Virement de bord

Saint-Jean le 23 Avril 2017

Virement de bord…

La vie est un long fleuve tranquille…

Pas pour Paul, pas pour moi et très sûrement pas pour vous non plus. La vie elle ressemble plutôt à une navigation hauturière sur une mer démontée dans une embarcation à voile… C’est compliqué.

Bien souvent on veut aller dans une certaine direction et on n’y arrive pas, il faut lutter contre le vent, « remonter » disent les marins. Louvoyer.

Si l’on considère la vie chrétienne de Paul dans son ensemble on voit qu’elle suit une direction très nette : Paul va d’est en ouest. Immédiatement après sa conversion Paul va en Arabie, il y reste deux ou trois ans. Nous ne savons rien de ce temps qui semble avoir été celui de la formation. Il revient ensuite vers l’ouest, vers Tarse et Antioche puis part encore vers l’ouest vers la Galatie, une partie de la Turquie actuelle, toujours il continue vers l’ouest, vers l’ouest de la Turquie et l’Europe enfin avec la Macédoine et la Grèce. Toujours plus à l’ouest il finira par arriver à Rome et manifeste alors l’intention d’aller en Espagne : Vers l’ouest, toujours vers l’ouest.

Cela semble clair quand on regarde de loin, mais quand on considère le trajet réel de l’apôtre, on a plutôt l’impression du vol désordonné d’une mouche qui se cogne contre une vitre…

C’est que Paul a appliqué la technique des marins qui remontent contre le vent, il a tiré des bords… Aller dans une direction puis dans une autre, rarement dans celle que l’on veut vraiment suivre car elle est impossible mais en gardant l’idée, le point de repère, afin de s’en rapprocher toujours.

Y a t-il une direction dans votre vie, dans votre vie de chrétien ? Allez vous quelque part, avez vous une direction qui découlerait de votre appel au service de Dieu ? Sûrement, peut-être n’en êtes vous pas vraiment conscients, mais il y en a une, il vous appartient avec l’aide du Saint Esprit de la découvrir d’y poser des jalons. Mais la, attention, c’est strictement personnel, pas question de copier sur le voisin !

Dans ce vaste chaos qu’est le monde, nous naviguons à vue et de temps à autre pour aller ou nous allons, il nous faut changer de direction, changer de vie ou tout au moins changer la vie, notre vie.

Virer de bord.

C’est ce que Paul est en train de faire quand nous le retrouvons :

Actes 20:17-38

17 Pendant l’escale à Milet, il envoya quelqu’un à Ephèse pour demander aux responsables de l’Eglise de venir le rejoindre.

18 Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur dit:
—Vous savez comment je me suis comporté pendant tout le temps que j’ai passé parmi vous, depuis le jour de mon arrivée dans la province d’Asie.

19 J’ai servi le Seigneur en toute humilité, avec des larmes, au milieu d’épreuves suscitées par les complots des Juifs.

20 Vous savez aussi que, sans rien vous cacher, je vous ai annoncé et enseigné tout ce qui pouvait vous être utile, soit publiquement, soit dans vos maisons.

21 Sans cesse, j’ai appelé Juifs et Grecs à se tourner vers Dieu et à croire en Jésus, notre Seigneur.

22 Et maintenant, me voici en route pour Jérusalem. L’Esprit m’y oblige, mais j’ignore ce qui m’y arrivera.

23 Tout ce que je sais, c’est que le Saint-Esprit m’avertit de ville en ville que je dois m’attendre à être emprisonné et à connaître bien des souffrances.

24 Ma vie m’importe peu, je ne lui accorde aucun prix; mon but c’est d’aller jusqu’au bout de ma course et d’accomplir pleinement le service que le Seigneur m’a confié c’est-à-dire de proclamer la Bonne Nouvelle de la grâce de Dieu.

25 Et maintenant, je le sais: vous tous, au milieu de qui j’ai passé en prêchant le règne de Dieu, vous ne me reverrez plus.

26 C’est pourquoi je vous le déclare solennellement aujourd’hui: je suis dégagé de toute responsabilité à votre égard,

27 car je vous ai annoncé tout le plan de Dieu, sans rien passer sous silence.

28 Veillez donc sur vous-mêmes et sur tout le troupeau de l’Eglise que le Saint-Esprit a confié à votre garde. Comme de bons bergers, prenez soin de l’Eglise de Dieu qu’il s’est acquise par son sacrifice.

29 Je le sais: quand je ne serai plus là, des loups féroces se glisseront parmi vous, et ils seront sans pitié pour le troupeau.

30 De vos propres rangs surgiront des hommes qui emploieront un langage mensonger pour se faire des disciples.

31 Soyez donc vigilants! Rappelez-vous que, pendant trois années, la nuit comme le jour, je n’ai cessé de vous conseiller un à un, et parfois même avec larmes.

