Une promesse pour vous et vos enfants

Par David Loché

Exode 20.1-5

Le verset que nous lisons ici n’est pas celui qui vient le plus souvent à nos esprits. Je l’ai rarement entendu dans une réunion de prière. Pourtant, il indique la raison pour laquelle nous ne devons pas adorer un dieu qui nous convienne et pourquoi nous lui devons respect crainte et obéissance. C’est un Dieu jaloux, c’est aussi un Dieu qui punit la faute et c’est un Dieu qui bénit au-delà de toute mesure. Nous allons expliquer cela mais en filigrane se posera une question. Est-ce que vraiment dieu fait porter la faute des parents sur les enfants ? Vous le voyez c’est un gros sujet !

Un Dieu jaloux ?

Nous apprenons tout d’abord que Dieu est un Dieu jaloux. Reconnaissons qu’au premier abord cela nous dérange. Qu’entend donc Dieu par jaloux ?

Tout d’abord, lorsqu’on parle de jalousie, c’est un sentiment très laid que nous confondons avec l’envie et la convoitise condamnées par Dieu dans le 10ème commandement. Mais nous ne devons pas tomber dans l’erreur qui consiste à plaquer sur Dieu nos manières d’éprouver des sentiments. La jalousie est souvent envieuse, parfois haineuse et témoigne souvent d’une frustration affective ou matérielle. Dans un couple par exemple elle manifeste souvent une frustration affective, un amour non assouvi.

En ce qui concerne Dieu, II n’est est pas ainsi. Dieu n’est pas frustré par notre manque d’amour. Lorsque Dieu parle de Sa colère, de Sa jalousie ou même de Son amour, il utilise des sentiments que nous éprouvons tous mais qui sont, chez nous, marqués par le péché. Dieu est Saint, c’est pourquoi, nous ne devons pas plaquer notre manière d’éprouver de la jalousie, de la colère ou de l’amour sur Dieu.

Mais ce n’est pas tant un amour pour nous qui le rend jaloux mais plutôt un zèle ardent pour l’honneur de son nom.

Esaïe 48.11 C’est pour l’amour de moi, que je veux agir; Car comment mon nom serait-il profané ? Je ne donnerai pas ma gloire à un autre.

Quand Dieu agit en faveur de son peuple c’est avant tout par égard pour Son nom, c’est-à-dire son honneur, sa réputation, sa gloire. En même temps. Dieu se choisit un peuple et lui fait porter son nom. L’amour pour son nom est intimement lié à l’amour pour son peuple et nous ne devrions pas séparer les deux.

Vous n’êtes pas convaincu par cette jalousie de Dieu ? Jugez plutôt. Que dirait-on d’un mari qui n’éprouverait aucune colère, aucune jalousie, aucune sorte de sentiment, qui resterait impassible alors que son épouse le trompe ouvertement ? Le moins que l’on puisse faire, c’est de s’interroger de la profondeur d’amour de ce mari. La jalousie de Dieu est un sentiment normal face à son honneur bafoué. Dieu est un Dieu jaloux parce qu’il s’est choisi un peuple pour glorifier son nom et quand dans notre vie, nous préférons entretenir nos idoles, nous bafouons cet amour et son honneur.

Un Dieu qui punit ?

Mais que penser de ce qui suit ? Comment est-ce qu’un Dieu juste peut faire subir la faute des pères sur les fils ? Pour commencer reconnaissons que c’est un texte dont l’interprétation est difficile. Si nous ne voulons pas tomber dans l’idolâtrie d’un dieu façonné par notre cœur qui veut toujours excuser notre péché, nous devons assumer une chose. En certaines occasions, Dieu a fait porter sur les fils la faute des pères.

Oui parfois

Tout d’abord, un épisode terrible vient à notre esprit. Il s’agit de l’épisode de la libération d’Egypte. Par l’intermédiaire de Moïse, Dieu avait prévenu Pharaon qu’il devrait payer sa désobéissance au prix de tous les premiers nés d’Egypte. C’est ce qui arriva quand l’ange de l’Eternel exécuta la dixième plaie épargnant les familles Israélites qui avaient manifesté leur foi. Toutes les autres furent frappées.

Le second épisode que nous pourrions évoquer est celui de l’adultère de David avec Bath Shéba, suivi du meurtre d’Urie le Hittite. Cette faute, David dut la payer au prix de l’enfant fruit de cette union.

Nous pourrions trouver injuste que l’Eternel agisse ainsi mais qui sommes-nous pour nous révolter contre le Seigneur ? Qui lui dira : Que fais-tu là ? La crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse (Pr.9.10). Laissons-lui le droit d’accomplir la justice comme II l’entend. David lui-même a choisi l’acceptation. Ne nous indignons pas plus que le père de cet enfant.

Nous pourrions encore évoquer d’autres situations mais je crois que les exemples que nous venons de rappeler sont des cas particuliers sans rapport direct avec notre texte.

Tous marqués par les fautes de nos pères

Si nous prenons un petit peu de recul, nous verrons que nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre, marqués par les péchés de nos pères. Lorsqu’Adam et Eve on désobéit, le péché est entré dans le monde. Nous portons tous l’héritage de cette désobéissance : la séparation avec Dieu, la corruption du corps et toutes sortes de souffrances, maladies, maltraitances, perversions en tout genre et mort. Cet héritage, nous le transmettons aussi à nos enfants de telle sorte que la malédiction ne s’est pas seulement étendue sur trois ou quatre générations mais à toute l’humanité.

Avant de nous révolter contre cette punition de Dieu sur trois ou quatre générations réfléchissons à notre rôle dans cette punition…

Nous savons tous que nos choix d’adultes ont des conséquences sur les choix de nos enfants. Les chiens ne font pas des chats.

En lisant vos Bibles, vous constaterez qu’à plusieurs reprises, les choix des parents ont eu des conséquences sur des générations.

Prenons l’exemple de l’histoire Jacob. Dans ce récit, nous avons la description d’une famille dysfonctionnelle. Isaac préférait Esaü parce qu’il aimait le gibier. Rebecca préférait Jacob parce qu’il restait sous les tentes. Mais il n’est fait nulle part mention d’un dialogue entre Isaac et Rebecca. Au contraire, elle encouragea son fils à mettre en place un stratagème pour tromper son mari. Il y avait un différend entre Isaac et Rebecca et le chemin du pardon n’avait pas encore été trouvé. Cette situation a eu des conséquences terribles sur la vie et les choix de Jacob. Plus tard, cette préférence pour un enfant s’est transmise en quelques sortes à Jacob qui s’est mis à préférer Joseph. Ce favoritisme a provoqué une telle jalousie au sein de la famille, que Joseph est devenu l’ennemi de tous ses frères. Ils le laissèrent pour mort et le vendirent à une caravane d’Ismaélites. Lorsque nous ne prenons pas soin de donner à nos enfants un amour égal, nous préparons des difficultés pour la génération suivante.

Des parents qui sont prêts à faire le tour du monde en laissant leurs enfants chez les grands parents donnent un message. Un papa qui donne sans compter pour son travail et passe toutes ses soirées en dehors de la famille donne un signal à ses enfants. Comme semble le suggérer le texte des 10 commandements, notre idolâtrie a des conséquences sur la construction de nos enfants. Chaque fois que nos actes n’ont pas pour motif principal la gloire de Dieu, nos enfants détectent ce signal et l’enregistrent. Ils reproduisent nos erreurs parce qu’ils n’ont pas appris autre chose et c’est en cela que se trouve la malédiction. 3 ou 4 générations c’est le temps de l’influence d’une vie.

Il faut dire que le contraire aussi existe. Des parents qui font des actes de foi importants dans leur vie et mettent à l’épreuve la fidélité du Seigneur, vont nécessairement marquer leurs enfants, imprimer les bénédictions de Dieu dans leurs esprits. Des parents qui décideront de passer du temps avec leurs enfants et sauront leur dire qu’ils les aiment non seulement en mots mais aussi en actes, imprimeront ce qu’est l’amour dans leurs cœurs. Ainsi la bénédiction elle aussi s’hérite. Nos choix ont des conséquences morales et spirituelles pour la génération qui suit, jusque dans l’éternité c’est pourquoi il nous faut évaluer avec crainte ces choix.

Un Dieu qui bénit

Mais à bien y réfléchir, ce qui nous dérange dans le verset que nous étudions aujourd’hui est, en quelques sortes, l’arbre qui cache la forêt. Ce qui devrait vraiment nous frapper, c’est que Dieu bénit.

Ex.20. 6 …j’agis avec amour jusqu’à la millième génération envers ceux qui m’aiment et qui obéissent à mes commandements.

Autrement dit, la grâce de Dieu surpasse de 330 à 250 fois le jugement. Ne prenons pas les chiffres au pied de la lettre mais regardons plutôt ce qu’ils signifient. Dieu a, avant tout, un désir de bénir ses les hommes créés à Son image. Il ne serait pas Dieu et Son nom serait outragé si, après les avoir créées il les abandonnait à leur propre sort. Dieu ne prend pas plaisir à ce que le méchant périsse (Ez.18.23). Souvenons-nous de Sa grâce et essayons de comprendre comment Dieu punit.

Si nous revenons au récit de la chute, là où tout a commencé, là où le péché s’est transmis à toutes nos générations, voici ce que Dieu dit lorsqu’il chassa l’homme du jardin d’Eden :

Gn.3.22 Voici que l’homme est devenu comme l’un de nous pour le choix entre le bien et le mal. Maintenant il ne faut pas qu’il tende la main pour cueillir aussi du fruit de l’arbre de la vie, qu’il en mange et qu’il vive éternellement.

Lorsque les premiers humains ont désobéi, ils se sont trouvés séparés de Dieu et c’est ce que la Bible appelle réellement la mort, mort spirituelle transmise à toutes les générations jusqu’aujourd’hui. Mais la mort physique intervient quant à elle, lorsque Dieu dit : que l’homme ne vive pas éternellement. Autrement dit, la mort spirituelle, séparation d’avec Dieu est la conséquence de notre désobéissance. La mort physique intervient lorsque l’homme est chassé de la présence de l’arbre de la vie qui est au milieu du jardin.

Et ce qui est apparemment une punition est en fait une porte de sortie. Car si l’homme devait vivre éternellement séparé de Dieu, il devrait assumer une mort spirituelle éternelle. En faisant intervenir la mort, Dieu permet la résurrection pour une vie nouvelle et surtout il ouvre la possibilité à ce que Jésus meure sur une croix pour porter nos péchés et payer la dette de notre révolte à notre place. Merveilleuse révélation du plan d’amour de Dieu et profondeur insondable de son intelligence. Une bénédiction de Dieu se cache toujours derrière une malédiction. Si Dieu punit pendant trois ou quatre générations, c’est pour attirer à Lui les 1000 générations de ceux qui le haïssent afin qu’ils comprennent que leurs péchés ont des conséquences. La vraie malédiction serait que Dieu les laisse tranquille !

Et puis lorsque nous interprétons un verset de la Bible, une règle doit être appliquée, celle de l’analogie de la foi. Autrement dit, ne laissons pas dire au diable, II est écrit (Mt.4.6) mais répondons comme Jésus, il est aussi écrit (Mt.4.7).

L’enfant qui a toujours été brisé devient une nouvelle créature. Il reçoit une nouvelle identité et devient Fils de Dieu et son cœur autrefois piétiné est restauré.

L’enfant qui a subi des violences voit son cœur de pierre changé en cœur de chair et la violence qu’il fait subir aux autres est brisée.

L’Evangile brise l’hérédité du péché, il brise la spirale répugnante et morbide qui pénalise la vie des enfants. Jésus est mort sur une croix pour que vous soyez libérés des comportements hérités de vos pères et mères. Jésus est l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde.

Changez car cette promesse est pour vous et pour vos enfants

Mais pour vivre cela, il ne suffit pas de dire j’ai accepté Jésus dans mon cœur. Il faut changer de vie, naître de nouveau et suivre Christ. L’Evangile ne peut en rester à une repentance superficielle mais appelle à un changement de vie radical pour obéir au maître. Lorsque l’Esprit Saint a été répandu à la pentecôte, Pierre a expliqué les événements extraordinaires comme étant l’accomplissement de ce qu’avaient annoncé les prophètes. Il nous est rapporté que :

Actes 2.37 Ce discours toucha profondément ceux qui l’avaient entendu, ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres : Frères, que devons-nous faire ? 38 Pierre leur répondit : Changez, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus-Christ, pour que vos péchés vous soient pardonnes. Alors, vous recevrez le don du Saint-Esprit. 39 Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour ceux qui vivent dans les pays lointains, tous ceux que le Seigneur notre Dieu fera venir à lui.

Changez, c’est l’interpellation de l’Evangile. Changez, si vous voulez voir de grandes choses dans votre vie. Changez pour mettre Dieu au défi de ses promesses. Changez afin que vos enfants mais aussi tous ceux qui vous entourent puissent voir la puissance de transformation de l’Evangile. Changez car les promesses de Dieu sont pour vous et pour vos enfants en aussi grand nombre que Dieu les appellera. Ce que nous devons retenir, c’est que la bénédiction de Dieu est démesurée en rapport avec sa bénédiction. Laissez ceux qui le haïssent et les conséquences de leurs actes mais changez car le Seigneur veut vous bénir.

Amen

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