Voie Royale

St Jean 20/07/2014 + 10/06/2018

Voie royale…

Lecture: 1 Samuel 9:3-10:9 (passim)

Les ânesses de Kis, père de Saül, s’égarèrent … Ils étaient arrivés dans le pays de Tsuph, lorsque Saül dit à son serviteur qui l’accompagnait : Viens, retournons, de peur que mon père, oubliant les ânesses, ne soit en peine de nous. Le serviteur lui dit : Voici, il y a dans cette ville un homme de Dieu, et c’est un homme considéré ; tout ce qu’il dit ne manque pas d’arriver… Saül dit à son serviteur : Tu as raison : viens, allons ! Et ils se rendirent à la ville où était l’homme de Dieu…

Lorsque Samuel eut aperçu Saül, l’Eternel lui dit : Voici l’homme dont je t’ai parlé ; c’est lui qui régnera sur mon peuple. Saül s’approcha de Samuel au milieu de la porte, et dit : Indique-moi, je te prie, où est la maison du voyant. Samuel répondit à Saül: C’est moi qui suis le voyant. Monte devant moi au haut lieu, et vous mangerez aujourd’hui avec moi. Je te laisserai partir demain, et je te dirai tout ce qui se passe dans ton cœur. Ne t’inquiète pas des ânesses que tu as perdues il y a trois jours, car elles sont retrouvées. Et pour qui est réservé tout ce qu’il y a de précieux en Israël ? N’est-ce pas pour toi et pour toute la maison de ton père ? Saül répondit : Ne suis-je pas Benjamite, de l’une des plus petites tribus d’Israël ? et ma famille n’est-elle pas la moindre de toutes les familles de la tribu de Benjamin ? Pourquoi donc me parles-tu de la sorte ?

Puis ils se levèrent de bon matin ; et, dès l’aurore, Samuel appela Saül sur le toit, et dit : Viens, et je te laisserai partir. Saül se leva, et ils sortirent tous deux, lui et Samuel. Quand ils furent descendus à l’extrémité de la ville, Samuel dit à Saül : Dis à ton serviteur de passer devant nous. Et le serviteur passa devant. Arrête-toi maintenant, reprit Samuel, et je te ferai entendre la parole de Dieu. Samuel prit une fiole d’huile, qu’il répandit sur la tête de Saül. Il le baisa, et dit : L’Eternel ne t’a-t-il pas oint pour que tu sois le chef de son héritage ? Aujourd’hui, après m’avoir quitté, tu trouveras deux hommes près du sépulcre de Rachel, sur la frontière de Benjamin, à Tseltsach. Ils te diront : Les ânesses que tu es allé chercher sont retrouvées ; et voici, ton père ne pense plus aux ânesses, mais il est en peine de vous, et dit : Que dois-je faire au sujet de mon fils ? De là tu iras plus loin, et tu arriveras au chêne de Thabor, où tu seras rencontré par trois hommes montant vers Dieu à Béthel, et portant l’un trois chevreaux, l’autre trois gâteaux de pain, et l’autre une outre de vin. Ils te demanderont comment tu te portes, et ils te donneront deux pains, que tu recevras de leur main. Après cela, tu arriveras à Guibea-Elohim, où se trouve une garnison de Philistins. En entrant dans la ville, tu rencontreras une troupe de prophètes descendant du haut lieu, précédés du luth, du tambourin, de la flûte et de la harpe, et prophétisant eux-mêmes. L’esprit de l’Eternel te saisira, tu prophétiseras avec eux, et tu seras changé en un autre homme. Lorsque ces signes auront eu pour toi leur accomplissement, fais ce que tu trouveras à faire, car Dieu est avec toi. Puis tu descendras avant moi à Guilgal ; et voici, je descendrai vers toi, pour offrir des holocaustes et des sacrifices d’actions de grâces. Tu attendras sept jours, jusqu’à ce que j’arrive auprès de toi et que je te dise ce que tu dois faire. Dès que Saül eut tourné le dos pour se séparer de Samuel, Dieu lui donna un autre cœur, et tous ces signes s’accomplirent le même jour. (1Sa 9:3-10:9 LSG)

1 Samuel 16:1-13

L’Eternel dit à Samuel : Quand cesseras-tu de pleurer sur Saül ? Je l’ai rejeté, afin qu’il ne règne plus sur Israël.

Les anciens de la ville accoururent effrayés au-devant de lui et dirent : Ton arrivée annonce-t-elle quelque chose d’heureux ? Il répondit : Oui ; je viens pour offrir un sacrifice à l’Eternel. Sanctifiez-vous, et venez avec moi au sacrifice. Il fit aussi sanctifier Isaï et ses fils, et il les invita au sacrifice. Lorsqu’ils entrèrent, il se dit, en voyant Eliab : Certainement, l’oint de l’Eternel est ici devant lui. Et l’Eternel dit à Samuel : Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté. L’Eternel ne considère pas ce que l’homme considère ; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Eternel regarde au cœur. Isaï appela Abinadab, et le fit passer devant Samuel ; et Samuel dit : L’Eternel n’a pas non plus choisi celui-ci. Isaï fit passer Schamma ; et Samuel dit : L’Eternel n’a pas non plus choisi celui-ci. Isaï fit passer ses sept fils devant Samuel ; et Samuel dit à Isaï : L’Eternel n’a choisi aucun d’eux. Puis Samuel dit à Isaï : Sont-ce là tous tes fils ? Et il répondit : Il reste encore le plus jeune, mais il fait paître les brebis. Alors Samuel dit à Isaï : Envoie-le chercher, car nous ne nous placerons pas avant qu’il ne soit venu ici. Isaï l’envoya chercher. Or il était blond, avec de beaux yeux et une belle figure. L’Eternel dit à Samuel : Lève-toi, oins-le, car c’est lui ! Samuel prit la corne d’huile, et l’oignit au milieu de ses frères. L’esprit de l’Eternel saisit David, à partir de ce jour et dans la suite. Samuel se leva, et s’en alla à Rama.” (1Sa 16:1-13 LSG)

Ma fille Rachel travaille dans ce qu’il est convenu d’appeler le « multimédia ». En fait il s’agit de publicité et plus particulièrement de publicité sur Internet.

Une de ses missions, fut de participer au lancement d’un nouveau produit de chez Danone. Il se peut que vous l’ayez vu sur les gondoles des supermarchés. Il s’agit d’un complément alimentaire destiné aux enfants. Un truc genre « Actimel » pour ne pas citer de marque, qui si il est administré quotidiennement et sans défaillance à votre rejeton participera à l’épanouissement de sa personnalité de petit génie. Avec ça votre enfant deviendra – c’est sur – médecin, avocat, professeur agrégé, député ou banquier. Rayez les mentions inutiles.

Comme ce sont souvent les mamans qui sont attelées à la tâche sans cesse recommencée de remplir les placards et frigos de nourriture, ce sont elles qui constituent le « cœur de cible » des publicitaires attachés à ce projet. Leur objectif est simple : convaincre ces mamans crédules, angoissées et exténuées que ce nouveau produit fait partie des éléments qui constituent la « voie royale » qui conduira leur progéniture sur la voie (lactée en l’occurrence) de la réussite…

La voie royale… Une notion un peu étrange dans un pays qui à emmené un de ses monarques sur l’échafaud . Le nom est étrange, mais ce qu’il recouvre est finalement assez simple.

Voie royale : Chemin tout tracé ; façon la plus simple d’arriver à son objectif…

(Wiktionnaire)

La voie royale, c’est donc la meilleure façon de s’y prendre pour arriver à faire quelque chose. La méthode par excellence. Tout ces mots résonnent d’une façon particulière dans nos consciences de chrétiens : meilleur, excellence… Le meilleur et l’excellence n’est-ce pas ce que nous cherchons dans notre service ? Et tout cela ferait donc une « voie royale » pour arriver à la sainteté…

Si je vous pose la question sous cette forme là, vous allez me répondre : non, bien sur que non. Il n’y a pas une vie chrétienne qui soit un chemin tout tracé que l’on doive suivre et reproduire. Vous le pensez, c’est sur mais…

Face à des questions particulières, des situations problématiques ou répétitives, ne sommes nous pas tentés de nous réfugier dans des procédures idéales qui nous assureraient un « maximum » de chances de réussir ?

Comme les mamans ambitieuses et inquiètes pour leur progéniture, nous avons tendance en tant qu’individus ou en tant que groupe à nous projeter vers l’avenir en ne traçant que des voies évidentes, des voies que nous imaginons « royales »…

Est-ce une bonne chose ? Je vous propose pour nous aider à répondre à cette question à considérer deux voies royales, deux chemins suivis par deux hommes qui tout deux sont devenus rois. De vraies voies royales donc. Les voies de Saül et de David.

Je commencerait avant de rentrer dans l’examen proprement dit de ces voies par une remarque qui a pour but de tenter de conduire notre jugement vers une certaine objectivité. Nous pourrions être tentés instruits par la suite de l’histoire qui démontra que Saül n’était pas un bon roi et que David au contraire devint La référence. Tentés donc de considérer ce qui concerne Saül de mauvais et ce qui concerne David de bon.

Au moment ou nos lectures se déroulent, rien de ceci n’est établi. Saül et David ne sont pas « prédéfinis », ils ne sont pas enfermés dans leur destin et c’est seulement leurs choix ultérieurs qui conduira à faire une différence.

Il n’y a donc pas à priori, une bonne façon de faire qui serait celle de David, et une mauvaise qui serait celle de Saül. Les dés ne sont pas pipés et tout commence bien, tout commence selon la volonté de Dieu pour tous les deux.

Il y a d’ailleurs bien des points communs dans les deux histoires.

Il y a cet homme de Dieu, Samuel cet homme inspiré, averti qui conduit les choses et pour tous les deux c’est le même.

Il y a ensuite des circonstances semblables, Une bête offerte en sacrifice, le festin qui lui est consécutif, les notables locaux réunis…

Il y a encore la « prestance » du futur roi. Il nous est dit que Saül était très grand et très beau, Pour David, il était roux et « de belle figure ». Des hommes qui n’ont rien d’ordinaire en ce qui concerne leur aspect.

Il y a enfin des traits de caractère des deux oints. Ce sont tous deux des hommes déterminés au caractère bien trempé, qui ne briguent pas les honneurs.

Pour terminer sur ces points communs, on peut remarquer, et cela ne nous surprend pas, qu’après l’onction les deux hommes sont remplis de l’Esprit Saint.

De cette liste commune aux deux onctions, on pourrait être tentés de déduire une méthode, une façon de procéder « standard » : Pour mettre en place un homme chargé d’une grande responsabilité devant Dieu, il faut qu’il soit désigné par un ancien respecté et reconnu, que cela se fasse au cours d’une cérémonie solennelle réunissant les personnalités locales. Il faut que l’impétrant soit une personne sortant de l’ordinaire mais qu’il sache rester modeste et ne soit pas imbu de lui même.

On pourrait tracer un chemin évident, définir une façon simple d’atteindre notre but, considérer ce qui serait une voie royale.

Sauf que…

Même si il y a des points communs, les deux histoires de nos deux rois ne sont pas vraiment comparables et que les circonstances complètes et précises des deux onctions en font des événements entièrement différents.

Par exemple, L’onction qui est le nœud commun des deux histoires prend des formes différentes voire même opposées. Pour Saül les choses se passent en privé en présence des deux seuls concernés, sur la terrasse, sans témoins.

Pour David, cela se fait au cours du repas devant sa famille et devant les notables locaux. La cérémonie est publique, l’onction pourra être authentifiée par beaucoup.

Autre différence que je relèverai mais peut-être la plus significative, en ce qui concerne l’œuvre de l’esprit Saint en eux, Pour Saül les choses doivent être annoncées, détaillées et expliquées, cela a conduit au long développement du texte que nous avons lu en partie seulement. Pour David une seule phrase très générale suffit pour décrire une situation qui paraît beaucoup plus évidente, naturelle.

Les différences sont nombreuses, profondes, elles sont même plus significatives pour certaines que les similitudes. Bien sur ces différence sont explicables justifiables. Les personnalités des deux hommes sont complètement différentes on pourrait même dire opposées. L’un manque de confiance en lui, il a en permanence besoin d’être rassuré. Comme Gédéon, il a besoin de signes, il a besoin d’être appuyé en permanence sur des prophéties ou sur des miracles. Cela aura de lourdes conséquences pour la suite. L’autre est caractérisé par une très forte assurance qui sera sa force même dans les moments les plus difficiles. Pour résumer sur ce point liés aux personnalités respectives, on pourrait dire de façon un peu caricaturale, Que la royauté de Saül est plus évidente pour les autres que pour lui alors qu’en ce qui concerne David c’est exactement l’inverse.

Il me semble important maintenant d’essayer de voir ce que ces comparaisons peuvent avoir comme conséquences directes pour nous.

Nous cherchons très souvent et peut-être toujours dans nos vies à appliquer des schémas à suivre en toutes circonstance la voie royale qui conduit au but que nous nous sommes fixé.

A priori ce n’est pas une mauvaise chose et cela correspond aux points commun de nos deux histoires.

Il est important d’avoir une idée de la direction que nous suivons, avoir une idée de la façon la plus directe d’atteindre notre objectif. Mais il me semble que même si la chose est très importante et que peut il y avoir de plus important que de choisir le roi d’un pays ? Cette façon de faire doit pouvoir être adaptée aux personnes et aux circonstances.

Je ne sais pas si ce que je dis évoque quelque chose de précis pour vous ou si au contraire tout cela vous paraît brumeux, fumeux. Si j’ai voulu parler de cela c’est parce que pour moi cela évoque quelque chose de précis, une frustration que j’ai mis longtemps à surmonter et une autre frustration qui découlait de la première et qui elle aussi a été difficile à dépasser.

Quand j’avais seize ou dix sept ans, je m’étais fait une idée très précise de ce que serait ma vie : je serai pilote de châsse. Ce n’était pas un rêve de gosse juste la conséquence logique d’un goût profond pour les choses de l’air allié à la responsabilité et à l’engagement de tels hommes. Mes exemples étaient Antoine de Saint Exupéry ou le moins connu Pierre Closterman. Je me suis donc positionné en conséquence et me suis mis en devoir d’intégrer l’école de l’air de Salon de Provence. La voie royale pour qui poursuit ce but. Cela passait par un bac scientifique et des classes préparatoires qui étaient encore plus élitistes à l’époque. Allons-y… Mais voilà je n’avais pas intégré dans mes projets un tout petit détail : pour piloter un avion en général et un avion de châsse en particulier, il convient de bien y voir, 9/10 au minimum à tous les yeux. Hier comme aujourd’hui, j’étais miro. Exit le pilotage d’un avion à titre professionnel. Pour moi, la voie royale était une voie sans issue, une impasse. Déception, frustration.

J’aurais pu considérer à l’époque qu’autour des avions, ma passion, il y avait plein d’autres métiers, j’aurais pu être mécanicien, radio, agent technique … Non, la voie royale était fermée, de dépit j’ai tourné le dos et suis allé voir ailleurs. Cette rigidité fut aussi une erreur, que j’ai longtemps regretté.

Voila, il y sûrement dans nos vie des directions que Dieu nous fixe, des buts que nous devons atteindre. Nous ne pouvons pas toujours suivre la voie royale qui conduit à ces buts, nos chemins sont encombrés, tortueux, mais ce n’est pas une raison pour abandonner, simplement nous devons nous adapter aux personnes, à nous évidemment mais aussi à ceux et celles qui nous entourent. Les circonstances aussi doivent nous conduire à nous adapter et à faire de notre chemin quelque chose qui ne sera peut être pas direct, mais qui ira toujours dans la bonne direction.

Mais au fait, C’est quoi une voie royale selon Dieu ? Esaïe 55:6-7

Cherchez l’Eternel pendant qu’il se trouve ;

Invoquez-le, tandis qu’il est près.

Que le méchant abandonne sa voie,

Et l’homme d’iniquité ses pensées ;

Qu’il retourne à l’Eternel, qui aura pitié de lui,

A notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner.

Amen !

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