32 Et maintenant il ne me reste plus qu’à vous confier à Dieu et à sa Parole de grâce. Il a le pouvoir de vous faire grandir dans la foi et de vous assurer l’héritage qu’il vous réserve avec tous ceux qui lui appartiennent.

33 Je n’ai désiré ni l’argent, ni l’or, ni les vêtements de personne.

34 Regardez mes mains: ce sont elles, vous le savez bien, qui ont pourvu à mes besoins et à ceux de mes compagnons.

35 Je vous ai montré partout et toujours qu’il faut travailler ainsi pour aider les pauvres. Souvenons-nous de ce que le Seigneur Jésus lui-même a dit: «Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir.»

36 Après avoir ainsi parlé, Paul se mit à genoux et pria avec eux.

37 Tous, alors, éclatèrent en sanglots et ils se jetaient au cou de Paul pour l’embrasser.

38 Ce qui les affligeait surtout, c’était de l’avoir entendu dire qu’ils ne le reverraient plus. Puis ils l’accompagnèrent jusqu’au bateau.

Actes 21:3-14

3 Arrivés en vue de Chypre, nous l’avons laissée sur notre gauche et nous avons continué notre route vers la Syrie, pour débarquer à Tyr où le navire devait livrer sa cargaison.

4 Il y avait là des disciples. Après les avoir trouvés, nous sommes restés sept jours avec eux. Or ceux-ci, poussés par l’Esprit, conseillaient à Paul de ne pas se rendre à Jérusalem.

10 Nous étions déjà là depuis plusieurs jours, lorsqu’arriva de Judée un homme appelé Agabus qui avait ce même don.

11 Il vint nous trouver, prit la ceinture de Paul et s’en servit pour s’attacher les pieds et les mains.
—Voici ce que déclare l’Esprit Saint, dit-il. L’homme à qui appartient cette ceinture sera attaché de cette manière par les Juifs à Jérusalem, puis ils le livreront entre les mains des païens.

12 En entendant cette déclaration, nous avons supplié Paul, nous et les croyants de Césarée, de ne pas monter à Jérusalem.

13 Mais il nous répondit:
—Que faites-vous là? Voulez-vous me briser le cœur avec vos larmes? Je suis tout à fait prêt, moi, non seulement à aller en prison, mais même à mourir à Jérusalem pour le Seigneur Jésus.

14 Comme nous n’arrivions pas à le faire changer d’avis, nous n’avons plus insisté et nous nous sommes contentés de dire:
—Que la volonté du Seigneur soit faite!

Paul vient donc de passer six années, pas forcément faciles, entre l’ouest de la Turquie, la Macédoine et la Grèce. Il est resté 3 ans à Éphèse, 1 an et demi à Corinthe et entre temps à voyagé dans toute la région. Six ans ce n’est pas rien, c’est tout un pan d’une vie, des habitudes, des rencontres, des liens établis sur la durée qui se nouent fortement. Puisque cela dure on croit que cela durera encore, toujours peut-être…

Mais voilà, le Saint-Esprit n’est pas de cet avis. Paul doit partir, reprendre sa route, sa tâche dans cette région est terminée. Partir vers l’ouest ? Euh … en fait oui, mais la route vers l’ouest passe par Jérusalem… Un peu comme si ici en voulant aller à Nîmes, on partait vers Génolhac… Tirer des bords comme sur un bateau à voile, aller à droite puis à gauche puis à droite puis à gauche pour finalement aller tout droit.

Paul pour continuer sa route avec Dieu, vire de bord. Si ce n’est le confort, il lui faut quitter ses habitudes, ses relations, laisser béant le trou de son absence et se jeter dans l’inconnu, le danger encore accru.

Paul a la pleine conviction qu’il doit agir ainsi. Il le fera.

Paul se met en route, sa nouvelle route. Au moment de s’éloigner vraiment, il convoque les anciens de l’Église d’Éphèse qu’il n’a pas vu depuis un moment, il leur annonce sa décision, mais et c’est cela qui est étonnant et qui pour moi à déclenché cette méditation, il se justifie, comme si il voulait désamorcer un éventuel procès pour délit de fuite, il semble demander un exeat, un billet de sortie…

Je vous ai tout dit répète t-il avec insistance…

J’ai été honnête, je ne vous ai pas exploité…

Malgré les multiples difficultés j’ai fait tout ce que j’ai pu…

Troublant, à l’heure ou dans notre monde, on cultive le droit de ne pas avoir à se justifier de quoi que ce soit.

C’est qu’il y a partir et partir. Le départ peut être une fuite, une façon d’abandonner des problèmes que l’on n’a pas su régler, il s’agit alors d’un abandon de poste. Paul ne fuit pas, n’abandonne pas, il avance. C’est complètement différent. C’est cela qu’il démontre. Mais à qui démontre t-il cela ? Aux anciens d’Éphèse ? Oui sûrement mais ceux-ci n’en demandaient pas tant, leur problème, leur problème essentiel est un problème affectif : ce qui leur est dur ce n’est pas la charge qui maintenant va peser sur eux, ce qui leur est dur c’est la perspective de perdre un ami, un frère. Ils ne peuvent se faire à l’idée de ne plus le voir. Ils n’ont pas imaginé un instant faire rendre des comptes à l’Apôtre.

Paul en fait se parle aussi à lui même, il énonce à haute voix ses certitudes pour qu’elles résonnent dans son âme : Je ne fuis pas, j’avance.

[

Vous rappelez vous ces paroles d’une vieille chanson de Michel Sardou ?

« Mes chers parents je pars,

Je vous aime mais je pars,

Vous n’avez plus d’enfant ce soir,

Je ne m’enfuis pas, je vole… »

C’est tout à fait ça.

]

Pourquoi cette insistance, pourquoi se justifier quand personne ne vous demande rien ?

C’est qu’un virement de bord dans une vie est un moment difficile, un moment de profonde remise en cause, un virement de bord ne peut être bâclé sous peine d’échec.

Là, il me faut réunir mes souvenirs de ma pratique de la voile et vous les présenter.

Sur un voilier, le virement de bord est un moment particulier, incertain. On avance dans une direction, tout est réglé pour cela, et l’on va partir dans une autre direction ou les réglages seront complètement différents. Entre ces deux modes de fonctionnement, il y a une période bizarre suspendue dans le temps. Plus le bateau est lourd, chargé, lent, plus ce temps est long. Il ne faut pas céder à la panique et il faut que tout soit net pour que toute les manœuvres à accomplir se fassent sans heurts. Avant le virement de bord on vérifie que tout est bien rangé, en place. C’est ce que vient de faire Paul : vérifier en déroulant une « check list » que tout est en ordre.

Si vous avez la conviction d’avoir à changer de vie ou changer quelque chose dans votre vie, c’est aussi ce que vous devez faire avant d’engager la manœuvre.

Ensuite, hé bien : C’est parti mon kiki !

Paul lève l’ancre, direction Jérusalem…

Quand le bateau vire, il est instable, il bouge beaucoup de façon désordonnée, il y a une seule chose à faire, serrer les dents et attendre que cela passe. Bientôt tout sera réglé mais en attendant, c’est la révolution. Dans la vie de Paul il en est ainsi. Le Saint-Esprit lui a dit « va à Jérusalem » mais il lui a dit aussi, « ce ne sera pas facile, tu seras battu, tu iras en prison… ». Mais le Saint-Esprit ne parle pas que à Paul, il parle aussi aux hommes et aux femmes que Paul rencontre : « Tu seras battu, tu iras en prison… » avec cette conclusion : « Ne vas pas à Jérusalem ! ».

Troublant. Moment instable et qui se prolonge.

Remarquons que Luc, l’auteur du livre des Actes prend soin de préciser que tous ceux là sont poussés par l’Esprit quand ils émettent un avis. L’Esprit soufflerait-il le chaud et le froid ? Troublant. Dans cette agitation le doute pourrait très bien s’installer.

Le Saint Esprit agent double, ou au moins agent trouble ? Non bien sur, non bien évidemment…

Il convient ici de préciser la situation particulière et inconfortable de celui qui change de vie, de direction. Cet homme ou cette femme est donc habité par une conviction, il ne sait peut-être pas vraiment la justifier à vues humaines, mais c’est une conviction. Comment Paul pourrait-il justifier son entêtement à se fourrer dans la gueule du loup ? Juste il sait que c’est la volonté de Dieu. En partant, il crée un trou, une déchirure quelque chose qui sera dur à réparer, il se fait lui même fauteur de trouble. Et il part pourquoi ? Pour un avenir trop certainement noir, de l’avis unanime ; lui même ne se berce pas d’illusions, il se peut même que ce soit vers la mort qu’il aille.

Vous qui vous apprêtez à changer de direction, vous qui êtes en plein virement de bord, vous avez une conviction, mais ne vous attendez pas à être compris, ne vous attendez pas à ce que tous partagent cette conviction. Les autres ne considèrent que le coté humain, même les mieux intentionnés : à la limite ils pourraient accepter un changement, mais ils trouveront toujours que le prix à payer est exorbitant par rapport au statu quo, votre conduite sera toujours pour eux une conduite à risque, au mieux inutile et plus certainement dangereuse.

Au milieu de la cacophonie des pleurs et des lamentations, remarquons quand même une belle unité : A Jérusalem Paul sera battu et emprisonné. Tous le disent, même Paul. Seules les conclusions sont divergentes. Paul campe sur ses convictions d’avoir à le faire et les autres pensent qu’il ne doit pas le faire.

Il faut donc distinguer la conviction que donne l’Esprit et l’usage qui en est fait. Car cette unanimité que je viens de relever est bien évidemment celle de l’Esprit, l’Esprit ne sème ni le doute, ni le trouble, son message est simple et clair. Je répète ce message unique donné à tous par l’Esprit dans le récit qui nous occupe : « A Jérusalem Paul sera battu et emprisonné ». Que faire d’un tel message ? D’abord il y a l’attitude humaine, intelligente, évidente : puisqu’on le sait, il faut éviter ça, il ne faut pas que Paul aille à Jérusalem. En fait, cela paraît intelligent et évident mais c’est purement incohérent à la limite de l’aveuglement, et à ce titre la, c’est encore plus humain.

« A Jérusalem Paul sera battu et emprisonné » C’est une prophétie, qui dit en premier que Paul ira à Jérusalem et en second qu’il y sera battu et emprisonné. Il ne sert à rien de chercher à l’en dissuader, La prophétie donnée par l’Esprit dit qu’il ira…

Mais en attendant, le bateau roule d’un bord sur l’autre, et la situation de Paul est inconfortable, agitée.

Le doute d’abord :

Ai-je raison de faire ce que je fais ?

Est-il encore temps de faire demi tour ?

La culpabilité ensuite :

Ai-je le droit de faire souffrir ces amis, ces frères ?

Je les déçoit, ce n’est pas bien …

Au risque de paraître sans cœur Paul persiste, il ira a Jérusalem. Bientôt le bateau touchera terre, ce sera la Palestine, Jérusalem. Bientôt… Bientôt, le virement de bord sera achevé, la route continuera dans l’autre direction.

Déjà la question affective semble trouver une issue : « Que la volonté du Seigneur soit faite ! » proclament ils, enfin à l’unisson. Le début de la consolation, le début de l ‘espoir, La Foi, la Foi de retour…

Dieu agit, suivons.

Dieu agit, obéissons.

Dans cette tempête de bon sentiments, de pleurs, de cris, de raisonnements biaisés par un amour mal maîtrisé, comment Paul a t-il pu résister , continuer, persister ? Comment a t-il pu rester inflexible ? Le mot nous choque, mais c’est bien de cela qu’il s’agit : Inflexible. Outre la loi que tous les navigateurs connaissent et qui veut qu’un virement de bord doit absolument aller à son terme sous peine de catastrophe, Il y a peut être autre chose et c’est par cela que je conclurai.

Quelques mois plus tôt, Paul était à Corinthe, déjà il préparait l’avenir. Il écrivait une lettre aux chrétiens de Rome, il leur faisait des recommandations, il leur annonçait sa venue dont il ne savait ni la date, ni les conditions. Sans doute n’imaginait-il pas que ce serait pieds et poings liés qu’il entrerait dans la capitale de l’empire. Au passage il saluait ses amis Priscille et Aquilas rencontrés à Éphèse et qui étaient déjà rentrés chez eux à Rome.

Peut-être dans ces instants difficiles se souvenait-il de ces mots qu’il avait dictés alors :

«  Tout ce qui n’est pas le fruit d’une conviction est péché » Romains 14 verset 23.

Si Paul est resté debout, si il a réussi son virement de bord, c’est qu’il est resté inflexible, intransigeant sur la conviction que l’Esprit lui avait donné. Il s’y est accroché et ne l’a pas lâchée.

Je n’ai pas idée de qui cette prédication concerne ici, ce matin, je sais juste que, au moins, elle me concerne moi et c’est déjà beaucoup. En tous cas qui que vous soyez qui vous engagez ou qui êtes engagés dans une remise en cause profonde de votre existence retenez l’exemple de Paul.

Avant toutes choses il convient de mettre vos affaires en ordre. Votre virement de bord ne peut pas, ne doit pas être une fuite. Ensuite, ne comptez pas être compris, soutenu, votre démarche est strictement personnelle et vous avez donc un temps d’avance sur tous ceux qui vous entourent. Ils comprendront, ils reviendront… Plus tard. Sachez ensuite, mais vous le savez déjà, qu’il va y avoir un moment ou vous serez ballottés, bousculés, seuls, en proie au doute et à la culpabilité. Accrochez vous. C’est la qu’il faut être fort. A ce moment il ne vous reste qu’une chose pour pouvoir continuer : votre conviction, celle que l’Esprit a placé en vous. Elle vous tiendra droits, inflexibles pour que le virement de bord finisse vite et bien.

Ce discours se termine et il se termine un peu en queue de poisson car en fait vous n’avez pas le choix :

« Tout ce qui n’est pas le fruit d’une conviction est péché »

Amen

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :