, unité à découvrir et à vivre, unité à conserver.

Mais… Car il y a un mais. Non pas une limite à considérer, juste une question de bord. Le bord de ce UN inscrit selon les termes de la nouvelle alliance, dans nos cœurs. Une certaine vigilance s’impose donc car comme le disait Alfred Jarry : « Quand on passe les bornes, il n’y a plus de limites »…

Nous sommes maintenant familier avec les images numériques, nous les manipulons avec des gestes automatiques. En particulier, nous savons utiliser le Zoom, cette lentille grossissante toujours disponible.

Voici donc un détail trop petit, nous n’arrivons pas à le distinguer suffisamment alors nous le grossissons, nous « zoomons ».

Un peu plus, oui encore plus, on va bientôt voir comprendre. Encore un peu plus grand…

Mince ! On y voit plus rien. L’écran est maintenant couvert de petits carrés, les formes et les couleurs se confondent. On dit que l’image « pixellise ». Les bords et le fond se confondent. Grossir est devenu un principe de floutage.

Tout cela parce que la définition de l’image n’est pas suffisante.

L’unité des chrétiens ne souffre pas de cette limite, de ce défaut. Elle peut être considérée dans ses moindres détails elle est toujours nette, claire.

Le bord qui lui est donné, et toujours un trait évident.

Dussé-je froisser l’un ou l’autre, il y a un dehors et un dedans. Un contour. Les choses sont nettes. Toujours nettes.

Le un peut grandir, on peut zoomer à l’infini sur l’écran de nos vies, le bord en sera toujours net précis, défini.

J’ai évoqué tout à l’heure nos peurs qui catalysent nos divisions et en font des aberrations palpables. Ce bord net, précis, du un est une enveloppe qui nous protège. Il y a un dedans et un dehors, nous sommes dedans, la tempête peut souffler, nous ne serons pas emportés par tout les vents de doctrine.

Notre monde essaie d’appliquer ce principe de netteté en construisant des murs.

L’Europe a été pendant trente ans divisée par un mur qui devait servir de bord et qui finalement est tombé. Parce que l’histoire bégaie et que les hommes n’ont pas de mémoire, c’est l’Amérique qui s’apprête maintenant à construire un mur…

Un mur n’est pas une solution pour construire un bord, a peine fini on se rends compte à quel point il gène.

Le bord, le bord net et précis du UN de Dieu n’est pas un mur et nous devons bien nous garder de tenter d’en construire un. C’est tous le sens de mon intervention ce matin.

Ce bord net du Un de Dieu est un bord défini dans une matière fantastique : Le Gore Tex. Vous savez ce textile dans lequel sont faits nos meilleurs anoraks, nos meilleures chaussures. Ce textile dit « respirant ». Dans un sens l’humidité peut passer dans l’autre elle est bloquée.

Le UN de Dieu, net et précis n’est pas une frontière infranchissable, il ne fait pas de ce UN un château fort.

Ce bord est un principe de netteté, pas un principe d’exclusion.

Il y a de la place dans le UN de Dieu et tous peuvent y rentrer, mais quand on y rentre, on sait que l’on y rentre, que l’on y est protégé, béni.

Quelle est donc la nature précise de la matière de ce bord ? S’agissant de Gore Tex, il s’agit maintenant pour moi d’enfoncer deux portes ouvertes.

croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ.

Il n’y a donc qu’une seule façon d’entrer dans le UN de Dieu. Connaître Jésus-Christ. Connaître Jésus-Christ et croître, grandir forts de cette connaissance.

Parce que il fait parti du UN de Dieu, Jésus est unique, il ne peut être confondu, assimilé. Il a aussi un bord net et précis qui le définit tout entier.

Jésus est né de la vierge Marie et Jésus est ressuscité le troisième jour. Le commencement et la fin. Le bord de l’existence terrestre de Jésus. Jésus est un homme , le verbe incarné, mais il existe entre deux miracles. Si l’on n’enlève l’un ou l’autre ce n’est plus le même Jésus, ce n’est plus Jésus. Alors son sacrifice, le sacrifice de la croix n’aurait plus de sens.

Retenons pour la texture, la trame de cette matière fantastique qui délimite le un de Dieu, la formulation du symbole des apôtres : « Il est né de la vierge Marie, Il a souffert sous Ponce Pilate et Il est ressuscité le troisième jour. ». Net et clair, la trame du bord du UN de Dieu.

Mais tout textile aussi extraordinaire soit t-il est composé de deux éléments distinct et pourtant intimement fusionnels. Il y a la trame et nous venons de voir sa nature, mais il y a aussi la chaîne autour de laquelle la trame est disposée de façon absolument inextricable.

La nature de la chaîne de ce divin Gore Tex nous est précisée :

15 Croyez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit, selon la sagesse qui lui a été donnée.16 C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine.

La chaîne est donc c’est donc cette Écriture qui nous est donnée pour que nous puissions connaître de Dieu ce qui nous en est connaissable. La Parole de Dieu.

A cause de nos limites, des limites de notre intelligence cette Parole est parfois difficile à comprendre, et cette difficulté engendre des compréhensions différentes…

Cette difficulté n’est pas organisation de l’obscurantisme, juste manifestation de nos limites face à la grandeur de ce Dieu qui nous aime.

