Voisins, voisines…

Dimanche 1er Juillet 2018

  1. Voisins voisines …

Lecture :

Ruth 4:9-21

Alors Booz déclara aux responsables et à tous ceux qui étaient là:
Vous êtes témoins aujourd’hui que j’ai acquis de la main de Noémi tout ce qui appartenait à Elimélek et tout ce qui était à Kilyôn et à Mahlôn.

De ce fait, je prends aussi pour femme Ruth la Moabite, la veuve de Mahlôn, pour susciter au défunt une descendance qui recevra son héritage et pour que son nom ne disparaisse pas dans son lignage et dans sa ville natale. Vous en êtes témoins aujourd’hui.

Alors tous ceux qui se trouvaient à la porte et tous les responsables dirent:
-Oui: nous en sommes témoins! Que l’Eternel rende la femme qui entre dans ta famille semblable à Rachel et à Léa qui, à elles deux, ont donné naissance à tout le peuple d’Israël! Puisses-tu toi-même prospérer à Ephrata et devenir célèbre à Bethléhem!

Que l’Eternel t’accorde, par cette jeune femme, une descendance aussi nombreuse que celle de Pérets, le fils que Tamar a donné à Juda.

C’est ainsi que Booz prit Ruth pour femme.

Lorsqu’il se fut uni à elle, l’Eternel accorda à Ruth de devenir enceinte, et elle donna naissance à un fils.

Les femmes de Bethléhem dirent à Noémi:
-Béni soit l’Eternel qui ne t’a pas privée d’un soutien de famille! Que son nom devienne célèbre en Israël!

Il te rendra une raison de vivre et prendra soin de toi dans tes vieux jours, puisque c’est ta belle-fille qui t’aime qui t’a donné ce petit-fils. Elle vaut mieux pour toi que sept fils.

Noémi prit le nouveau-né et le serra sur son cœur. C’est elle qui se chargea de l’élever.

Les voisines s’écrièrent:
-Noémi a eu un fils!
Et elles lui donnèrent le nom d’Obed.
Obed fut le père d’Isaï et le grand-père de David.

Voici la liste généalogique de Pérets: Pérets eut pour fils Hetsrôn,

qui eut pour fils Ram, qui eut pour fils Amminadab,

 qui eut pour fils Nahchôn, qui eut pour fils Salma[g],

 qui eut pour fils Booz, qui eut pour fils Obed,

qui eut pour fils Isaï, qui eut pour fils David.

Luc 15:4-6

—Si l’un de vous possède cent brebis, et que l’une d’elles vienne à se perdre, n’abandonnera-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres au pâturage pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée?

Et quand il l’a retrouvée, avec quelle joie il la charge sur ses épaules pour la ramener!

Aussitôt rentré chez lui, il appelle ses amis et ses voisins et leur dit: «Venez partager ma joie, car j’ai retrouvé ma brebis qui était perdue.»

C’était début mai…

La nouvelle nous en est parvenu par mail. Notre voisin le plus proche, suite à une mauvaise chute dans sa cuisine, est décédé. Il allait avoir 90 ans. Nous étions en Californie et nous n’avons pas vécu cette tragédie.

Nous ne le voyons plus et sa maison reste fermée. C’est étrange, un peu irréel. Nous n’arrivons pas à nous y faire, à nous y habituer. Trente ans que nous le connaissions…

Un vide étrange, le manque d’un voisin. Une nouvelle que je n’étais pas obligé de partager, mais voila, je vous l ‘ai dite et par la même occasion le thème de ce message est déclaré.

Voisins Voisines…

Cette présence discrète ou pas que l’on ressent quand l’on habite dans un milieu un tant sois peu urbain. Vous savez, quand vous revenez de faire les courses, que vous avez déchargé et garé la voiture au moment de pousser votre porte pour la refermer sur votre intimité, il y sur telle ou telle fenêtre comme l’impression d’un mouvement, quelque chose comme l’ombre d’un rideau qui bouge imperceptiblement. Cette vie au plus près de votre vie, c’est cela un voisin une voisine…

Un phénomène, ordinaire banal, courant. Un truc sans histoire ou avec histoire mais un truc dont il ne semble pas qu’il soit important de parler. Nous sommes au dessus des ragots nous !… Pas de quoi en faire un message. Et effectivement il n’y aura pas aujourd’hui de large développement théologique, ni même de prise de tête éthique. Juste un point de la vie courante qui n’est peut-être pas aussi anodin ou marginal que l’on peut le croire au premier abord.

Si j’en parle, c’est donc parce que la Bible en parle et qu’il y a quelques remarques à faire, quelques attitudes à relever… et même un ordre auquel nous devons obéir, mais gardons le meilleur pour la fin.

La foule des hommes et des femmes qui nous entoure n’est pas un magma informe, c’est un ensemble structuré que cette structure vienne de nous ou nous soit imposée. Il y a autour de nous différents cercles, le cercle de nos amis, le cercle de famille mais aussi le cercle de nos voisins. On le cultive ou on l’ignore mais ce cercle existe.

Par la façon dont nous cultivons nos relations, c’est nous qui formons et gérons le cercle de nos amis. Ce cercle dépend de nous et par définition il nous convient, on n’est pas ami avec quelqu’un que l’on ne supporte pas !

La famille c’est différent, la c’est la biologie, l’ADN qui est la base de ce cercle, et la vie, la société, l’éthique ont tissé tout un réseau de liens qui font que la famille reste et doit rester selon la Bible une structure très forte de notre existence. Notre famille, c’est notre racine la plus profonde, notre identité, notre premier repère dans le monde. Il n’y a pas de discussion possible et pourtant, on ne choisit pas sa famille .

On ne choisit pas ses voisins non plus.

Ce cercle là répond a un déterminisme absolu, il nous est proposé et imposé par la géographie… Les voisins ce sont ceux qui habitent autour de nous. Littéralement ce sont eux qui font cercle autour de nous, autour de notre résidence.

Dans notre monde moderne, caractérisé par une facilité extrême de se déplacer on a cru pouvoir s’affranchir de ce cercle l’ignorer, le repousser dans l’anonymat de la foule. Télé et voiture aidant le syndrome du rideau qui bouge nous est devenu agacement voire agression.

Quand nous sommes venus nous installer aux Mages au tout début des années 80 le premier soir, nous fûmes surpris, par un bruissement, un murmure qui s’élevait dans la nuit tombante. Un coup d’œil par la fenêtre suffit pour comprendre (bien oui moi aussi…). Ils étaient venus, ils étaient tous là, ils faisaient cercle autour de la placette devant notre porte, il étaient assis sur les rebords de pierre de nos maisons ou avaient amenés leurs chaises, ils refaisaient le monde, ils évoquaient sûrement les nouveaux arrivants, peut-être même réglaient-ils quelques contentieux, les voisins…

Mais même dans ce temps là cette pratique appartenait au passé. Est-il bien juste d’avoir rompu ce cercle, d’avoir perdu ces contacts sous prétexte de pouvoir en choisir d’autres ?

N’est-ce pas cela qui rend encore plus extrême des situations déjà difficiles ? Comment ferai-je quand je serai vieux, si mon voisin ne me ramène pas mon pain en même temps que le sien ?

La Bible semble bien de cet avis et nous invite à apporter une attention particulière à nos voisins, elle leur attribue même un rôle, un rôle particulier.

Le bon berger a retrouvé sa brebis, la brebis perdue, il faut qu’il partage sa joie, qu’il la partage avec d’autres, avec ses amis, bien sur, mais aussi avec ses voisins qui par les lois de la topologie sont ses proches.

Remarquons que le distinguo demeure, il y a les voisins et les amis. Ce sont deux types de relations différentes. Un voisin, même si c’est un « bon » voisin, ce n’est pas forcément un ami. Il se peut que tel ou tel voisin deviennent un ami, mais il n’y a ni fatalité, ni obligation. Ce sont deux relations différentes et qui peuvent le rester. Le bon Berger lui même a des amis et des voisins, il ne confond pas .

Cultiver ses relations avec ses voisins est important car cela répond aussi à des aspects utilitaires qui font ou pas la qualité de notre vie. J’ai déjà effleuré la question, et je veux y revenir maintenant au travers d’un proverbe :

Ne délaisse pas ton ami, ni l’ami de ton père,
et quand le malheur t’atteint, ne t’adresse pas même à ta parenté:
un voisin près de toi vaut mieux qu’un parent qui se trouve loin. (Proverbe 27:10)

Les trois cercles sont la réunis, et l’on voit la place particulière accordée aux voisins. En cas d’urgence, ce seront eux les mieux placés.

Avoir des voisins qui nous connaissent et que l’on connaît est une façon de rendre la vie moins difficile, le geste qui aide, le geste qui sauve, c’est de notre voisin qu’il viendra.

Oserai-je parodier 1 Corinthiens 13 ? Oui !… « Maintenant ces trois choses demeurent : la famille, les amis, les voisins. »

Cette nécessité de tenir compte de la proximité géographique est donc importante elle est importante même au sein du peuple de Dieu :

Exode 12:4

Si dans une maison on est trop peu nombreux pour manger un agneau, qu’on s’associe à la famille voisine la plus proche en tenant compte du nombre de personnes; et l’on choisira l’agneau en fonction de ce que chacun peut manger.

De quoi s’agit-il ? De la Pâques, de la célébration de la Pâques. Ce sont les ordres donnés à Moïse pour cette célébration. Il faut vivre une fête dont le menu est fixé pour tous les temps à venir : il faut manger un agneau et il ne faut pas qu’il en reste. Un agneau, même un jeune agneau, cela peut représenter quelques kilos de viande. Quand on est deux trois ou quatre dans la famille cela peut faire beaucoup, trop. Alors bien sur on va partager, la première velléité de l’homme naturel confronté à ce problème, ce sera d’aller trouver son frère, ses parents, son cousin ou son ami pour luis dire :

– Allez pour la prochaine Pâques, on va faire la fête ensemble, on partagera l’agneau, tu verras Huguette a une recette extra !

Eh bien non, selon Dieu ce n’est pas comme ça que ça marche :

« que l’on s’associe à la famille voisine » et même il enfonce le clou : « la plus proche ». Pas question de rechercher le confort des relations d’affection, ce qui commande c’est la proximité géographique (encore)…

Quel sens donner à cet ordre ? Cette fête, c’est la fête de tout le peuple, ce doit être la fête pour tous sans exception c’est la encore une contrainte mathématique. Il n’y a pas besoin d’être proches ou amis pour la partager, la fête à le même sens pour tous ceux qui sont membres de ce peuple. Il n’y a pas à choisir !

Quel enseignement pour notre vie d’Eglise ? Il n’y a pas à choisir !

Nous avons tendance à organiser notre vie chrétienne, notre prière communautaire, notre louange ou notre adoration en utilisant ce que l’on appelle nos « affinités ». Se retrouver ente amis, entre proches pour prier Dieu, quoi de mieux ?

STOP !

Cela induit une dimension affective viciée dans notre démarche. Quel que soit mon voisin, mon plus proche géographique, il est mon frère en Christ et c’est avec lui que je dois faire la fête à la gloire de mon Sauveur.

Laisser nos affinités organiser notre vie chrétienne conduira forcément à ce qu’il y ait des laissés pour compte, des isolés. Nous n’avons pas le droit de dire « tant pis pour eux ».

La vie chrétienne ? C’est d’abord avec mon voisin, mon voisin chrétien le plus proche géographiquement.

Dans le genre envahissantes elles sont pas mal les voisines de Naomi, vous trouvez pas ?

Il y a au départ, une belle histoire, une histoire improbable entre Booz et Ruth, un mariage émouvant. Booz et Ruth se marièrent et eurent un beau bébé…

Mais l’histoire ne continue pas sur ce ton là. Booz et Ruth sont renvoyés à leur amour, ils vont pouvoir continuer à se regarder dans les yeux, rien ne troublera leur tendre face à face. Pas même les pleurs du bébé puisque la belle mère l’a annexé. Pris avec elle. Peut-être s’agissait-il des lois d’une société différente de la notre…

Et puis ensuite pour Naomi c’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé !

– Oh ! Qu’il est mignon ce bébé…

– Regardez, il me sourit !

– Il a faim, je vous dit qu’il a faim !

– Il s’appellera Obed !

– Bien euh… quand même… il me semble… c’est mon petit fils, le fils de Ruth et Booz…

– Toi tu n’as rien à dire, c’est nous qui décidons ! Nous, tes voisines.

Au delà de cet aspect excessif, cette histoire dresse pour nous un tableau ou la joie des uns déborde et devient la joie des autres. Le bonheur c’est communicatif.

Ruth a finalement trouvé le bonheur, et ce bonheur est devenu celui de Naomi et le bonheur de Naomi devient celui de ses voisines qui s’en emparent et le vivent à leur tour dans l’exubérance…

Nous avons trouvé le bonheur auprès de Jésus-Christ, c’est ce bonheur qui fait notre culte, qui fait notre communauté, qui fait notre fête. Nous évoquons de temps à autre le fait qu’en tant qu’église locale implantée à Saint Jean de Valériscle, nous avons des voisins.

Notre bonheur nous le voudrions communicatif, nous voudrions le partager avec eux. La question se pose alors :

De quoi va t-il nous falloir accoucher pour « réveiller » ces voisins que Dieu a placé autour de Nous ?

Que Dieu ouvre les yeux de notre cœur et nous conduise dans l’obéissance, pour que nos voisins ici à Saint Jean ou ceux qui sont autour de notre maison viennent un jour célébrer avec nous une future nouvelle naissance, que nous n’imaginons pas encore !

Ne délaisse pas ton ami, ni l’ami de ton père,
et quand le malheur t’atteint,

ne t’adresse pas même à ta parenté:
un voisin près de toi vaut mieux

qu’un parent qui se trouve loin.

(Proverbe 27:10)

Amen !

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