Vos nuits plus belles que vos jours…

Saint Jean le 2 Avril 2017

Psaume 4

L’Éternel donne la paix

1 Au chef de chœur, un psaume de David à chanter avec accompagnement d’instruments à cordes.

Quand je t’appelle à l’aide, Dieu qui me rends justice, oh, réponds-moi!
Toi qui délivres de la détresse,
Dieu, fais-moi grâce, et entends ma prière!

Et vous, les hommes, jusques à quand jetterez-vous le discrédit sur mon honneur?
Jusques à quand vous plairez-vous à poursuivre le vent
et le mensonge?
Pause

Sachez-le bien: l’Éternel s’est choisi un homme qui lui est fidèle :
et il m’entend quand je l’appelle.

Mettez-vous en colère mais n’allez pas jusqu’à pécher !
Réfléchissez, sur votre lit, puis taisez-vous!
Pause

Offrez des sacrifices conformes à la Loi
et confiez-vous en l’Éternel!

Ils sont nombreux ceux qui demandent: «D’où nous viendra donc le bonheur?»
O Éternel, porte sur nous un regard favorable! Que notre vie en soit illuminée!

Tu mets dans mon cœur de la joie, plus qu’ils n’en ont jamais
quand leurs moissons abondent, quand leur vin nouveau coule.

Dans la paix, je me couche et m’endors aussitôt;
grâce à toi seul, ô Éternel, je demeure en sécurité.

Psaume 6

Au secours!

1 Au chef de chœur. Un psaume de David, à chanter avec accompagnement de harpes à huit cordes.

Eternel, mon Dieu, malgré ta colère, ne me punis pas
et, dans ton courroux, ne me châtie pas!

Eternel, aie pitié de moi, car je suis sans force.
O Eternel, guéris-moi, car, de tous mes membres, vois: je suis tremblant.

Je suis en plein désarroi.
Quand viendras-tu donc, Eternel, à mon secours?

Ne voudrais-tu pas revenir vers moi pour me délivrer?
Dans ton amour, sauve-moi!

Car ceux qui sont morts ne sont plus capables de parler de toi!
Qui peut te louer au séjour des morts?

Or, à force de gémir, je suis épuisé,
et, durant la nuit, sur mon lit, je pleure;
ma couche est trempée, inondée de larmes.

Mes yeux sont usés, tant j’ai de chagrin, ils n’en peuvent plus.
Ce sont tous mes ennemis qui en sont la cause.

Retirez-vous tous, artisans du mal,
car l’Eternel voit mes larmes.

10 L’Eternel exauce mes supplications.
L’Eternel accueille ma prière.

11 Tous mes ennemis seront dans la honte et dans l’épouvante,
ils reculeront soudain, tout honteux.


Éphésiens 4:26-27

26 Mettez-vous en colère, mais ne commettez pas de péché ; que votre colère s’apaise avant le coucher du soleil.

27 Ne donnez aucune prise au diable.

Jusqu’ici la Parole de Dieu…

«Ainsi,  Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut le premier jour. » La très célèbre cinquième phrase de la Bible. Cette phrase va donc en tout être répétée six fois en s’adaptant chaque fois au quantième du jour.

Depuis bien longtemps la manque de logique qui semble avoir présidé à l’élaboration de cette formulation dérange mon esprit. Un jour, c’est entre le matin et le soir, entre le soir et le matin ce qu’il y a par définition c’est une nuit… Il y eut un soir et il y eut un matin, cela nous parle en fait d’une nuit. La logique est là quand même parce qu’une nuit c’est ce qui sépare deux jours consécutifs. La première nuit a donc nettement, franchement séparé le premier jour du second. Ce premier chapitre de la genèse, cette énumération des six premiers jours de la création est compris différemment selon les croyants. Certains y voient une succession de six jours de 24 heures, d’autres en vertu d’une autre constatation de la Parole se disent incapables de préciser la durée réelle des jours. « Pour Dieu un jour est comme mille ans et mille ans sont comme un jour. ». Quoi qu’il en soit, il reste que les repères qui sont posés dans la Genèse déterminent en fait des nuits et non des jours.

Cela nous dit une chose précise, une chose importante. Un jour n’est pas dans la continuité du précédent. Un jour c’est un temps différent, séparé de celui qui l’a précédé. Un jour est une entité en soi , « demain sera un autre jour » dit la sagesse populaire, et deux jours consécutifs sont séparés par une nuit. Le temps du sommeil, un temps sans travail, sans activité sauf exception. Le temps qui sépare deux jours et les rends parfaitement distincts. La nuit, c’est le temps qui fait que demain sera un autre jour.

La nuit a ainsi comme fonction d’être le séparateur entre deux jours pour casser la continuité du temps et le diviser de façon évidente en petites cases bien nettes appelées « jours ».

Le temps s’écoule pendant la nuit aussi, et ce temps à un sens et un usage différent de celui ou la lumière s’établit.

C’est ce à quoi je vous invite à réfléchir maintenant.

Le premier usage de la nuit, et je n’insisterai pas la dessus, c’est de nous procurer le repos dont nous avons besoin. Le jour qui commencera demain a besoin de me trouver en forme ou au moins relativement en forme pour que je puisse être actif à nouveau. Ce repos est nécessaire et Jésus le souligne à sa façon : « A chaque jour suffit sa peine ». L’activité du jour doit pouvoir être récupérée par la nuit qui vient.

Cette fonction est évidente et je n’insisterai pas la dessus, c’est juste une question d’hygiène de vie que vous savez gérer depuis bien longtemps. Mais il se peut que de temps à autre pas trop souvent, vous ne dormiez pas la nuit. Je passerai en vitesse et pourtant sans vouloir les sous estimer sur les activités mentionnées au Cantique des cantiques, pour en venir à ce que la Parole appelle les « veilles de la nuit »…

Les insomnies…

Cela vous étonnera peut-être, mais les insomnies ont un usage biblique. Et cet usage tient au rôle séparateur de la nuit. Il faut que demain soit un autre jour. Il le faut car quand les choses sont lourdes difficiles, commencer un jour en le sachant hypothéqué par les problèmes de la veille c’est partir avec un handicap. Commencer un jour avec des choses à faire, des choses à régler c’est normal, vous ferez ce que vous pourrez, rien que ce que vous pourrez mais tout ce que vous pourrez.

Mais commencer un jour en étant stressé, inquiet ou en colère n’est pas bon. Je ne parlerai ce matin que de la colère car c’est d’elle dont la Bible parle en détail, mais l’hygiène de vie qu’elle propose à ce sujet peut être décliné pour tout les autres.

Nous avons un préjugé défavorable contre la colère, nous la rangeons assez systématiquement dans la catégorie péché en vertu d’une Parole de notre Seigneur :

« Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne. »

Matthieu 5:22

Alors, Pas de colère du tout ? Cela est un immense reproche contre beaucoup de gens et moi le premier, la patience n’est pas toujours mon fort.

Mais le message n’est pas toujours si clair : Jésus se met en colère contre les marchands du temple et concernant le langage il traite les pharisiens de « race de vipère » ce qui est quand même fort. Et ce qui menace les hommes incrédules, c’est la « colère de Dieu ».

Le péché semble plus dans notre façon de vivre la colère, dans notre façon de la « gérer » que dans la colère elle même.

Il y a des colères nécessaires, car la colère est le marqueur qu’une limite a été dépassée. Ma limite ou une limite plus générale, il est important de le marquer.

La colère c’est un peu comme la clôture électrique des pâturages. Si la vache vient à la toucher elle ressent une souffrance qui va la dissuader d’aller plus loin, mais elle n’en est pas blessée, seulement avertie. La colère pour pouvoir être acceptable ne doit être qu’avertissement, pas blessure de l’autre. C’est le sens de la colère de Jésus envers les pharisiens, les mots durs, les mots forts on pour but de leur montrer l’impasse dans lequel ils se trouvent.

Une loi difficile à mettre en œuvre car la colère est avant tout un moment ou on perd les pédales, ou on perd la maîtrise de soi.

La seule gestion possible de la colère elle est dans le temps, et c’est la que la nuit intervient.

« Que le soleil ne se couche pas sur ta colère… » La colère si elle advient, doit être l’affaire d’un jour pas de deux. Le jour d’après, le jour qui commencerait en portant encore la colère serait le jour du péché. Quand on se met en colère on perd les pédales, mais il convient de retrouver sa maîtrise au plus vite et en tous cas avant le lendemain.

La nuit qui sépare les deux jours doit être aussi le temps de la fin, de la fin de la colère. 

« Mettez-vous en colère mais n’allez pas jusqu’à pécher !
Réfléchissez, sur votre lit, puis taisez-vous! »

Combien de fois le soleil se couche sur notre colère ? Trop souvent bien sur. Mais en soi la nuit est un temps neutre. Si le soleil s’est couché sur ma colère, le péché s’est approché de moi mais il n’est pas encore constitué, il ne le sera que demain matin à mon lever si je porte encore alors ma colère, si je n’ai pas retrouvé ma maîtrise.

Le sommeil m’apportera peut-être le calme et la paix. Mais l’insomnie c’est bien aussi.

Un ami chrétien me confiait récemment s’être mis en colère contre une dame, une sœur en Christ :

« Tu nous casses les pieds ! »

S’ensuivit une nuit ou il ne put trouver le sommeil tourmenté par sa colère allée trop loin. Au matin il était prêt à s’excuser, à demander pardon. Ce qu’il fit. Le pardon fut accordé, la colère terminée, il avait gagné sa sœur.

La nuit c’est le temps « bonus » qui nous est donné pour nous reprendre, pour nous ressaisir. Il nous faut le saisir car c’est aussi le temps de la dernière chance avant le péché.

« Réfléchissez, sur votre lit, puis taisez-vous! »

Ainsi nous aurions une solution, une recette. Les colériques auraient une perspective assurée. La nuit porte conseil, et il suffirait alors d’achever ce voyage au bout de la nuit pour que la colère soit vaincue.

Ce n’est pas si simple !

 « Ne donnez aucune prise au diable. »

La nuit n’est pas l’assurance de la solution elle ne sera que ce que nous en ferons. Si nous ne fermons pas les rideaux, les portes et les volets pour que le Diable ne puisse avoir de prise sur notre cœur, la nuit sera un désastre. Le désastre de l’amertume qui au matin aura gagné, qui aura poussé ses racines dans tous les recoins de notre âme.

Fermer portes et volets… La encore il ya des gestes, des gestes précis, les gestes de l’hygiène, de la discipline. Fermer notre cœur à l’emprise du diable passe par un geste précis au sein de notre insomnie.

« Or, à force de gémir, je suis épuisé,
et, durant la nuit, sur mon lit, je pleure;
ma couche est trempée, inondée de larmes.

L’Éternel exauce mes supplications.
L’Éternel accueille ma prière. »

Ne pas donner prise au Diable commence par la repentance et continue par la prière. Ce n’est pas nouveau, c’est le programme de toute votre vie de chrétien. Mais maintenant c’est aussi le programme de vos insomnies afin de sauver du péché le jour qui vient, le jour nouveau, ce jour qui doit être un autre jour.

En 1985 l’écrivain Raphaële Billetdoux a publié un livre un peu sulfureux : « Mes nuits sont plus belles que vos jours… », Je vous propose aujourd’hui de changer un peu ce titre et d’en faire : « Mes nuits sont plus belles, que mes jours ». Quand vos jours sont moches, quand vous vous êtes mis en colère mais aussi quand vous vous êtes laissé emporter par la peur, par le désespoir, par l’angoisse ou la haine, sachez en toute certitude que la nuit, la nuit qui vient peut être un temps béni. Le temps de la séparation , le temps de la fin du cauchemar. Par définition si la nuit est le temps de la solitude, tous les autres dorment, c’est aussi le temps de la paix car, tous les autres dorment. Seul Dieu est là avec vous et il n’a qu’une chose pour vous, vers vous : son amour.

Le temps perdu ne se rattrape jamais, c’est sur. Mais le temps peut être racheté. C’est aussi à cela que peuvent servir vos nuits.

Se repentir, prier, beau programme pour de riches insomnies et de belles nuits.

SI je vous parle de sujet un peu marginal aujourd’hui c’est parce que c’est mon expérience personnelle de ces derniers jours. Non pas que je dorme particulièrement mal, mais plutôt parce que j’ai finalement appris à accueillir mes quelques petites insomnies comme un temps béni, un temps avec Dieu, un temps de paix, un temps pour la paix.

Un beau programme, c’est sur, mais un programme alternatif, comme on dit ces jours-ci, un programme qui ne doit pas advenir trop souvent. Car pour que la nuit reste le bon vrai séparateur entre deux jours elle doit par principe être consacrée à tout autre chose et cette autre chose dépend de Dieu aussi, de la paix de Dieu. Ce programme nous a aussi été donné par notre Psaume de tout à l’heure :

Dans la paix, je me couche et m’endors aussitôt;
grâce à toi seul, ô Éternel, je demeure en sécurité.

Amen !

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