Ne pas tordre, ne pas abîmer, ne pas déformer. A prendre donc avec le plus grand respect. Avec ce livre nous avons dans nos mains plus que ce qu’elles peuvent contenir.

Nous avons là la référence absolue. Une référence on y touche pas sinon ce n’est plus une référence.

Une référence on la consulte, on la sonde et on s’y conforme. Ainsi elle tient son rôle et seulement ainsi.

Sola scriptura proclamait Luther en 1521. L’Écriture seule. Mais l’écriture entière, l’écriture droite, pas triturée, pas tordue.

L’Écriture.

Parce que c’est une tâche trop difficile et forcément limitée, tous les théologiens devraient relativiser l’importance de leur travaux d’explication de la Parole de Dieu.

Ils devraient systématiquement conclure de façon sage, à la manière de l’Ecclésiaste :

« Vanité des vanités, tout est vanité »

Ainsi est donc définie, chaîne et trame, l’enveloppe, le bord du Un de Dieu.

Le UN de Dieu, bien entouré, bien protégé, bien défini par son enveloppe si merveilleuse. Son enveloppe textile, comme une robe de mariée. L’Église, l’Église Universelle, l’épouse du Christ Jésus.

Et toujours cet ordre :

« Au point ou nous en sommes, marchons d’un même pas… »

Quel pas avons nous fait ensemble ?

Je ne sais pas si il est grand ou si il est petit, mais je sais que maintenant nous avons en nous les moyens d’obéir à cet ordre.

Nous pouvons enfin lire recevoir assumer le chapitre 14 de l’épître aux Romains : (passim)

1 Faites accueil à celui qui est faible dans la foi, et ne discutez pas sur les opinions

4 Qui es-tu, toi qui juges un serviteur d’autrui? S’il se tient debout, ou s’il tombe, cela regarde son maître. Mais il se tiendra debout, car le Seigneur a le pouvoir de l’affermir

13 Ne nous jugeons donc plus les uns les autres; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d’achoppement ou une occasion de chute

Dans la douce et protectrice enveloppe du UN de Dieu, nous avons une responsabilité. Tels que nous sommes, nous y sommes entrés avec nos forces, car nous avons des forces, mais aussi avec nos faiblesses. Nos faiblesses causent problèmes et divisions.

Nous ne pouvons pas nous satisfaire du statu quo.

Paul nous suggère une démarche et cela commence par un petit mot, un verbe :

« Accueillir »

Accueillir doit rester un geste simple. Ne jamais oublier que cet accueil n’a de sens et d’usage que dans le cadre du UN de Dieu. Dans la limite de la trame Jésus-Christ et de la chaîne Parole de Dieu.

Dans ce cadre l’accueil est sans condition. Sans discussion est-il précisé.

Ensuite ? Nous ne sommes pas les gardiens de nos frères, nous ne sommes pas concernés par l’esprit de Caïn.

Mon frère, mon semblable pourtant tellement différent d’autant plus différent qu’il porte peut-être le nom d’un autre groupe de croyants, mon frère donc est serviteur comme moi du Dieu vivant comme moi il a la loi de Dieu inscrite dans son cœur. Il ne la comprend pas de la même façon, de plus moi je ne sais pas faire la différence entre son éventuel refus d’obéir et la différence de compréhension qu’il en a.

Je ne suis pas son juge…

Je répète cette phrase car il conviendrait que nous la sachions par cœur, il conviendrait qu’elle commande nos réflexes de chrétien selon les lois de Pavlov :

Je ne suis pas son juge…

Je ne suis pas son juge…

Je ne suis pas son juge…

C’est bon ? c’est rentré ? Allez encore un petit coup pour plus de sureté :

Je ne suis pas son juge !

Pilate non plus ne voulait pas être le juge de Jésus. Alors il s’en est lavé les mains et d’autres ont jugé. Ce n’est pas bien beau et ce n’est pas cela qui nous est proposé.

Je ne suis pas son juge, mais je ne m’en lave pas les mains, je ne le laisse pas se débrouiller. Je ne suis pas son juge, mais j’ai quand même une responsabilité et cette responsabilité, je dois l’assumer.

Il se tiendra debout, ils tiendra debout d’autant mieux si moi même je suis debout à ses cotés. UN avec lui.

Il n’y a qu’une alternative à cette proposition, si je ne suis pas debout moi aussi, c’est que je suis devenu une pierre d’achoppement, une occasion de chute.

Vraiment si je veux que mon frère reste debout, et je dois le vouloir, la meilleure solution c’est que je veille moi-même à rester debout. A coté de lui, UN.

Si je ne suis pas debout il va buter sur moi, il va chuter. Et même si mon aveuglement me confit alors dans l’orgueil, ce sera moi la cause de sa chute, moi le responsable.

Moi, responsable de l’existence ou de la non existence du UN de Dieu.

La boucle est bouclée, la parole est donnée.

Vanité des vanités, tout est vanité.

Ne reste plus que la prière :

Seigneur,

Consacre-les par la vérité. Ta Parole est la vérité.

Amen !

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :